France Alain: témoignages de Leclerc et Hamelin

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C’est à l’arrière de cet immeuble que France Alain sortit en 1982 pour se diriger vers un dépanneur et c’est aussi dans ce stationnement qu’elle a brièvement croisé un copain de classe.  C’est aussi par cette porte, en principe, qu’elle devait revenir après ses emplettes.  À ce jour, on ne peut toujours pas expliquer pourquoi elle a continué son chemin jusqu’à l’intersection de Belmont et Chapdelaine, où elle fut abattue d’une décharge de fusil de chasse.

         Pour faire suite aux témoignages des deux femmes qui avaient raconté ce qu’elles avaient vu et entendu au moment où France Alain était mortellement blessée au coin des rues Chapdelaine et Belmont, on appela Ghyslain Leclerc, 23 ans.  Au moment du drame, Celui-ci occupait l’appartement no. 410 du 2185 rue Chapdelaine, c’est-à-dire le même immeuble habité par la victime ainsi que Céline Doyle.

  • Le soir du 25 octobre 1982, est-ce que votre attention a été attirée particulièrement par un bruit, un bruit assez prononcé?
  • Oui, c’est ça. On a entendu un bruit.  On pensait que c’était un back fire nous autres aussi.  Puis on n’a pas sorti sur le balcon tout de suite.  Puis après ça, on a entendu des cris gémissants, assez forts.
  • Votre balcon se trouvait à quel étage?
  • Au 4ème étage.
  • Qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce que vous observez à ce moment-là?
  • On entend des cris. On sort sur le balcon mais, comme il fait noir, on ne voit rien.  On n’entend rien, même pas un bruit de char, un bruit d’auto.  On rentre à l’intérieur puis, peu de temps après, on entend des sirènes.  Puis là, on sort sur les lieux pour voir ce qui se passait.  Puis là, on est descendus au sous-sol.

Quant à l’heure de l’événement, Leclerc se montra plus précis que certains autres témoins en parlant de 19h40 ou 19h50.  Puisque Me Corriveau déclara n’avoir aucune question, on le libéra pour faire appel à Alain Hamelin, 24 ans.  Le soir du drame, ce jeune homme de Loretteville rendait visite à des amis qui résidaient tout près de la scène de crime.  Ils avaient des travaux scolaires à compléter dans le cadre de la semaine de lecture.

  • Monsieur Hamelin, questionna Me Parrot, vous connaissiez France Alain à cette époque?
  • Vous la connaissiez de quelle façon?
  • J’étudiais en génie électrique, elle aussi.
  • Alors, c’était une copine à l’université, c’est ça?
  • Ce soir-là, monsieur Hamelin, est-ce que vous l’avez rencontrée France Alain?
  • Oui, je l’ai rencontrée en face du parking, dans un parking.

Pour expliquer cette rencontre, le jeune homme dira se trouver près de l’escalier de l’immeuble où il se rendait voir ses amis lorsque France Alain le croisa.  Elle se trouvait alors au centre du stationnement.  Apparemment, c’est elle qui le reconnut puisqu’elle se dirigea vers lui en l’interpellant.

  • Elle vous dit quoi?
  • Elle m’a reconnu.
  • Vous avez discuté un petit peu avec elle?
  • On a échangé quelques paroles à distance.
  • Vous étiez à peu près à quelle distance d’elle?
  • À peu près la même distance entre vous et moi.
  • 20, 25 pieds?
  • Est-ce que vous avez pu voir de quel endroit elle provenait?
  • D’après moi, elle venait de son appartement.
  • Vous a-t-elle dit où est-ce qu’elle allait à ce moment-là?
  • Je crois qu’elle m’a dit qu’elle allait au dépanneur.
  • Elle vous a paru comment lorsque vous l’avez abordée?
  • Comme d’habitude. Elle avait l’air en forme.
  • La semaine du 25 octobre 1982, est-ce que c’était une semaine particulière pour les étudiants?
  • C’était la semaine de lecture. Une semaine d’études, en principe.
  • Donc, il n’y a pas de cours, c’est ça?
  • Oui, c’est ça.

Hamelin estimera sa conversation avec France Alain à une durée de quelques secondes seulement.  Selon lui, il était environ 19h20 à ce moment-là.  En fait, il parlera plutôt d’un échange de salutations que d’une véritable conversation.

  • Est-ce que vous vous souvenez de quelle façon elle était habillée ce soir-là?
  • Avait-elle quelque chose dans les mains lorsque vous l’avez rencontrée?
  • Je pense que oui.
  • Vous ne vous souvenez pas, c’est quoi?
  • Un sac.
  • Vous voulez dire un sac à main ou …

Encore une fois, le témoin fut aussitôt libéré après que Me Corriveau eut annoncée n’avoir aucune question.  C’était à se demander si l’avocat de Benoît Proulx finirait un jour par contre-interroger les témoins.  Était-ce une stratégie ou un surplus de confiance?

En appelant le témoin suivant, on s’attendait à obtenir plus de détails sur les circonstances de cette affaire.  Ce prochain témoin était Bertrand Alain, le frère de la victime.

 

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