Marie-Paule Rochette aurait été identifiée dès 1953

ScreenHunter_720 May. 19 16.45            Dans de précédents articles[1], Historiquement Logique a fait revivre une vieille histoire de meurtre non résolu qui remonte à 1953. En fait, pour récapituler, les journaux ont fait la mention de la macabre découverte en octobre 1953, mais puisque le corps de la femme assassinée, que l’on a à tort surnommée « la noyée de la rivière des Prairies » – elle est plutôt morte étranglée – l’affaire semble avoir rapidement sombré dans l’oubli.

Mais pas pour le détective Ubald Legault, qui s’est rendu célèbre pour avoir travaillé sur certaines des plus grandes causes de meurtre de son époque, comme par exemple l’affaire Rhéal Léo Bertrand, que la presse ontarienne avait surnommé Tuxedo Kid. Au moment de quitter son poste de chef des détectives en 1958, Legault avait confié à un journaliste de La Patrie que l’affaire de cette femme assassinée et retrouvée le 5 octobre 1953 près d’un barrage hydro-électrique était sans doute celle qui continuait le plus à l’obséder. On critique souvent le milieu policier, mais on oublie également que la plupart des détectives se sentent tellement concernés par leurs enquêtes non résolues que celles-ci continuent de les hanter tout au long de leur retraite.

mâchoires 1953
Mâchoire et dentition de la victime de 1953, tel que paru dans Allo Police.  Un dentiste aurait identifié cette dentition comme étant celle de Marie-Paule Rochette.

Depuis mai dernier, une lectrice que je continuerai d’appeler Sophie, apporte un nouveau souffle à cette enquête qui, apparemment, ne comportait plus aucun espoir de trouver la lumière. Ce mince souhait s’évapora vers l’an 2000 lorsque des documents précieux appartenant à Sophie ont malheureusement disparus. Évidemment, il reste des preuves à établir, ce qui se fera probablement au cours de l’été puisque le dossier est présentement entre les mains des autorités compétentes.

 

Les vacances estivales ralentissent cependant le processus, mais Sophie demeure confiante d’obtenir une réponse d’ici quelques semaines. Elle nous informe également qu’en 1953, les mâchoires de la victime, dont deux photos ont été publiées dans Allô Police, avaient été identifiées par le dentiste Paul Chaloult, qui cette année-là avait son cabinet au carré d’Youville à Québec. Selon Sophie, le Dr Chaloult aurait accompagné l’un des frères de Marie-Paule Rochette (père de Sophie) jusqu’à Montréal afin d’identifier le corps. On s’explique encore mal ce qui les a amenés à croire que ce mystérieux cadavre pouvait être celui de Marie-Paule, mais il devait certainement y avoir des soupçons quelconques puisqu’ils ont trouvé la motivation de parcourir la route de Québec à Montréal.

Né le 11 septembre 1905, le Dr Paul Chaloult avait épousé Doris McMahon le 30 juin 1945. Ce qu’on a récemment apprit, c’est que Marie-Paule Rochette aurait été à la fois sa cliente et son employée, ce qui explique pourquoi il était en mesure d’examiner la dentition (ou mâchoires) et de dire si oui ou non il pouvait y reconnaître la jeune femme.

À Montréal, toujours selon Sophie, le Dr Chaloult aurait identifié positivement les mâchoires comme étant celles de son ancienne employée. Et bien que le corps ait vraisemblablement passé quelques mois dans les eaux de la rivière Des Prairies, son frère y reconnut aisément sa sœur. D’ailleurs, tout au long de sa vie celui-ci affirmera avoir reconnu le corps de sa sœur en 1953. Dès ce moment, on savait donc que cette victime était Marie-Paule Rochette. Alors, pourquoi ce cadavre demeure-t-il toujours officiellement non identifié?

Selon Sophie, le recul soudain du frère de Marie-Paule et du Dr Chaloult – ou leur refus de signer les papiers officiels – s’expliquerait par un climat de peur sur lequel je ne peux élaborer pour l’instant. Si on en croit cette histoire, cela signifierait que les deux hommes ont jugé la menace suffisamment sérieuse pour tourner les talons et rentrer chez eux auprès de leur jeune famille respective. Pendant ce temps, on inhumait les restes de la pauvre femme dans un endroit que l’on cherche toujours.

Comment est-il possible qu’une aussi jolie jeune femme disparaisse sans laisser de traces? Son entourage immédiat n’a donc rien vu? Personne n’a signalé sa disparition, son absence? L’a-t-on seulement cherchée ou s’est-on résigné à la savoir morte sans pour autant lever le petit doigt pour redonner à cette inconnue son véritable nom?

Comme on s’en doute, Sophie possède des hypothèses qu’elle nous livrera plus en détails dès que l’étape cruciale de cette affaire sera franchie, à savoir l’identification formelle des artéfacts humains. Pour le moment, la patience est de mise, quoiqu’à l’approche d’un but, le poids d’une attente remontant à plus de six décennies se fait de plus en plus lourd.

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Marie-Paule, à gauche, en compagnie de sa sœur Marie-Claire, et de ses frères, Gaston et Raymond.

C’est avec la peur au ventre que le père de Sophie s’est éteint en 2009, emportant avec lui de précieuses informations. Le Dr Chaloult mourut trois ans après cette affaire, soit le 23 novembre 1956. Sa femme lui survécut longtemps avant de s’éteindre à Sillery le 12 juin 1995. Leur fille, Lynn, est décédée le 9 mai 2011.

 

Quant à Marie-Paule Rochette, elle attend toujours d’être identifiée formellement et inhumée parmi les siens, à Québec.

 

[1] À lire dans la section « Affaire Rochette » : https://historiquementlogique.com/category/1900-1999-20eme-siecle/affaires-non-resolues/affaire-rochette/

 

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