Saint-Tite, une mentalité désuète?

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Gravure du 19e siècle paru dans L’Opinion Publique.

         Dernièrement, le débat sur l’utilisation questionnable des chevaux, que ce soit dans les rues du Vieux Québec ou du Vieux Montréal, ou dans les rodéos, est revenu à la surface.  Devant l’image d’un cheval mort étendu sur le bitume, difficile de ne pas réagir.

         Normalement, je commente assez peu l’actualité – phénomène trop éphémère et rarement approfondie – mais lorsque René Nolet, directeur général de Tourisme Maurice, a lancé devant les caméras il y a plusieurs jours que les montréalais ne connaissaient rien au traitement des chevaux de rodéo, faisant suite aux critiques concernant la mort d’un cheval survenue lors d’un événement organisé par les promoteurs du Festival Western de Saint-Tite en sol montréalais, une question m’est aussitôt venue à l’esprit.  Qu’est-ce que Nolet connait de plus que les Montréalais à propos des rodéos?

           Quand on pense aux sommes en jeux dans un festival aussi rentable que celui de Saint-Tite, difficile de voir dans un tel commentaire une objectivité exemplaire.  Encore une fois, un regard historique peut sans doute nous apporter quelques questions.

         Certains le savent, avant de fonder mon blogue Historiquement Logique, j’ai étudié durant une vingtaine d’années l’histoire de la Conquête de l’ouest américaine.  Cela ne fait pas de moi un expert à l’abri des erreurs, mais disons que je sais depuis longtemps que le Far West ne fut pas aussi romantique qu’on le dépeint dans les films.

         Est-ce que André Nolet a eu raison de traiter les montréalais d’ignares?

Si je n’ai pas de réponse définitive à cette question, je vous invite à revenir à ce dicton : dans le doute, il est préférable de s’abstenir.

Je m’explique.

Supposons un instant qu’on vous présente une pilule miracle en vous disant qu’elle peut vous nourrir pour une nuit mais, d’autre part, qu’elle risque de vous tuer.  Or, dans le doute on s’abstient.  Il devrait en aller de même lorsqu’on tente de prêter nos émotions humaines aux animaux.  D’après ce que nous en savons, personne n’a encore pu se glisser dans le cerveau d’un cheval, ni parler son langage pour lui demander son avis quant aux travaux qu’on leur demande dans les quartiers historiques ou dans les arènes de spectacles.  Dans le doute de savoir ce que ressentent véritablement ces chevaux, ne devrait-on pas s’abstenir?  C’est-à-dire prendre d’abord pour acquis que ces démonstrations mercantiles ne sont pas pour eux?  Après tout, un excès de soins attentionnés n’a jamais fait de tort à personne.

Historiquement parlant, il faudrait aussi rappeler à André Nolet que les rodéos sont nés à la fin d’une époque révolue et au cours de laquelle le dressage des chevaux laissait sérieusement à désirer.  Pour les « casser » on les frappait et on les attachait jusqu’à épuisement.  Les chevaux destinés à tirer les diligences avaient une espérance de vie d’environ 4 ans.  On était loin des méthodes douces de Monty Roberts et de ces autres dresseurs qui « murmurent à l’oreille des chevaux ».

         Si les rodéos s’inspirent de méthodes de dressage ou de compétition arriérés, alors pourquoi continuer d’en faire des spectacles?  Pourquoi, surtout, les spectateurs paient-ils pour assister à ces démonstrations archaïques?

Mea culpa, j’ai moi-même assisté à des rodéos à l’époque de mon « trip » western.  En fait, sur les trois ou quatre rodéos auxquels j’ai assisté, j’ai vu mourir un cheval et un taureau.  Pas étonnant que le commentaire de Denis Coderre, qui affirmait que le décès d’un seul cheval par tranche de 50 ans était une chose tout à fait normale, me fasse sourire.

Alors donc, oui, il faudrait donner raison à Nolet : le shérif de Montréal n’y connaît rien.

Toujours sous l’aspect historique de la chose, je ne peux m’empêcher de souligner qu’en plus de n’avoir aucun passé historique en matière de Far West, la Ville de Saint-Tite a fait sa renommée en reconstituant ces spectacles d’une autre époque.  Quand on y pense, ça semble ridicule.  À l’inverse, que penserait-on par exemple du festival de la galette à Bagdad ou du sucre d’érable à Dubaï?

  Une reconstitution fort réaliste puisque les rodéos n’ont pratiquement pas évolué depuis plus d’un siècle.  Les blessures sont réelles et les décès aussi.  Et je ne parle pas ici des cow-boys.

Mais alors, pourquoi ne pas faire des reconstitutions réalistes pour les amateurs de Moyen Âge?  Pourquoi ne pas refaire des combats de chevaliers avec de véritables épées plutôt que de passer pour tes enfants avec leurs glaives en styromousse ?  Si on doit présenter des reconstitutions réalistes comme les rodéos pour attirer les foules, alors pourquoi ne pas rétablir les combats de gladiateurs?

Parce que ce serait dangereux?  Selon cette logique, faudrait-il comprendre que ce n’est pas si grave d’organiser une reconstitution de rodéo parce qu’elle est surtout dangereuse pour les animaux?

 Évidemment, on peut nous servir l’argument selon lequel les cow-boys prennent aussi des risques, c’est-à-dire que l’humain accepte sa part de danger.  Mais lui, lorsqu’il est blessé, il a droit à une ambulance, des traitements pour sauver ses fractures, de la physio, etc.  Le cheval, quant à lui, sera euthanasié dès la première fracture.  Chow bye, mon cher!  Merci pour tes services et demain on t’aura oublié!

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One thought on “Saint-Tite, une mentalité désuète?

  1. À titre informatif. Le rodéo n’est pas une maltraitance comme la SPCA et d’autres le disent. C’est de la propagande. C’est la lanière de la selle qui est placée trop en arrière qui fait en sorte que le cheval rue car il veut s’en d’éfaire, si je puis dire ainsi pour faciliter la compréhension. Ça ne blesse paa le cheval, ni le maltraite. C’est comme si vous aviez une ceinture de pantalon qui ne tient pas bien celui-ci. Vous seriez toujours porté à retrousser votre pantalon. C’est la même chose. Mon père a fait du rodéo avec nos chevaux à St-Tite et nos chevaux n’avaient pas de mauvais comportement et une fois la cengle de la selle placée normalement les chevaux ne riaiemt plus. J’espère que cela vous éclairera et mettera la chose en perspective. Andrée Parent, équière depuis l’âge de 4 ans

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