Le meurtre non résolu de Nicole Sassoon

nicole_sassoon            Selon l’enquête du coroner Yves Lambert, c’est vers 11h00 le 30 mai 1992 qu’un pêcheur se trouvant à la hauteur de Ville Sainte-Catherine aperçut un cadavre en bordure de la rive. Ce corps complètement dénudé semblait avoir passé un long moment dans les eaux du fleuve St-Laurent puisqu’il était en état de putréfaction avancé. Dans le rapport de Lambert on peut d’ailleurs lire que le corps « aurait échoué à cet endroit suite à la baisse du niveau d’eau ».

Les policiers de Sainte-Catherine se rendirent immédiatement sur les lieux mais c’est l’Unité des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec (SQ) qui hérita de cette enquête.

Sur la page actuelle de la section des crimes non résolus du site web de la SQ on indique que le corps aurait été retrouvé le 3 juin 1992[i], mais le rapport de Lambert parle plutôt du 30 mai, date à laquelle l’examen externe du cadavre fut réalisé. De plus, Lambert écrivait que l’identification de ce corps féminin fut confirmée à partir des empreintes digitales, ce qui laissait croire que la jeune femme traînait peut-être derrière elle un dossier judiciaire.

Quoiqu’il en soit, on pouvait enfin mettre un nom sur ce corps. Il s’agissait de Nicole Sassoon[ii], une jeune femme de 21 ans née le 17 janvier 1971.

La SQ affirme qu’au moment de sa disparition Nicole travaillait à Ville LaSalle et qu’elle aurait séjourné durant une certaine période dans un logement de la rue Gravel, toujours dans la même municipalité. Pour expliquer sa disparition, la SQ écrit que « Nicole Sassoon a été vue pour la dernière fois à la fin du mois de novembre 1991 au Motel Colibri à Montréal ». On ignore cependant dans quelles circonstances.

Le coroner Lambert se montrait plus précis quant à la date du décès en prétendait que la jeune femme serait morte le 23 novembre 1991. Quoi qu’il en soit, son examen externe du corps permit rapidement de déterminer qu’il s’agissait d’un meurtre. Toutes les plaies, dont certaines par enfoncement, avaient été assénées au crâne. À la région frontale droite on retrouvait une première plaie par enfoncement à 3 cm de l’orbite de l’œil. Sur celle-ci, Lambert spécifia que « cette marque crânienne est tout à fait comparable à celle que laisserait un coup de marteau ».

Une deuxième se trouvait à la partie gauche supérieure du front, deux lésions au sommet du crâne et un enfoncement complet dans la partie supérieure gauche du dessus du crâne et « ayant la même forme géométrique que les précédentes et mesurant 2,5 cm X 2,3 cm ». Il nota également une fracture de l’arcade zygomatique gauche (os situé près de la jonction de la mâchoire et de l’oreille).

Après l’examen interne, qui s’effectua le 2 juin 1992, Lambert écrivit que « en résumé, notre examen du crâne nous a permis de reconnaître au moins cinq (5) points d’impacts en des endroits différents et signant l’action d’un objet contondant de forme particulière, tel un marteau en plus de deux (2) larges brèches aux faces latérales du crâne qui elles, sont le résultat de plusieurs impacts au niveau de chacune de ces régions ».

Mais la question d’un passé criminel de la victime se confirme. Nicole Sassoon possédait effectivement un casier judiciaire concernant des infractions commises seulement au cours des mois qui ont précédés sa mort. Est-ce que tout ceci pourrait avoir un lien avec son meurtre?

Le 7 septembre 1991, Nicole était impliquée dans un vol par effraction. Le 12 septembre, elle plaidait d’ailleurs coupable à cette accusation devant le juge Marcel Beauchemin, ce qui lui avait valu une sentence d’une semaine. Quelques jours plus tard, soit le 19 septembre, elle retrouvait sa liberté sous certaines conditions.

Nicole semblait cependant se diriger vers une ascension malsaine en commettant un vol qualifié le 26 septembre 1991. Étrangement, le même jour on l’accusera de s’être évadé d’une garde légale, pour laquelle elle plaidera coupable le 10 octobre.

Si elle apparut en Cour le 3 octobre, ce fut seulement le 24 qu’elle enregistra un plaidoyer de culpabilité pour cette affaire de vol qualifié. Le même jour, elle plaidait également coupable dans une affaire de complot. Faisait-elle alors partie d’une bande composée d’individus peu recommandables?

Quoiqu’il en soit, cette escapade lui valut une sentence de 3 mois en plus d’une probation sans surveillance d’une durée de 2 ans, mais on sait bien que cette sentence ne fut jamais purgée dans sa totalité puisqu’elle devait disparaître à la fin de novembre.

Alors que le coroner Lambert prétend dans son rapport que la mort de la jeune femme remonte au 23 novembre 1991, son casier judiciaire nous indique plutôt qu’elle a vécu encore quelques jours puisque le 29 novembre elle commettait sa toute dernière infraction en s’évadant une fois de plus de sa garde légale. Ce sera seulement le 29 avril 1997 qu’on retira cette accusation en raison de la confirmation de son décès.

Est-ce que sa mort est reliée à ses récentes activités illégales?

Ce qui est sûr, c’est qu’au moment d’être sauvagement tuée, Nicole vivait apparemment en marge de la société. Et pourquoi aurait-elle finalement été battue aussi cruellement? Le mobile du crime pourrait-il conduire les policiers vers le coupable?

Toute personne possédant la moindre information sur cette affaire est invitée à communiquer avec la Sûreté du Québec au 1-800-659-4264.

[i] Voir http://www.crimesnonresolus.com/fr/crimes-non-resolus/nicole_sassoon.html

[ii] Sur le rapport du coroner Lambert son nom est inscrit « Sasson » alors que sur le site de la SQ et dans le plumitif judiciaire on utilise « Sassoon ».

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