La mafia irlandaise de Montréal

la mafia irlandaiseO’CONNOR, D’Arcy.  La mafia irlandaise de Montréal, l’histoire du tristement célèbre gang de l’Ouest.  Les Éditions La Presse, Montréal, 2011, 303 p.

En plus de se qualifier lui-même de « vieux loup de mer », O’Connor est à la fois journaliste, scénariste et documentariste.

Si l’introduction ne révèle pas clairement les intentions de l’auteur, qui a été épaulé dans cette entreprise par Miranda O’Connor[1], il termine cette présentation en disant que « ce livre parle de ces hommes et de leurs exploits ».

Après plusieurs pages qui tentent de convaincre subtilement de la légitimité de certains personnages par un passé misérable dans des quartiers comme Griffintown, l’auteur s’attaque à un bref historique des plus grands noms de la mafia montréalaise, comme par exemple les Cotroni, Paolo Violi, et ainsi de suite.  Si on a l’impression de réviser les premiers chapitre de certaines œuvres respectées, comme La Filière Canadienne de Jean-Pierre Charbonneau ou encore Mafia Inc. d’André Cédilot et André Noël, O’Connor se démarque par une longue nomenclature de courtes biographies de plusieurs criminels de tout acabit et de leurs forfaits, sans pour autant que toutes ces descriptions connaissent un lien logique entre elles.

On assiste donc au défilement de certains personnages comme Richard Blass, Monica La Mitraille, Georges Lemay, Raymond Desfossés, Vito Rizzuto, les frères Matticks, et j’en passe.  Et les crimes sont tout aussi variés.  Cette longue nomenclature, qui se termine par le phénomène plus récent des gangs de rues, aura pour avantage de servir de livre de référence à quiconque aura l’intention d’accumuler de l’information sur les faits divers québécois.

L’auteur, qui s’obstine à débaptiser Frank Petrula en « Pretula », confond également une mitrailleuse de calibre .50 avec du 50 mm[2].

C’est le célèbre vol de la Brink’s, survenu le 30 mars 1976, qui occupe la plus grande place, tout en présentant les faits les plus croustillants.  Il faudra des années pour résoudre partiellement ce crime.  Non seulement Roger Provençal fut acquitté, ce que certains qualifient encore d’erreur judiciaire, mais sur les 2,8$ millions volés on a seulement retrouvé 500,000$.  Si Provençal a été assassiné en 1992, il n’en reste pas moins qu’une grande part de mystère continuera à jamais de planer sur ce crime du siècle.

Il n’y a donc pas de fil conducteur entre les événements décrits, et ce n’est d’ailleurs pas le but du livre.  Si dans sa conclusion l’auteur tente de répondre à la question sur l’existence réelle du gang de l’ouest, il n’offre lui-même aucune réponse, préférant laisser la parole à certains enquêteurs comme André Bouchard et John Westlake.  Ce dernier dira d’ailleurs que « il n’y avait pas de gang de l’ouest avec un chef qui vous assoit et vous dit quoi faire.  C’était seulement une bande de gars du secteur ouest de la ville qui s’associaient parfois les uns aux autres ».

[1] En aucun temps on ne précise quel lien de parenté elle partage avec l’auteur.

[2] Le calibre .50 est calculé en pouce.  Donc, une balle de calibre .50 comporte un diamètre de un demi-pouce.  Voilà qui est loin d’un diamètre de 50 mm, qui se rapproche davantage de 2 pouces.

Publicités

One thought on “La mafia irlandaise de Montréal

  1. Comme j ai hâte de lire vos oeuvres car immanquablement vous savez développer un grand intéret chez le lecteur!Merci pour vos partages!Ils sont toujours tres intéressant:-)

    J'aime

Postez votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s