L’art d’alimenter les ragots

C-20-a
Cette photo, déposée sous la cote C-20-A lors de la Commission de 1996, a été prise à la morgue Philibert le jour de la découverte.

Le 14 mars dernier, Le Nouvelliste reprenait un article paru la veille dans Le Soleil et signé par Mylène Moisan[1], qui s’amusait à jouer les détectives amateurs en revenant une fois de plus sur cette interminable affaire Dupont. Une affaire qui n’en finit plus de larmoyer sur son propre sort depuis maintenant trop longtemps, et cela au détriment de la population qui, plus souvent qu’autrement, peine à s’y retrouver.

 

Au départ, je n’avais aucune intention de répondre à cette ineptie, tout comme les journalistes sérieux l’ont d’ailleurs fait en gardant le silence radio. Mais pour certains de mes amis et lecteurs – d’autant plus que je suis l’auteur de l’ouvrage le plus complet sur cette histoire – ça méritait quelques précisions.

D’abord, la journaliste résumait la dernière enquête en lisse, celle de la Sûreté du Québec qui s’est soldé, le 4 novembre 2011, par une confirmation du suicide. Louis-Georges Dupont s’était donc enlevé la vie dans sa voiture de service en novembre 1969. Il n’a donc pas été victime d’un méchant complot politico-policier, comme le prétendent ses fils depuis des lunes.

Moisan se targue d’avoir mis la main sur le rapport de cette dernière enquête : « j’ai lu le rapport de 77 pages et les centaines de pages d’annexes, j’en suis sortie avec un arrière-goût de réchauffé ». Rien d’étonnant, car le récit de l’affaire Dupont est en soit du réchauffé, et cela depuis des décennies. Les Dupont ont répété inlassablement leur discours, telle une secte qui réitère sans cesse la même doctrine jusqu’à devenir religion.

Il n’y a rien d’étonnant dans le fait que la réouverture d’une vieille enquête suscite ce besoin de réétudier des choses déjà entendues. Ce n’est pas parce qu’on a déjà vu un élément des centaines de fois qu’il est nécessairement véridique. Il faut tout vérifier, quitte à revoir le dossier depuis le début; remettre les choses en place, et cela dans un ordre chronologique.

Mais bon! Attendons de voir. Peut-être a-t-elle développé une méthode plus efficace que celle utilisée par les détectives de la Sûreté du Québec. Qui sait, Le Soleil a peut-être embauché un génie des enquêtes criminelles!

Selon elle, « le rapport est signé par un seul enquêteur, Jude Joyal, qui s’est, en gros, tapé les témoignages de la Commission d’enquête Lacerte-Lamontagne de 1996 […] ».

Que reproche-t-elle à un enquêteur qui s’impose la lecture de quelques milliers de pages de transcriptions sténographiques pour bien s’imprégner d’une affaire? Oublie-t-elle que ces documents sont légaux? À titre d’exemple, ce sont ces témoignages pris en sténographie (ou en audio) que des juges étudient minutieusement lorsqu’une cause est portée en appel. Alors, je vous le demande, peut-on reprocher à un policier de la section des Cold Cases de les consulter? Est-ce un manquement à l’éthique policière ou plutôt une preuve de rigueur?

Ainsi, je comprends pourquoi son article ne mentionne nulle part l’existence de mon livre L’affaire Dupont une saga judiciaire sorti en septembre 2014, justement parce qu’il se base sur les transcriptions des témoignages entendus sous serment en 1995 et 1996. Malheureusement, elle préfère revenir sur l’ouvrage sans fondement de Jean-Pierre Corbin, dont le style littéraire rappelle d’ailleurs celui que j’avais au premier cycle du secondaire. Malgré tout, on comprendra pourquoi les Dupont, maintenant appuyés par leur journaliste en chef, préfèrent remettre leur confiance en un livre comme celui-là : parce que Corbin parle de meurtre, lui! Voilà l’unique raison.

Mais justement : il en parle; il ne prouve rien!

Parmi les arguments encore utilisés par les Dupont, il y a celui du jugement rendu en 1995 par le juge St-Julien. Les Dupont prétendent que celui-ci confirmait la thèse du meurtre. Rien n’est plus faux. Et Moisan se laisse prendre au piège en soulignant que « je l’ai appelé l’automne dernier, le sortant brièvement de sa retraite, M. St-Julien maintient toujours ses conclusions ».

Et alors?

Que St-Julien maintienne ses conclusions ou non, son jugement de 1995 ne faisait qu’accorder, d’après une requête en mandamus, la tenue de la Commission d’enquête publique. Bref, c’est comme s’il avait conduit une enquête préliminaire visant à déterminer s’il y avait matière à se diriger vers un procès ou non. That’s it!

Pour des raisons que j’explique au chapitre 13 de mon livre, voilà maintenant 20 ans cette année que les Dupont biaisent ce jugement pour l’interpréter à leur façon en disant que St-Julien a confirmé la thèse du meurtre. Le juge a plutôt émis cet opinion ultra petita, c’est-à-dire sans que ce commentaire ne lui ait été demandé au départ. Cela ne faisait tout simplement pas partie de sa mission. Il n’a pas commis de faute, mais disons que ce commentaire avait la valeur qu’on souhaitait bien lui accorder.

D’ailleurs, si son verdict avait réellement confirmé le meurtre, on aurait assisté à une véritable enquête criminelle visant à identifier clairement le ou les assassins. Ce ne fut pas le cas. On s’est plutôt dirigé vers une commission d’enquête publique, où il n’y a pas d’accusé à la barre et où le ouï-dire peut parfois devenir un véritable fléau.

D’autre part, Moisan reproche à ses nouveaux jouets (les documents récemment obtenus) l’absence totale de preuve que Joyal ait interrogés des témoins. Après plus de 40 ans, je vous le demande, quel témoin sérieux cet enquêteur de la section des Cold Cases aurait-il pu rencontrer? La majorité d’entre eux ont déjà témoigné en 1996 (donc, leurs propos sont enregistrés dans les transcriptions) alors que plusieurs autres sont morts. Quoi de plus normal pour Joyal que de réétudier les transcriptions sténographiques?

Et pourtant, elle continue de s’attaquer au détective en soulignant que « pour répondre aux questions des Dupont, Joyal se réfère surtout aux témoignages de la Commission Lacerte-Lamontagne qui a, grosso modo, donné foi aux témoignages des gens qui auraient été impliqués dans le meurtre ».

Justement, l’étude approfondie de ces transcriptions permet d’annuler deux des prétentions des partisans de la thèse du complot. Les Dupont soutiennent que le photographe de la police Denis Martin a vu un deuxième trou dans le dos de leur père, tout comme le thanatologue Philibert. C’est complètement faux. J’en parle d’ailleurs dans la conclusion de mon livre afin de démontrer qu’il s’agit là d’une mauvaise interprétation des témoignages.

En fait, pourquoi ne pas revenir à la source? Voici ce qu’a véritablement dit Martin en 1996 :

  • Est-ce que vous avez remarqué s’il y avait du sang dans l’automobile?, questionna Me François Daviault, procureur de la commission.
  • Non.
  • Ou sur monsieur Dupont?
  • … Si je me souviens bien, j’ai vu comme une brûlure sur ses vêtements.
  • Ça, vous nous dites que vous voyez ça du côté conducteur?
  • Oui.
  • Où est-ce que vous avez vu cette brûlure-là?
  • Ben, c’est sûr que de la position qu’on le voit, là, c’est fort probable dans le dos que j’ai vu ça.
  • Cette brûlure de vêtement, est-ce qu’elle apparaissait sur son imperméable?
  • Ouan! Ça, je me souviens avoir vu ça, mais … J’essaie de me rappeler où exactement, là.
  • Vous parlez d’une brûlure, pourquoi vous dites une brûlure?
  • Ben, parce que ça ressemble à une brûlure, un vêtement brûlé.
  • Est-ce que vous avez vu du sang autour de cette brûlure-là?
  • Pas que je me souvienne, non.
  • Est-ce que je dois comprendre, monsieur, qu’en regardant cette brûlure-là, y voyez-vous de la peau autour de ça ou c’est strictement le vêtement que vous voyez?
  • Non, non, non. Il n’y a pas de peau, juste le vêtement.[2]

D’abord, vous aurez compris qu’il n’est même pas question de trou mais de « brûlure ». Ensuite, l’avocat des Dupont n’a soumis aucune question à ce témoin, manquant ainsi une belle occasion d’éclaircir le sujet. Pour leur part, les Dupont apparurent quelques années plus tard en affirmant que Denis Martin avait prouvé l’existence d’un deuxième trou. Et de plus, chose étrange, ils se sont débarrassé de l’imperméable peu de temps avant l’ouverture des travaux de la commission.

Et finalement, il est tout aussi probable que la « brûlure » mentionnée par Martin ait été la plaie de sortie, tout simplement.

Quant à Philibert, il a simplement dit avoir « recousu en avant et en arrière », ce qui est tout à fait normal quand un projectile traverse un corps humain : on retrouve une plaie d’entrée et une autre de sortie. Il n’a jamais parlé de « deux trous » dans le dos.

Évidemment, très peu de gens ont le temps de lire des dossiers judiciaires aussi volumineux. Est-ce sur cette idée que certains partisans du complot décident de miser leur cagnotte en espérant que personne n’ait la folie – comme je l’ai eue – de lire ces milliers de pages?

Moisan les a-t-elle lues entièrement avant de nous présenter sa chancelante conclusion?

Et ce n’est pas tout! Car elle ajoute cette autre critique : « Il [Joyal] a jugé « non pertinent » les éléments entourant le contexte de l’époque, entre autres le fait qu’un policier et un échevin possédaient des hauts lieux de la prostitution à Trois-Rivières, dont un qui était situé en face du palais de justice ».

Si on veut être honnête, il faut bien admettre que le contexte de 1969 à Trois-Rivières semblait effectivement particulier. J’en faisais d’ailleurs un texte le 20 mars dernier intitulé L’enquête de la CPQ à Trois-Rivières, 1969.

Qu’il y ait eu des putes au Manoir Laviolette ou qu’un conseiller municipal ait possédé un trou comme le Club St-Paul, rien de tout cela ne prouve l’existence d’un meurtre. Encore une fois, on s’éloigne du cœur même du sujet. Il faut d’abord prouver qu’il y ait eu meurtre avant de chercher un mobile dans toutes les directions imaginables.

Il faut « coller » aux preuves, comme on le dit parfois dans le milieu des enquêtes criminelles. Il faudrait alors parler de témoignages directs, de prélèvements ADN, d’empreintes, d’aveux, ou toute autre preuve recevable en Cour. La corruption, qu’elle soit au niveau qu’on veut bien la situer, ne prouve pas à elle seule un assassinat. Elle peut susciter bien des questions, j’en conviens, mais sans autre preuve où peut-on en arriver, sinon qu’il serait tout aussi possible de présumer que L.-G. Dupont en ait aussi fait partie?

Heureusement, Moisan parle au conditionnel quand elle souligne que c’est Hubert, Buckley et Dallaire qui « auraient » tué Dupont. Encore une fois, en supposant qu’on aurait pu faire un procès pour meurtre à l’un de ces détectives, quelles preuves aurions-nous à présenter? Les ragots colportés par un livre comme celui de Jean-Pierre Corbin? Laissez-moi rire! Qu’aurait-il à dire sous serment sans être ensuite démoli par le contre-interrogatoire de la défense?

Tout ce qu’on avait contre Jean-Marie Hubert ce sont des impressions. Le dévoilement de la partie 2 du rapport de la CQP a révélé qu’Hubert a été congédié en janvier 1970 parce qu’il était tombé amoureux d’une prostituée rencontrée lors d’une descente, qu’il l’a épousé avant de passer le reste de sa vie avec elle. Qu’est-ce qui prouve dans ce comportement qu’Hubert ait pu être un meurtrier?

Certes, on conviendra qu’il n’était pas un amoureux de l’éthique policière, mais c’est tout ce qu’on peut lui reprocher officiellement. Et puisque le bonhomme est mort en 1998, il est bien facile de l’enfoncer davantage à l’apparition du moindre soupçon.

Moisan porte aussi à l’attention de Joyal ces éléments apparemment douteux et qui, selon elle, démontreraient l’existence du meurtre :

  • Pas de trace de sang dans le véhicule, à part un peu de sang séché sur la chemise.
  • Une lettre de suicide, pas de crayon.
  • La rigidité du corps, qui trahit une mort récente.
  • Pas de cigarettes ni de briquet. Dupont était un gros fumeur.
  • Le complet, qui n’est pas celui qu’il portait à sa disparition.
  • Le nez, déplacé.
  • L’embaumeur qui affirme « c’était un cadavre frais ». La thèse du suicide fait remonter le décès à quelques jours.
  • Il y en a d’autres comme le fait qu’aucune empreinte digitale valable n’a été trouvée sur le revolver.

Tous ces points, quoiqu’ils puissent donner l’impression qu’on se rapproche de véritables preuves, ne tiennent pas la route.

C-20-d
Photo C-20-D.

Les Dupont maintiennent que s’il n’y a pas de sang dans la voiture c’est parce que leur père est mort ailleurs, et par conséquent qu’il s’agit d’un meurtre. Mais en observant attentivement la photo C-20-D, on constate la position du corps versus l’imperméable que L.-G. Dupont portait au moment de sa mort. C’est là mon hypothèse, mais la fonction première d’un imperméable n’est-elle pas de retenir ou de repousser les liquides? Le sang aurait-il pu demeurer confiné à l’intérieur et ainsi ne laisser aucune trace sur la banquette?

 

L’absence du stylo repose simplement sur un manque d’observation. Montrons à Moisan la photo C-20-A et demandons-lui honnêtement de nous répéter qu’elle ne voit aucun stylo dans la poche de chemise de Dupont!

La rigidité du corps a fait l’objet d’un débat qui serait trop long à expliquer en quelques lignes, mais gardons à l’esprit que les températures enregistrées durant les cinq jours de la disparition se rapprochaient drôlement de celle d’un réfrigérateur. Est-ce que cela aurait contribué à préserver le corps plutôt que d’accélérer sa décomposition?

Quant au « nez déplacé », enfin on se rejoint. Car c’est précisément cela qu’a dit Philibert, sans toutefois l’interpréter. Étant donné la position du corps dans la voiture, en plus d’imaginer qu’il soit demeuré ainsi durant quelques jours, il serait tout à fait plausible que le cartilage du nez ait été « déplacé » par le poids de la tête contre le bras ou l’épaule. Ajoutons à cela que Philibert a dit que le nez n’était pas fracturé, contrairement à ce qu’affirmeraient plus tard les Dupont et Corbin pour appuyer leur théorie selon laquelle il aurait été battu avant d’être exécuté. Donc, les conclusions quant au nez ne servent en rien la théorie du complot meurtrier.

Quant à l’absence d’empreinte sur l’arme, c’est un autre élément qui ne prouve strictement rien, mis à part le fait qu’il n’y avait justement aucune empreinte exploitable sur le revolver. Les empreintes papillaires sont généralement prélevées sur des surfaces lisses, alors que la crosse du Colt de Dupont était striée pour être antidérapante. Un expert a également expliqué en 1996 que, contrairement à la croyance populaire, on ne retrouvait pas toujours d’empreintes sur les armes à feu.

Bref, évitons d’interpréter ce genre d’éléments dans un sens unique. On ne reconnait généralement pas comme une preuve d’objectivité les proches d’un homme retrouvé dans ces circonstances, et de surcroît si ceux-ci ont déjà demandé une compensation financière.

Les Dupont ont toujours prétendu que leur père avait été victime d’intimidation de la part de ses collègues détectives. Comble de l’incohérence, ils utilisent cette même intimidation à mon endroit depuis la sortie de mon livre. Ils ne remettent pas en question les arguments et ne veulent pas débattre de la validité de leurs « preuves ». Non! Ils profèrent plutôt des attaques personnelles insipides qui ne mènent nulle part.

Moisant terminait en disant avoir parlé au Dr Michael Baden, l’un des experts de 1996. Celui-ci lui a répondu que ses conclusions se limitaient à déterminer si la balle était entrée par l’avant, ajoutant que « je ne peux pas dire qui a appuyé sur la gâchette ». C’est par cette phrase que Moisan termine son article afin de semer un doute. Mais c’est là une réponse de scientifique. Ça dit précisément ce que ça dit, à savoir que la balle est entrée par l’avant. Si le reste de la preuve ne démontre aucun autre indice appuyant la présence d’un assassin, cette conclusion devient compatible avec le suicide, comme l’a conclue la Commission Lacerte-Lamontagne en 1996, de même que plusieurs autres enquêtes.

En terminant, je vous ferai remarquer que les détectives de la Sûreté du Québec ont aussi un droit de réserve. Ils ne descendront pas dans les médias au lendemain de la parution d’un tel article. Moisan ne l’a pas mentionné à ses lecteurs, mais cette position officielle lui permet de présenter un texte qui ne pourra être contredit par la SQ.

En fait, l’affaire Dupont est un cas qui pourrait faire école, dans le sens où elle pourrait faire l’objet d’une thèse pour quiconque aurait l’intention d’étudier la création et le développement d’une énorme légende urbaine. Avis aux étudiants en sciences humaines!

Évidemment, je suis déçu mais pas nécessairement étonné que Le Nouvelliste ait repris un tel papier, d’autant plus qu’on l’a vu accorder de l’importance aux livres de Corbin et de Jean-Guy Lefebvre (ce dernier est l’auteur d’un brûlot sur l’affaire Denise Therrien) en 2014, deux sujets sur lesquels j’ai fait des recherches sérieuses avant de publier le résultat de mes conclusions, toujours basées sur les dossiers judiciaires. Et pourtant, puisque mes ouvrages n’ont fait l’objet d’aucune mention dans les pages de ce quotidien, m’est-il permis de croire qu’on détourne les yeux d’un travail sérieux au profit d’une histoire plus spectaculaire qui distribue les ragots?

N’y voyez surtout pas un geste de jalousie, car cette attitude me fait plutôt sourire. Elle me prouve que la rigueur n’est pas toujours appréciée à juste valeur. C’est un phénomène que j’ai aussi constaté dans mon dernier livre L’affaire Aurore Gagnon le procès de Marie-Anne Houde, et que je décèle encore une fois dans celui qui m’occupe présentement.

Évidemment, vous aurez compris que Mylène Moisan ne m’a pas demandé mon avis avant d’écrire son texte, alors que je sais très bien qu’elle a lu mon livre. Du moins, elle l’a acheté.

Comme l’a si bien dit William Osler : « il est plus facile d’acheter un livre que de le lire, et plus facile de le lire que de le comprendre ».

[1] Pour lire l’article de Mme Moisan : http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/chroniques/mylene-moisan/201603/13/01-4960336-je-ne-peux-pas-dire-qui-a-appuye-sur-la-gachette.php

[2] Veillette, Eric, L’affaire Dupont une saga judiciaire, 2014, p. 273.

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