Billy the Kid: la fabrication d’une légende

Couverture du livre de Pat Garrett, paru en 1882.
Couverture du livre de Pat Garrett, paru en 1882.

Le 15 juillet 1881, depuis les lointaines contrés du Nouveau-Mexique, une nouvelle se répandit jusqu’à l’autre bout du pays : le Shérif Patrick Floyd Jarvis « Pat » Garrett venait de tuer un jeune hors-la-loi que la presse surnommait depuis peu Billy the Kid.  Contrairement à ce qu’on pourrait encore croire aujourd’hui, cette nouvelle, bien que reprise dans le New York Times, ne créa pas autant de vagues qu’en fit la mort du célèbre braqueur Jesse James l’année suivante.  En fait, la popularité de Billy the Kid grandirait au fil des années à venir, en particulier grâce à la littérature.

L’évolution de son historiographie à travers la littérature américaine, que ce soit par le roman ou ces tentatives d’essais, qui se souciaient d’ailleurs assez peu de l’objectivité historique, est primordial dans le processus de compréhension de sa personnalité.  En fait, en partie grâce aux livres et au cinéma, sa célébrité est maintenant comparable à celle de Jesse James.

Depuis que je me suis remis sur un manuscrit encyclopédique sur les hors-la-loi du Far West, je me suis replongé dans ce que j’appelle « mes vieilles amours ».  Dès 1990, Bill the Kid a été le premier à susciter mon intérêt pour l’Histoire en général.  J’étais alors âgé de 18 ans, c’est-à-dire l’âge approximatif que le Kid avait au moment de laisser ses premières véritables traces dans le folklore.  Rapidement, je me suis rendu compte que l’évolution littéraire de son historiographie a considérablement contribué à fausser de nombreux détails à son sujet.  Cette tangente perverse, si fortement ancrée dans l’opinion publique, contribua d’ailleurs à rejeter la fascinante version d’un vieil homme qui, à partir de 1949, affirmait être Billy the Kid.

En excluant les articles de journaux, la première œuvre parut en kiosque en 1882 sous le titre The Authentic Life of Billy the Kid.  Sur la couverture, le nom de Pat Garrett faisait figure d’auteur.  On avait donc droit à une histoire « authentique » écrite par un représentant de la loi qui s’intéressait à la biographie de sa victime!  Bonjour l’objectivité!

À cette époque, la soif de la population vis-à-vis de tels ouvrages reléguait aux oubliettes le souhait de connaître la vérité.  Au contraire!  On cherchait plutôt à entendre une histoire qui « collait » à l’image que les citadins de l’est du pays se faisaient des légendes lointaines de l’Ouest.  Par conséquent, on y vit que du feu.  Le simple fait que ce livre était rédigé par un homme personnellement impliqué dans l’affaire rendait le texte crédible.

Les hors-la-loi qui sont devenus célèbres de leur vivant – John Wesley Hardin, Emmett Dalton et Cole Younger – ont d’ailleurs écrit leur propre autobiographie, ce qui répondait à un certain besoin social.  Toutefois, le temps nous a démontré que ces livres sont loin d’être des œuvres de références étant donné leur manque flagrant d’objectivité.  Ces auteurs, personnellement impliqués dans les affaires dont ils traitent, avaient tous des intérêts non avoués à publier leur version des faits.  Les vantardises y font d’ailleurs légion.  Le fils même de Jesse James avouera librement avoir écrit son livre de 1899 afin de subvenir à ses besoins[1].

Malheureusement, Garrett implanta dans la mémoire collective de nombreuses erreurs ainsi que des incidents tout à fait fictifs.  S’il a véritablement connu le Kid vers 1879 ou 1880, rien ne prouve qu’il ait été son ami, comme plusieurs l’ont affirmé.  Ignorant pratiquement tout sur la vie du Kid avant son implication dans la guerre du comté de Lincoln, le shérif recyclé en auteur inventa certaines scènes afin de combler les manques qui, sans cela, n’auraient pas été satisfaisant pour les lecteurs, qui préfèrent évidemment acheter une biographie complète.  D’ailleurs, Garrett prouva sa méconnaissance des lieux et de certains personnages en commettant plusieurs erreurs d’orthographe.

On pourrait également se questionner sur les raisons qui l’ont poussé à publier un livre aussi rapidement, sans avoir fait de recherches sérieuses.  En fait, Garrett était devenu célèbre en une seule nuit pour avoir débarrassé le Nouveau-Mexique de son hors-la-loi le plus nuisible de l’époque et peut-être cherchait-il à surfer encore un peu plus loin sur cette vague de popularité, entre autres pour en tirer quelque profit.  Après tout, il n’a jamais touché les 500$ offert pour la récompense, faute de preuve sur l’identité de sa victime.

En dépit du fait que son livre ne connut pas le succès escompté, il demeure un document important pour étudier les origines de la légende car il a influencé la hiérarchie littéraire qui en a découlé.

Cette publication précipitée pourrait-elle, d’autre part, s’expliquer par un désir pressant de mettre une fin définitive à cette affaire?  Il me faudrait assurément un autre article pour justifier cette question, et surtout y répondre, car une rumeur persistante veut qu’au cours de la nuit du 14 au 15 juillet 1881 il n’ait pas abattu la bonne personne.  Si cela devait effectivement être le cas, Garrett aurait pu faire face à une accusation d’homicide.  La publication de sa version des faits effaçait-elle tout soupçon?  Ou du moins l’espérait-il?

Ash Upson.  C'est ce journaliste dépravé qui serait en réalité l'auteur du livre attribué à Garrett.
Ash Upson. C’est ce journaliste dépravé qui serait en réalité l’auteur du livre attribué à Garrett.

Tout le monde s’entend maintenant pour dire que Garrett ne maniait pas la plume suffisamment bien pour être le véritable auteur de ce livre et qu’en réalité l’homme derrière ces pages s’appelait Marshall Ashmun « Ash » Upson.  Upson demeure un personnage étrange qui n’a pas laissé une trace très importante dans l’Histoire.  On sait cependant qu’il a continué de hanter l’ombre de Garrett durant quelques années en errant en sa compagnie.  La théorie la plus intéressante pour expliquer cette fausse date de naissance attribuée à Billy (23 novembre 1859) s’inspirerait en fait de la sienne.  En effet, Upson était né un 23 novembre, mais d’une année antérieure.  Il s’est finalement éteint au Texas le 6 octobre 1894.

Ce livre de 1882 aurait évidemment dû s’en tenir aux faits, mais ce n’était pas le style de l’époque.  Par conséquent, c’est à cause de cette publication que les gens allaient croire longtemps que Billy the Kid avait vu le jour à New York le 23 novembre 1859, qu’il avait refroidi sa première victime à l’âge de 12 ans et qu’il avait finalement tué 21 hommes au cours de sa funeste carrière, c’est-à-dire un pour chaque année de sa propre vie.  Or, il n’y a pas la moindre parcelle de vérité dans ces trois affirmations.

Malheureusement pour Garrett, ou heureusement pour les fans du Kid, l’ancien shérif du Lincoln County ne connut pas une carrière très glorieuse par la suite.  Père absent et mari infidèle, il sera assassiné en 1908 dans des circonstances qui, plus d’un siècle plus tard, demeurent nébuleuses.

En 1926, le livre The Saga of Billy the Kid, signé par un certain Walter Noble Burns, apparaissait en kiosque.  Contrairement au flop de Garrett, survenu près de 45 ans plus tôt, l’ouvrage de Burns connut un énorme succès.

Comme de raison, on avait eu droit à quelques petites allusions dans des livres sans importance publiés entre 1882 et 1926.  En dépit d’un succès médiocre, ils ont pourtant contribué à amplifier la légende, qui se voyait également alimenté par le ouï-dire.

Pour sa part, Burns a pris la peine de visiter les régions du Nouveau-Mexique marquées par le passage de Billy the Kid, où il a rencontré des personnes qui avaient côtoyé le jeune hors-la-loi, telles que Paulita Maxwell, Susan McSween, Frank Coe, Sally Chisum et Yginio Salazar[2].  Malgré ces efforts apparents pour atteindre une rigueur historique, son livre reprenait les grandes lignes établies par Garrett.  Bref, au lieu de rédiger un document sérieux, il alimenta la légende sans aucun souci de l’impartialité.  Pourtant, il lui aurait suffit de quelques visites aux archives pour remettre en question certains faits apparemment établis.

Mais voilà!  Burns avouera lui-même que son livre n’était pas fidèle à la vérité.

Avec un tel succès littéraire, Burns s’intéressa ensuite à la saga entourant l’affaire de Tombstone, en Arizona, et il ira jusqu’à rencontrer le célèbre représentant de la loi Wyatt Earp pour lui promettre d’écrire un livre en hommage à son ami Doc Holliday.  Plutôt que de tenir sa promesse, il sortira un bouquin assez peu fiable à propos de l’ancien dentiste tuberculeux.

Grâce au nom du Kid, Burns put s’emplir les poches car il vendit les droits de son livre à la MGM, qui allait s’en servir pout réaliser plusieurs films, dont l’un des premiers mit en vedette Johnny Mack Brown dans le rôle de Billy.  Burns ne put cependant profiter très longtemps de ce succès.  Il s’éteignit en 1932, laissant à son tour une légende solide qui aurait besoin d’auteurs chevronnés pour la démaquiller, pour ne pas dire la démasquer.

Walter. N. Burns.  On croit que cette photo a été prise sur les lieux de la célèbre fusillade de O.K. Corral à Tombstone, Arizona.
Walter. N. Burns. On croit que cette photo a été prise sur les lieux de la célèbre fusillade de O.K. Corral à Tombstone, Arizona.

Malgré ses erreurs, le livre de Burns demeure un grand classique lorsqu’on souhaite étudier de plus près l’évolution de la légende.  En fait, les idées préconçues que certains entretiennent encore à propos du Kid prennent la plupart du temps leurs origines dans l’ouvrage de Burns.

Peut-être que la vie de Billy the Kid était vouée à la controverse dès le départ, en particulier lorsqu’on pense aux nombreuses histoires tordues entourant les plus grandes célébrités du Far West.  À les entendre, il faudrait croire que Calamity Jane a été l’épouse de Wild Bill Hickok; que tous les hors-la-loi étaient de gentils garçons; que Jesse James n’est pas mort en 1882; et quoi encore?

En 1934, Eugene Cunningham[3] publiait Triggernometry, un autre succès littéraire.  La préface de son livre était signée par le cow-boy et auteur Eugene Manlove Rhodes, dont la vie aurait été sauvée par le célèbre hors-la-loi Bill Doolin lors d’un concours de dressage de chevaux sauvages.  Cunningham lui-même s’était lié d’amitié avec William « Billy » Breakenridge, ancien adjoint du shérif corrompu John Behan de Tombstone, Arizona.  Ce volume était consacré aux gunfighters[4] ou, si vous préférez, aux as du revolver.  En fait, le titre même de son œuvre était un jeu de mots astucieux désignant l’art de manipuler le six-coups.  Chaque chapitre était consacré à une célébrité de l’Ouest tels que Bill Longley, John Wesley Hardin, Ben Thompson, Dallas Stoudenmire, Jim Gillet, Sam Bass, Butch Cassidy et quelques autres.  L’un de ces chapitres était justement consacré à Billy the Kid.

Sans avoir poussé ses recherches, puisqu’il s’intéressait d’abord aux talents de tireur des personnages sélectionnés pour son livre, Cunningham s’est questionné de façon honnête sur certaines aberrances qui, normalement, auraient dû sauter aux yeux des auteurs précédents.  Par exemple, il indiqua son refus de croire que le Kid avait tué 21 hommes.  Il semble d’ailleurs avoir été le premier à remettre ce détail en question.

En 1960, Ramon F. Adams[5] démontra une grande maturité d’auteur en publiant A Fitting Death for Billy the Kid, qui était une étude sur les principaux ouvrages publiés sur le sujet depuis 1881.  Ainsi, il fit ressortir des preuves et des témoignages parfois accablants qui démolirent certaines parties de la légende populaire, rendant par le fait même à la vérité historique ses lettres de noblesse.  Ce que l’historien ne peut prouver, il ne doit pas non plus l’inventer pour simplement répondre à un fantasme personnel ou public.  Cette objectivité avait été pratiquement inexistante depuis la sortie du livre de Garrett.  D’ailleurs, Adams nous étonne par sa découverte d’un nombre impressionnant de livres publiés par des inconnus qui ont prétendus avoir connu le Kid, et qui par conséquent ont été à l’origine d’innombrables invraisemblances.

Malgré cette quête de la vérité, Adams commit lui-même quelques petites erreurs, en plus de conclure trop hâtivement en classant un livre publié en 1955 sous la bannière des mensonges.  Ce livre, résultat du travail de l’avocat William V. Morrison et de l’historien C. L. Sonnichsen, a permis d’immortaliser les mémoires de William H. « Brushy Bill » Roberts, un vieil homme de 89 ans que Morrison rencontra pour la première fois en juin 1949.  Roberts lui avoua finalement être le véritable Billy the Kid.

Était-ce possible?  Le Kid avait-il échappé à sa propre mort?  Garrett avait-il menti ou s’était-il trompé?  L’Histoire pouvait-elle se tromper à ce point?

L'acteur Johnny Mack Brown a été l'un des premier à incarner le rôle de Billy the Kid au cinéma.
L’acteur Johnny Mack Brown a été l’un des premiers à incarner le rôle de Billy the Kid au cinéma.

Le livre de ces deux auteurs, intitulé Alias Billy the Kid, démontre pourtant une étonnante objectivité pour son époque.  On y présente les faits en lien avec les dires de Roberts, sans que ceux-ci ne soient jamais pris en défaut.  De tels propos auraient dû susciter un intérêt pour les historiens qui se disent objectifs, mais il semble qu’il y ait encore aujourd’hui un travail énorme à faire en ce sens.

Au cours des années 1990, alors que j’étais au summum de mes recherches initiales sur le Kid, j’ai été en contact avec des auteurs comme le juge Bobby E. Hefner et le Dr Jannay P. Valdez, qui sont tous deux à l’origine des livres Billy the Kid : killed in New Mexico died in Texas et aussi The Trial of Billy the Kid.  Dans ce dernier, Hefner relate le procès fictif qu’aurait pu subir Brushy Bill Roberts s’il ne s’était pas éteint d’une crise cardiaque le 27 décembre 1950.  Quant à celui de l’essayiste Valdez, quoique plus sérieux, ne connut pratiquement aucun succès, mais je suis probablement privilégié de posséder aujourd’hui un exemple autographié de leur ouvrage respectif.  À une certaine époque, Valdez s’est aussi occupé du musée consacré à Roberts situé à Hico, Texas.  Dans son livre, il a suscité des questions brillantes mais s’est montré parfois agressif face à certains autres auteurs lorsqu’il m’inondait de pamphlets (par courrier régulier à l’époque) au sujet du lancement de son livre.

À la même époque, deux autres livres qui garnissent maintenant ma collection personnelle faisaient aussi leur apparition.  Le premier, intitulé The return of the outlaw Billy the Kid, était le résultat du travail de W. C. Jameson, un autre auteur qui défendait la théorie de Brushy Bill Roberts.  Son enquête n’avait cependant pas été au fond des choses et il se passa bien d’utiliser une preuve que je lui avais transmise par la suite et qui corroborait l’une des affirmations de Roberts.

Le 6 juillet 1950, Brushy Bill Roberts posait devant ce qui devait être sa pierre tombale depuis 1881, à Fort Sumner, Nouveau-Mexique.
Le 6 juillet 1950, Brushy Bill Roberts posait devant ce qui devait être sa pierre tombale depuis 1881, à Fort Sumner, Nouveau-Mexique.

Le second, que je me suis procuré lors de mon passage dans le comté de Lincoln, Nouveau-Mexique, en août 1999 est celui de Frederick Nolan, The West of Billy the Kid.  Nolan a réalisé un travail rationnel et remarquable de reconstitution de toute la vie du Kid à partir d’archives qui, jusque-là, avaient été peu exploités par les auteurs.  Sa description des faits entourant la Guerre du Comté de Lincoln (Lincoln County War) est également fascinante.  Nolan n’a qu’un seul défaut : il refuse d’accorder la moindre importance à la version de Roberts.  Étrangement, sans trop le savoir, il apporte certains détails appuyant les affirmations du vieil homme.

Chaque année, il se publie encore quelques ouvrages sur le Kid, qui continue d’inspirer un je-ne-sais-trop-quoi aux nouvelles générations.  Il suffit d’un bon flair et d’une connaissance des ouvrages sérieux pour en écarter la plupart, à moins de vouloir s’abreuver de romans.  Toutefois, une chose est certaine : la controverse se poursuit.  Brushy Bill Roberts était-il véritablement celui qu’il prétendait être?

L’évolution littéraire accomplie depuis le navet de Garrett-Upson en 1882 a permis d’atteindre un meilleur respect de l’objectivité, ou du moins de classer les ouvrages mensongers sous la rubrique « romans ».  Cette objectivité n’est pas toujours parfaite.  Il ne faudrait pas oublier la motivation de certains auteurs qui commencent à noircir leurs premières pages blanches avec une idée déjà préconçue, sans compter cette part de responsabilité que détient le lecteur face à l’objectivité.

De nos jours, on peut dire que la légende a été grandement démystifiée, mais il reste encore du travail à faire.  Pour ne fournir qu’un dernier exemple, les historiens qui prétendent aujourd’hui que le véritable nom du Kid était McCarty auraient intérêt à revoir leurs règles d’éthique.  En 2010, je revenais d’ailleurs sur cette mauvaise interprétation des documents d’archives pour en arriver à ce nom dans l’article Les origines de Billy the Kid.

En août 1999, Eric Veillette posait devant la prétendue pierre tombale de Billy the Kid à Fort Sumner, N.-M., là où se tenait Brushy Bill Roberts 49 ans plus tôt.
En août 1999, Eric Veillette posait devant la prétendue pierre tombale de Billy the Kid à Fort Sumner, N.-M., là où se tenait Brushy Bill Roberts 49 ans plus tôt.

On comprend maintenant pourquoi, en 1950, Roberts n’avait pratiquement aucune chance de se faire entendre honnêtement, même si ses arguments étaient inébranlables.  On ne peut que s’étonner et même sourire devant l’ironie de la possibilité que le véritable Billy the Kid se démasquait lui-même devant un public qui refusa de le croire, tout cela parce qu’on croyait tout savoir.  Le mythe avait atteint une telle force que la vérité historique avait été mise de côté.  Bref, on ne voulait pas l’entendre.

En 2014, un auteur comme W. C. Jameson est l’un des rares contemporains aux États-Unis à laisser une place honnête aux propos de Roberts.  Et du côté nord de la frontière, je suis probablement le seul.  Reste à savoir ce qu’en penseront les lecteurs.


[2] Parfois son prénom a été épelé « Higinio ».

[3] Eugene Cunningham est né à Helena, Arkansas, le 29 novembre 1896.  De 1914 à 1919 il a servi dans la Navy sur les mers de l’Asie, du Pacifique et de l’Atlantique.  Il a commencé à écrire en 1914 dans des publications militaires et après sa sortie de l’armée en 1919 il a passé deux ans comme correspondant pour le Wide World Magazine en Amérique Centrale.  En 1921, il épousait Mary Caroline Emilstein.  Jusqu’en 1936 il fut chroniqueur littéraire pour le El Paso Times et ensuite pour le New Mexico Magazine de 1936 à 1942.  Il a publié son premier roman western, The Trail to Apacaz, en 1924.  Au cours des années 1930, il était considéré parmi les meilleurs écrivains de style western, jouant surtout sur la carte du bien et du mal.  L’un de ses romans les plus violents fut Riders of the Night en 1932, et Buckaroo en 1933.  Son livre qui a connu le plus de succès demeure Triggernometry, qui fut nommé en 1986 l’un des 36 meilleurs livres d’histoire de tous les temps par les écrivains western.  Cunningham s’est éteint à San Francisco le 18 octobre 1957.

[4] Malheureusement, le terme de gunfighter ne possède pas d’équivalent en français.  Il désigne des hommes qui se sont fait connaître par leurs faits d’armes, en particulier avec des revolvers.  Le terme de duelliste n’est pas assez large pour le traduire, d’autant plus qu’on ne classe pas uniquement les participants aux duels sous la bannière de gunfighter; on y retrouve également des hors-la-loi et certains représentants de l’ordre.

[5] Ramon Frederick Adams est né à Moscow, Texas, le 3 octobre 1889.  Il a commencé à enseigner le violon lorsqu’il était encore aux études.    C’est en Arkansas qu’il a épousé Allie Jarman avant de déménager à Chicago.  Quelques années plus tard il est retourné au Texas pour diriger le département de violon au Wichita Falls College of Music et dirigeait l’orchestre au Majestic Theater, après quoi il s’est installé dans le secteur de Dallas – Fort Worth.  Sa carrière musicale s’est brusquement terminée lorsqu’il s’est brisé un poignet en voulant démarrer une automobile Fort Model T.  En 1929, il a ouvert une petite boutique de friandises à Dallas avec son épouse et leur commerce a connu tellement de succès qu’il s’est transformé en centre commerciale qui a duré jusqu’en 1955.  Adams s’intéressait depuis longtemps au folklore western.  Il a imprimé son premier livre à tirage privé en 1919 sous le titre de « Poems of the Canadian West ».  Il a vendu sa première histoire au Western Story Magazine en 1923 et a publié « Cowboy Lingo » en 1936.  Ensuite, c’est une inondation de publications qui a suivi, essayant de respecter le langage utilisé sur la frontière et sa littérature.  En 1948, il a aussi écris la biographie du cow-boy artiste peintre Charles M. Russell.  Pour ses recherches, il a interrogé des old-timers, a consulté des collections publiques et privées, et a bâti sa propre bibliothèque d’ouvrages concernant l’Ouest.  Il est devenu un bibliographe expert et a développé une passion pour séparer le mythe de la réalité, ce qui ne l’a cependant pas empêché de commettre certaines erreurs et de tirer des conclusions trop hâtives.  Adams s’est éteint à l’âge de 86 ans à Dallas, Texas, le 29 avril 1976. (source : Edward Hake Phillips)

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