Les Faucheurs d’enfants: 4ème partie, Pascal Poulin et Marie-Ève Larivière

Pascal Poulin est né le 26 janvier 1979 de l’union d’Hélène Poulin et Denis Provencher.  Le 20 janvier 1990, alors qu’il se dirigeait vers son 11ème anniversaire, Pascal quitta le domicile de sa mère au 3455, appartement 3, de la rue Gascon à Montréal.  Il devait rejoindre des copains afin de « faire un tour de métro », écrira le coroner.  On ne devait plus jamais le revoir vivant.

Selon le rapport du coroner Claude Paquin, qui s’étale sur seulement trois pages, le corps de Pascal fut retrouvé le lendemain, 21 janvier, vers 17h00 « dans un terrain vacant près de la rivière des Prairies en face du 13470 boulevard Gouin est à Montréal ».  Selon La Presse du 22 janvier 1990, « un homme qui promenait son chien hier en fin d’après-midi, sur une route déserte près du boulevard Gouin, à Pointe-aux-Trembles, a découvert le cadavre d’un adolescent assassiné depuis apparemment peu de temps.  Le corps découvert vers 17h30 est celui d’un garçon âgé de 15 ans ou moins, que la police n’avait pas identifié au moment de mettre sous presse ».

Dans l’édition du lendemain, le journaliste Marcel Laroche s’avéra plus cru en précisant que la victime a « été sauvagement agressé sexuellement et assassiné à coups de couteau ».  En plus d’identifier Pascal, il précisera que la découverte de 17h30 s’était faite près de la rivière des Prairies.  Après avoir été sodomisé, la victime aurait été poignardée à la base du cou, mais « deux autres blessures décelées sur son corps auraient également été causées par une lame de couteau ».  Laroche précisera qu’au moment de la découverte du corps sa disparition n’avait toujours pas été signalée à la police.

Déjà, Laroche tentait un lien : « l’assassinat de Pascal Poulin […] n’est pas sans rappeler d’autres crimes similaires commis dans la métropole il y a quelques années, et au cours desquels d’innocents enfants ont été agressés sexuellement et tués par un pervers toujours au large ».

Le cadavre, qui présentait des rigidités cadavériques, fut retrouvé à demi-nu et recouvert de neige.  Puisqu’il avait justement neigé entre la disparition et la découverte, aucune trace de pas ne fut retrouvée à proximité.

Hélène Poulin avisa finalement la police de la disparition de son fils vers 23h00, dans la soirée du 21 janvier.  À cet instant, il y avait plusieurs heures que les enquêteurs étudiaient la scène de crime.

Le 22 janvier, la mère identifia son fils.  C’est seulement après l’autopsie qu’on lui remit le corps.

Le Dr Jean Hould, qui se chargea de l’autopsie dans la journée du 22 janvier, constata la présence d’un choc hémorragique suite à des « lacérations vasculaires au niveau des vaisseaux du cou par un instrument piquant et tranchant ».  Autrement dit, on lui avait tranché la gorge.  Puis il nota aussi « la présence de spermatozoïdes dans le rectum ».

Le coroner Paquin signa son rapport le 17 mai 1990, sans pouvoir donner de conclusion définitive puisque l’affaire demeurait non résolue.  Ce document est d’ailleurs beaucoup moins complet que ceux des meurtres de 1984 et de 1985.  Malheureusement, on ne précise pas davantage les détails de l’autopsie, ce qui aurait peut-être pu permettre de savoir pourquoi on l’a retrouvé « à demi-nu ».  Avait-il subi la « fessée mortelle », comme Maurice Viens et Denis Roux-Bergevin?

Le dernier meurtre que certaines personnes attribuent à la série que nous venons de voir au cours des dernières semaines, s’avère être celui d’une jeune fille.  Si vous avez toujours à l’esprit qu’un seul et même tueur puisse être impliqué dans toutes ces affaires, il ne faut certainement pas s’en étonner puisqu’il n’est pas rare que ces prédateurs s’en prennent à des victimes des deux sexes.

Marie-Ève Larivière est née le 19 avril 1980.  Sa mère était Nicole Boily et son père André Larivière.  Lorsqu’elle fut enlevée en 1992, elle était donc âgée de 11 ans.  Elle habitait au 2972 chemin Ste-Marie à St-Polycarpe avec sa mère et son beau-père, l’artiste sculpteur François Lambert.  Le 8 mars 1992, Marie-Ève se trouvait en visite chez des parents résidant rue Beausoleil, à Laval.  « Un peu avant 19h, Marie-Ève a obtenu la permission de sa mère d’aller acheter une ou deux baguettes de pain à la boulangerie Rondeau, située dans le même secteur de Laval, sur le boulevard Lévesque »[1].

Marie-Ève aurait été vue pour la dernière fois vers 19h45 dans un dépanneur situé à l’intersection des rues Desnoyers et de la Fabrique, à Laval « où elle avait abouti, vraisemblablement après s’être égarée.  Les policiers lavallois croient que la fillette aurait été accostée par un inconnu, quelque part sur la rue Desnoyers, pour ensuite être kidnappée ».  Mais puisqu’elle n’était toujours pas rentrée à 20h00, l’inquiétude de ses proches s’amplifia.  Sans tarder, la mère et son conjoint contactèrent la police de Laval.

Après une nuit de recherches, c’est vers 7h00, le lendemain matin, que des employés du Canadien Pacifique découvrirent le corps de la petite, abandonné sur le bord de la voie ferrée « tout près des boulevards Saint-Martin et Industriel, dans le secteur de Saint-Vincent-de-Paul, à huit kilomètres de son point de départ ».  Laroche ajoutera aussi que l’endroit où le corps a été trouvé se situait sur la montée Saint-François, à moins d’un kilomètre du célèbre pénitencier Saint-Vincent-de-Paul.  « C’est également dans ce secteur que les policiers lavallois avaient découvert, le 17 janvier 1991, le corps à demi-nu et ficelé de Danielle André.  La jeune mère de famille de 33 ans avait été abattue »[2].

Le lieu de la découverte du corps fut désigné par le coroner Michel Trudeau comme « extérieur, ouest voie ferrée, intersection St-Martin, industriel Laval ».  Son rapport, qui ne tient qu’en une seule page, permet cependant de préciser la cause du décès : asphyxie par compression des structures vitales du cou.  Les autres conclusions se lisent comme suit :

  • Pétéchies sur le visage et les conjonctives des deux yeux ainsi qu’au niveau des muqueuses buccales,
  • Présence d’un sillon à la région cervicale droite,
  • Rougeur de la vulve avec légère infiltration hémorragique,
  • Plusieurs petits foyers d’infiltration hémorragique au niveau des tissus mou du cou.

Dans La Presse du 10 mars, Marcel Laroche se montra plus direct en écrivant que Marie-Ève avait été « agressée sexuellement avant d’être étranglée par son assaillant toujours au large ».

Quoique les autorités se firent avares de commentaires, le journaliste apprit à ses lecteurs le viol et aussi que l’autopsie avait été pratiquée par le Dr Claude Pothel, qui « semble toutefois écarter pour l’instant qu’il y ait eu pénétration complète ».  Larouche mentionnait également que la fillette portait ses vêtements au moment de la découverte.

Après s’être bien imprégné des circonstances entourant ces six meurtres d’enfants, nous étudierons la semaine prochaine certains documents qui ont traité du sujet afin de tenter une première incursion vers certaines pistes.  Celles-ci nous mèneront principalement vers deux personnages dangereusement intéressants.  Peut-être la police a-t-elle étudié d’autres suspects, mais nous nous intéresserons à ces deux énergumènes connus du public et qui font encore jaser.

(la semaine prochaine : 5ème partie, les suspects potentiels)

 

[1] Marcel Laroche, La Presse, 10 mars 1992.

[2] Cette affaire semble cependant avoir été résolue, car Laroche écrivait à ce propos : « moins de deux mois après cet assassinat, les policiers mettaient la main au collet de Jean-Pierre Ducros, un individu de 35 ans qui s’était enfui en Colombie pour échapper à la justice ».

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3 thoughts on “Les Faucheurs d’enfants: 4ème partie, Pascal Poulin et Marie-Ève Larivière

  1. Encore le sadique de Duchesneau j’imagine… Celui à qui on ne donna que 10 ans de prison pour avoir assassiné une fillette de 6 ans…de manière si sadique,cruelle et inhumaine avec un marteau à L’Ancienne-Lorette??!! Vive la justice au Québec.

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  2. On devrait ramener la peine de mort pour des crimes aussi sadiques que ça.. Y’a tjs un bout de tjs donner plus de droits aux sadiques qu’aux enfants!!!! Combien de crimes cruels sur des jeunes ont été perpétrés par des sadiques que nos chers juges ..inconscients et irresponsables avaient laisser ressortir après une sentence stupidement et ridiculement courte.. Je pense au malades Angelo Colallilo, à Duchesneau,à Mario Bastien,Marc Perron, et j’en passe.Quand on pense que celui qui a essayé de tuer (à coups de marteau) Karine Lucas,sauvée inextremis, ou comme le <> de la basse-ville de Québec qui a assassiné à coups de couteaux son voisin qui ne lui avait rien fait ..en plus,et ces hip hops noirs qui ont tué froidement le jeune Sébastien Lacasse etc..: tous, ils n’ont fait que 4 ans de prison, ou pas du tout pour des meurtres inimaginablement crapuleux,sadiques et cruels..Pas croyable.

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