Mackenzie King et le spiritisme

William Lyon Mackenzie King

Que diriez-vous si le premier ministre actuel était un adepte convaincu des sciences occultes et conversait régulièrement avec les esprits?

Impensable, direz-vous?

Il y a quelques décennies, c’est pourtant ce qui s’est produit avec le Premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King.

En 1933, alors que le chômage était catastrophique au Canada suite au légendaire crash boursier de 1929, King ne s’intéressait qu’à sa réélection et s’adonnait aussi à son loisir favori : le spiritisme.  Après avoir consulté des médiums dans le but de parler avec des disparus, en particulier sa défunte mère, il fit l’acquisition d’une table lui permettant, paraît-il, de communiquer avec l’au-delà!

« Mackenzie King pouvait-il vraiment communiquer avec les esprits? », questionnait Luc Bertrand en 2000. « Les historiens qui ont étudié sa vie ne le croient pas.  Selon eux, ce prétendu pouvoir n’était que le fruit de son imagination, et les coups que Joan Patteson [son amie] et lui entendaient étaient probablement portés par un ou l’autre sans qu’ils ne s’en rendent compte. »

De toute façon, les réponses obtenues de l’au-delà allaient dans le sens de sa pensée et quand une prédiction s’avérait fausse, c’était évidemment la faute des mauvais esprits.

Mais la question est de savoir si une telle croyance peut nuire aux qualités d’un Premier ministre!?

Avec le recul, on sait que sa superstition extrême et son goût de l’occultisme ne lui enlèvent en rien son génie politique ni sa sensibilité envers un dossier comme celui des travailleurs, par exemple.  Tout le monde s’entend pour dire qu’il fut un Premier ministre remarquable au cours d’une période difficile.

On pourrait aussi se demander comment un homme aussi sérieux et efficace politiquement ait pu se permettre ce dérapage moral.  Était-ce un exutoire derrière l’image d’une trop grande perfection?

Sans remettre en question l’efficacité de sa carrière politique, il se pourrait bien que cette fantaisie spirituelle ait influencé son jugement au moins une fois.  En 1937, Mackenzie King fit la rencontre d’Adolf Hitler à Berlin, en Allemagne.  Peu de temps après, il écrivit : « Je suis convaincu qu’Hitler est un spirite et que, comme moi, il fait appel à l’esprit de ses parents et amis décédés.  Je crois qu’il est dévoué à sa mère, comme je le suis à la mienne.  Je crois que le monde va connaître un très grand homme en Hitler.  Je ne comprends pas toute sa pensée, ni sa cruauté envers les Juifs, mais Hitler lui-même n’est qu’un paysan.  Je dirais même qu’il atteindra un jour le même rang que Jeanne d’Arc comme libérateur de son peuple et s’il est le moindrement prudent, il peut devenir le libérateur de toute l’Europe. »[1]

Bibliographie :

–          Bertrand, Luc.  L’énigmatique Mackenzie King.  Montréal, les Éditions l’Interligne, 2000.  154 p.

–          L’Encyclopédie Canadienne.  William Lyon Mackenzie King.  [en ligne] consulté 10 octobre 2010.  www.thecanadianencyclopedia.com


[1] Tel que cité dans le livre de Luc Bertrand.

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