Crimes similaires, traitement différent

Site Internet consacré à la tuerie de Villisca
Site Internet consacré à la tuerie de Villisca, laquelle comporte d’importantes similitudes avec celle commise à Trois-Rivières en décembre 1929.

Mes recherches concernant les procès qui ont marqués la Mauricie dans la première moitié du 20ème siècle m’amènent à me questionner sur le traitement qu’on réserve parfois à certains drames, en particulier les cas de violence extrême. Certes, il faut éviter de s’en vanter, mais Trois-Rivières a connu dans son passé l’un des pires drames familiaux jamais rencontrés dans toute l’histoire du Canada. En décembre 1929, Andrew Day, un homme d’une quarantaine d’années travaillant dans les usines de pâte et papiers, s’empara d’une hache pour assassiner sa femme et ses sept enfants dans leur maison de la rue Laurier. Les huit victimes – la mère était également enceinte de quatre mois, comme le révélera l’autopsie, ce qui pourrait donc nous faire parler d’un total de 9 victimes – dormaient au moment de la tuerie. D’après l’enquête, aucun d’eux n’aurait eu le temps de fuir les lieux. Un seul, selon le médecin légiste Rosario Fontaine, aurait pu se réveiller pendant la tuerie.

Peu après, Day redescendait dans la cuisine pour se trancher la gorge avec un rasoir avant d’aller errer dans les rues de la ville, où il fut découvert par un policier. Les médecins de l’hôpital Normand & Cross, située sur la rue Laviolette, lui sauvèrent la vie, l’obligeant du même coup à faire face à la justice. Trois mois plus tard, le procès était bouclé. Day fut expédié à l’asile, tandis que les Trifluviens commençaient déjà à oublier les détails de ce drame sanglant.

Sur les quelques 1,500 dossiers de condamnations à mort au Canada entre 1867 et 1976, une soixantaine d’entre eux parlent de forfaits commis avec une hache. Et de ce nombre, trois des assassins étaient des femmes. Toutefois, aucun de ces dossiers ne possède l’ampleur du massacre de la rue Laurier. En 1897, à titre d’exemple, Thomas Nulty a bien tué trois membres de sa famille à Rawdon en utilisant un instrument identique. En 1900, c’est dans les Territoires du Nord-Ouest que John Morrison prenait une hache pour s’en prendre à la famille de son employeur[1]. Mais le nombre des victimes restait toujours inférieur à la tuerie de la rue Laurier. Trois-Rivières a donc été stigmatisée par un cas unique dans les annales criminelles canadiennes.

Pour retrouver un drame similaire, il faut se tourner du côté des États-Unis. Dans le village rural de Villisca, en Iowa, les six membres de la famille Moore, accompagnés par deux jeunes filles du nom de Stillinger, assistèrent à une fête pour enfants dans la soirée du 9 juin 1912 avant de rentrer à la maison. Le lendemain matin, à partir de 7h00, une voisine s’inquiéta du silence inhabituel qui régnait chez les Moore, connus pour être des lèves-tôt, d’autant plus qu’ils avaient des vaches à traire. Quelques minutes plus tard, les huit corps étaient découverts dans leur lit. Tous, semble-t-il, avaient été assassinés dans leur sommeil. Les visages des victimes et les miroirs de la maison avaient tous été recouverts par des pièces de vêtement. L’arme du crime, une hache, fut retrouvée ensanglantée dans la chambre où dormaient les sœurs Stillinger. Contrairement au massacre de la rue Laurier, la scène de crime de Villisca aurait été contaminée par des dizaines de curieux avant qu’un périmètre sérieux soit établi. Évidemment, c’était avant l’uniformisation des procédures policières établies par le FBI et plusieurs années avant le crime d’Andrew Day. D’ailleurs, le chef de la police de Trois-Rivières en 1929, Jules Vachon, a démontré son professionnalisme à l’époque en érigeant un périmètre de sécurité immédiatement après avoir inspecté les pièces de la maison. Trois ans plus tôt, il avait d’ailleurs acquis une certaine expérience en jouant un rôle de premier plan dans l’affaire Alexandre Lavallée.

De plus, le ou les tueurs de Villisca ne furent jamais identifiés. En effet, Joe B. Moore, l’homme de la maison, aurait été le plus durement frappé par la violence des coups, ce qui élimine la possibilité qu’il ait « réussi » ce que Day projetait de faire, à savoir une série de meurtres suivi d’un suicide.

Andrew Day a massacré sa famille en décembre 1929 avant de tenter de s'enlever la vie en se tranchant la gorge.  On constate d'ailleurs sur cette photo le pansement qu'il porte autour de sa plaie.
Andrew Day a massacré sa famille en décembre 1929 avant de tenter de s’enlever la vie en se tranchant la gorge. On constate d’ailleurs sur cette photo le pansement qu’il porte autour de sa plaie.

Le drame survenu à Villisca a suscité la publication de plusieurs livres, la réalisation d’un film, de nombreuses vidéos à caractère douteux distribuées sur la toile et la création d’un site Internet visant à promouvoir la maison comme site historique. En effet, tout en prétendant que l’ancienne scène de crime est aujourd’hui hantée par les fantômes des victimes, on propose aux touristes en mal de sensation des séjours prolongés à l’intérieur de la maison Moore. Dans l’affaire Day, toutefois, on ne retrouve aucun élément de ces aspects mercantiles. On peine d’ailleurs à imaginer qu’il en soit autrement. Le traitement que font les Américains de leur tuerie m’oblige également à me questionner sur le fait de rendre public ou non l’adresse de l’ancienne résidence de la famille Day. Car elle existe toujours, cette maison. J’en ai récemment obtenu la confirmation par deux moyens différents. C’est un aspect que j’aborderai plus en détail dans mon futur projet littéraire Les grands procès de la Mauricie 1900-1950.

En effet, si personne n’a encore rapporté de fantôme sur la rue Laurier, devrais-je craindre que le traitement louable que les mauriciens ont réservés à cette affaire jusqu’à maintenant se transforme en ridicule? Évidemment, il faut noter dans ce traitement différent de deux crimes similaires le fait que tous les détails ne sont pas identiques. Si dans les deux cas on assiste à trois éléments identiques – le nombre de victimes, le type d’arme utilisé et le fait que les victimes dormaient au moment de la tuerie – il faut certainement prendre en considération qu’à Villisca le ou les assassins n’ont jamais été retrouvés, ce qui a prolongé l’énigme entourant cette affaire et ainsi suscité davantage de questions dans l’esprit des Américains, du moins ceux de l’Iowa.

À Trois-Rivières, l’affaire Day fut bouclée en trois mois, ce qui n’a laissé pratiquement aucune place aux spéculations. De plus, le drame de Villisca fut marqué par une multitude d’enquêtes incompétentes et malhonnêtes, dont certaines visaient un sénateur de l’État. Ici, l’enquête entamée par le chef Vachon et reprise ensuite par Louis Jargaille, un célèbre détective provincial de l’époque, fut de loin beaucoup plus illustre. En revanche, contrairement aux Trifluviens, les habitants de Villisca n’ont pas oubliés.

Pour sauver la maison, un couple la racheta en 1994 afin de la rénover pour lui redonner son apparence d’origine, ce qui fit dire à Troy Taylor – qui se dit auteur de plus de 80 livres depuis 1989 sur les crimes sanglants et les fantômes – que ces rénovations furent à l’origine du déclanchement des manifestations paranormales. Dans Villisca (2003), de Roy Marshall, un auteur beaucoup plus sérieux, on pouvait cependant lire en épilogue qu’on n’a jamais revu aucun drame de cette ampleur. Comme de raison, Marshall n’a pas cherché du côté canadien, et encore moins québécois.

En dépit d’un préjugé que nous entretenons envers l’importance de la criminalité américaine versus la nôtre, force est de constater qu’à la comparaison de ces deux drames nous devons, nous aussi, composer avec des tragédies quasi inimaginables. En revanche, c’est dans le traitement que nous en faisons que la différence s’installe.

[1] Morrison fut pendu pour ses crimes en 1901.

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L’affaire Alexandre Lavallée

Maison d'Alexandre Lavallée située dans le 4ème rang à St-Étienne-des-Grès. (BANQ TR: dossier 2833, TP9, S3, SS1, SSS1)
Maison d’Alexandre Lavallée située dans le 4ème rang à St-Étienne-des-Grès.  C’est dans cette résidence que sa fille fut sauvagement assassinée en août 1926. (BANQ TR: dossier 2833, TP9, S3, SS1, SSS1)

En 1926, Alexandre Lavallée, un cultivateur de 72 ans, habitait une modeste maison située dans le 4ème rang de St-Étienne-des-Grès, à quelques kilomètres au nord-ouest de Trois-Rivières. Cette résidence, il la partageait avec sa fille Rose-Anna, dont le mari s’était absenté quelque temps sur un chantier ontarien.

Cinq ans plus tôt, Lavallée avait épousé Marie Garceau, veuve de Raphaël Pellerin, mais celle-ci vivait séparément de lui pour des raisons qu’on ignore.

Dans la matinée du mardi 10 août 1926, Lavallée et sa fille attelèrent leur cheval pour descendre au marché de Trois-Rivières afin d’y vendre leurs framboises. Pour l’occasion, Rose-Anna portait une robe de ville en soie rayée noire et blanche, des bottes rouges et des bas de laine. Vers 16h00, des témoins les virent revenir tout doucement à leur maison du 4ème rang.

Ce soir-là, cependant, Rose-Anna ne se présenta jamais chez le voisin Désiré Pellerin, où elle avait pourtant l’habitude d’aller veiller quotidiennement.

Vers 17h00, le vieux Alexandre fut aperçu en train de reprendre la route en direction de la ville. Cette fois, il était seul. Peu après, un jeune livreur se présenta sur la ferme mais découvrit sur la porte la présence d’un cadenas.

Vers 19h15, voyant que Rose-Anna ne venait pas leur rendre visite, les Pellerin s’étaient tranquillement mis au lit. Mais vers minuit, Désiré Pellerin fut soudainement tiré de son sommeil par un poing qui frappait à sa porte. En allant ouvrir, il se retrouva devant Alexandre Lavallée qui, quelque peu énervé, lui annonça la mort tragique de sa fille. Encore choqués par la nouvelle, les Pellerin acceptèrent de le suivre, ce qui fera d’eux les premiers témoins à entrer sur la scène de crime. Rapidement, ceux-ci constatèrent la présence du corps ensanglanté de Rose-Anna, qui reposait en travers de son lit. Le sang, projeté dans tous les sens, leur parut coagulé. On devinait la violence qui s’était abattue sur la pauvre femme âgée dans la jeune quarantaine.

Rapidement, le chef de la police de Trois-Rivières, Jules Vachon, fut contacté par téléphone vers 5h10 du matin. À 5h50, il débarquait sur les lieux en compagnie d’un constable. Vachon fut d’abord étonné de trouver le vieux Lavallée en train de ronfler tranquillement, vautré dans une chaise berçante, sa pipe tombée sur le plancher.

Le chef de police se dirigea ensuite vers la chambre de la victime pour mémoriser ses observations avant de se tourner vers les gens massés près de la maison afin de les interroger. Ainsi, il comprit qu’au moment d’être assassinée, Rose-Anna portait encore les vêtements qu’elle avait enfilés pour cette journée passé au marché de Trois-Rivières. Elle n’avait donc pas eu le temps de se changer après son retour à la maison, ce qui laissait croire que l’incident s’était produit peu de temps après 16h00, d’autant plus que les Pellerin ne l’avaient pas vu par la suite.

Maintenant convaincu par certains détails qui ne collaient tout simplement pas dans la version rapportée par Lavallée, sans compter qu’il nota du sang sur le visage et les vêtements de celui-ci, Jules Vachon le conduisit immédiatement au poste de police trifluvien.

Les journaux de l’époque ne rapportèrent pas tous les détails de l’affaire. Le Nouvelliste, qui en était à sa véritable première grande cause de meurtre depuis sa création en 1920, se garda bien de dévoiler immédiatement le nom du suspect numéro un. Mais déjà, semble-t-il, Vachon avait recueilli des aveux.

C’est à l’intérieur même de la résidence que l’enquête du coroner fut conduite par le Dr Henri Beaulac. Le Dr Pierre Millette de St-Étienne-des-Grès, qui avait examiné le corps de la pauvre femme, fut le premier témoin entendu. Il expliqua la présence de trois plaies : une au sommet du crâne, une autre sous l’oreille gauche et la troisième sous l’aile gauche du nez.

Les funérailles de Rose-Anna se déroulèrent le 13 août à l’église de St-Étienne-des-Grès. C’est sous bonne garde que son père y assista.

Au terme de l’enquête du coroner, Alexandre Lavallée fut reconnu criminellement responsable et le chef Vachon le confia alors aux soins de la prison commune de Trois-Rivières. Si le dossier judiciaire permet d’apprendre que le vieil homme était originaire de St-Aimé de Richelieu et qu’il habitait à St-Étienne-des-Grès depuis seulement 6 ans, il est assez difficile d’en apprendre davantage à son sujet.

Lavallée bénéficia rapidement des services de Me Jean-Marie Bureau, un avocat trifluvien qui allait laisser sa marque dans les annales judiciaires pour avoir été impliqué dans quelques-uns des plus retentissants procès de la première moitié du 20ème siècle à s’être tenus dans le palais de justice de la rue Laviolette.

Le procès d’Alexandre Lavallée s’ouvrit le 2 mars 1927 au palais de justice de Trois-Rivières devant le juge Aimé Marchand. Le Dr Rosario Fontaine, le jeune protégé du Dr Wilfrid Derome, fondateur de l’Institut médico-légal de Montréal, vint témoigner sur les blessures de la victime. Pour la première fois, Trois-Rivières avait droit à une démonstration des avancées de la science judiciaire car le Dr Fontaine avait procédé à des analyses réalisées sur une mèche de cheveux retrouvée dans la main de Rose-Anna et qu’il avait ensuite comparé à des cheveux prélevés sur la tête de l’accusé[1]. Ces deux enveloppes contenant ces pièces à conviction se trouvent toujours aux archives nationales (BANQ).

Lors de ma visite du cimetière de St-Étienne-des-Grès en 2011, ces vieilles épitaphes se trouvaient derrière l'église, mais aucune trace de la mémoire de Rose-Anna Lavallée ou de son assassin.
Lors de ma visite du cimetière de St-Étienne-des-Grès en 2011, ces vieilles épitaphes se trouvaient derrière l’église, mais aucune trace de la mémoire de Rose-Anna Lavallée ou de son assassin.

Finalement, Lavallée fut reconnu coupable et condamné à la peine capitale. Selon les journaux, il serait demeuré étonnement calme tout au long des procédures, au point de blaguer à l’occasion avec certaines personnes. De tous les pendus dans l’histoire de la vieille prison de Trois-Rivières, il semble avoir été le plus froid d’entre tous, demeurant pratiquement imperturbable jusqu’au moment où la trappe s’ouvrit sous ses pieds, aux petites heures du 12 août 1927. Une foule s’était massée autour de la prison, mais un mur de pierre leur empêcha de voir la scène. Les exécutions n’étaient plus tenues en public depuis déjà plusieurs décennies.

Le corps d’Alexandre Lavallée, 73 ans, fut apparemment réclamé par un ami non identifié qui avait promis de défrayer tous les frais reliés aux funérailles. On l’inhuma dans le cimetière de St-Étienne-des-Grès. Lors de ma visite des lieux en 2011, je n’ai trouvé ni l’épitaphe de Rose-Anna ni celle de son assassin.

La maison Lavallée du 4ème rang de St-Étienne-des-Grès, déjà mise en vente au moment d’être prise en photo pour les besoins du dossier judiciaire, fut ultérieurement détruite. On y retrouve maintenant une nouvelle habitation érigée sur le même terrain[2].


[1] Puisque la dernière affaire de meurtre dans la région remontait à 1911, c’est-à-dire avant la création de l’Institut médico-légal par le Dr Wilfrid Derome, il s’agissait donc d’une première pour Trois-Rivières, même si d’autres médecins agissaient également à titre de médecins légistes, comme ce fut le cas pour le Dr Georges Bourgeois dans les affaires Sclater en 1905 et Trépanier en 1911. Le Dr Bourgeois était un trifluvien et c’est d’ailleurs dans sa ville qu’il mourut en 1919.

[2] Par respect pour les propriétaires actuels, qu’on me pardonne de ne pas fournir l’adresse exacte.

Le meurtre non résolu de Nicole Sassoon

nicole_sassoon            Selon l’enquête du coroner Yves Lambert, c’est vers 11h00 le 30 mai 1992 qu’un pêcheur se trouvant à la hauteur de Ville Sainte-Catherine aperçut un cadavre en bordure de la rive. Ce corps complètement dénudé semblait avoir passé un long moment dans les eaux du fleuve St-Laurent puisqu’il était en état de putréfaction avancé. Dans le rapport de Lambert on peut d’ailleurs lire que le corps « aurait échoué à cet endroit suite à la baisse du niveau d’eau ».

Les policiers de Sainte-Catherine se rendirent immédiatement sur les lieux mais c’est l’Unité des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ) qui hérita de cette enquête.

Sur la page actuelle de la section des crimes non résolus du site web de la SQ on indique que le corps aurait été retrouvé le 3 juin 1992[i], mais le rapport de Lambert parle plutôt du 30 mai, date à laquelle l’examen externe du cadavre fut réalisé. De plus, Lambert écrivait que l’identification de ce corps féminin fut confirmée à partir des empreintes digitales, ce qui laissait croire que la jeune femme traînait peut-être derrière elle un dossier judiciaire.

Quoiqu’il en soit, on pouvait enfin mettre un nom sur ce corps. Il s’agissait de Nicole Sassoon[ii], une jeune femme de 21 ans née le 17 janvier 1971.

La SQ affirme qu’au moment de sa disparition Nicole travaillait à Ville LaSalle et qu’elle aurait séjourné durant une certaine période dans un logement de la rue Gravel, toujours dans la même municipalité. Pour expliquer sa disparition, la SQ écrit que « Nicole Sassoon a été vue pour la dernière fois à la fin du mois de novembre 1991 au Motel Colibri à Montréal ». On ignore cependant dans quelles circonstances.

Le coroner Lambert se montrait plus précis quant à la date du décès en prétendait que la jeune femme serait morte le 23 novembre 1991. Quoi qu’il en soit, son examen externe du corps permit rapidement de déterminer qu’il s’agissait d’un meurtre. Toutes les plaies, dont certaines par enfoncement, avaient été assénées au crâne. À la région frontale droite on retrouvait une première plaie par enfoncement à 3 cm de l’orbite de l’œil. Sur celle-ci, Lambert spécifia que « cette marque crânienne est tout à fait comparable à celle que laisserait un coup de marteau ».

Une deuxième se trouvait à la partie gauche supérieure du front, deux lésions au sommet du crâne et un enfoncement complet dans la partie supérieure gauche du dessus du crâne et « ayant la même forme géométrique que les précédentes et mesurant 2,5 cm X 2,3 cm ». Il nota également une fracture de l’arcade zygomatique gauche (os situé près de la jonction de la mâchoire et de l’oreille).

Après l’examen interne, qui s’effectua le 2 juin 1992, Lambert écrivit que « en résumé, notre examen du crâne nous a permis de reconnaître au moins cinq (5) points d’impacts en des endroits différents et signant l’action d’un objet contondant de forme particulière, tel un marteau en plus de deux (2) larges brèches aux faces latérales du crâne qui elles, sont le résultat de plusieurs impacts au niveau de chacune de ces régions ».

Mais la question d’un passé criminel de la victime se confirme. Nicole Sassoon possédait effectivement un casier judiciaire concernant des infractions commises seulement au cours des mois qui ont précédés sa mort. Est-ce que tout ceci pourrait avoir un lien avec son meurtre?

Le 7 septembre 1991, Nicole était impliquée dans un vol par effraction. Le 12 septembre, elle plaidait d’ailleurs coupable à cette accusation devant le juge Marcel Beauchemin, ce qui lui avait valu une sentence d’une semaine. Quelques jours plus tard, soit le 19 septembre, elle retrouvait sa liberté sous certaines conditions.

Nicole semblait cependant se diriger vers une ascension malsaine en commettant un vol qualifié le 26 septembre 1991. Étrangement, le même jour on l’accusera de s’être évadé d’une garde légale, pour laquelle elle plaidera coupable le 10 octobre.

Si elle apparut en Cour le 3 octobre, ce fut seulement le 24 qu’elle enregistra un plaidoyer de culpabilité pour cette affaire de vol qualifié. Le même jour, elle plaidait également coupable dans une affaire de complot. Faisait-elle alors partie d’une bande composée d’individus peu recommandables?

Quoiqu’il en soit, cette escapade lui valut une sentence de 3 mois en plus d’une probation sans surveillance d’une durée de 2 ans, mais on sait bien que cette sentence ne fut jamais purgée dans sa totalité puisqu’elle devait disparaître à la fin de novembre.

Alors que le coroner Lambert prétend dans son rapport que la mort de la jeune femme remonte au 23 novembre 1991, son casier judiciaire nous indique plutôt qu’elle a vécu encore quelques jours puisque le 29 novembre elle commettait sa toute dernière infraction en s’évadant une fois de plus de sa garde légale. Ce sera seulement le 29 avril 1997 qu’on retira cette accusation en raison de la confirmation de son décès.

Est-ce que sa mort est reliée à ses récentes activités illégales?

Ce qui est sûr, c’est qu’au moment d’être sauvagement tuée, Nicole vivait apparemment en marge de la société. Et pourquoi aurait-elle finalement été battue aussi cruellement? Le mobile du crime pourrait-il conduire les policiers vers le coupable?

Toute personne possédant la moindre information sur cette affaire est invitée à communiquer avec la Sûreté du Québec au 1-800-659-4264.

[i] Voir http://www.crimesnonresolus.com/fr/crimes-non-resolus/nicole_sassoon.html

[ii] Sur le rapport du coroner Lambert son nom est inscrit « Sasson » alors que sur le site de la SQ et dans le plumitif judiciaire on utilise « Sassoon ».