L’exécution de François Moreau à Rimouski (1882)

Gravure parue le 19 janvier 1882 dans le journal montréalais L'Opinion Publique et réalisée d'après le tableau de M. Muller.  Ce tableau représente Charlotte Corday dans sa prison, une femme qui fut condamnée à mort en 1792.
Gravure parue le 19 janvier 1882 dans le journal montréalais L’Opinion Publique et réalisée d’après le tableau de M. Muller. Ce tableau représente Charlotte Corday dans sa prison, une femme qui fut condamnée à mort en 1792.

Dans le numéro du 12 janvier 1882 de L’Opinion Publique, on pouvait lire que « le prisonnier Moreau, qui a tué sa femme dans le comté de Rimouski, a déclaré avoir un complice, lequel a été arrêté ».

On aura cependant droit à aucun détail supplémentaire à propos de ce complice, tout comme dans l’article suivant publié le 19 janvier et qui décrivait l’exécution de Moreau. Je le reproduis ici dans son intégralité :

« François Moreau qui, le 16 septembre [1881] dernier, a assassiné sa femme dans les bois de St-Anaclet, comté de Rimouski, et qui fut condamné à mort, a subi la peine capitale vendredi dernier, à 8heures 30 du matin, dans la cour de la prison de Rimouski.

Le condamné, qui paraissait assez résolu, a tremblé en face de l’échafaud; il s’est presque affaissé au bas de l’escalier y conduisant, et n’a pu franchir les quatorze marches qui le séparaient de la plate-forme, que soutenu sous les bras par les deux aides du shérif. Il était effectivement pâle et n’a pas dit un mot sur la potence.

M. le curé Audet et le Père Charmont, qui préparaient depuis plusieurs semaines le condamné à expier son crime, l’ont assisté jusqu’à ses derniers moments, l’exhortant au courage et à la soumission.

Enfin on a passé la corde autour du cou du malheureux, et la trappe fatale est tombée avec un bruit sourd qui a fait frémir les spectateurs de ce terrible drame judiciaire.

La mort de Moreau a été instantanée. Son corps a été inhumé dans le cimetière de la paroisse.

À six heures du matin, il y a eu à l’intention du condamné une messe basse à laquelle il a communié.

La paroisse de Rimouski semblait être en deuil. Les physionomies étaient mornes et le silence régnait partout.

Une cinquantaine de personnes assistaient à l’exécution, et tout le temps la grosse cloche de la cathédrale a fait entendre le glas funèbre. Un drapeau noir flottait sur le palais de justice »i.

iL’Opinion Publique, 19 janvier 1882.

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