Le triple meurtre de Pointe-du-Lac

ScreenHunter_762 Jun. 12 16.05Le 31 mars 1987, les corps de Denis Houde, 28 ans, de sa femme Hélène Laperrière, 22 ans, et Claudia, leur fillette de 3 ans, étaient retrouvés dans leur maison de Pointe-du-Lac, une municipalité située immédiatement à l’ouest de Trois-Rivières. La résidence se situait au 70 des Saules dans le secteur Baie-Jolie. La triste découverte a eu lieu vers 11h00. « Les corps étaient dans un état de décomposition avancée », écrivit Gilles St-Jean pour le compte de La Presse le 1er avril 1987, « car la mort pourrait remonter à près d’une dizaine de jours ».

Durant plusieurs heures au cours de la journée de la découverte, la police laissa planer la possibilité d’un double meurtre suivi d’un suicide mais cette piste fut rapidement abandonnée. Vers 16h30, la coroner Dr Fabienne Martin a refusé d’émettre le moindre commentaire aux journalistes. Peu de temps après, Robert Poéti, porte-parole de la Sûreté du Québec, confirmait qu’il s’agissait d’un triple meurtre.

La présence sur les lieux de trois enquêteurs des affaires de stupéfiants propagea rapidement la rumeur selon laquelle on avait à faire à un règlement de compte relié au milieu du crime organisé ou des drogues. Poéti s’est toutefois refusé de confirmer cette hypothèse. « Certains voisins de la maison du drame ont toutefois laissé entendre à des journalistes qu’il y aurait du vrai dans l’hypothèse d’un règlement de comptes », ajoutait St-Jean. « Ça se peut », aurait répliqué Poéti, « mais des voisins, c’est des voisins ».

Et selon une autre voisine, les trois victimes ne fréquentaient personne dans le voisinage.

Pour sa part, Le Nouvelliste précisait que si certains objets semblaient avoir été déplacés dans la maison on n’avait pas à faire à un remue-ménage ou un désordre. « Cela pouvait ressembler à un déplacement du ou des assassins entre le rez-de-chaussée et le sous-sol », écrivait Yves Champoux dans Le Nouvelliste. Celui-ci fut également plus précis que La Presse en mentionnant que l’arme à feu utilisée pour les trois meurtres n’avait pas été retrouvée sur les lieux.

Le 2 avril, La Presse laissait clairement entendre que les trois victimes avaient été tuées par arme à feu puisqu’on espérait alors pouvoir compter sur les résultats des analyses balistiques pour en apprendre davantage sur cette mystérieuse affaire. On constata également que la maison du drame appartenait au père de Denis Houde. De plus, Houde « avait comparu devant la Cour des sessions de la paix, le 16 février dernier. Il était été [sic] accusé de voies de fait graves sur un dénommé François Sirois. Houde avait nié sa culpabilité et avait opté pour un procès devant un juge seul. Il devait subir son enquête préliminaire le 8 juin, et avait été libéré sous un cautionnement de $1,000 »[1].

Et ce n’était pas tout, car « Houde avait un casier judiciaire depuis 1982, année où il avait été condamné à 10 mois de prison pour une infraction relative à la loi des stupéfiants. En février 1983, il avait écopé de deux sentences, respectivement de deux et 12 mois de prison, pour vol par effraction. Le 14 juillet 1983, il était incarcéré pour un an après avoir été accusé de vol par effraction, d’introduction par effraction, de port de cagoule et de voies de fait »[2].

Houde n’avait cependant plus de démêlés avec la justice depuis le 8 novembre 1985, date à laquelle il avait été condamné pour recel. Au moment de son assassinat, il se trouvait également sous une inculpation de conduite d’un véhicule avec les facultés affaiblies.

Le 5 avril, on sentit que la police nageait dans le néant puisque La Presse annonçait que celle-ci réclamait l’aide du public afin de récolter la moindre information. « Plusieurs personnes ont été interrogées dans cette affaire mais, jusqu’à maintenant, aucune piste sérieuse n’a été découverte. Les policiers croient être en présence d’un règlement de comptes relié au monde de la drogue ».

Cette affaire, qui semble être rapidement tombée dans l’oubli, n’a toujours pas été résolue.

 

[1] La Presse, 2 avril 1987.

[2] Ibid.

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