Revue de presse: Jacques Mesrine au Québec (3/3)


Pierre tombale d'Ernest Saint-Pierre, l'un des deux gardes forestiers abattus par Mesrine et Mercier en 1972. Par respect, le nom de sa veuve, toujours vivante, a été masqué. (photo: E. Veillette 2010)

Lafleur et Ouellette retrouvés

         Dans son livre de 1977, Jacques Mesrine raconte d’abord avoir attaqué une banque à Montréal le 28 août 1972 avant de raconter ensuite que ses copains Lafleur et Ouellette avaient été capturés par la police.  Dans les faits, pourtant, les deux évadés furent repris plus tôt, soit le 24 août.

         Dans l’édition du 25 août 1972 de La Presse, Michel Auger avait l’honneur d’annoncer la capture.  « Bien qu’armés d’un revolver, André Ouellette et Michel Lafleur, les deux évadés qui s’étaient lié avec certaines cellules du FLQ dans le passé, n’ont pas opposé de résistance aux détectives de la Section des enquêtes criminelles, qui les ont cernés vers 9h, hier soir.  Les deux hommes, qui prenaient place à bord d’une automobile étaient accompagnés de deux jeunes filles.  L’automobile circulait rue Bellechasse, près de la 12ème Avenue, à Rosemont, lorsqu’elle a été entourée par un groupe de détectives, spécialisés dans les enquêtes sur les vols à main armée.  Selon le lieutenant-détective Roger Roche, qui a dirigé l’arrestation des deux évadés, le tout s’est passé si vite « qu’ils n’ont pu se rendre compte de ce qui leur arrivait. »  Un des deux évadés, que la police n’a pas identifié, avait sur lui un revolver et des munitions pour cette arme.  Une fouille de l’automobile a permis de découvrir d’autres balles, pour une arme semi-automatique, de calibre M-1[1].  Toutefois, aucune carabine de ce genre [ne] se trouvait dans le véhicule.  Les deux jeunes filles, que la police n’a pas identifiées, devront apparemment comparaître sous peu pour répondre à des accusations dont la police n’a pas révélé la nature. »

         Auguste Longpré et Gérard Viau étaient les deux détectives à l’origine de l’arrestation.  Ils revenaient d’une perquisition dans le but de retrouver les évadés quand ils ont cru reconnaître un des deux suspects.  « L’un des policiers avait participé, l’an dernier, à l’arrestation de Lafleur à la suite d’un vol de banque, rue Bélanger, et n’avait pas oublié son visage. »[2]

Deux braquages en 10 minutes

         Dans l’édition du 26 août 1972 de La Presse, un article de Pierre Ouimet remettait en question toute la réforme pénitentiaire, qui avait été amorcée une dizaine d’années auparavant.  Le journaliste se demandait d’ailleurs si Jean-Pierre Goyer n’allait pas bientôt en payer le prix sur le plan politique, car les élections approchaient rapidement.

         Cette réforme avait été amorcée vers 1960 par Alan MacLeod, à une époque où il y avait pourtant moins d’évasions.  Donc, indirectement, Ouimet semblait suggérer que le traitement inhumain réservé aux prisonniers était directement relié à celui des évasions.  Ouimet qualifiait d’ailleurs que le pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul, situé sur la montée Saint-François, « que l’on tenait comme un modèle de prison à sécurité absolue en Amérique du Nord » ne fut pas infaillible « malgré le nombre incroyable de « gadgets » qu’on y trouve. »

         Le psychiatre Bruno Cormier affirmait d’ailleurs que « la meilleure sécurité que la société peut obtenir, c’est de permettre qu’une bonne relation soit établie entre le détenu et l’agent de correction. »

         Et Ouimet ne manquait pas non plus de souligner d’autres propos de Gascon selon lesquels le système actuel favorisait les évasions.

         Mais pendant qu’on s’obstinait dans les médias, Jacques Mesrine et Jean-Paul Mercier attaquaient deux banques en moins de 10 minutes.

Certaines sources électroniques prétendent que les deux braquages se sont déroulés le 26 août 1972, mais on verra que l’incident s’est plutôt produit le 25 août.  Mesrine et Mercier attaquèrent la Caisse Populaire Desjardins de Saint-Bernard de Dorchester[3] et 10 minutes plus tard ce fut celle de Saint-Narcisse de Lotbinière[4].  Le montant volé aurait été de 26,000$ selon Mesrine.

         Le Commissaire divisionnaire Lucien Aimé-Blanc confirme l’exploit en précisant que « après avoir exécutés quelques hold-up dans des banques et des bureaux de poste – dont deux à dix minutes d’intervalles – il attaque le pénitencier. »

         Dans son film, Richet met en scène ces deux attaques de sorte que les deux banques étaient situées l’une en face de l’autre.  Il a d’ailleurs utilisé le nom de « Crédit Populaire St-Bernard » sur l’enseigne, plutôt que celui de Caisse Populaire Desjardins.

Le 23 octobre 2010, je me suis rendu sur place.  Les deux Caisse Desjardins sont toujours en opération, bien que leur architecture a certainement évolué au cours de ces 38 dernières années.  Les villages de St-Bernard et de St-Narcisse-de-Beaurivage sont distants de 10,7 km, tout comme l’écrivait Mesrine lui-même en 1977 : « les deux banques se trouvaient à dix kilomètres de distance, de quoi amuser toutes les polices de la région.  Elles se trouvaient dans deux petites villes, Saint-Bernard-de-Dorchester et Saint-Narcisse-de-Lotbinière. »

J’ai parcouru la distance en 8 minutes, et cela en m’arrêtant pour prendre une photo et pour laisser passer une moissonneuse batteuse, et tout cela à vitesse normale.  Donc, le délai de 10 minutes n’est pas exagéré!

         Dans son fort ego de criminel, Mesrine écrivit que « nous passâmes devant la première [banque].  Elle n’était pas encore ouverte.  Le gérant discutait avec plusieurs personnes qui se trouvaient devant la porte d’entrée.  Il nous fallait faire le plein d’essence.  C’est ce que nous fîmes.  Le garagiste était loin de se douter de ce que nous allions faire dans les minutes qui allaient suivre.  […]  Je descendis, armé de ma USMI[5] à crosse sciée.  Je l’avais contre le corps.  Jean-Paul me suivait. »

         Selon lui, Mercier aurait tiré un coup de feu à l’intérieur, mais sans blesser qui que ce soit, avant sortir et de sauter dans la voiture « devant deux petites vieilles qui étaient tout étonnées de nous voir sortir de la banque avec une arme à la main. »

         Ils se dirigèrent ensuite vers la Caisse Desjardins de St-Narcisse-de-Beaurivage, qui était, selon Mesrine, « plus mal placée.  Jean-Paul n’avait pas encore totalement stoppé le véhicule que j’étais déjà dehors et que je me précipitais sur la porte d’entrée.  Elle était fermée et ne s’ouvrait que par un système électrique actionné de l’intérieur.  Je me reculai d’un mètre et tirai cinq balles dans la serrure qui éclata sous les impacts. »

         Mesrine prétendait dans son livre qu’au cours de leur fuite ils s’arrêtèrent pour prendre une jeune fille de 14 ans en auto-stop avant de la conduire au garage de son père, au village suivant et que, « le lendemain, la presse relatait cet événement pour dire que nous étions pour le moins de vrais gentlemen.  Cela lui ferait des souvenirs pour ses petits-enfants. »  Évidemment, Mesrine aimait bien soigner sa réputation.

         Mesrine fixe le montant des deux vols à une récolte de 26,000$, ce qu’il qualifie de peu.  Pourtant, en 1972, mon père achetait une maison toute neuve, un bungalow, au prix de 14,000$, ce qui serait aujourd’hui estimé à environ 100,000$ canadiens.  Mesrine disposait presque du double et il se plaignait encore!?

         Dans Le Soleil du 26 août 1972, on retrouve un petit article annonçant la mise en accusation de Lafleur et Ouellette pour possession d’armes et évasion.  Curieusement, le même jour, une attaque de Caisse Desjardins de Sainte-Famille à Kenogami avait résulté en une poursuite automobile et une véritable fusillade, avec mitraillette.  Mais rien à voir avec Mesrine et Mercier.

         Heureusement, le 26 août, on retrouve, sous le titre de « Mesrine et Mercier seraient les auteurs des vols dans deux caisses » l’article suivant : « Les trois évadés du pénitencier de Saint-Vincent-de-Paul qui n’ont pas encore été repris (« les plus dangereux » selon la police) seraient les auteurs des deux vols à main armée commis hier matin aux Caisses populaires de Saint-Bernard de Dorchester et de Saint-Narcisse de Lotbinière.  Des témoins auraient en effet positivement identifié Jacques Mesrine et Jean-Paul Mercier comme les deux hommes qui ont surgi, armés, dans la caisse « pop » de Saint-Bernard et forcé le gérant et quatre employés à s’agenouiller ou à rester à leurs tables de travail, et qui ont pris la fuite avec près de $5,000.  Quelques minutes plus tard, six milles [9,6 km] plus loin, trois individus s’introduisaient dans la caisse populaire de Saint-Narcisse de Lotbinière après avoir fracassé la serrure en tirant plusieurs coups de carabine.  Le directeur et deux employés ont assisté, impuissants, à cette démonstration de force qui s’est terminée par la fuite des trois voleurs qui emportaient avec eux plus de $5,000.  Les auteurs des deux vols à main armée ont réussi à passer à travers les mailles du filet même si des barrages avaient été dressés sur toutes les routes de la région, quelques minutes seulement après les deux attentats.  L’enquête a progressé rapidement, puisqu’après l’interrogatoire des témoins, les enquêteurs de la S.Q. étaient en mesure d’affirmer que deux des trois voleurs étaient selon toute probabilité Jacques Mesrine et Jean-Paul Mercier.  Quant au troisième, on suppose qu’il s’agit du dernier évadé, Robert Imbeault.  Hier soir, les policiers poursuivaient des fouilles intensives dans les bois, dans la région comprise entre Saint-Frédéric de Beauce, East-Broughton, Saint-Sylvestre et Sainte-Agathe de Lotbinière.  C’est d’ailleurs de ce dernier village dont Jean-Paul Mercier est originaire et l’on affirme qu’il connaît la région comme sa poche.  Quant à l’identité des voleurs, des policiers se montraient catégoriques, hier soir : « On fait plus que les soupçonner fortement, c’est plus qu’en « principe » : c’est solide. »

         Grâce à cet article, on peut donc faire le contrepoids.  Les deux vols auraient donc pris environ 10,000$, selon la version bancaire évidemment.  Et la date de la double attaque est le 25 août et non le 26.  Quant à l’épisode impliquant la jeune auto-stoppeuse, rien ne la confirme alors que Mesrine jure pourtant qu’on en a parlé dans la presse.  Rien dans Le Soleil, un quotidien de Québec, et rien non plus dans La Presse, de Montréal, qui ne rapportait même pas les deux attaques.  Était-ce une simple invention de Mesrine pour redorer sa prétendue image de gentleman cambrioleur?

         Dans Le Soleil du 29 août 1972, on peut lire en page 19 : « La Sûreté du Québec a fait savoir, ce matin, qu’elle a perdu toute trace des trois évadés, Jacques Mesrine, Jean-Paul Mercier et Robert Imbeault, que l’on soupçonne être les auteurs de deux vols à main armée, perpétrés, vendredi, à Saint-Bernard de Dorchester et à Saint-Narcisse de Lotbinière.  La capitaine Bernardin Grenier, du quartier général de la SQ, a de plus précisé que depuis 11h vendredi, les trois fugitifs n’ont pas été revus.  La voiture de couleur beige avec une barre brune, au bas de la carrosserie, n’a également pas été retrouvée.  On avait mentionné que deux autres voitures auraient pu servir aux vols mais cette information était fausse.  Les recherches intenses qui avaient été entreprises, vendredi matin, ont été abandonnées. »

         Pourquoi ces deux banques?  Comme on vient de le voir, on sait maintenant que Jean-Paul Mercier était originaire de cette région.  Il connaissait donc les petites routes comme le fond de sa poche.  Mesrine le confirmait d’ailleurs dans son livre.  Mais ce dernier va plus loin encore en prétendait qu’attaquer ces deux banques, à environ 180 km de Montréal, aurait un effet de diversion pour son plan principal qui était plutôt de revenir à Laval et attaquer directement le pénitencier de St-Vincent-de-Paul.  Dans une logique toute militaire qu’il aurait pu apprendre durant la guerre d’Algérie, ça semble effectivement plausible.

Mesrine et Mercier contre-attaquent : Rambo peut aller se rhabiller!

Le film de Jean-François Richet, L’Instinct de mort, nous dépeint un événement spectaculaire lorsque Vincent Cassel (Mesrine) et Roy Dupuis (Mercier) attaquent littéralement la prison de St-Vincent-de-Paul à grands coups de mitraillettes, pulvérisant des voitures de patrouilles, blessant au moins grièvement deux policiers avant d’être eux-mêmes blessés par de nombreux projectiles, sans compter qu’on les voit utiliser une grenade pour faire péter un véhicule.

         Il est clair que Richet s’en remettait davantage à la version fournie par le livre de Mesrine, dans lequel ce dernier parlait de « feu d’enfer » pour décrire la fusillade, ajoutant même que « mes balles atteignirent le pare-brise et la portière de droite.  La voiture quitta la route, se souleva pour retomber dans le fossé.  Les deux policiers furent éjectés. »

         Réalité ou fantasme de gangster?

En fait, la scène se déroulait le 3 septembre 1972[6].  Quant à savoir si les faits sont les mêmes, voyons ce que disait les journaux.

         Mesrine et Mercier revenaient donc à la une de La Presse, sans toutefois qu’ils y soient identifié clairement.  Dans l’article de Jacques Filteau on peut lire ceci : « Deux jeunes policiers de Laval ont vu la mort de près, hier : les occupants d’une voiture qu’ils pourchassaient ont soudainement stoppé, en sont descendus et ont ouvert le feu dans leur direction.  Les agents Jean-Paul Viau et Serge Morin, du poste 10 de Laval patrouillaient (en mission spéciale) les alentours du pénitencier Saint-Vincent-de-Paul lorsqu’ils ont vu des gardes du pénitencier qui s’approchaient d’une voiture « Dodge » de modèle récent : cette voiture circulait depuis un bon moment autour du pénitencier.  Mais les occupants de la voiture, deux hommes, n’attendirent pas l’arrivée des gardes du pénitencier et démarrèrent en trombe.  Une chasse à l’homme comme tant d’autres commençait pour les agents Viau et Morin.  Leur voiture, qui circule presque continuellement au ralenti mit quelques minutes à accélérer.  On filait alors sur la Montée Saint-François à 75 milles à l’heure [120 km/h] et la voiture de police gagnait du terrain.  Nouveau geste imprévu : la voiture poursuivie s’arrête, un des occupants en descend, épaule une carabine (présumément une M1 semi-automatique) et se met à tirer en direction des policiers.  Ces derniers n’ont que le temps de se coucher sur le siège alors que leur voiture, qui roule encore lentement, s’immobilise dans le fossé qui longe la route.  Alors que les balles sifflent (littéralement) à leurs oreilles, les deux policiers descendent de voiture et rampent dans le fossé ne songeant qu’à s’abriter contre les balles.  Il leur est impossible de riposter : les assaillants sont à plus de 400 pieds de distance et sont armés de carabines de fort calibre.  Les deux policiers, quant à eux, ne sont armés que de leurs revolvers (calibre 38) dont la portée est beaucoup trop faible.  C’est sans doute grâce à l’intervention rapide des gardes du pénitencier que les policiers doivent d’avoir la vie sauve.  Les gardes de Saint-Vincent-de-Paul sont armés de carabines de calibre 303 et le bruit qu’elles faisaient était une musique bien douce aux oreilles des policiers qui avaient cru, un moment, leur dernière heure arrivée.  Le tir des assaillants cessa aussitôt et la voiture redémarra.  Il était temps : 60 coups de feu avaient été tirés et huit projectiles avaient touché la voiture de patrouille.  Le sergent-détective Maheu, de la Sûreté de Laval a ouvert une enquête, mais aux dernières nouvelles, aucune piste sérieuse n’avait été découverte.  On a toutefois retrouvé la Dodge.  À l’intérieur des vêtements neufs (pour un éventuel évadé?) et des cisailles.  Voulait-on couper une clôture?  C’est la deuxième fois que l’agent Morin est la cible de bandits; la dernière fois c’était en 1969.  Quant à l’agent Viau, c’est la première fois, et ça lui suffit amplement.  Les deux hommes, visiblement ébranlés par l’expérience qu’ils venaient de vivre, n’avaient qu’un souhait à formuler : « Qu’on nous donne des armes ».  Ils estiment en effet que cette fois ils ont été chanceux d’avoir eu l’aide des gardiens du pénitencier; mais la prochaine fois, qui les aidera? »

         Une photo accompagnant l’article démontrait Viau et Morin pointant un trou de balle dans le pare-brise de leur auto.

         Où étaient les policiers « grièvement » blessés?  Les grenades?  Les explosions?

         Jacques Mesrine et Jean-Paul Mercier rôdaient donc autour de la prison tout en étant lourdement armés.  Leur projet d’attaquer était réel, mais ils ont été surpris avant de pouvoir donner l’assaut.  Et en sachant que les gardiens patrouillaient les environs, on peut soulever l’idée que ceux-ci avaient été mis au courant de cette éventualité.

         En dépit de cet échec, cependant, il est clair que les deux criminels venaient de prouver hors de tout doute ce dont ils étaient capables, au point de se faire respecter par toute une génération de détenus.

L’affaire des gardes-chasse (à lire aussi: analyse du livre de Jean-Marc Simon)

         Au soir du 10 septembre 1972, deux gardes forestiers, Ernest St-Pierre et Médéric Côté, s’aventurèrent dans le rang de la Petite Belgique à Saint-Louis-de-Blandford.  On avait entendu des coups de feu dans le secteur et les deux hommes tenaient à vérifier ce qui se passait.  En fait, deux versions expliquent leur présence dans ce secteur.  Une première veut que les deux hommes répondaient à une plainte pour de nombreux coups de feu entendus dans le secteur, alors que l’autre les amène sur les lieux pendant une simple patrouille de routine.

Malheureusement, ils étaient loin de se douter de ce qui allait suivre.

         Pour être plus exact, l’article titré « L’assassinat des garde-chasse, un double meurtre gratuit (la police) » apparaît dans La Presse en date du mardi 12 septembre 1972.  Il est signé par Jean-Paul Charbonneau, qui nous raconte que « Les deux garde-chasse, qui ont été découverts sans vie, hier midi, à Saint-Louis-de-Blandford, dans la région de Victoriaville, ont été les victimes d’un double meurtre « gratuit », selon un policier.  Tôt ce matin, les policiers se demandaient encore les raisons qui ont poussé les assassins à tirer à bout portant sur MM. Médéric Côté, 62 ans, de Plessisville, et Ernest Saint-Pierre, 50 ans, de Daveluyville.  Toutefois, les caporaux Jacques Gaboury et Yvon Fauchon de l’escouade des homicides de la Sûreté du Québec, émettaient plusieurs hypothèses, dont celle de l’œuvre de braconniers.  L’hypothèse voulant que ce soit l’œuvre des trois évadés de l’Unité spéciale de correction ayant été avancée, les policiers ont simplement répondu : « Pourquoi? » »

         Cette réponse laisse entendre que la police refusait de dire ce qu’elle savait au moment des faits.  Et pourquoi soupçonnait-on déjà les évadés?  Y avait-il des indices qu’on refusait de donner et qui portaient à croire qu’on se doutait déjà que Mesrine et Mercier étaient impliqués dans cette affaire?

« Selon les premières constatations, MM. Côté et Saint-Pierre ont été tués entre 3 heures de l’après-midi et 11 heures du soir, dimanche [10 septembre] », poursuit Charbonneau.  « M. Denis Emond, sous-inspecteur au ministère de la Chasse et de la Pêche et supérieur immédiat des deux victimes, a déclaré que dimanche matin, après avoir entendu des coups de feu, M. Saint-Pierre s’était rendu, au volant du camion du ministère, à Plessisville, chercher son compagnon dans le but d’effectuer des patrouilles. »

         Mesrine prétend que l’incident s’est déroulé vers 17h00.

         Les coups de feu furent entendus dès la matinée, mais c’est seulement après 15h00 que Côté et St-Pierre ont été tués.  Pourquoi les tueurs sont-ils demeurés aussi longtemps sur place?  Ont-ils été aperçus par d’autres témoins, comme des cultivateurs ou des chasseurs par exemple?

Répondre par l’affirmative à cette dernière question pourrait bien expliquer, grâce à une description physique, pourquoi on soupçonna très tôt Mesrine et Mercier.  Avaient-ils décidé de camper sur place pour éviter la circulation?

Nombreux sont ceux qui croient encore que les deux évadés se pratiquaient au tir lorsqu’ils furent surpris par Côté et St-Pierre.  C’est d’ailleurs l’explication que donne Mesrine dans son livre et l’hypothèse que choisit Richet pour son film.

« Vers 11 heures du soir, la femme de l’un des deux hommes, étant sans nouvelles de son mari, est entrée en communication avec M. Emond.  Ce dernier croyant qu’ils avaient été retardés au cours de leur patrouille, comme cela arrive souvent aux garde-chasse, n’a pas porté attention.  Mais à cinq heures, hier matin [11 septembre], MM. Côté et Saint-Pierre n’étant pas encore de retour le sous-inspecteur a alors décidé de demander l’aide du détachement de Victoriaville de la Sûreté du Québec.  Tous les bois de la région ont été passés au peigne fin et, vers neuf heures, le camion des deux disparus était retrouvé dans un chemin sans issue.  Mais on était toujours sans nouvelles des deux hommes.  Le groupe de chercheurs, composé de policiers et de garde-chasse, était en train de prendre quelques minutes de repos lorsque l’un d’eux a aperçu un morceau blanc sortant de branches entassés dans les broussailles, dans le chemin de terre du rang « La Petite Belgique[7] », à environ 150 pieds [45,7 m] du camion.  Ils se sont dirigés immédiatement vers les branches et quelle ne fut pas leur surprise de découvrir les cadavres des deux garde-chasse, atteints de plusieurs balles.  Il a fallu que les journalistes et les photographes attendent quelques heures avant de pouvoir se rendre sur les lieux. »

         « Durant ce temps, nous avons interrogé l’un des compagnons de travail des deux victimes, M. Claude Brunelle, qui a déclaré que le matin de la disparition des deux hommes, il avait entendu des coups de feu provenant des bois.  Pour sa part, M. Emond, qui a éclaté en sanglots à la vue du fourgon transportant les deux cadavres, a mentionné que, même s’ils faisaient face à des hommes armés, les garde-chasse n’avaient aucun moyen de communication dans leur véhicule de patrouille.  Vers 6h30, le caporal Fauchon s’est entretenu avec les représentants des médias d’information et les a invités à se rendre sur la scène de la découverte, à environ trois milles de la Transcanadienne [autoroute 20].  Presque hostile, le policier a à peine répondu aux questions des journalistes.  Nous avons toutefois appris que l’une des victimes avait été traînée avant d’être camouflée sous des branches d’arbres et que les policiers avaient trouvé, à quelque 100 pieds de la découverte des deux cadavres, une carabine semblable à celle des deux garde-chasse.  Aucune balle n’aurait cependant été tirée avec cette arme.  Les policiers ont également trouvé des douilles non loin de la macabre découverte.  Elles peuvent provenir d’armes de chasseurs voulant pratiquer le tir.  De plus, il se pourrait également que les garde-chasse aient été volés.  Les cadavres des deux hommes ont été transportés, au cours de la nuit, à l’Institut de médecine légale du Québec, rue Parthenais, où une autopsie devait être pratiquée aujourd’hui.  M. Côté, qui comptait 23 ans de service au ministère de la Chasse et de la Pêche, était le père de deux garçons et d’une fille, âgés respectivement de 16, 8 et 13 ans, tandis que son compagnon était le père d’une fille de 23 ans.  Il était garde-chasse depuis 12 ans. »

         Le plus choquant dans cette affaire c’est que Mesrine écrivit que « ni Jean-Paul ni moi-même n’avions voulu cela.  La seule responsabilité en revenait à Médéric Côté, garde provincial victime de sa connerie.  Son collègue, Ernest Saint-Pierre, n’était, lui, victime que des événements. »  Il ose même ajouter avoir agis en légitime défense alors qu’il affirme leur avoir mis deux balles dans la tête à chacun une fois les deux hommes abattus.  « Je voulais être certain de laisser deux morts derrière moi », ajoute-t-il.

         Mesrine affirmait également avoir cru qu’il s’agissait de deux policiers, pour se donner évidemment une raison de plus d’avoir commis ce crime impardonnable.  Or, Mercier, à tout le moins, aurait dû savoir que Côté et Saint-Pierre n’étaient pas des policiers car les uniformes des gardes forestiers ont toujours été différents de ceux des policiers, justement pour éviter la confusion.

         Dans La Presse du 13 septembre 1972, on apprenait que les deux gardes-chasse « ont été atteints de plusieurs projectiles de différents calibres », ce qui implique automatiquement plus d’un tireur, comme le veut la théorie véhiculée par le film de Richet.  « L’autopsie, pratiquée, hier, par les Drs Jean Hould et André Brosseau, de l’Institut de médecine légale, a permis de constater que les victimes ont été atteintes principalement à la tête et au corps.  Les résultats des expertises en balistique ne seront pas connus avant quelques jours.  Il a cependant été possible de savoir que les pathologistes-.12 et des projectiles de petits calibre. »

         Il y a visiblement erreur de texte dans cette dernière phrase, que je retranscris fidèlement, mais on comprend que l’une des armes utilisée était de calibre .12.  L’article se terminait par cette phrase : « La police a de plus révélé que les armes des garde-chasse étaient disparues de leurs étuis, ainsi que la carabine de calibre .308, habituellement gardée à l’intérieur du camion. »

         Dans Le Nouvelliste, quotidien de Trois-Rivières, on apprend quelques détails supplémentaires le 12 septembre 1972 : [8]« Saint-Louis-de-Blandford – Les corps de deux gardes-chasse ont été retrouvés, hier, dans un bois situé entre Notre-Dame de Lourdes et Saint-Louis-de-Blandford dans le comté d’Arthabaska.  Les corps étaient, selon les quelques renseignements reçus, criblés de balles et avaient été cachés sous des feuilles mortes à quelque cent pieds d’un camion du ministère de la Chasse et de la Pêche qu’ils avaient utilisé pour se rendre dans le rang où les attendaient un ou des meurtriers.  Les deux gardes-chasse, M. Médéric Côté, du 1925, avenue Marcoux à Plessisville et M. Ernest Saint-Pierre de Daveluyville, ont été retrouvés par un confrère de travail, M. Claude Brunelle qui effectuait avec les agents de la Sûreté du Québec depuis le matin des recherches aux environs de Saint-Louis.  M. Côté était âgé de 62 ans et était garde-chasse depuis 23 ans alors que M. Saint-Pierre était âgé de 52 ans et travaillait depuis 12 ans au service du ministère du Tourisme de la Chasse et de la Pêche.  Le caporal Yvon Fauchon de l’escouade des homicides de Montréal, chargé de l’enquête, a dit qu’il s’agit d’un meurtre crapuleux, d’un meurtre gratuit; c’est aussi grave qu’un meurtre de policiers.  En réponse à de pressantes questions venant des journalistes, M. Fauchon a tout simplement demandé la discrétion afin d’aider l’enquête.  Il a tout de même avoué que « des douilles de divers calibres ont été retrouvées sur les lieux du crime par les agents enquêteurs. »  Des fusils ont aussi été retrouvés (probablement une mitraillette M-1).  M. Fauchon, qui parlait au nom du chef-enquêteur, le caporal Jacques Gaboury, n’a pas voulu donner de détails sur le rapport qui pourrait exister entre le vol effectué la semaine dernière à Daveluyville et le double crime d’hier à quelques milles de là.  Il n’a pas voulu donner de détails sur les suspects possibles. »

         Mesrine et Mercier auraient-ils attaqué aussi la Caisse Desjardins de Daveluyville?  Aucun autre article dans Le Nouvelliste n’a pu être trouvé à cet effet.

         « On fait un rapprochement pour le meurtre avec l’évasion de deux prisonniers de St-Vincent-de-Paul, suite à un hold-up perpétré à Devluyville.  On signale même les noms de Jacques Mesrine et J.-C. Mercier. »

         Si La Presse n’avait pas osé donner les noms, le quotidien de Trois-Rivières n’a pas hésité un instant à être plus clair.

         « Les deux gardes-chasse, Côté et Saint-Pierre, sont allés faire une ronde comme à l’habitude, dimanche après-midi dans le rang « la petite Belgique », rang qui aurait déjà donné du trouble aux gardes-chasse l’an dernier alors que deux personnes de Trois-Rivières auraient été difficilement expulsées des lieux. »  Une ronde comme d’habitude?

Décidément, la version fournie par Le Nouvelliste était différente sur plus d’un point de vu, ne faisant aucune mention sur le fait que Côté et St-Pierre répondaient à un quelconque appel pour des coups de feu.

« Vers 23 heures, dimanche, les épouses des gardes-chasse ont commencé à douter, ce n’est pourtant que vers 5 heures hier matin, qu’elles ont averti la Sûreté du Québec, à Victoriaville.  Après de nombreuses heures de recherches intensives, on retrouva les corps des deux victimes à quelques 10 pieds du rang, cachés sous des feuilles.  On venait de retrouver le camion des gardes-chasse à une centaine de pieds des victimes, dans un ravin, vers 12h15.  Apparemment, les bandits auraient poussé le camion dans le ravin afin de pouvoir prendre la fuite, après avoir abattu les deux gardes-chasse.  De toute évidence, les bandits qui se cachaient à cet endroit, se sentant pris en souricière à l’arrivée de gardes-chasse, auraient pris l’unique façon de s’en sortir : le crime. »

         Encore une fois, Le Nouvelliste apporte plus de détails quant à la scène de crime.  En arrivant, les gardes-chasse se seraient donc positionnés de façon à bloquer le passage aux suspects, qui se sont probablement sentis coincés, car le rang de la Petite Belgique est un cul-de-sac.  En mariant ce détail à leur haine viscéral pour les uniformes, le reste n’est pas bien difficile à imaginer.

         Le 13 septembre 1972, on retrouvait la nécrologie d’Ernest Saint-Pierre dans Le Nouvelliste.  On y corrigeait son âge (54 ans) en plus de mentionner le nom de sa femme, de ses enfants et de tous ceux qu’il laissait dans le deuil, détails que je ne donnerai pas ici pour une raison évidente de respect.

         La dépouille fut exposée aux salons de L. Gaston Gaudet à Daveluyville et inhumée le 14 septembre 1972.

         Le 17 octobre 2010, je me suis rendu dans le rang de la Petite Belgique.  Sur place, j’ai découvert qu’il semblait davantage se situer sur le territoire de la municipalité de Manseau, au nord de l’autoroute 20, tandis que Saint-Louis-de-Blandford se situe juste au sud.  L’endroit ne semble pas avoir beaucoup changé en 38 ans, si je me fis aux photos de La Presse ainsi que celles du Nouvelliste de 1972.  C’est un rang de bois, ou pratiquement une trail comme diront certains, comme on en voit beaucoup au Québec.  Mais de savoir que ces deux meurtres gratuits ont été commis là par deux des plus célèbres criminels ayant marqué l’histoire du Québec, y a de quoi frissonner au moins un peu.

Le rang est toujours sans issue mais situé, à vol d’oiseau, à quelques kilomètres seulement de l’autoroute 20 qui relie Montréal et Québec.

         Le souvenir de Côté et St-Pierre, qu’on surnomme la plupart du temps et simplement « les deux gardes-chasse », sans aucune connotation péjorative, est encore bien présent dans la mémoire collective de la région.  Se rappeler des victimes est aussi une façon de faire l’Histoire, pour ne pas les oublier et ainsi éviter que l’image entretenue par certaines personnes envers un personnage aussi flamboyant que Mesrine ne soit pas parfaite.  Car nombreux sont les braqueurs, malgré leurs explications souvent douteuses, ont fini par verser le sang des innocents.

Quant aux familles, les véritables héros resteront toujours les disparus.

Épilogue

 

C’est sur cette note que Jacques Mesrine laissa le Québec, il y a maintenant 38 ans.  Il fit la rencontre de Jocelyne Deraîche et quelques mois plus tard pour le Vénézuela avec Mercier et la mystérieuse Lizon.

Jacques Mesrine ne devait plus jamais remettre les pieds au Québec.  Une erreur s’est d’ailleurs glissé récemment sur le site de Cyberpress avec une photo de Mesrine et Schneider sur la banquette d’une voiture qu’on disait avoir été prise en 1978.

Quand à Jean-Paul Mercier, il rentra au Québec quelques mois plus tard et fut reconnu coupable dans l’affaire des gardes-chasse.  Toutefois, il s’évadera à nouveau du pénitencier de St-Vincent-de-Paul en 1974 avant d’être abattu par des policiers alors qu’il braquait une banque de Montréal.

Quant à lui, Mesrine sera aussi abattu par la police parisienne le 2 novembre 1979, porte de Clignancourt.

Bibliographie :

–          Aimé-Blanc, Lucien.  La chasse à l’homme, la vérité sur la mort de Mesrine.  Paris, Plon, 2002.  242 p.

–          Auger, Michel.  « Capture des évadés Ouellette et Lafleur ».  La Presse.  25 août 1972, p 3.

–          Le Petit Journal, 24 août 1972.

–          La Presse, 2 juillet 1969.

–          La Presse, 18 août 1969.

–          La Presse, 22 août 1972.

–          La Presse, 23 août 1972.

–          La Presse, 24 août 1972.

–          La Presse, 25 août 1972.

–          La Presse, 26 août 1972.

–          La Presse, 28 août 1972.

–          La Presse, 29 août 1972.

–          La Presse, 30 août 1972.

–          La Presse, 31 août 1972.

–          La Presse, 1er septembre 1972.

–          La Presse, 4 septembre 1972.

–          La presse, 6 septembre 1972.

–          La Presse, 7 septembre 1972.

–          La Presse, 8 septembre 1972.

–          La Presse, 11 septembre 1972.

–          La Presse, 12 septembre 1972.

–          La Presse, 13 septembre 1972.

–          Le Nouvelliste, 12 septembre 1972.

–          Le Nouvelliste, 13 septembre 1972.

–          Le Nouvelliste, 14 septembre 1972.

–          Le Soleil, 4 janvier 1971.

–          Le Soleil, 16 janvier 1971.

–          Le Soleil, 19 janvier 1971.

–          Le Soleil, 21 janvier 1971.

–          Le Soleil, 22 janvier 1971.

–          Le Soleil, 23 janvier 1971.

–          Le Soleil, 26 janvier 1971.

–          Le Soleil, 27 janvier 1971.

–          Le Soleil, 28 janvier 1971.

–          Le Soleil, 29 janvier 1971.

–          Le Soleil, 1er février 1971.

–          Le Soleil, 2 février 1971.

–          Le Soleil, 4 février 1971.

–          Le Soleil, 5 février 1971.

–          Le Soleil, 6 février 1971.

–          Mesrine, Jacques.  L’Instinct de mort.  Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 1977.  Réédité, Paris, les Éditions Champ Libre, 1984.  392 p.

–          Ouimet, Pierre.  « Plus que jamais la réforme du système pénitentiaire canadien est remise en cause ».  La Presse.  26 août 1972. p 6.

–          Wikipédia.  Jacques Mesrine.  [en ligne], consulté 14 octobre 2010.

–          Wikipédia.  Jean-Pierre Goyer.  [en ligne], consulté 16 octobre 2010.

–          Wikipédia.  Élection fédérale canadienne de 1972.  [en ligne], consulté 16 octobre 2010.

–          Richet, Jean-François.  L’Instinct de mort.  Film cinématographique.  2009.  113 min.  DVD.

–          Richet, Jean-François.  L’Ennemi public No 1.  Film cinématographique.  2009.  …min.  DVD.

–          Société Radio-Canada, les archives de Radio-Canada.  Mesrine, l’ennemi public, est abattu.   Diffusé 2 novembre 1979, dernière mise à jour 2 novembre 2009, http://archives.radio-canada.ca/societe/criminalite_justice/clips/17051/


[1] M1 n’est pas un calibre mais un modèle d’arme à feu.  On en a produit plus de 6 millions d’exemplaires.  Son calibre était de 7,62X33 mm (.30 Carbine).  Fabriqué depuis 1937, il en existe cependant de nombreuses variantes.

[2] Auger, Michel, La Presse, 25 août 1972.

[3] Aujourd’hui St-Bernard.

[4] Aujourd’hui St-Nacrisse-de-Beaurivage.

[5] Carabine M-1.

[6] Mesrine confirme cette date dans son livre de 1977.

[7] 46° 17’ 02’’  71° 58’ 27’’.  La commission de toponymie du Québec stipule clairement que le rang de la Petite Belgique est situé à Saint-Louis-de-Blandford.  Sur le terrain, toutefois, le rang porte uniquement le nom de « Belgique », bien que les gens de la place le connaissent comme « la Petite Belgique » et on y a accès par la municipalité de Manseau, au nord de l’autoroute 20, tandis que Saint-Louis-de-Blandford se situe au sud de la même autoroute.

[8] Article signé Laurier Gardner.

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One thought on “Revue de presse: Jacques Mesrine au Québec (3/3)

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