L’affaire St-Louis: chapitre 8


 

Michel Prince
Michel Prince

Me Gérald Grégoire, qui défendait l’accusé, exerça ensuite son droit de contre-interroger le père de la victime.

  • Quand vous dites, monsieur Prince, que c’est après la première rencontre seulement que vous avez pu rejoindre la police?
  • Bien, en direct, parce que j’ai replacé un appel dans l’intervalle par exemple.
  • À quel endroit avez-vous placé votre appel?
  • J’ai pu communiquer avec la police. Bien quand j’ai parti du rang 7.
  • Au rang 7, vous n’avez pas communiqué avec la police?
  • Non.
  • Vous étiez rentré pour communiquer?
  • J’étais rentré pour communiquer puis là j’ai pas communiqué immédiatement.
  • Vous aviez en mémoire le numéro de licence de l’automobile?
  • Bien, je l’avais eu, oui.
  • Avez-vous appelé effectivement à cette maison-là?
  • Non, j’ai pas appelé.
  • Vous êtes ressorti tout de suite?
  • J’ai sorti parce que j’étais inquiet de mes fils. De la manière qu’il avait décollé, enfin tout, c’est un moment de réflexion qui m’est venu.  J’étais inquiet de mes fils.
  • Vous étiez inquiet de vos fils et aussi vous étiez anxieux de continuer la poursuite?
  • Bien, anxieux, pas tellement parce que j’avais le numéro de licence.
  • Oui, mais monsieur Prince, vous avez toujours bien dit tout à l’heure que vous aviez fait jusqu’à cent milles à l’heure?
  • Pour essayer de les rejoindre.
  • Alors, vous étiez anxieux à poursuivre cette poursuite-là?
  • Ça vous plaisait?
  • Non, ce n’était pas que ça me plaisait. Seulement que j’étais inquiet un peu.  Je peux vous donner la raison pour laquelle j’étais inquiet, aussi.  Puis j’ai pas pu transmettre à mes fils.  Si vous voulez savoir je peux vous le dire.
  • Maintenant, dans la maison où vous êtes arrêté là vous n’auriez pas pu demander à quelqu’un : « appelez la police »? « Il s’est passé quelque chose à l’épicerie puis le numéro de téléphone c’est tel numéro ».  Vous les connaissiez ces gens-là?
  • Ah oui, je les connaissais seulement que là vu que l’auto qu’on poursuivait avait réussi à passer en arrière et que mes fils étaient partis à la poursuite, c’est justement pour la raison que j’ai pensé de décoller moi aussi.
  • Vous vouliez vous joindre à eux autres? C’est ça?  Ça en faisait plus?
  • C’est pas l’idée de me joindre, je voulais leur transmettre un message. Parce qu’on n’a pas pu discuter tellement.
  • Et ensuite vous dites avoir rencontré la police indirectement. Monsieur Prince, c’est ça que vous nous avez dit tout à l’heure?
  • Bien, quand j’ai refait un appel à la police un petit peu plus loin.
  • Est-ce que vous les avez rejoints à ce moment-là?
  • Je ne les avais pas encore rejoints.
  • Vous ne les avez pas rejoints?
  • Non.
  • Quand est-ce que vous avez vu la police, là, pour la première fois?
  • Quand je me suis engagé sur la route 13…
  • Oui?
  • Quand je suis parti du Rang 7, je me suis engagé sur la route 13 en direction de Trois-Rivières et puis j’ai fait un bon trois milles. Puis là, les automobiles, je les voyais pas.  Ni celle de mon fils ni celle que j’avais poursuivie.  Là, je me suis dit … c’est une idée qui m’est venue rapidement, là, je ne peux pas les rejoindre, je va communiquer avec la police.
  • Et où avez-vous été communiqué? Avez-vous appelé?
  • Oui, j’ai appelé.
  • Où? À quel endroit?
  • Chez monsieur Allard, qui demeure sur le Rang 6.
  • Puis là, pourquoi vous ne les avez pas rejoints la police?
  • Bien, c’est parce qu’ils m’avaient distancé. Ah, j’ai pu communiquer avec le bureau de la Sûreté Provinciale.

En essayant de démontrer que le témoin avait tardé à contacter les policiers, la défense réussirait-elle à convaincre le jury que la famille Prince cherchait d’abord à se venger?

  • Alors, vous leur avez dit ce qui venait de se passer?
  • Je leur ai dit ce qui venait de se passer. Qu’on avait eu un vol puis …
  • Vous aviez le numéro de licence?
  • Puis je leur ai transmis le numéro de licence.
  • Et la description de l’automobile, parce que vous semblez très bien …?
  • La description de l’automobile.
  • Qui vous a donné cette description de l’automobile?
  • C’est mon fils.
  • Lequel de vos fils?
  • André.
  • Est-ce qu’il l’avait vue à ce moment-là l’automobile?

Me Laniel s’objecta à cette question parce que le témoin ne pouvait parler de ce qu’un autre témoin avait vu.  Ce serait alors du ouï-dire.  Le juge se montra automatiquement d’accord avec l’intervention, obligeant la défense à réorienter son contre-interrogatoire.

  • Il y avait rien que Camille qui était dans l’épicerie?, reprit Me Grégoire.
  • Oui.
  • Quelle distance ça donne de votre épicerie à l’endroit où vous êtes arrêté, où vous avez cerné l’automobile dans votre poursuite?
  • Vous voulez dire chez monsieur Corriveau?
  • Disons, à l’endroit où monsieur St-Louis a tourné, là?
  • Il a tourné à deux endroits.
  • Oui, à l’endroit dans le rang chez monsieur Roy?
  • La distance du magasin aller chez Monsieur Roy…
  • Oui?
  • Il y a deux milles et demi.
  • Est-ce qu’il y avait beaucoup de circulation sur la route à ce moment-là?
  • Pas tellement, pas tellement, pas tellement.
  • Vous l’avez rejoint facilement, vous avez une grosse automobile?
  • Bien, je l’ai rejoint… rendu au rang 7, c’est là que mon fils m’a dit : « c’est l’automobile en question ».
  • À quel moment vous avez aperçu le numéro de licence pour la première fois? Est-ce que c’est dans ce rang là ou avant?
  • Dans ce rang-là.
  • Avant ça, vous ne l’aviez pas aperçu?
  • Parce que, comme je vous ai dit tout à l’heure, quand je suis arrivé à l’intersection du rang 7 j’ai vu un[e] automobile qui s’engageait dans le rang 7.  C’est à ce moment-là que j’ai tourné dans le rang 7, puis que là, j’ai pu m’approcher de l’automobile.  Puis là, à ce moment-là, c’est à ce moment-là que la poursuite s’est continué puis … je peux pas répéter ce que j’ai dit tout à l’heure.  Ça s’est déroulé comme ça.
  • Revenons à la caisse enregistreuse dans votre magasin, monsieur Prince. Vous dites que le matin vous déposez habituellement quarante-cinq dollars?
  • Aux environs.
  • Vous y avez été dans l’avant-midi et dans l’après-midi?
  • Oui.
  • Est-ce que c’est une heure à chaque fois?, intervint le juge Crête.
  • Je ne peux pas vous spécifier.
  • Non, mais à peu près?, fit encore le juge.
  • Le temps … peut-être vingt minutes, peut-être une demi-heure chaque fois. Je ne peux pas certifier juste le temps parce que je n’ai pas marqué le temps.
  • Combien de temps avez-vous été sans la possession de votre caisse, du moment où elle est disparue du moment qu’elle est parti de votre magasin jusqu’au moment où vous le retrouviez?, reprit Me Grégoire.
  • Voulez-vous me reposer la question s’il vous plaît?
  • Combien de temps la caisse et les papiers qu’il y avait dedans ont été hors de votre possession? Parce que je comprends que la caisse était disparue.  Combien de temps avez-vous été sans l’avoir cette caisse-là?
  • Ah, je l’ai revue, si je me rappelle bien, c’est quatre ou cinq jours plus tard.
  • Alors, la vérification que vous avez faite là, c’est quatre à cinq jours plus tard?
  • Après avoir discuté avec Mme Boisvert qui était mon employée…
  • Alors là, vous basez vos chiffres dans la caisse sur la discussion que vous avez eue avec Mme Boisvert?
  • Mme Boisvert.
  • Alors, vous ne pouvez pas nous dire exactement combien il pouvait y avoir dans la caisse?
  • Elle m’a dit…
  • Non, mais vous-même. Ne vous fiez pas sur Mme Boisvert.  Vous, là.  C’est impossible, n’est-ce pas, de déterminer le montant qu’il y avait dans la caisse?
  • C’est parce que Mme Boisvert a fini à 17h00, puis elle avait compté la caisse à 17h00.
  • À votre connaissance personnelle, pouvez-vous nous dire le montant qu’il y avait dans la caisse cette journée-là?
  • Je vous ai dit environ entre 60 et 75$.
  • Qu’est-ce qui vous fait dire ça?
  • C’est parce que … c’est d’après le témoignage de Mme Boisvert, qui avait compté la caisse à 17h00.
  • Vous, vous ne le savez pas. C’est Mme Boisvert qui le savait.  C’est ça, monsieur Prince?
  • C’est elle qui m’a transmis le message.
  • Mais vous, vous ne le saviez pas … vous n’avez pas vérifié vous-même?
  • Je n’ai pas vérifié moi-même.  Je pouvais pas la vérifier, la caisse était partie.  C’est une personne de 40 ans, qui est fiable.  Elle n’a pas raison de me tromper.
  • Est-ce que c’était à votre connaissance que vos deux autres fils vous suivaient?
  • Pardon?
  • Est-ce que c’était à votre connaissance que vos deux autres fils vous suivaient lors de la poursuite, comme vous avez appelé, là?
  • Oui, c’est moi qui avait dit à Louis : dis à ton frère Michel qu’on s’en va à la poursuite du voleur, direction Trois-Rivières.
  • Lui Michel est-ce qu’il avait une automobile lui aussi?
  • Oui.
  • Quelle sorte d’automobile était-ce?
  • Une Dodge Polara. Dodge Polara 64.
  • Une voiture puissante?
  • Oui, un bon moteur là-dedans.
  • Dans le rang est-ce que vous avez vu votre fils Michel, vous?
  • Bien je l’ai vu … oui.  Mais j’ai pas pu lui parler.
  • Vous étiez où à ce moment-là?
  • À ce moment-là j’étais à cogner pour entrer chez Monsieur Corriveau quand j’ai pu voir mon fils Michel. Mais il était au bord du chemin puis moi j’étais à la maison qui doit donner un bon trois cents pieds, à peu près là…
  • C’est là que vous êtes retourné immédiatement quand vous avez vu votre fils arriver?
  • Là bien j’ai vu venir l’automobile et puis j’ai vu mon fils Michel débarquer de son automobile.
  • Avez-vous été le rejoindre immédiatement?
  • Non, non, j’ai continué à frapper pour que la porte se rouvre.
  • Est-ce qu’elle s’est ouverte la porte?
  • Elle s’est ouverte comme je vous ai dit tout à l’heure.
  • Votre fils qui était avec vous l’avait retenu le numéro de licence, vous lui aviez fait la remarque et vous aviez approché d’assez près pour voir?
  • Oui.
  • Alors dans la maison où vous êtes entré Monsieur Prince là, je m’excuse si je vous fais répéter, est-ce que vous avez tenté de téléphoner à cet endroit-là?
  • Bien j’étais allé dans ce but là et puis comme je vous ai dit tout à l’heure j’ai pas … rentré dans la maison pour la raison que j’ai vu que mes fils s’engageaient à la poursuite de l’automobile. C’est pour cette raison là que j’ai pas « faite » d’appel tout de suite.
  • Vous ne trouvez pas ça anormal Monsieur Prince que vous avez le numéro d’enregistrement vous cognez à un endroit pour tenter de téléphoner et de rejoindre la police et vous nous donnez comme explication : bien, mes fils sont arrivés et puis je suis sorti.
  • Bien savez-vous je va vous dire mon impression. J’ai été tellement déçu, je ne croyais pas que l’auto pouvait passer en arrière de mon automobile, la manière que je l’avais placée.  Pour bloquer le rang.  De la manière que j’avais placé mon auto, c’est vrai qu’il faisait noir, je me suis dit c’est impossible qu’il puisse passer.  Parce que la route n’est pas tellement large puis de la manière que je l’avais placée … j’ai été surprise même.
  • Vous avez été surpris comme un policier qui se fait jouer par un autre?
  • C’est pas la question de policier. Vous me demandez la raison je vous donne une raison qui est la vraie.
  • Vous étiez déçu?
  • C’est la raison exacte que je vous donne.
  • Quel poste de la police provinciale, il y en a des postes dans ce coin-là, St-Léonard, Gentilly, Nicolet?
  • Je ne suis pas au courant de communiquer avec la police. J’ai demandé à l’opératrice si elle pouvait me donner la police provinciale.
  • Pas la première fois ça. Pas la première fois, cette fois là vous n’avez rien demandé?
  • Non.
  • À la maison?
  • La deuxième fois que j’ai placé l’appel.
  • La première fois ça ne vous intéressait pas d’appeler la police.
  • Ça m’intéressait mais je vous l’ai dit j’étais inquiet quand mes fils ont parti avec l’automobile à la poursuite de … de l’automobile que je poursuivais. Puis là j’ai eu un moment là j’ai pensé plutôt de poursuivre … de rejoindre mes fils.
  • Vous ne pensez pas que ça aurait été une bonne raison pour apaiser votre inquiétude de prévenir immédiatement la police, quand vous aviez le numéro?
  • Je vous dis mon impression exactement. Je viens de vous la dire.  J’étais inquiet de mes garçon je les ai vus partir puis à ce moment-là c’est l’idée principale qui m’est venue d’aller vers eux autres.
  • Votre fils Michel est-ce qu’il demeurait avec vous lui?
  • Il demeurait juste en haut du magasin chez nous.
  • Qu’est-ce qu’il faisait comme travail?
  • Il faisait du transport.
  • Pour vous?
  • Pour lui-même.
  • Était-il à votre connaissance que votre fils Michel avait une arme à feu chez lui?
  • Oui.
  • Depuis combien de temps qu’il l’avait cette arme là?
  • Peut-être trois ou quatre mois, environ.
  • Trois ou quatre mois?
  • Oui.
  • Savez-vous où il l’avait achetée cette arme-là?
  • Ah là je ne peux pas vous dire exactement, c’est arrivé ça justement un bon samedi, il revenait de chez des parents de sa femme à Drummondville puis il est arrivé chez nous, il a dit : tiens papa j’ai acheté un calibre .22.
  • Alors vous ne savez pas à quel endroit il avait acheté ça?
  • Non, il ne l’a pas dit. Il a dit : ça va être commode pour nous autres.  Parce que ça faisait deux fois qu’on se faisait voler au magasin.  Puis il a dit : s’il vient des voleurs on pourra se préserver.
  • S’il vient des voleurs on va leur arranger ça eux autres.
  • C’est ça?
  • … ça, vous pouvez lui demander si vous êtes capable mais je vous dis exactement ce que mon fils m’a dit.
  • Est-ce que c’était lui votre fils Michel qui était propriétaire du magasin?
  • Pardon?
  • Est-ce que c’est vous qui étiez propriétaire du magasin?
  • C’est moi qui suis propriétaire du magasin.
  • Et vous nous dites aussi que vous saviez que votre fils s’en venait. Saviez-vous à ce moment-là qu’il pouvait avoir son revolver, votre fils?
  • Parce que j’ai dit à mon fils Louis, tu diras à Michel qu’il amène son arme.
  • Ah bon.
  • Je lui ai dit.
  • C’est pour ça que vous n’étiez pas pressé d’appeler la police?
  • Vous saviez que Michel s’en venait avec son arme?
  • Ce n’est pas la question.
  • Bien voyons Monsieur Prince.
  • Ce n’est pas la question. Vous pouvez supposer ce que vous voudrez.
  • Vous pouvez quand même dire la vérité ici là.
  • Vous pouvez supposer ce que vous voulez je vous ai dit mon intention, je ne veux pas répéter les faits.
  • Mais sous votre serment là Monsieur Prince, quand vous avez vu arriver votre fils Michel alors que vous saviez qu’il avait son revolver n’est-il pas vrai que vous aviez hâte de sortir pour voir ce qui allait se passer?
  • Je le savais pas.
  • Au lieu d’appeler la police?
  • Je le savais pas s’il l’avait même. J’ai dit à mon fils Louis : dis à Michel qu’il amène son arme.  Mais je pouvais pas dire à ce moment-là s’il l’avait ou s’il l’avait pas.
  • Vous avez pensé qu’il l’avait, vous avez répondu ça tout à l’heure?
  • Je pouvais croire qu’il pouvait l’avoir.
  • C’est vous qui aviez fait la commission?
  • Mais je pouvais pas dire s’il l’avait ou s’il l’avait pas non plus.
  • Vous étiez plus pressé de dire à votre fils d’amener son arme que de prévenir la police. Ça c’est son ouvrage à la police de faire ça.
  • Mais quand ça fait trois fois que vous vous faites voler pour gagner votre butin, vous êtes mal préservé. Il y en a pas un dans cette Cour qui aurait pas fait pareil.

Me Maurice Laniel sentit le besoin de revenir pour quelques minutes encore devant le père de la victime.

  • Quelle est la distance Monsieur Prince de chez Roy à chez Monsieur Corriveau?, interrogea Me Laniel.
  • Ah environ trois quarts de mille.
  • Et de chez Monsieur Corriveau à chez Monsieur Ally?
  • De chez Monsieur Corriveau aller à chez Monsieur Ally oh, il y a certainement un bon sept milles.
  • Après que vous avez téléphoné à la police qu’est-ce que vous avez fait, après que vous les ayiez rejoints et que vous avez donné la signalisation?
  • Bien là quand je me suis engagé sur la route 13 j’ai fait à peu près trois milles, puis rendu à l’intersection du Rang 6 et de la route 13 là j’ai modéré je me suis dit : ils se sont engagés sur le rang 6 ou bien s’ils ont continué sur la route 13. À ce moment-là je voyais plus d’automobile.  Ça fait que justement … le rang 6 par rapport à la route 13 c’est haut un peu et puis on voit de loin sur le rang 6.  Ça fait que je me suis engagé sur le rang 6 puis mes phares d’automobile portent assez loin.  Là j’ai regardé pour voir si je voyais pas de lumières rouges, des fois des feux de machine arrière.  Puis il y avait rien que je voyais.  Puis tout près là du coin du rang 6 il y a une maison un Monsieur Allard qui demeure là.
  • Puis c’est là que vous avez appelé?
  • Ça fait que là j’ai rentré mon auto dans la cour, dans la cour de Monsieur Allard puis c’est là que je suis rentré pour aller placer l’appel.
  • À votre connaissance est-ce que votre fils avait fait enregistrer l’arme?
  • Je ne peux pas dire.

Le juge Crête se réserva les dernières questions avant de remercier le témoin.

  • Quand vous êtes arrivé chez Monsieur Corriveau étiez-vous avec votre fils André?, demanda le juge Crête.
  • Oui.
  • Quel âge avait-il?
  • 17 ans.
  • Et pendant que vous étiez là Michel et Louis sont arrivés.
  • Oui.
  • Les deux autres fils?
  • Oui.
  • Dans une autre auto?
  • Oui.
  • Et là André vous a quitté pour rejoindre Michel et Louis?
  • C’est ça.
  • Ils sont partis tous les trois à la poursuite de l’automobile?
  • C’est ça.
  • Michel avait quel âge?
  • 21 ans.
  • Et Louis?
  • 16 ans.

 

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