Le meurtre non résolu d’Alice Paré


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Alice Paré

Alice Paré est née le 4 janvier 1957. En 1971, on la décrivait comme une jeune fille de 14 ans plutôt « fluette » de 70 livres et mesurant 4 pieds et 5 pouces. Elle habitait alors avec ses parents au 667 boulevard Mercure, à Drummondville. On la considérait comme une étudiante modèle et très rangée.

 

Le mercredi 17 février 1971, Alice se rendit à son cours de flûte traversière au CEGEP de Drummondville, au pavillon de musique Gilles Fortin, situé au 466 rue Saint-Jean. Le cours devait avoir lieu de 17h30 à 18h00, mais elle se présenta en retard d’une dizaine de minutes. Le professeur, Marcel Saint-Jacques, n’avait pu attendre plus longtemps et il était parti. Déçue, Alice emprunta 5¢ à Louise Larocque, une amie de son âge, et une autre pièce de même valeur à Jean Vanasse, 19 ans.

En sortant du pavillon, Alice traversa la rue St-Jean pour entrer dans une cabine téléphonique avec l’intention de téléphoner à sa mère afin que celle-ci vienne la chercher. Malheureusement, le téléphone était en panne, ce qui l’obligea à revenir au pavillon de musique. Discutant quelques minutes avec Louise Larocque, elle aurait parlé de son intention de retourner chez elle à pied. « Elle a même expliqué à son amie la route qu’elle suivait toujours pour rentrer à la maison, soit une marche d’environ un mille (1,6 km), en passant par la rue Saint-Jean, Lindsay et boulevard Mercure »[1].

Vers 17h50, Alice sortit en saluant sa copine, son instrument de musique à la main. On ne devait plus jamais la revoir vivante.

Une demi-heure plus tard, l’inquiétude poussa Mme Paré à se rendre en voiture au CEGEP pour y apprendre qu’Alice avait finalement quitté par ses propres moyens.

Peu de temps après la disparition, la rumeur circula selon laquelle Alice aurait été enlevée. Les parents finirent d’ailleurs par s’en convaincre, d’autant plus que la thèse de la fugue ne faisait aucun sens.

03         Le 26 avril, vers 12h45, trois jeunes travailleurs[2] qui circulaient en automobile dans le 3ème rang de Sainte-Clothilde, près de Victoriaville, s’arrêtèrent en voyant quelque chose à une soixantaine de pieds de la route, au pied d’un arbre. Sortant de la voiture, ils marchèrent jusqu’à cette chose qui s’avéra être le corps d’une jeune fille. Selon Allô Police, elle était défigurée et portait des bottes blanches.

Rapidement, des policiers de la Sûreté du Québec débarquèrent sur les lieux pour examiner minutieusement la victime. En peu de temps, le corps fut identifié comme celui d’Alice Paré. La pauvre portait encore l’uniforme de son école Jeanne-Mance de Drummondville; « un chandail à col roulé jaune, une jupe en lainage vert, des bas-culottes et des bottes blanches »[3]. Le corps avait été abîmé par la putréfaction et certains animaux sauvages. Près d’elle, les policiers retrouvèrent son manteau rouge, dont les manches étaient tirées vers l’intérieur « comme si on l’avait enlevé rapidement sans prendre soin de les replacer. Le blouson de lainage vert […] avait aussi été enlevé et déposé près du cadavre de la jeune victime »[4].

Dans une poche de son veston, on retrouva la clé de son casier scolaire. Quant au chandail jaune, il était légèrement relevé et les manches étirées au-delà des mains. Le corps fut aussitôt transporté à la morgue Marcoux de Victoriaville où le père, André Paré, 70 ans, l’identifia formellement.

Puisque l’instrument de musique n’avait toujours pas été retrouvé, la police demanda l’aide du public. Ainsi, peu après 18h00 dans la soirée du 29 avril, Rosaire Laplante, un citoyen du boulevard Gamache à Victoriaville, qui avait lu La Tribune, contacta les enquêteurs pour leur signaler que le 24 avril il avait trouvé une flûte traversière et son étui près de la route 20 entre Saint-Albert et Sainte-Clothilde.

C’est le Dr Jean-Paul Valcourt qui procéda à l’autopsie dans la matinée du 27 avril pour découvrir que la mort fut causée par strangulation. Selon Allô Police, il trouva également quelques ecchymoses à une cuisse et ailleurs sur le corps, mais aucune trace de viol. Toutefois, cela n’empêche pas que le viol ait pu être le mobile du crime.

En mars 2016, j’ai consulté les archives des coroners des districts d’Arthabaska et de Trois-Rivières auprès de BANQ Trois-Rivières, mais sans résultat. L’enquête du coroner ne s’y trouvait pas.

Malheureusement, 45 ans plus tard, le meurtre d’Alice Paré reste classé parmi les affaires non résolues.

 

[1] Allô Police, 9 mai 1971.

[2] André Camirand, Yvon Lampron et Lucien Paquin.

[3] Allô Police, 9 mai 1971.

[4] Ibid.

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