L’année des doubles meurtres au Cap-de-la-Madeleine


Normand Goyette était serveur au Primo Gourmet en 1971.  En octobre, il était acquitté du double meurtre de Hayes et Roberge.
Normand Goyette était serveur au Primo Gourmet en 1971. En octobre, il était acquitté du double meurtre de Hayes et Roberge.

La ville du Cap-de-la-Madeleine, maintenant fusionnée à Trois-Rivières, n’a jamais eu la prétention de bénéficier d’un large historique criminel. Règle générale, ses habitants avaient plutôt l’impression de vivre dans une municipalité où il faisait bon vivre. Et pourtant!

Non seulement les crimes graves y étaient rares, mais c’est encore plus vrai en ce qui concerne les doubles meurtres. En ce sens, une visite dans le passé nous démontre une autre surprise de taille. Non seulement l’année de 1971 a générée un double meurtre horrible, mais à une semaine d’intervalle un second double meurtre survenait, et tout ceci dans le même secteur de la ville.

Et comme si ce n’était pas assez, j’ai découvert dans les archives que ces deux causes judiciaires ont un certain lien entre elles.

Le vendredi 16 juillet 1971, rappelons d’abord que Chantal Côté, 12 ans, et Carole Marchand, 13 ans, disparaissaient subitement alors qu’elles cueillaient des bleuets dans le secteur de la rue Pierre Boucher. Les deux copines profitaient des derniers instants qui leur restaient puisque l’expropriation en lien avec la construction d’une portion de l’autoroute 40 allait les forcer à déménager quelques semaines plus tard. (pour plus de détails sur cette affaire lire : Double meurtre crapuleux au Cap)

La preuve démontra par la suite que les deux fillettes avaient été enlevées par deux braqueurs, Michel Joly et Ludger Delarosbil. Leurs corps furent retrouvés le lendemain, samedi 17 juillet, dans le secteur Ste-Marthe-du-Cap-de-la-Madeleine.

Une semaine plus tard, le samedi 24 juillet 1971, le soir même où Ludger Delarosbil était arrêté à Montréal, un autre double meurtre marquait l’histoire judiciaire madelinoise. Sur la route 19, prolongation de la rue Thibeau conduisant vers Shawinigan, se trouvait le club Primo Gourmet. C’est là qu’une dispute éclata entre le serveur Normand Goyette et deux clients, Roger Hayes et Gérard « Pétard » Roberge. Selon les aveux de Goyette, Roberge aurait été le principal instigateur du drame en voulant boire « sur le bras » de Goyette, à qui il devait déjà plus de 50$.

De plus, certains durs à cuire de la région, possiblement des amis de Roberge, avaient mis une raclée à Goyette une semaine plus tôt, si bien que ce dernier souffrait encore d’une vive douleur à son bras droit.

Après s’être absenté dans certains bars de Trois-Rivières pour tenter d’y retrouver des amis qui auraient pu lui venir en aide, Goyette revint à son lieu de travail les mains vides. Sans plus attendre, il prit la carabine Winchester de calibre .30-30 qu’il avait acheté pour sa protection personnelle et entra au Primo Gourmet. À l’intérieur, sans le moindre avertissement, il explosa la tête de Roberge avant de répéter le scénario avec Hayes.

Le hasard fit en sorte que Normand Goyette alla déposer son arme dans le bois près du nouveau pont enjambant la rivière St-Maurice avant de s’arrêter à la première maison où il vit de la lumière. Or, il s’adonna à frapper à la porte du 31 rue Pierre Boucher, propriété de Paul Marchand, le père de Carole Marchand, assassinée la semaine précédente. Goyette se montra très poli en demandant uniquement d’utiliser le téléphone pour contacter la police. Au constable Chiasson, il révéla ce qui venait de se produire au Primo Gourmet et quelques minutes plus tard il se rendait sans faire d’histoire aux policiers municipaux du Cap.

Il n’y a pas de lien criminel à proprement dit entre ces deux affaires, mais il est tout de même étonnant que ces deux causes se soient déroulées dans le même secteur à un intervalle de quelques jours seulement, d’autant plus que Paul Marchand, déjà éprouvé par la perte de sa fille, s’est vu impliqué dans une autre histoire inoubliable. D’ailleurs, Paul Marchand fut appelé à témoigner au procès de Goyette en octobre, et la justice lui demanda de répéter l’expérience le mois suivant dans celui de Ludger Delarosbil, accusé de complicité dans le meurtre de Chantal Côté. La justice avait d’abord choisi de procéder dans ce cas, mais puisque que Delarosbil fut condamné à perpétuité en novembre il n’y eut jamais de procès pour le meurtre de Carole Marchand.

 

 

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5 thoughts on “L’année des doubles meurtres au Cap-de-la-Madeleine

  1. Bonjour,
    Votre blog est très intéressant.
    Il y a eu un autre meurtre près de ce bar, au début des années 1980.
    Une fille dans la vingtaine tuée (au bar justement) et enterrée en face (ou presque) où était situé le Moulin Blanc.
    Mon chum, un autre couple et moi, nous étions en moto et nous avions trouvé une paire de souliers de fille. On a su un peu plus tard qu’ils appartenaient à cette fille….
    Cap-de-la-Madeleine, une ville où il fait bon vivre….. où on a presque le bon dieu sans confession (à cause du Sanctuaire) et malheureusement, une ville où on échappe pas à des événements dramatiques….
    Bonne continuation et au plaisir de vous lire…

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  2. Bonjour Lucie. Si vous arrivez à vous souvenir de l’année exacte de cet autre fait judiciaire dont vous parlez, je suis intéressé. Je n’ai pas encore tout étudié des archives, mais je suis en train de remonter les années 1970. S’il y a eu un procès dans la cause que vous mentionnez, il sera sans doute possible de retracer le dossier judiciaire. Vous souvenez-vous du nom du principal suspect dans cette affaire?

    Si vous avez retrouvé les souliers, avez-vous été appelez comme témoins?

    Si vous préférez en discuter en privé, voici mon courriel: eric.veillette@hotmail.ca

    Merci de votre commentaire et de votre intérêt. Bonne journée.

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    1. Bon matin Éric,
      Je ne savais pas que vous m’aviez répondu….
      Non, nous n’avons pas été appelé comme témoins. Nous n’avions pas parlé de cette ‘trouvaille’ à personne. Nous avons réalisés plus tard que ces chaussures étaient probablement à cette victime…..
      Je ne me souviens pas de l’année exacte mais je sais que c’est avant 1984. Je sais aussi que Le Moulin Blanc n’existait plus.
      Je me souviens que le bar s’appelait à ce moment: Cabaret El Toro….. et je pense que la victime habitait le secteur du « bas du Cap » près de la voie ferrée qui mène à la Wayagamack…..

      C’est tellement loin tout ça…….

      Bonnes recherches……

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    1. elle s appelait danielle juneau c était mon amie et belle sœur c était en 1979 dans le temps de la fete du travail la course au canot

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