Frank and Jesse James, the story behind the legend

frankandjjYEATMAN, Ted P. Frank and Jesse James, the story behind the legend. Cumberland House, Nashville, Tennessee, 2000, 480 p.

À l’origine, ce livre devait retracer uniquement les informations concernant les célèbres frères James dans le centre du Tennessee de 1877 à 1881. Yeatman a débuté ce travail en 1975. À cette époque, il s’attendait à y consacrer environ une année mais ses recherches se sont plutôt poursuivies sur une période de 25 ans, au point de couvrir finalement toute la carrière des frères James. Le résultat de ce travail chevronné est un livre très bien documenté qui représente probablement l’ouvrage le plus complet à avoir été publié sur le sujet.

Yeatman le dit lui-même dans sa préface : le livre le plus sérieux à l’avoir précédé était apparu en 1966 sous la plume William A. Settle. D’ailleurs, Settle l’avait encouragé dans ses démarches et si ce n’était du fait de sa mort en 1988, il était tout désigné pour rédiger son introduction. Settle avait permis de mettre à jour plusieurs informations sur les légendaires hors-la-loi. Depuis, Yeatman nous apprends cependant que l’ouverture des archives de l’agence Pinkerton, vers le milieu des années 1990, a permis de détailler davantage le fameux débat entourant les réelles intentions de ces détectives au moment de l’assaut de 1875 envers la ferme des James, qui avait causé la mort de leur demi-frère en plus d’handicaper leur mère.

Après un premier chapitre qui nous plonge immédiatement dans les circonstances de l’attaque du train de Gads Hill, survenue en janvier 1874, Yeatman nous permet de revenir aux origines criminelles de ces deux célèbres frères à l’époque de la Guerre de Sécession. On a donc droit aux différentes versions, agrémentées des trouvailles archivistiques, en plus des comptes rendus des journaux de l’époque concernant les frasques du gang. Yeatman, qui ne cherche pas à glorifier l’image de ces légendes du crime, nous offre une vision objective qui nous permet même certains questionnements qu’il ne pose pas directement.

Il prouve aussi sa générosité et sa confiance envers le lecteur puisqu’il nous réserve plusieurs documents présentés en appendice ainsi que des notes de fin, et parmi lesquels on retrouve une correspondance d’époque, une filmographie et l’intégrale de la conférence de presse concernant l’exhumation et les tests ADN effectués sur la dépouille de Jesse en 1995.

Le lecteur sérieux arrivera à voir davantage la réalité derrière la légende. Si Yeatman ne pose pas directement la question, on peut lire entre les lignes à quel point la légende de Jesse James a pris de l’ampleur, alors qu’on pourrait fortement soupçonner que le véritable leader du gang était plutôt son frère aîné, voir même Cole Younger. En effet, après la capture des trois frères Younger en 1876, le gang ne connut plus jamais le succès rencontré au cours des premières années.

D’ailleurs, le premier hold-up que l’on peut accorder à Jesse, celui de Gallatin en décembre 1869, a frôlé la catastrophe en plus de démontrer un manque flagrant de préparation (à lire : La sortie publique de Jesse James).

Jesse James est-il à l’origine d’une légende beaucoup trop démesurée pour ce qu’il était en réalité? Sans doute.

D’ailleurs, Yeatman nous permet de souligner les victimes collatérales de toutes ces attaques de banques et de train. Car au-delà de la glorification qu’entretiennent certaines personnes envers ces hors-la-loi d’une époque révolue, on oublie bien souvent les innocentes victimes, parmi lesquelles on retrouve même des enfants. Les balles perdues et autres conséquences d’un mode de vie dangereux n’ont pas fait que des heureux.

À l’époque, mais aussi par la suite, une partie de la société s’est offusquée de la fin de carrière de Jesse James, tué par un membre de son propre gang en 1882. Ils ont été nombreux à parler d’assassinat, mais d’autres défendent aussi la théorie selon laquelle certains criminels atteignent un statut tellement grand que la seule solution pour les stopper est la manière forte. À travers l’histoire, ce fut d’ailleurs le cas de plusieurs autres, comme John Dellinger, Bonnie & Clyde, Jacques Mesrine, Jean-Paul Mercier, Richard Blass, et combien d’autres?

Bref, le travail de Yeatman permet une vision honnête sur une légende qui fut trop souvent déformée par des auteurs peu scrupuleux et aussi une tendance sociale vers la glorification des braqueurs.

 

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