Louis Cyr, une épopée légendaire


1190939-gfOHL, Paul.  Louis Cyr, une épopée légendaire.  Libre Expression, Montréal, 2005, 632 p.

Le 12 juillet 2013 marquera la sortie du film québécois Louis Cyr, dans lequel le comédien Antoine Bertrand interprétera le célèbre homme fort.  Quoi de mieux qu’un compte-rendu sur l’ouvrage le plus complet de ce personnage avant de se laisser imprégner de cette œuvre cinématographique qui, je l’espère, fera renaître notre fierté.

Parmi les précieux documents ayant servi pour les recherches de Paul Ohl on retrouve les transcriptions sténographiques prises directement du témoignage de Louis Cyr en 1908 devant un journaliste de La Presse.

Dès le premier contact avec le livre on devine le travail acharné, méticuleux et référentiel de l’auteur, ce qui assure dès le départ un résultat de qualité, doublé d’une aventure historique enrichissante et agréable à lire.  Après un prologue intéressant qui nous renvoie aux premiers hommes forts de l’histoire mondiale, de Hercule jusqu’à Jos Montferrand, il s’attaque à la généalogie du personnage.

L’histoire de Louis Cyr est bien enracinée dans le passé de notre nation, puisque dès le premier chapitre on constate que ses ancêtres ont subi le drame de la Déportation acadienne en 1755, sans compter la rébellion des patriotes et l’exode des canadiens français vers les États-Unis, un phénomène qui vida nos campagnes.

C’est à Saint-Cyprien, près de Napierville, le 10 octobre 1863, que naissait Cyprien Noé Cyr, qui serait plus tard mieux connu sous le nom de Louis Cyr.  Selon la légende, qui est souvent difficile à dissocier de la réalité, il pesait 18 livres (8,1 kg) à sa naissance.  Peut-être pas si exagéré que ça, finalement, puisqu’à 7 ans il pesait 100 livres et avait la carrure d’un adolescent.  Son père, Pierre Cyr, dut vendre ses terres pour devenir journalier, une situation assez représentative de la misère québécoise de l’époque.  Après une dizaine d’années, toutefois, Pierre revenait sur ses pas en retournant au travail de la terre, près des lots ayant appartenus à ses ancêtres.

Très tôt, le jeune garçon fut bercé d’histoires d’hommes forts par son grand-père et autres patriarches du voisinage, au point où beaucoup plus tard il dira lui-même que « c’est de ces bons vieillards que je tiens en grande partie l’héritage de ma force ».  Cela l’avait d’ailleurs inspiré dans ses jeux, au cours desquels il tirait des charges, encouragé par son grand-père.  Dès l’âge de 8 ans, il réalisait son premier exploit en ramenant un veau exténué sur ses épaules, et tout cela sur une distance d’un arpent et demie.  C’est en le voyant arriver ainsi chargé que ses parents auraient compris que leur fils jouissait d’une force hors du commun et les choses ne furent plus jamais les mêmes par la suite.

Ce que nous serions tenté aujourd’hui de comprendre par la génétique, c’est qu’on retrouve certaines personnes dans sa famille et ses ancêtres qui bénéficiaient d’une certaine force physique, y compris sa mère qui aurait déjà monté à l’étage de la maison un baril de plus de 200 livres (90,7 kg).

Louis n’aimait pas l’école et ce sera plus tard, au contact des hommes forts européens, qui pour la plupart sortaient des universités, qu’il prit conscience de sa carence.  « J’étais ignorant », avouera-t-il plus tard, mais pas nécessairement dépourvu d’intelligence puisqu’il entreprit lui-même de remédier à cette lacune en s’instruisant.  En dépit de ses origines modestes, on comprend donc que Louis Cyr était un esprit ouvert.

En 1878, alors qu’on effectuait la première utilisation commerciale du téléphone à Québec, et qu’à Montréal on mettait à l’essai l’éclairage électrique, Pierre Cyr décidait de suivre le courant entrepris par plusieurs québécois, c’est-à-dire de tenter sa chance aux États-Unis pour un meilleur emploi.  Le jugeant assez sérieux, il décida d’amener son fils de 15 ans avec lui.  Juste avant le grand départ, cependant, lors d’un passage au village de Saint-Athanase, Louis Cyr remporta un pari lancé à Vital Guérin, l’homme fort de la place, de déplacer 15 minots (900 livres anglaises) sur son dos, ce qui rapporta un peu d’argent à son père.  L’exploit eut aussi pour effet de changer à jamais les relations entre le père et son fils, pour le mieux bien sûr.  Cyprien Noé devint alors la plus grande fierté de son père.

À la fin de cette année-là, Pierre et Philomène Cyr quittaient donc, avec leurs dix enfants, vers Lowell, dans le Massachusetts.

En décrivant les piètres conditions auxquelles faisaient face les canadiens français, Paul Ohl prouve sa maîtrise du contexte historique, non sans ranimer quelques frustrations du sort que le milieu inhumain industriel réservait à nos ancêtres.  D’ailleurs, peu après cette arrivée dans un quartier pauvre Cyprien Noé fut atteint de la fièvre typhoïde.  Après deux longs mois de convalescence, qui lui auraient fait perdre beaucoup de poids, il supporta assez mal le travail à l’usine.  « Ne supportant pas l’autorité direct, ni même un système paternaliste, incapable d’hypocrisie ou de passivité, Cyprien Noé préféra louer ses services comme manœuvre sur une ferme plutôt que de se retrouver violemment stigmatisé à l’usine », écrit Ohl.

Contrairement à d’autres auteurs, Ohl fait preuve d’une belle objectivité en admettant ignorer la véritable raison ayant conduit le jeune costaud à adopter le prénom de Louis, alors que d’autres ont tenté toutes sortes d’hypothèses.  Quoi qu’il en soit, ce sera aussi à cette même époque qu’il rencontra la femme de sa vie en la personne de Mélina Gilbert-Comtois et qu’il affrontera aussi pour la toute première fois un véritable athlète du nom de Donovan.  Jusque là, Louis Cyr avait eut le dessus sur tous les autres hommes forts des campagnes et des usines, mais cette fois il confronta cet athlète à moitié tricheur, qu’il vainquit d’ailleurs facilement.  Pendant ce temps, sa légende avait commencé à naître après qu’il eut demandé deux salaires en exécutant le travail de deux hommes à la fois pour soulever des charges à l’usine.

En décembre 1881, Louis Cyr revenait au Québec, cette fois à St-Jean-de-Matha.  C’est là que, le 16 janvier 1882 il épousait Mélina.  Il ira rapidement travailler dans les bois comme bûcheron.  Après que sa jeune épouse eut été alitée en raison d’une maladie, il revint au village travailler sur la ferme de son beau-père, qu’il impressionna un beau matin en dégageant le chemin d’un énorme tronc d’arbre de quatre pieds de diamètre.  En 1908, lorsqu’il se confia au journaliste de La Presse, Louis Cyr dira que ce tronc était toujours en place, en train de pourrir debout.

À la fin de l’année 1882, l’arrivée de l’hiver le laissa songeur sur son avenir, rêvant déjà aux haltères de Donovan.  Espérant une vie meilleure, il décida de retourner à Lowell avec Mélina, qui lui aurait d’ailleurs souvent glissé à l’oreille « mon bon Louis, tu le sais bien, je te suivrai partout où tu iras ».  En avril 1883, le couple retournait donc à Lowell.  En arrivant sur place, il s’étonna de découvrir que sa famille n’y était plus.  Ses parents, ainsi que le reste des enfants, étaient retournés à Saint-Cyprien.  Ce sera pourtant lors de ce séjour qu’il envisagea pour la première fois de faire carrière grâce à sa force.  À cette époque, trois hommes forts attiraient les foules : Richard Pennell, Oscar Mathes et David « Baby » Michaud.  Louis Cyr les battit tous les trois aux épreuves de force.

Un dimanche, devant 4,000 habitants de Lowell, Louis Cyr souleva une pierre jusqu’au niveau de ses épaules qui, jusque là, n’avait pas même quitté le sol d’un seul millimètre en dépit des efforts de certains costauds de la région.  Par la suite, la pierre fut transportée jusqu’au magasin général pour y être pesée : 517 livres.  Cette pierre, qui aurait pu devenir une célèbre relique de musée, fut remise en place mais disparut une vingtaine d’années plus tard.  Ce qui impressionne le plus, cependant, c’est de voir l’auteur écrire que  « en 2001, à Siofok, en Hongrie, l’athlète de force professionnel Laszlo Fekete souleva une pierre d’Atlas, sphérique, d’un poids de 488 livres (222 kilos) à une hauteur de 1,28 mètre du sol, un exploit athlétique supposé précédent dans l’ère moderne, mais inférieur à tous égards au lever de Louis Cyr, effectué plus d’un siècle auparavant ».  Plus important encore, Louis Cyr devint dès lors une fierté pour les canadiens-français.

Comme on s’y attendait, un premier promoteur nommé Mac Sohmer fit faire une tournée à Louis Cyr dans les maritimes mais sans jamais le payer.  De retour au Québec, maintenant conscient de son potentiel et de l’existence des hommes malhonnêtes, Louis se tournera vers son père afin de l’engager comme promoteur et ce sera donc celui-ci qui organisera sa toute première tournée au sein des villages québécois.  Le périple leur rapportera 500$, et Louis en remettra la moitié à son père.  En plus de ce petit succès financier, cette tournée aura pour effet de souder à jamais les liens unissant le père à son fils en plus de faire naître entre eux un grand respect.

Gus Lambert, un célèbre promoteur de son temps, écrira à Louis Cyr pour l’inviter à son gymnase de la rue St-Laurent à Montréal et lorsque le colosse y débarquera enfin la foule s’accumula rapidement autour de lui, empêchant les deux hommes de discuter affaire.  Néanmoins, la première soirée que lui organisa Lambert au Mechanic’s Hall, situé au 204 de la rue Saint-Jacques, sera un franc succès.  D’ailleurs, Lambert sera pour lui un promoteur honnête en plus de devenir en quelque sorte son mentor.

Fait un peu plus cocasse, peut-être, c’est dans la petite municipalité de Sainte-Cunégonde, annexée à Montréal en 1904, que Louis Cyr deviendra policier-pompier, avec uniforme et bâton.  En combattant les voyous, il se serait attiré quelques ennemis.  Le 23 septembre 1885 se produisit un événement célèbre sur lequel certains auteurs ont pris de grandes libertés.  Ohl s’en remet plutôt aux comptes-rendus des journaux de l’époque, qui se basaient sur le témoignage du policier Charles Proulx, alors mourant.  On comprit que Proulx, accompagné de son collègue le constable Vermette, rejoints plus loin par les constables Louis Cyr et David Young, ont répondu à une plainte à propos d’un homme ivre.  Louis Cyr aurait réagit le premier pour saisir l’ivrogne, un dénommé Wilfrid Paquette.  Cyr fut blessé à la tempe par une roche mais Proulx, lorsqu’il tenta de donner un coup de main à Cyr, reçut un coup de hache donné par Arthur Paquette sur le côté gauche de la tête.  Lorsque le frère de ce dernier, Wilfrid Paquette, lui asséna un second coup de hache sur l’autre côté de la tête, Proulx perdit conscience.  Qu’à cela ne tienne, car le voyou continua de lui distribuer des coups de pied dans le visage.

Dans ses mémoires sténographiées, Louis Cyr dira plutôt avoir reçu un coup de hache à un bras.  Quoi qu’il en soit, l’incident fut suffisant pour remettre en question sa carrière de policier et un mois plus tard il devait remettre son insigne.  En dépit de sa force et de son orgueil, Cyr n’était pas fait pour ce métier dangereux.

1885 fut non seulement une triste année pour les canadiens-français avec l’affaire Louis Riel, mais l’épouse de Louis Cyr, Mélina, perdit son tout premier enfant, un fils, peu après l’accouchement.

Le 17 mars 1886, c’est dans la salle Jacques-Cartier de Québec que se déroula la fameuse rencontre entre Louis Cyr et David Michaud, qui se prétendait alors l’homme le plus fort au Canada.  L’enjeu de ce duel inévitable s’éleva à 500$, somme destinée au gagnant.  Étant donné que Michaud était un favori de la place, lui qui travaillait à la Citadelle, Cyr fut chahuté dès son entrée.  Pourtant, Michaud fut battu à plate couture, réussissant à peine à lever 158 livres alors que Cyr souleva 218 livres pour le même exercice.  « Ne voulant pas humilier davantage son adversaire, Louis Cyr se contenta de lever 2371 livres en back lift, soit 300 livres de plus que Michaud », écrit Ohl.  Pour tenter de sauver la face, Michaud aurait feint d’être ivre, ce que la foule prit pour une insulte et la bousculade explosa dans la salle, au point de nécessiter l’intervention de la police.  Toutefois, « lorsque Louis Cyr quitta Québec le lendemain matin, il détenait le titre de champion du Canada ».

Malgré les quelques lignes discrètes parues dans les journaux du lendemain, le bouche à oreille se chargea du reste.  Gus Lambert et lui partirent sur une tournée triomphale, à partir de laquelle le colosse se gagna le surnom du Samson canadien.  Et c’est sous la suggestion de Mélina qu’il commença à apprendre à lire et à écrire.

De retour à Sainte-Cunégonde, Louis Cyr acheta un immeuble qu’il transforma en hôtel et club athlétique et « l’endroit devint le rendez-vous de toute une jeunesse », dont Télesphore Milton et Horace Barré.  Entraîné par Louis Cyr lui-même, Barré deviendra plus tard son associé.  L’unique enfant du couple, Maria Émiliana, naîtra le 30 janvier 1887.  Mélina se plaignit cependant que l’endroit n’était pas propice à élever un enfant et c’est seulement après une autre tournée, cette fois aux États-Unis, que Louis Cyr installa sa petite famille à Saint-Jean-de-Matha, en plus de devenir le bailleur de fond dans un commerce qu’il acheta à ses parents, question d’améliorer leur sort, d’autant plus que sa mère accusait une santé de plus en plus fragile.

Le 11 avril 1888 fut un autre jour dramatique pour Louis Cyr.  Sa mère Philomène rendait l’âme à l’âge de 44 ans alors qu’il était en tournée aux États-Unis.  Il ne put donc être présent pour les funérailles.

À Londres, le 2 novembre 1889 Eugen Sandow était consacré l’homme le plus fort du monde.  Pendant ce temps, au Québec, Louis Cyr continuait sa vie de famille et sa tournée des villages lorsque Richard Kyle Fox, propriétaire du National Police Gazette de New York l’invita à venir prouver ses prouesses devant une équipe d’observateurs.  Sa force étant ainsi confirmée, Fox le rendit mondialement célèbre par des articles sérieux.  En fait, l’affrontement inévitable entre Cyr et Sandow n’était plus qu’une question de temps.

C’est donc en novembre 1891 que Louis Cyr traversa l’Atlantique à bord du SS Vancouver pour se rendre à Londres en compagnie de Joseph-Xavier Perrault, fondateur de la Chambre de commerce de Montréal.  Bien que l’affrontement devenait plus qu’inévitable entre lui et Sandow, ce dernier se défila en fournissant de multiples prétextes, dont celui d’accuser le québécois de manquer de style dans ses démonstrations.  Qu’à cela ne tienne, car ce sera au Royal Aquarium Hall de Londres, en janvier 1892, que Cyr battra le record de Sandow, qui était de 269 livres à un seul bras, le mouvement du dévissé.  Cyr le battra en levant 273 ¼ de son unique bras droit.  Il battit également tous les autres records, dont le sien au back lift.   Quelques jours plus tard, il tentera de battre son propre record d’un seul bras en soulevant cette fois 286 livres, mais une fois l’haltère au bout de son bras, celui-ci glissa pour lui fracturer le sternum.

Malheureusement, toute la question entourant le terme d’amateurisme expliqua pourquoi des hommes comme Louis Cyr n’eurent jamais accès aux Jeux Olympiques, dont les premiers eurent lieu en 1896.  À ce chapitre, l’auteur rappelle que l’épreuve du jeté à un bras aux premiers Olympiques d’Athènes a été réalisé par Lanceston Elliott à 156 livres, c’est-à-dire « 117 livres de moins que le record établi par Louis Cyr ».  Tout cela pour dire qu’en dépit des apparences les Jeux Olympiques ne présentent pas nécessairement les meilleurs athlètes du globe, car on a choisi d’y favoriser certaines figures de style plutôt que les véritables résultats, souvent réalisé par des forces de la nature qui, comme Cyr, n’écoutent que leur instinct.

Malheureusement, à la moitié du livre l’intérêt s’essouffle, au point où les détails concernant les endroits fréquentés et le poids des haltères soulevés soir après soir, on comprend qu’on en apprend assez peu sur l’homme lui-même, ainsi que sa famille.  Évidemment, Louis Cyr n’a pas laissé sa marque en tant qu’érudits dans un domaine particulier ni comme innovateur ou aventurier hors pair, mais plutôt comme un phénomène physique, d’autant plus qu’il semblait avoir largement négligé sa santé et son alimentation.

À partir de 1901, sa santé fut d’ailleurs sérieusement mise en péril, au point de le forcer à se retirer.  Un médecin lui fit comprendre que ce serait maintenant pour lui une question de quelques années.  Or, son orgueil le poussa à nouveau, le 26 février 1906, à relever le défi d’un athlète sans grande envergure, Hector Décarie, au parc Sohmer de Montréal.  Louis Cyr était tellement devenu l’ombre de lui-même que le match fut déclaré nul.

Malgré tout, Louis Cyr, qui semblait avoir développé une grande dépendance à l’attention du public, partit en tournée une fois de plus, en compagnie de Décarie lui-même.  Atteint d’hydropisie et de la maladie de Bright, certains médecins étaient déjà d’avis qu’il avait déjà dépassé son espérance de vie.  En janvier 1908, il accepta de dicter ses mémoires, prises en sténographie, par le journaliste Septime Laferrière du journal La Presse, qui furent publiées au cours des semaines suivantes.

Sans qu’on ne sache pourquoi, le 7 octobre 1912 Louis Cyr alla s’installer chez son gendre, le Dr Aumont, au 719 rue Ste-Catherine Est à Montréal, où il s’éteignit un mois plus tard.  Après quelques démêlés, son corps fut finalement inhumé à Saint-Jean-de-Matha quelques mois plus tard.  Mélina, sa veuve, n’aurait jamais surmonté cette perte.  Elle s’éteignit à son tour le 28 octobre 1917, un mois à peine après s’être remariée, on ne sait trop encore pourquoi.  Son corps fut inhumé au côté de son cher Louis dans le cimetière de Saint-Jean-de-Matha.

Le drame le plus sombre tourna autour de leur fille unique, Émiliana, qui avait déjà fait la tournée avec eux sur scène.  Après avoir été battue par son mari, le Dr Aumont, elle demanda le divorce en 1924 mais celui-ci obtint vengeance.  Grâce à ses contacts, il parvint à la faire interner à une époque où les professionnels de la santé pouvaient déclarer à peu près n’importe qui mentalement aliéné.

On retiendra que Paul Ohl a fait un travail remarquable pour écarter de la vérité les exagérations et faits fictifs à propos de son héros, dont l’auteur Ben Weider qui ne s’est pas gêné pour verser dans la fiction.

À la fin de sa section annexe Ohl écrit que « il [Cyr] a soulevé près de deux milles fois, de son bras droit, des haltères supérieurs à 240 livres.  Louis Cyr n’a jamais été vaincu ».  C’est faux, si on en croit ceux qui ont homologué le record de Victor Delamarre, que mon défunt grand-père, Jean-Louis Veillette, a eu la chance de voir à l’œuvre lors d’une représentation à Trois-Rivières.  Le 2 avril 1914, au Théâtre Arcade de Montréal, Delamarre souleva  un poids de 309 ½ livres au dévissé d’un seul bras.  Natif d’Hébertville, au Québec, Delamarre s’est éteint en 1955 et il n’a toujours pas eu droit à sa biographie.  Dans le livre de Paul Ohl on ne retrouve aucune mention du nom ni l’exploit de Delamarre.

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5 thoughts on “Louis Cyr, une épopée légendaire

  1. Louis Cyr (baptisé Cyprien-Noé Cyr, le 10 octobre 1863 , et mort le 10 novembre 1912 ) est un célèbre homme fort canadien-français . Cyr n’a jamais refusé un défi et n’a jamais été défait dans son pays ou à l’étranger. Il acquiert sa renommée avant même que l’on tienne des registres sur son sport et avant même que la lutte ne soit intégrée aux Jeux olympiques .

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  2. lamarre faisait un devisse cyr faisait un developpe avec 273 livres cest pas pareil . et ohl ne parle pas non plus des freres bailargeon de arthur dandurant et autres hommes forts

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