Le Massacre de Camp Grant

Camp Grant, Arizona, vers 1870.

Au cours des années 1870 les hostilités entre les Apaches et les colons du sud de l’Arizona atteignirent un sommet.  Les Blancs, parmi lesquels on comptait des mineurs, des ranchers et des éleveurs, se multipliaient sans cesse dans la région.  Ainsi menacés sur leur propre terrain, les Indiens effectuèrent des raids contre les fermes du secteur pour rappeler leur présence.  Et, bien sûr, les Blancs ne trouvèrent aucun autre moyen que d’appliquer leur système de punition habituel destiné aux voleurs et assassins.

Au début de l’année 1871, la bande Arivaipa du groupe des Western Apache de San Carlos demanda l’asile au Camp Grant.  Il s’agissait d’un poste militaire situé près de la jonction de Arivaipa Creek et de la San Pedro River, dans le sud de l’Arizona.  Leur leader se nommait Hackibanzin, mieux connu chez les Blancs comme Eskiminzin.  Le commandant du poste était alors le Premier Lieutenant Emerson Whitman du 3ème Régiment de la cavalerie américaine.

Incertain de ce qu’il devait faire, le Lieutenant Whitman écrivit donc au commandant du département, le Général George Stoneman, pour obtenir des instructions claires.  La réponse arriva : on lui expliqua que sa communication n’était pas dans la forme militaire, c’est-à-dire que le contenu de la lettre n’avait pas été résumé sur l’enveloppe.  Dégoûté de cette perte de temps, Whitman décida d’agir selon sa propre conscience et d’offrir l’asile aux Indiens.

Peu près, 500 Arivaipa se retrouvèrent dans l’enceinte du Camp Grant.  Puis des Apaches non identifiés attaquèrent un convoi de chariots dans les Pinal Mountains, tuant un homme et enlevant une femme à Tubac, à plus de 50 miles (80,5km) du Camp Grant.  On blâma les Apaches d’avoir commis une demi-douzaine d’autres raids en mars 1871 et celui que l’on pointa du doigt fut Eskiminzin.

Au matin du 30 avril 1871, sans le moindre avertissement, le Comité de la Sécurité Publique de Tucson, composé de six anglophones, dont William Sanders Oury, et 48 Mexicains, dont Jesus Maria Elias, attaquèrent le camp Apache qui était encore endormi.  Le comité était accompagné de 94 Indiens Papago, les ennemis traditionnels des Apaches.

Lorsque l’attaque fut terminée, environ 100 Apaches gisaient morts sur le sol.  La plupart étaient des femmes et des enfants.  De plus, 27 enfants furent capturés et vendus comme esclaves ou donnés aux familles Papago.  Évidemment, il n’y eut aucune perte humaine chez les agresseurs.

Les citoyens de Tucson demandèrent la mutation du Lieutenant Whitman parce qu’il avait accueilli les Apaches et ce dernier dut faire face à la Cour Martial.  Heureusement pour lui, les procédures furent abandonnées.  Une tempête de protestations provenant de l’est du pays força la justice à poursuivre les auteurs de ce massacre dès décembre 1871.  Le procès, qui se déroula à Tucson, dura cinq jours.  Le verdict d’acquittement fut rendu en 19 minutes.

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