La visiteuse: autre point de vue sur l’affaire Tom Nulty

la-visiteuseAmyot, Linda. La visiteuse. Montréal, Leméac, 2016, 121 p. ISBN 978-2-7609-4728-3

Si d’un côté on a l’impression que les intellectuels, ou du moins ceux qui prétendent l’être, lèvent le nez sur les faits divers, la littérature ne cesse de s’en nourrir.  Cette fois, c’est l’affaire Thomas Nulty qui est au cœur du roman.

Récemment, nous avons fait un léger survol de cette sordide affaire avec un compte rendu du livre de Simon Riopel.  C’est d’ailleurs en grande partie de cet ouvrage que s’inspire Amyot.  La romancière l’admet elle-même dans un petit texte discret apparaissant à la toute fin.  Elle avoue également s’inspirer du livre moins crédible Crimes et châtiments : la petite histoire du crime au Québec, volume 2 (1982), d’Hélène-André Bizier.

L’histoire débute en 1932 lorsque le personnage principal, une infirmière de 30 ans, apprend que sa mère, Élisabeth Leblanc, est mourante.  Précipitée à son chevet, celle-ci lui confie la lecture de lettres écrites entre 1897 et 1908.  Il se trouve que la mourante, dans sa jeunesse, écrivait sur commande pour des villageois qui ne jouissaient pas de son talent.  Parmi ces « clients », on retrouve Thomas Nulty.

Mais dans ce petit roman de 121 pages, qui trouve pourtant le moyen de se payer des longueurs, on n’apprend rien de nouveau.  Même l’arme du crime et les autres détails sont relégués aux oubliettes.  Points de vu nouveau?  Pas vraiment.  Alors, on pourrait se demander à quoi pourrait bien servir cette parution!

Les affaires les plus scabreuses passionnent non seulement le public mais aussi les romanciers.  Il suffit d’y penser pour trouver quelques exemples, comme André Mathieu avec le cas d’Aurore Gagnon, ou Roger Lemelin avec l’affaire de Sault-au-Cochon.  Il faudrait sans doute une étude plus exhaustive sur le sujet, mais c’est aussi vrai dans la littérature anglaise et française.  Le crime passionne.  Il fascine.  Tout le monde tente de le comprendre, de l’apprivoiser à sa façon.  Ce qui est sûr, c’est que le roman n’est pas le meilleur médium pour tirer les choses au clair.  En ce qui concerne les causes judiciaires réelles, il ne sert bien souvent qu’à fausser la mémoire collective.

 

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Catégories :1800-1899 (19ème siècle), Meurtres

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