Me Clément Fortin s’attaque à l’affaire Guy Turcotte


Guy Turcotte         Me Clément Fortin, que l’on connaît pour ses docu-roman L’affaire Coffin : une supercherie?, Mesrine le tueur de Percé, une fraude judiciaire, et Cordélia Viau la vraie histoire, décide de relever le défi de s’attaquer à la cause la plus controversée de l’heure : l’affaire Guy Turcotte.

Il faudrait avoir vécu quelques années sur une autre planète pour ne pas avoir entendu parler de cette affaire, et surtout des émotions qu’elle suscite. On connait Fortin pour son analyse objective des transcriptions sténographiques, et avec cette annonce il créé déjà une certaine attente auprès de son lectorat. En fait, son projet ne pourra voir le jour avant la fin du second procès de Turcotte, prévu pour 2015. C’est une entente qu’il a scellé avec le juge André Vincent.

D’ici là, Me Fortin ne chômera certainement pas à étudier et analyser les 7,000 pages du premier procès, comme il sait si bien le faire.

L’auteur a pratiquement rendu ses lecteurs intoxiqués à son style en créant chez eux cette dépendance propre à apprécier le fait de se glisser dans la peau d’un membre du jury, ce qui permet à celui-ci d’absorber graduellement les témoignages avant de se faire une opinion éclairée.

Si par exemple il a qualifié le procès de Mesrine-Schneider de fraude judiciaire, ses écrits ont permis de dissiper les doutes et les fausses rumeurs entretenus malhonnêtement à propos du procès de Coffin. Bref, son style nous permet toujours de jeter un regard global et objectif sur une affaire, en plus de nous expliquer certains rouages de notre système judiciaire.

Réussira-t-il cette fois à convaincre le lecteur de faire abstraction de ses sentiments et préjugés émotionnels pour se glisser encore une fois dans la peau d’un juré impartial?

Mesrine le tueur de PercéContrairement aux dossiers abordés dans ses précédents ouvrages, faut-il le souligner, l’avocat à la retraite s’attaque cette fois à une affaire sensible et toujours d’actualité.

Car il est peut-être aussi là le problème : certes, le public est libre de penser ce qu’il veut, mais notre système judiciaire ne peut certainement pas se permettre de juger une personne sur des émotions, au risque d’ouvrir les portes à des tendances malsaines pour les causes criminelles à venir.

Tout le monde a droit à une défense pleine et entière, paraît-il? Et bien, ce n’est certainement pas sur la place publique qu’on exercera ce droit.

Bref, le projet de Me Fortin ne passera pas inaperçu, en plus de poser des questions importantes sur le fonctionnement de notre système judiciaire. Car le lecteur a aussi un devoir d’objectivité pour obtenir un résultat honnête.

Finalement, dans son introduction, l’auteur promet déjà un questionnement quant à l’accessibilité des informations judiciaires. Rappelons que, sauf certains cas exceptionnels, les procès criminels sont publics et que, par conséquent, les transcriptions des témoignages le sont aussi. Mais ce n’est pas toujours de cet œil que l’entend notre beau système public.

Pour les intéressés, les docu-roman de Me Fortin sont toujours disponibles et on les promet bientôt en version numérique.

 

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