Exécution


Page couverture affaire DupontCORBIN, Jean-Pierre. Exécution : Cold Case, l’affaire Dupont, la véritée[sic] absolue. Compte d’auteur, Trois-Rivières, 2014, 230 p.

Dans mon article du 15 mars dernier, j’ai clairement précisé que je m’excuserais publiquement, ici même sur mon propre site, si toutefois je me trompais au sujet de ce livre tant attendu. Après l’avoir lu de A à Z, dois-je m’excuser et admettre que son auteur a effectivement résolu une affaire vieille de 45 ans, mettant ainsi K.O. toutes les forces policières du Québec?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce bouquin promettait de grandes choses. On l’attendait depuis au moins 2003, et récemment il attirait l’attention des médias locaux. Quand je l’ai rencontré en 2013, l’homme me promettait de résoudre toute l’affaire, rien de moins. Les propos avaient de quoi intéresser, ou alors semer le doute. D’ailleurs, on retrouve l’expression « la véritée [sic] absolue » en page couverture, et avec une faute d’orthographe, faut-il le dire.

Et il ajoute que « ce que je vous raconte n’est pas de la fiction. Pour la première fois dans toute cette histoire, ce sont les vraies choses. C’est très triste mais c’est la vérité, la réalité »[1].

Voilà pourtant une précision que les auteurs sérieux n’ont pas besoin d’utiliser pour exposer le fruit de leurs recherches, car c’est le genre de chose qu’on découvre au fil des pages, en lisant entre les lignes. C’est le cas de plusieurs livres dont j’ai préalablement fait des comptes rendus (voir section comptes-rendus de livres). Mais il existe aussi des exceptions, évidemment. Les librairies ne sont pas uniquement garnies de chef-d’œuvres.

Car le bonhomme est confiant, trop peut-être. Il en fait la démonstration en écrivant que « je suis le seul individu à s’être impliqué pour savoir ce qui s’était passé et faire la lumière une fois pour toutes [sic] »[2]. Et il en rajoute en affirmant que « c’est la pure vérité. Rien n’a été inventé, ce sont les faits, je le sais. Ce que je trouve dommage c’est que depuis tout ce temps, personne ne s’est levé debout pour connaître ou faire connaître la vérité, la vraie »[3].

Mais laissons-lui encore le bénéfice du doute. Après tout, ses années passées en tant que barman auraient pu lui permettre d’intercepter quelques informations cruciales. Peut-être cachait-il un énorme lapin dans son chapeau? Qui sait!

Tout d’abord, les jeunes lecteurs auront du mal à s’y retrouver, puisque même les initiés se retrouvent devant un texte décousu, sans ordre chronologique et lamentablement répétitif. Mais bon, soyons patients. Après tout, on nous a promis de grandes révélations et la résolution d’un mystère, même si la version officielle classe l’affaire depuis longtemps. C’est qu’en Mauricie la population s’est emparée de cette histoire devenue légende et, bien sûr, tout le monde y va de son grain de sel. À ce titre, on a l’impression de retrouver certaines similitudes avec l’affaire Coffin.

D’un point de vu plus personnel, j’aurais apprécié que monsieur Corbin nous dresse les grandes lignes de sa propre carrière, question de nous mettre en contexte, et peut-être nous faire sourire avec quelques anecdotes de taverne. Voilà qui aurait pu nous mettre en haleine sur une époque disparue.

Autre point irritant : il refuse de nommer ses informateurs et les principaux acteurs de cette affaire, allant jusqu’à utiliser des initiales comme J.M.H. pour désigner Jean-Marie Hubert ou alors Paul D. pour Dallaire. Pourtant, leurs noms ont été publiquement diffusés lors de la commission d’enquête publique de 1996, sans compter qu’ils ont rendus l’âme depuis plusieurs années. Alors, pourquoi ces cachotteries?

L’utilisation de notes de bas de page aurait pu permettre à son auteur de nous fournir de plus amples explications sur de telles questions.

L’auteur d’Exécution a également fait le choix d’insérer une lettre de feu Me Jean Méthot en guise d’introduction, alors qu’on aurait certainement apprécié un texte plus personnel permettant aux lecteurs de prendre un premier contact avec cette affaire. Car même pour ceux qui ont plus de 60 ans, ce dossier demeure complexe. Les journalistes avaient eux-mêmes du mal à s’y retrouver en 1996, en particulier devant l’incroyable débat des experts. Alors, imaginez un peu un lecteur qui découvre ce récit pour la toute première fois. Ce livre ne lui sera donc d’aucune utilité.

En effet, l’auteur aurait pu se servir de l’introduction pour exposer ses objectifs, sa méthodologie et surtout préciser que le fruit de son travail était une hypothèse. Car c’est exactement ce dont il s’agit.

Selon ce livre, le sergent-détective Louis-Georges Dupont aurait été victime d’un complot et d’une mise en scène visant à l’attirer dans un chalet situé aux limites de Champlain et de Batiscan, où il aurait été détenu durant quelques jours. Il aurait été tiré dans le dos par Hubert d’une balle de .45 au moment d’entrer dans la voiture de ce dernier, se fracturant ainsi le nez contre un appui-bras. Et par la suite, bien sûr, on s’adonna à monter de toute pièce une mise en scène sur le boulevard St-Jean afin de faire croire au suicide.

Si Corbin ne va pas plus loin quant aux conséquences d’une telle hypothèse, il faut envisager que dès l’instant où on se retrouve devant une telle théorie, il faut automatiquement imaginer un complot, non seulement en 1969, mais pour toutes les années qui ont suivies. Car dans cette logique, tout ce qui a été fait par la suite l’a été pour couvrir l’assassinat, y compris les conclusions de l’enquête de la SQ en 2011. Mais sommes-nous prêts à envisager un complot d’une ampleur provinciale pour la mort d’un seul homme?

Puisque Corbin penche sans contredit en faveur de la thèse de l’assassinat, sans pour autant nous en convaincre hors de tout doute raisonnable, il devient donc naturel de le voir critiquer le travail des policiers ainsi que celui de la juge Céline Lacerte-Lamontagne, celle-là même qui a présidé la commission d’enquête publique en 1996.

À ce propos, il écrit que « pourquoi ne pas avoir insisté auprès du lieutenant J.M.H. [Jean-Marie Hubert] pour obtenir plus d’éclaircissements sur ce qui s’était passé en 1969? Pourquoi la commissaire et ses enquêteurs n’ont-ils pas fait de recherche sur ce qui se passait dans les années 1968-69? Car elle aurait obtenu la lumière qui lui manquait pour en arriver à un verdict juste et équitable, au lieu de tourner en rond ».

Pourtant, lui qui dit avoir assisté à ces audiences de 1996, il aurait dû savoir que la commission avait pour mandat d’enquêter sur les causes du décès, sans plus. D’ailleurs, dans le verdict rendu en Cour supérieure l’année précédente, le juge St-Julien rejetait trois autres requêtes demandées par la famille Dupont et leur avocat, à savoir : une enquête publique sur toutes les enquêtes, recherches et expertises menées directement ou indirectement par et pour le Service de police de la ville de Trois-Rivières; une enquête publique sur toutes les enquêtes, recherches et expertises menées directement ou indirectement par et pour la Commission de police du Québec; et finalement une enquête publique sur toutes les enquêtes, recherches et expertises menées directement ou indirectement par et pour la Direction de la Sûreté du Québec.

Donc, la juge Lacerte-Lamontagne n’avait pas pour mandat de mettre son nez dans les affaires de la Commission de Police du Québec (CPQ), devant laquelle Dupont aurait, selon Corbin, rendu un témoignage compromettant contre ses collègues. D’ailleurs, la juge a entendu 72 témoins de juin à septembre 1996. C’était plus qu’un effort honnête, d’autant plus que c’est la seule fois dans l’histoire judiciaire québécoise que notre système accordait une commission d’enquête publique à une partie civile, dans ce cas-ci la famille du regretté policier.

On comprend aussi le devoir qu’a un auteur envers ses lecteurs de bien se renseigner avant de s’engager sur un terrain comme celui du système judiciaire. Par exemple, lorsqu’il dénonce le fait que cette même commission n’a pas voulu croire ou retenir les propos de la veuve qui rapportait les confidences de son mari, il aurait aussi dû savoir que cela est considéré comme du ouï-dire, et que le ouï-dire est irrecevable devant un tribunal.

On s’étonne encore en lisant certains de ses questionnements : « est-ce que cette enquête publique aurait pu conclure à certaines accusations sur des témoins très importants, dont certains n’ont même pas eu à témoigner[?] ». Pourtant, une commission d’enquête n’a pas le pouvoir de déposer des accusations criminelles.

Évidemment, libre à vous d’accorder le niveau d’importance que vous souhaiterez à ce document, mais ce n’est pas par malin plaisir que j’ai rédigé ce compte-rendu. Après hésitation, j’ai choisi de le faire par souci d’honnêteté envers l’Histoire. Et l’Histoire, pour moi, c’est aussi le public. Il faut donc éviter, au meilleur de notre connaissance, de l’induire en erreur.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas très plaisant de dénoncer des erreurs dans des ouvrages qui ont promis de grandes choses, car en les soulignant on se mérite parfois des invectives, on se fait accuser de jalousie, et ainsi de suite. Je l’ai fait antérieurement, entre autres dans l’affaire Mesrine[4]. Il n’y a donc rien de personnel dans cette affaire en dépit du fait que je sois l’auteur d’un livre traitant du même sujet, mais certainement pas en utilisant la même approche. Mais les erreurs sont là, pourtant. Et si on ne les dénonce pas, elles seront assimilées par la mémoire collective, qui se chargera d’en faire des faits fictifs.

En guise d’exemple, voici une phrase qu’il m’était impossible de passer sous silence : « il [Louis-Georges Dupont] avait le nez fracturé, cette allégation fut corroborée par le thanatologue M. Julien Philibert lors de son témoignage à l’enquête publique de Céline Lacerte-Lamontagne en 1996 »[5].

C’est totalement faux. En fait, d’après les transcriptions sténographiques du témoignage de Julien Philibert, alors questionné par Me François Daviault, procureur de la commission, on a plutôt droit à ceci :

  • Il [Dupont] vous apparaissait avoir été en bonne santé?
  • Oui. Ben, en bonne santé, je pouvais pas dire qu’il était en bonne santé parce que là, il était mort.
  • Non, mais je comprends. Ce que je veux dire par là, c’est que physiquement il y avait rien qui démontrait qu’il avait été …
  • Oh non! Il y avait rien que le nez croche un peu.

Et un peu plus loin, Me Daviault revint sur les détails entourant l’apparence du nez. Voici donc un autre extrait de cet échange explicite qu’on retrouvera dans mon livre L’affaire Dupont : une saga judiciaire :

  • Est-ce que vous avez embaumé le nez aussi? Vous avez parlé qu’il avait peut-être le nez …
  • Il avait le nez croche, oui.
  • Il avait le nez croche?
  • Probablement qu’il avait été quelques jours la tête de même, pis le nez lui avait crochi [sic]. Oui, je l’ai réparé. Mais il n’était pas cassé, là.

On est donc loin d’une corroboration.

Il en va de même lorsque l’auteur prétend que Majoric Binette, celui qui a remorqué la voiture de service après la découverte du corps, n’a pas vu de sang ni de trou dans la banquette. En fait, lors de son témoignage, Binette a dit ne jamais avoir jeté de coup d’œil à l’intérieur de l’habitacle. La nuance est donc lourde de sens.

De plus, Corbin se permet d’écorcher au passage deux policiers de notre époque. Le premier est Michel Letarte, porte-parole de la sécurité publique de Trois-Rivières. Mais tout ce qu’il a contre lui est que « j’ai cru m’apercevoir dans son regard qu’il n’était pas fier de lui-même. J’ai vraiment senti un certain malaise de sa part ». Toute une preuve!

Il en ira de même pour Louis Lesage, président du syndicat des policiers et pompiers. En fait, il dénonce son changement de comportement dès que Corbin lui annonçait qu’il « enquêtait » sur l’affaire Dupont, sans jamais se demander un seul instant qu’il pouvait être normal de voir des policiers s’impatienter devant des oiseaux rares qui osent s’improviser en inspecteur.

Il faudrait d’ailleurs se demander pourquoi il cible deux policiers contemporains en acceptant de les nommer alors qu’il désigne Hubert et Dallaire, tous deux décédés, par de simples initiales!

Bref, retenons que ce livre présente une hypothèse de meurtre sans pour autant apporter de preuve matériel ou autre. Les protagonistes ne sont pas nommés, ou alors ils grignotent depuis longtemps les pissenlits par leur racine. Sans compter qu’ils n’ont jamais témoigné sous serment, excepté Hubert.

Quant à la piste du chalet de Champlain, la Sûreté du Québec la rejette sans la moindre hésitation. D’ailleurs, la SQ ne manquait pas de préciser, avant même la sortie d’Exécution en librairie, qu’elle n’avait aucune intention de rouvrir l’enquête. Ma propre enquête sur cette piste se range d’ailleurs derrière les conclusions de la SQ[6]. Car ce que Corbin ignorait, c’est que tout un pan de ma famille est originaire de Champlain. Un témoin m’a bien appris l’existence de ce « chalet à Boisclair », au côté duquel se trouvait un casse-croûte baptisé Le Petit Canot. Des détails qu’on ne retrouve même pas dans Exécution.

Mais entre le fait de prouver l’existence d’un chalet aux vocations douteuses et d’y voir un assassinat, il y a une marge. La chose n’est pas impossible, mais il faut parfois savoir admettre où se terminent nos certitudes.

Il faut être honnête : cette piste ne permet pas d’aller plus loin.

Finalement, dois-je m’excuser de ce que mes instincts m’ont dictés dans mon article de mars dernier?

 

 

[1] Corbin, Exécution, p. 34.

[2] Ibid., p. 36.

[3] Ibid., p. 59.

[4] Voir https://historiquementlogique.com/2011/02/23/jacques-mesrine-dit-le-grand-de-jean-marc-simon/

[5] Op. cit, p. 118.

[6] Je tiens à préciser que je n’ai jamais eu aucun contact avec des membres de la SQ dans cette affaire.

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10 thoughts on “Exécution

  1. Je n’en reviens tout simplement pas des insinuations malveillantes en nous vantant les mérites de l’impartialité dont vous faites référence.Même s’il y a quelques nuances dans le récit, vous me semblez avoir la langue bien pendue et semblez vraiment ne pas connaître l’histoire en vous faisant complice de tels propos cher monsieur Gagné. L’instruction n’est pas donné à tout le monde mais parler à travers son chapeau est tellement plus facile Calomnier son prochain dans le but d’être le seul à penser savoir tout au point de faire des éloges à la police et à une Commission bidon se rapproche de la traîtrise. Si j’avais su que je donnerais plus de 2 ans de ma vie et livrerais les secrets intimes de notre famille pour se faire arnacher de la sorte par un homme en qui nous avions mis toute notre confiance pour rapporter fidèlement les faits tels qu’ils sont mais dont je m’aperçois qu’il agit en adolescent idolâtrant la police allant jusqu’à agir malhonnêtement.Je vous cite l’exemple du nez cassé citant Julien Philibert qui nous dit qu’il n’avait que le nez croche.Pourtant, nous avons tous vu les photos et sur l’une on voit très bien que le nez n’est pas appuyé sur l’avant-bras et sur l’autre, quelqu’un d’intelligent peut se rendre compte de lui-même est aplati et d’un largeur excessive avec une barre blanche le traversant dans sa largeur. D’ailleurs sur le négatif de cette photo, on peut voir clairement que le nez est fracturé et m’a été confirmé par plusieurs docteurs auxquels j’avais sinplement demander leur avis.Je me demande sérieusement aujourd’hui si l’instigateur du présent article ne travaille pas pour la police ou le Gouvernement à le regarder dénigrer jusqu’à notre mère qui a passé sa vie à se battre pour restituer l’honneur volé à notre père? Vous devriez savoir que les témoins dans une Commission et même devant une Cour de justice ne nous disent pas toujours tout ! Pourquoi n’est-il pas rapporté dans le présent article que l’ex sergent-détective Clément Massicotte de la police de 3-Rivières a écrit dans son rapport du 17 nov.1969 qu’il avait retrouvé le projectile dans le dossier de la banquette de l’auto de service le soir du 10 nov.1969 et et qu’il a répété la même version sous serment en juin 1996 devant la Commission Lacerte-Lamontagne mais,que devant les caméras de l’émission Enquête du 24 février 2011, il a dit exactement le contraire.Pourquoi les fameux enquêteurs de la S.Q. lors de notre rencontre finale du 4 novembre 2011 n’ont-ils jamais voulu nous donner une copie de leur supposée enquête, préférant nous dire de faire une demande devant la Commission d’Accès à l’Information? Je n’en reviens tout simplement pas de l’attitude de l’auteur envers J.-P.Corbin au point de vanter les mérites de la Ville et la police de Trois-Rivières ainsi que la S.Q. Bonne chance dans ton nouveau travail………………………..!.

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  2. M. Jacques Dupont n’oubliez pas que la confiance ça se gagne non pas en manipulant les gens et en leur cachant volontairement des faits ou par manque de compréhension de votre part et de celle de votre frère. Vous êtes aveuglé par votre peine de la perte de votre père. Mais ce n’est pas en harcelant mon fils de toutes sortes de courriels et de ouï-dire non recevables que cela va servir votre cause. Malheureusement pour vous mon fils a trouvé d’autres informations vérifiables qui font en sorte que la vérité sera connue dans son livre. Alors cessez de faire du harcèlement vous et votre frère et de vous servir de textes sans permission. Donc cessez de déblatérer n’importe quoi avec vos commentaires mal polis envers mon fils et tout autre personne qui ne sont pas de votre avis.

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  3. M. Dupont,
    Voilà que vous m’accusez maintenant d’ « insinuations malveillantes » concernant les bienfaits de l’impartialité. Sachez que le fait de présenter une œuvre impartiale (ou objective) au public est une marque de respect et d’honnêteté envers celui-ci. À travers le temps et les pays, les ouvrages à objectivité défaillante ont été décriés et souvent les lecteurs sérieux s’en sont désintéressés. C’est donc une question d’honnêteté entre l’auteur et son public.

    Or, l’objectivité est précisément la ligne directrice choisie pour mon livre L’affaire Dupont : une saga judiciaire.
    Si le mot « objectivité » vous fait frémir, serait-ce parce que vous perdez confiance au bon jugement des lecteurs?

    Quant à l’utilisation du mot « calomnier » dans votre commentaire, c’est plutôt à vous qu’il s’adresse en raison du ton utilisé. C’est vraiment déplorable.

    Lorsque vous m’accusez de dénigrer votre défunte mère, j’en déduis que cela concerne ce que j’ai dit à propos du ouï-dire. Sachez alors que ce que j’ai écrit n’est qu’une constatation des faits, à savoir que le ouï-dire est irrecevable aux yeux de la Justice. Un point c’est tout. Je n’y insère en aucun temps mon avis sur le sujet. C’est ça de l’objectivité. Il faut donc apprendre à me lire correctement, sans me prêter gratuitement de mauvaises intentions. Ce n’est certainement pas moi qui aie inséré cette règle élémentaire à nos lois, à moins de m’accuser aussi de détenir le pouvoir d’amender le Code criminel comme bon me semble. Vous qui avez traversé d’innombrables batailles juridiques, en plus de témoigner vous-mêmes sous serment, vous devriez être en mesure de savoir tout cela.

    Ce n’est donc pas dénigrer la mémoire de votre mère que de rapporter un tel fait. D’ailleurs, les premiers chapitres de mon livre L’affaire Dupont : une saga judicaire, à paraître en septembre, se basent essentiellement sur les propos de votre mère, question de mettre les lecteurs en contexte afin de mieux comprendre les événements des jours précédents la disparition de votre père. Vous voyez! Qui parle véritablement à travers son chapeau?

    Vous semblez également vous défouler en me traitant de traître, soulignant que vous avez « perdu » deux ans de votre vie à me côtoyer pour étoffer l’histoire. Une réplique de ma part sur ce sujet serait entamer un débat personnel, ce que je ne souhaite en aucun moment.

    Vous avez raison! Je vous confirme que j’idolâtre la police puisqu’à chaque dimanche soir je reçois pour souper des amis comme Starsky et Hutch, l’inspecteur Harry Callahan (Dirty Harry), Kojak, et plusieurs autres. (je suis sarcastique, évidemment)

    Vous saurez que si je porte respect à notre système judiciaire, je suis aussi conscient qu’il n’est pas parfait. Ça semble avoir été le cas, par exemple, lors du procès de Mesrine, que Me Clément Fortin qualifie de « fraude judiciaire ». Rien de moins. Les erreurs judiciaires existent, c’est vrai. Mais pour en arriver à de telles conclusions, il faut faire une étude approfondie, comme Me Fortin l’a fait à plusieurs reprises, en présentant à ses lecteurs l’essentiel des témoignages. À la fin, le lecteur est donc libre de décider. C’est ainsi, par exemple, qu’on est incapable de démontrer qu’il y a eu injustice dans l’affaire Coffin et que Cordélia Viau n’était certainement pas un ange.

    Quant à la police, je me demande bien où vous pouvez puiser vos indices pour m’accuser de leur vouer un culte sans borne. Il faut donner à César ce qui appartient à César, et les policiers, eux aussi, ont droit à la présomption d’innocence. De toute manière, votre père n’était-il pas un policier?
    Il faudrait donc éviter de les mettre tous dans le même panier, comme ce serait le cas pour tous les autres corps de métier au sein de notre société. Par exemple, si certains ingénieurs passent présentement un mauvais quart d’heure devant la Commission Charbonneau, doit-on tous les condamner sur le bûcher pour autant?

    Concernant la prétendue fracture au nez de votre défunt père, vous déviez carrément la question soulevée dans mon article. Si des docteurs (non identifiés, soit dit en passant) vous ont confirmé cette fracture après les audiences de 1996, il ne faudrait pas blâmer la commission d’enquête publique. Pour juger honnêtement d’un verdict, quel qu’il soit, il faut s’en tenir à ce qui a été dit sous serment aux audiences et non pas aux ragots de corridor développés par la suite.

    De plus, et j’insiste sur ce point, mon compte-rendu du livre de monsieur Corbin n’a souligné que son erreur concernant le fait que Julien Philibert a plutôt dit le contraire lors de son témoignage, c’est-à-dire que, selon lui, il n’y avait aucune fracture. En aucun temps je ne confirme l’une ou l’autre des hypothèses concernant le nez de votre père. Le travail objectif consiste seulement à confronter les versions entre elles, laissant le lecteur tirer ses propres conclusions. Il faudrait donc bien lire mes phrases et cesser d’y voir entre les lignes des propos malsains. Tout ceci éviterait sans aucun doute un dialogue de sourds.

    D’ailleurs, c’est bien tristement que, par vos propos, je constate que vous approuvez le livre de Corbin. C’est votre choix, naturellement. Mais en l’acceptant avec des erreurs aussi flagrantes c’est être malhonnête envers la population. Si vous ne reconnaissez pas les erreurs que j’ai soulignées, et les autres que je me suis abstenu d’intégrer à mon texte, alors les lecteurs pourront juger de votre rationalité et de votre jugement.
    Pourquoi n’est-il pas rapporté ceci ou cela « dans le présent article », comme vous dites? Et bien, simplement parce qu’il s’agit d’un compte rendu de livre, comme j’en fais depuis maintenant 4 ans, et cela sur différents sujets. Le but n’était donc pas de m’éparpiller sur une centaine de sujets à la fois. Sachez aussi que mon attitude envers l’auteur d’Exécution aurait été la même si le sujet de son livre avait été la disparition de Cédrika Provencher, le mystère du Triangle des Bermudes ou le secret de la Caramilk. Bref, libre à vous d’approuver la médiocrité et les erreurs historiques, mais je me suis toujours fait un devoir de les souligner pour éviter que la mémoire collective les absorbes trop facilement avant de les considérer comme des faits. Comme de raison, je ne suis pas un historien ni un auteur parfait. Tout le monde peut commettre des erreurs, même avec de bonnes intentions. Le crime, toutefois, c’est de les passer sous silence une fois que nous les avons constatés.

    J’ai hésité à publier ce commentaire. Premièrement, parce que je ne perds généralement pas de temps à répliquer à des propos qui mènent nulle part, mais aussi parce que je crois en l’intelligence des lecteurs, qui sauront faire la part des choses. Finalement, on ne peut rester éternellement embourbé dans le même dossier, en particulier pour un auteur dont la curiosité le porte à élargir ses horizons.

    En terminant, je vous invite à lire et relire mes propos avant d’émettre un commentaire. Une meilleure compréhension de texte éviterait sans aucun doute de telles pertes de temps.

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    1. Comme vous êtes sage dans vos propos,je vous félicite.Ce que moi je constate en vous lisant c est que ce que vous avancer(dans vos écries) ce sont des choses basées sur des preuves alors que certaines personnes se laissent entrainer dans les « oui-dire »……Sans vous connaitre, par ce que j ai lu de vos propos, vous êtes une personne HONNÊTE,Bravo cher Monsieur et j ai bien hâte de lire votre livre:-)

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  4. Les infos ici sur cette page sont bien intéressantes. J’ai vraiment bien aimé, un article qui est bien écrit et nous permet d’en savoir un peu plus sur le sujet. Bien vu !
    Amandine Luong / MELTY.FR

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  5. J ai commencé a lire votre volume L Affaire Dupont vous avez du en lire des pages, des pages des pages afin d en arriver la ? ce qui me surprend tout de suite c est le nombres de détails de détails que les autorité on passer par dessus, Exemple la jeune fille qui dis il n était pas habiller de cette facon le dernier matin cela semble anodin MAIS c est elle qui l a vue la derniere fois ,, ou était la Police provinciale de cette époque ??? a dat et de plus en plus comment de détails sont passer sans que personne intervienne ??? comme on dis – une chatte en perdrais ces chats – je comprend bien et tres bien la familles dans cette histoire la , car il n y a jamais rien eu de clair la dedans et pourquoi se serait il suicidé ??????? et pourquoi tout le monde ( comme la police tout de suite on est partie sur un suicide sans plus d information d enquête ???? ) et en plus l enquête venait du même corps de police mais a lire votre livre M, Veillette c est les détails que vous faite ressortie et ce sont ces détails la qui fait que l on peut se poser des questions sur cette triste affaire et nébuleuse affaires

    Merci et bravo pour votre ouvrage

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