L’affaire St-Louis: prologue

Michel Prince mariage
Au mariage de Michel Prince.

         Le 27 novembre 1916, c’est dans le village de Saint-Wenceslas que Camille Prince et Angélina Forest unissaient leurs sentiments.  À Saint-Eulalie, le 20 mai 1922, Angélina donnera naissance à son quatrième enfant, un fils baptisé Marcel.  Peu après, la mère s’éteignit doucement, créant ainsi une lourde perte, non seulement pour Camille mais aussi pour le reste de la famille.

Heureusement, Prince était du genre à se retrousser rapidement les manches.  Ainsi, le 24 avril de l’année suivante, il se remariait avec Élise Désilets, qui allait lui donner neuf autres enfants.  En 1943, Camille construisit une meunerie à Saint-Léonard d’Aston avant de la vendre en 1952 pour devenir maire de la municipalité.

         Marcel, né du premier mariage, épousa Simone Laverdure à Montréal le 3 septembre 1945.  Le jeune couple aura douze enfants.  Immédiatement après sa nuit de noces, Marcel alla travailler dans les mines de Rouyn-Noranda pour donner un premier élan à sa jeune famille.  En 1947, il revenait s’installer à Saint-Léonard d’Aston afin d’y travailler à la meunerie de son père.  Plus tard, il ouvrit sa propre épicerie qu’il opérera durant une quinzaine d’années.  C’est dans ce dernier commerce que l’affaire St-Louis prendra ses racines.

         Les douze enfants de Marcel et Simone se prénommaient Michel, Denis[1], Nicole, André, Louis, Marie, Camille[2], Gilles, Ginette, Denise, Louise, et Line.

Michel, l’aîné de cette grande famille, vit le jour le 10 décembre 1946.  Il jouera un rôle prédominant dans l’histoire qui nous intéresse.

Au moment où débute l’affaire, en novembre 1968, Marcel était donc âgé de 46 ans et s’occupait toujours de son épicerie située au cœur du village de Saint-Léonard d’Aston.  Sa résidence personnelle se situait juste au côté de son commerce.  Son fils Michel, 21 ans, était marié à Ginette Provencher depuis le 10 août 1968, soit un peu plus de trois mois[3].  Les jeunes mariés habitaient juste au-dessus du commerce.

         Deux semaines après son mariage avec Ginette, Michel s’était procuré une arme de poing dans le but de protéger le commerce de son père.  Loin d’être un tireur de compétition ou un gangster, ses connaissances dans le domaine étaient très limitées.  Son choix s’était donc arrêté sur un pistolet de calibre .22 qui ne pouvait tirer qu’un seul coup à la fois[4].  Michel avait fièrement confié à ses proches qu’avec cette arme il serait en mesure de donner la réplique à un éventuel voleur.  Il n’avait pas oublié que le commerce avait été la proie de telles attaques par le passé, ce qui l’avait confronté au sentiment d’impuissance.  Cette fois, se disait-il, aucun voyou ne réussirait à leur prendre, à lui et aux membres de sa famille, le fruit de leurs efforts.


[1] Denis Prince est né le 5 juin 1947 mais décédé le 18 février 1948.

[2] Dans le livre de l’histoire de la paroisse de Saint-Léonard d’Aston, paru en 1989, on écrivait son nom « Camil », mais selon les archives judiciaires on le mentionne plutôt sous l’orthographe de « Camille ».

[3] On sait que le couple engendra une fille qui sera prénommée Chantale.  En considérant la date du mariage et les événements qui allaient suivre, il est à parier que Ginette était enceinte de Chantale en novembre 1968, ce qui pourrait également expliquer son état de « malade » en cette journée du 22 novembre 1968, comme on le mentionne dans les transcriptions sténographiques de cette cause.

[4] Bien qu’il sera mentionné dans les transcriptions sténographiques qu’il pouvait s’agir d’un « revolver », un type d’arme muni d’un barillet pouvant contenir généralement six cartouches ou plus, il sera aussi clairement spécifié que l’arme ne pouvait tirer qu’un seul coup à la fois.  Malheureusement, ni la marque ni le modèle de l’arme ne sera spécifié.

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2 thoughts on “L’affaire St-Louis: prologue

  1. Avez vous entendu parler du volume de Jean Claude Bermheim Meurtrier sur mesure sur l affaire de Val d Or ???? il semblerait que cela décrit certaines méthodes d enquete de la SQ pour en arriver a trouver des coupables , évidemment l auteur a écrit le volume c est un criminologue qui défend les gens du monde carcéral MAIS a t il fait toute toute les recherches d infos pour en arriver a ces concluions ?

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    1. Comme vous dites, je doute de l’objectivité de M. Bernheim. La seule question que je me pose, est de savoir si, pour son livre, il a étudié les transcriptions du procès. Il parle du dossier de police, mais l’essentiel pour remettre en cause ou critiquer un verdict c’est d’étudier minutieusement le procès.

      Comme je l’ai écrit en privé à une personne qui me posait une question similaire, le dossier de police contient tous les éléments d’une enquête, y compris les pistes qui ont été éliminées, les personnes interrogées qui n’ont parfois rien à voir avec le crime, etc. Entre des mains peu rigoureuses, ces dossiers peuvent donner naissance à des chasses aux sorcières.

      Eric Veillette

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