L’affaire St-Louis: chapitre 17

marcel-st-louisLorsqu’un accusé accepte de témoigner lors de son procès il s’expose inévitablement aux questions de la Couronne.  C’est précisément ce à quoi Marcel St-Louis dût faire face lorsque Me Maurice Laniel se leva pour exercer son droit de le contre-interroger.

  • Monsieur St-Louis, commença Me Laniel, à la suite de votre arrestation, vous rappelez-vous d’avoir été questionné par la Caporal Prémont?
  • Je ne peux pas me souvenir de … Je ne peux pas me souvenir de leur nom, mais les deux constables qui sont …
  • Un instant, fit le juge. Monsieur Laniel…  Est-ce que vous avez l’intention, sans faire de preuve de voir-dire, vous en rapporter une déclaration après son arrestation?
  • Oui, votre seigneurie.
  • Il faudrait quand même suivre les règles…, intervint Me Grégoire pour la défense.
  • Bien, reprit le juge Crête, je soumets qu’il faudrait faire une preuve de voir-dire d’abord.

Pour mieux s’expliquer sans nuire à la cause, le juge exigea le retrait des jurés.

  • Alors, voici, Votre Seigneurie, commença Me Laniel afin de faire valoir son point. Le témoignage de monsieur St-Louis est conforme à sa déclaration quasiment mot à mot, à l’exception de deux points.  Quant à la Couronne, nous croyons que les deux points en question devront être mis en preuve.  Maintenant, je suis …  Disons que je suis d’accord qu’il y aura moyen pour moi de procéder autrement, en le questionnant d’abord et puis en référant à ces points-là et lui demandant pourquoi ils ne sont pas conformes, etc., ou bien …  et ensuite de ça, lui dire : « Bien, vous rappelez-vous avoir dit, fait une déclaration, etc., à la police, lors de votre arrestation »?  Ou bien, je peux lui dire : « Bien voici, voulez-vous lire votre déclaration?  Est-ce que c’est la déclaration que vous avez signée »?  Et ensuite, le questionner dessus, sur les deux points en question, c’est-à-dire, sauf tout le respect que je dois à la Cour, les deux moyens, il n’y a pas grande différence, je le soumets à la décision du Tribunal sur lequel des deux je dois procéder, c’était tout simplement pour sauver du temps.  Ce que j’avais envie de faire, réellement, c’était de lui demander de lire son témoignage et de demander un ajournement de cinq minutes pour …
  • Non, fit le juge. Si vous voulez transquestionner [contre-interroger] sur une déclaration faite à une personne en autorité après son arrestation, il faut d’abord que vous établissiez, par une preuve de voir-dire, de la validité et de l’admissibilité de cette déclaration-là, d’abord, parce que, si elle était rejetée, vous ne pouvez plus transquestionner le témoin sur une déclaration qui ne serait pas admise.  Je pense bien que vous êtes d’accord là-dessus. Supposons, après avoir entendu votre preuve de voir-dire, la Cour en vient à la conclusion que c’est une déclaration qui n’est pas admissible, suivant les critères que l’ont/sic/ connaît : Volontaire et libre, etc. – si la déclaration, à ce moment-là, est déclarée inadmissible, vous ne pouvez pas vous en servir en aucune façon, vous ne pouvez pas, absolument pas contre-interroger le témoin, l’accusé sur le contenu de cette déclaration-là.  Je suis bien prêt à vous donner la chance d’examiner ça quelques minutes, mais …
  • Voici, Votre Seigneurie, reprit Me Laniel. Afin de formuler exactement ce que j’en pense, je crois qu’il est admis, en doctrine et en jurisprudence, que lorsque l’accusé comparaît comme témoin, c’est un témoin ordinaire, soumis à toutes les règles de la preuve comme n’importe quel autre témoin.  Et à ce moment-là, ce témoin-là, c’est-à-dire l’accusé étant témoin et ayant fait une déclaration, si sa déclaration n’est pas conforme à son témoignage, je ne crois pas que je suis obligé de mettre en preuve la déclaration par une preuve de voir-dire.  Je peux simplement dire : « Est-ce que vous avez fait cette déclaration-là »  Pourquoi n’est-elle pas conforme au témoignage que vous rendez aujourd’hui devant la Cour »?
  • Bien, si vous voulez, fit le juge, nous allons ajourner, je suis prêt à examiner ça. Je vous donne ma première réaction, si vous voulez l’examiner de votre côté, vous soumettrez votre argument.
  • Très bien, Votre Seigneurie.
  • Il vaut mieux décider avant qu’après.

Le juge Crête décida alors d’ajourner pour quelques minutes.  À la reprise des audiences, on permit aux douze jurés de reprendre leurs places.  Ainsi, Me Laniel pour reprendre son contre-interrogatoire de l’accusé.

  • Nous nous dispensons, mon confrère et moi, de l’appel du Jury, et de plus, je retire la question qui a provoqué l’objection de mon confrère, Me Grégoire. … Monsieur St-Louis, vous avez déclaré que vous aviez cette carabine-là depuis quand?
  • J’avais cette carabine-là depuis à peu près … trois, quatre mois.
  • Est-ce que vous voulez dire que, depuis trois, quatre mois vous aviez cette carabine-là dans l’auto?
  • Non, je ne l’avais pas dans l’auto; depuis que je l’avais achetée.
  • Vous l’avez achetée il y a trois, quatre mois?
  • Oui.
  • Je m’excuse. Et puis vous le trainiez dans votre auto depuis quand?
  • Environ trois semaines, un mois.
  • Avant d’avoir celle-là, est-ce que vous aviez d’autres carabines?
  • Non, il y avait environ trois, quatre ans que je n’avais pas eu d’arme.
  • Trois à quatre ans?
  • Oui.
  • Mais vous êtes un habitué de la chasse?
  • Oui, mais entre temps, j’allais dans les ferronneries, je la louais pour une partie de chasse, pour une journée ou deux.
  • C’est ça que je veux dire, c’est que vous êtes habitué au manoeuvrement [manipulation] d’une carabine?
  • Oui, depuis l’âge de douze ans que je manœuvre une carabine.
  • D’ailleurs, il y a seulement qu’à vous voir manœuvrer celle comme exhibit, pour savoir que vous êtes habitué à ça. Maintenant, pourquoi trainiez-vous la carabine en question?
  • Comme j’ai dit à Me Grégoire, les questions que … c’était dans l’intention de rencontrer le « chevreu» le soir, en m’en venant de la « shop », en venant de travailler, voir un « chevreu » et puis …
  • Est-ce que la saison de chasse était ouverte, au mois de novembre, le 22 novembre?
  • Non, elle était fermée, mais seulement que …
  • Quand vous avez été au poste de police, après l’incident, le constable St-Louis a déclaré qu’il y avait deux balles dans la chambre, c’est-à-dire dans la chambre, et puis probablement les autres dans le magasin?
  • Oui.
  • Quand avez-vous chargé la carabine?
  • La carabine était chargée au moment que c’est arrivé. Par après, sur le trajet du chemin, j’ai rechargé ma carabine.
  • Alors, je veux bien vous comprendre. Tout d’abord au magasin, c’est-à-dire en sortant du magasin et en embarquant dans votre véhicule, je crois que vous avez témoigné que votre carabine était en dessous du siège?
  • Oui, à ce moment-là, je n’y avais même pas pensé encore.
  • Mais est-ce que la carabine était chargée, à ce moment-là?
  • Oui, elle était chargée.
  • Elle était chargée déjà?
  • Comme j’ai dit, quand je m’en venais de travailler, s’il y aurait eu une chance un soir, j’aurais vu un « chevreu » tout près du bois, avec mes lumières, je l’aurais pris avec mon « jack », avec mon « spotlight » que j’avais sur mon siège, un type n’a pas le temps, avec une .22, de prendre des balles, mettre les balles dedans, tirer un « chevreu », et puis c’est impossible de tirer un « chevreu » avec une seule balle de .22, vu que le calibre est tellement faible.
  • Maintenant, vous avez déjà lu les règlements de la chasse, vous avez vu [sic] demandé un permis de chasse, déjà?
  • Oui, j’ai déjà eu un permis de chasse.
  • Vous avez déjà lu les règlements de la chasse?
  • Oui.
  • Vous savez que c’est illégal de voyager avec une carabine chargée?
  • Oui.
  • Mais tout de même, vous avez voyagé avec votre carabine chargée?
  • Oui.
  • Maintenant, il y a deux secondes, je vous ai demandé quand vous avez chargé votre carabine, et vous m’avez répondu que vous l’aviez vidée une fois, que vous l’avez rechargée?
  • Elle n’était pas complètement vidée.
  • Mais n’est-il pas vrai que vous avez mentionné le fait que vous l’avez rechargée?
  • Oui.
  • Quand, à ce moment-là, quand est-ce que vous l’avez rechargée?
  • Sur le trajet, à peu près entre Nicolet et puis Baieville ou dépassé Baieville, en allant vers St-Elphège, je crois, un petit village, c’est les policiers qui m’ont dit le nom.
  • Ah! Après l’incident complètement?
  • Oui.
  • Après que vous avez laissé St-Célestin?
  • Oui.
  • Pourquoi l’avez-vous rechargée?
  • C’est une idée comme ça qui m’est venue.
  • L’aviez-vous vidée complètement?
  • Non.
  • Non, je m’excuse, vous avez témoigné, je crois, en disant qu’elle n’était pas vide. Savez-vous combien de balles il restait, à ce moment-là?
  • Je ne peux pas dire exactement, mais les balles que j’avais tirées, vu qu’elle était pleine, et puis j’ai rajouté de cinq à six balles que j’ai remis dans la carabine, à ce moment-là, elle était pleine. J’ai mis mon canon vers le fond, et puis j’ai appuyé la cross vers le siège, tout en « runnant », j’ai tiré le tube en arrière pour mettre les balles.  J’ai mis les balles et puis il y en avait une de trop, il a fallu que je l’ôte, parce que le tube ne rentrait pas.  Je l’ai ôté et puis j’ai placé mon tube.  Je ne peux pas dire si c’est de quinze à dix-huit balles qu’elle contient par rapport que, quand je m’en suis servi, deux semaines auparavant, quand j’ai été à la chasse aux rats, je tirais cinq, six coups, sept, huit coups, et puis je la remplissais, je ne la laissais [pas se] vider complètement, fait que …
  • Maintenant, afin de ne pas induire le Jury en erreur, je reviens à la question : Combien de coups avez-vous tiré dans l’incident dont il est question aujourd’hui, lorsque vous êtes débarqué de votre véhicule, à St-Célestin, devant chez M. Allie, devant la maison de M. Allie, et que vous avez tiré des coups, savez-vous combien de coups que vous avez tirés?
  • À ce moment-là, c’est par rapport que, lorsque j’ai rechargé ma carabine, je calcule ça, je n’ai pas entendu les coups, je ne me souviens pas combien de coups.
  • Est-ce que vous en avez tiré plus qu’un?
  • Je ne peux pas dire, j’étais tellement nerveux que … La nervosité que j’avais, et puis je « shakais » à peu près comme ça (indiquant), c’est une carabine automatique qui est « crankée », c’est difficile de …
  • Maintenant, vous avez dit dans votre témoignage que lorsque vous avez passé l’intersection du chemin de la route … du rang 7 et de la route 13, il y avait un homme dans le chemin, à ce moment-là?
  • Oui, en plein centre du chemin.
  • Et puis en passant, il a tiré sur vous, je crois?
  • Quand j’ai passé au côté, j’ai tourné vers la gauche pour l’exempter, et puis j’ai pris… j’ai modéré, par rapport qu’il y a deux machines qui s,en venaient; j’ai laissé passer les deux machines, j’ai enfilé en arrière des deux machines. Au moment où il passait, il tenait toujours son « gun » à la hauteur de mes vitres.
  • Pourquoi n’avez-vous pas arrêté?
  • Je n’ai pas arrêté parce que … je ne voyais pas qu’est-ce que c’est que ce gars-là venait faire là avec une arme, en plein milieu du chemin.
  • Vous ne voyiez pas ce que cet homme-là venait faire là avec une arme, dans le milieu du chemin?
  • Non, parce que je n’en savais pas le provenance aucunement.
  • N’est-il pas vrai que, à ce moment-là, vous aviez déjà pris la caisse enregistreuse au magasin des Prince?
  • Oui.
  • Et ça ne vous a pas passé par l’idée d’arrêter, à ce moment-là?
  • Non, parce que, après avoir pris la caisse, j’avais fait à peu près deux cent cinquante pieds (250), j’ai jeté un coup d’œil sur la caisse, au côté de moi, et puis je me suis … je savais que j’avais, il me semble, cent huit piastres ($108.00) sur moi et quelques cents, par rapport que l’argent, quand j’étais au New American, quand j’avais pris ma bière, j’avais payé ma consommation, j’avais compté mon argent qu’il me restait sur moi à ce moment-là, et puis tout en regardant la caisse qui était sur le siège, je me suis demandé : « Pourquoi faire que j’ai fait ça, comment ça se fait que j’ai fait ça »? – Je ne voyais pas la raison, j’ai dit : « J’ai cent huit piastres ($108.00) sur moi, qu’est-ce qui m’a poussé à faire ça?
  • Vous saviez pourquoi faire les véhicules vous suivaient lorsque vous étiez poursuivi par les deux véhicules des Prince?
  • Non, du tout.
  • Vous ne saviez pas?
  • Je n’ai pas vu deux véhicules, j’ai vu seulement qu’un véhicule.
  • Quand vous êtes parti du magasin des Prince, après avoir pris le « cash », la caisse enregistreuse, dans votre idée à vous, où alliez-vous?
  • Je m’en allais vers Trois-Rivières, parce que j’avais parti de Drummondville dans l’intention d’aller faire un tour à Trois-Rivières.
  • Pourquoi allez faire un tour à Trois-Rivières?
  • Simplement pour prendre une « ride », j’aime bien à me promener et puis que … vu que je n’avais pas d’ouvrage …
  • Vous n’aviez pas d’ouvrage?
  • Non, ça faisait deux jours que j’avais été « slacké» [congédié], j’avais été congédié.
  • Et vu que vous aviez été « slacké», vous aviez … votre famille avait faim, manquait de nourriture, je crois que vous avez dit ça, vous disiez ça, c’est pour ça que vous chassiez, c’est parce que vous étiez dans le besoin?
  • Oui.
  • Avec cent huit piastres ($108.00) dans vos poches?
  • Oui, je savais que j’avais cent huit piastres ($108.00) sur moi, mais il fallait que je le traîne, ce cent huit piastres ($108.00)-là jusqu’à tant d’avoir … de prendre une « job ». Et puis le lendemain, après avoir perdu mon emploi, je me suis rendu à la Peerless, une « shop » de tapis de Turquie, qui se trouve à Acton Vale, c’est le trajet qu’il y avait entre mon chez moi et puis la « shop » de « skidoo », parce qu’un de mes petits cousins avait travaillé à cette « shop »-là, il m’avait dit ça qu’il prenait du monde, j’ai dit : « Si jamais je viendrais qu’à être « slacké », j’irais donner mon nom ».
  • Est-ce que vous aviez déjà travaillé à Acton Vale?
  • Non, je n’avais jamais travaillé à Acton Vale, mais je passais à tous les jours depuis que je travaillais à la Roxton Falls.
  • Vous étiez sans travail depuis quand?
  • Depuis le mercredi, mercredi précédent, avant.
  • Le mercredi précédent?
  • Oui.
  • Où travailliez-vous, avant, lorsque vous avez perdu votre emploi?
  • À la Roxton Falls – Ruskie à Roxton Falls; c’est une branche de la « shop » de Skidoo Bombardier. Ils fabriquent …  Ils fabriquent les Skidoos pour aller sur l’eau, marque Skidoo, mais qui portent le nom de Skidoo, et puis les carlingues, les cabines de Skidoo en avant.  Je faisais la peinture.  J’ai commencé dans le laminage, et puis là, j’étais rendu à peindre, pour peinturer imitation de vinyle sur les cabines, les nouvelles cabines, les prototypes pour 70, qui vont sortir en 70.
  • Maintenant, vous dites que, lorsque vous êtes parti du magasin, vous aviez l’idée d’aller à Trois-Rivières?
  • Non, parce que l’intention que j’ai eue en arrivant au coin du 7ème rang, de voir cette auto-là qui dépassait les machines, qui dépassait quatre, cinq chars, il devait rouler, à ce moment-là, à peu près à quatre-vingt-dix, cent, il dépassait quatre, cinq chars, et puis il rentrait dans un trou, parce qu’il y avait un char qui rencontrait, pour pas le frapper de front, et puis là, il ressortait aussi vite, et puis il dépassait encore deux, trois, il s’en venait toujours de même, il faisait ça toujours, toujours.
  • Ça, ça vous a fait changer d’idée dans votre trajet?
  • Ça m’est venu à l’idée de laisser la route pour laisser passer ce char-là.
  • Pourquoi vous êtes-vous rendu à Drummondville le soir, après l’incident?
  • … Je serais allé à Nicolet; vu qu’il m’avait poursuivi, il m’avait essayé de m’arrêter deux fois, qu’ils m’avaient poursuivi, j’avais peur encore d’être poursuivi, j’ai été …
  • Quel est votre métier, M. St-Louis?
  • Je travaille comme journalier, je fais de l’ouvrage, tout ce qu’on me montre.
  • Est-ce que vous travaillez sur votre automobile de temps en temps?
  • Oui.
  • Vous connaissez …
  • Mes réparations, je les fais toutes moi-même, j’ai …
  • Vous connaissez la mécanique un peu?
  • Un peu.
  • Votre automobile était en ordre au moment de … le 22 novembre 1968?
  • Oui.
  • Lorsque vous vous êtes immobilisé en avant de chez Allie, vous avez dû vous immobiliser parce qu’on vous avait barré la route?
  • Oui.
  • Et après que les coups de feu ont été tirés de part et d’autre, vous êtes reparti?
  • Oui.
  • Je crois que vous avez témoigné que vous ne pouviez pas repartir tout de suite, parce que votre engin était étouffé?
  • À ce moment-là, le chemin en avant, il n’était pas complètement bloqué.  C’est parce que mon char, en « brakant » avec un « standard shift », en « brakant » sans « déclutcher », sans peser sur la « clutch », n’importe quel moteur va faire ça, en « brakant » avec, que les roues trainent, les quatre roues trainent, le moteur étouffe automatiquement.
  • Est-ce que vous avez essayé de le faire partir, à ce moment-là?
  • Oui.
  • Vous avez essayé?
  • Oui, j’ai « starté» peut-être dix (10) secondes.
  • Quand vous avez essayé de le faire partir, est-ce qu’il y avait eu des coups de tirés, à ce moment-là?
  • Non, il n’y avait personne d’aucun char de débarqué, je n’étais pas débarqué et puis eux autres non plus.
  • Est-ce que vous avez ressayé de nouveau à la partir, à ce moment-là?
  • Juste par après.
  • Juste par après?
  • Oui.
  • Pardon?, intervint le juge Crête.
  • Juste par après que …, fit St-Louis.
  • Mais par après?, questionna Me Laniel.
  • Par après que les coups de feu ont été tirés.
  • Est-ce que vous avez eu de la difficulté à la démarrer, à ce moment-là?
  • J’ai viré la clé, j’ai fait quatre, cinq tours, comme il ne voulait pas partir, j’ai tiré le « choke ». en tirant le « choke », le moteur a décollé.
  • Est-ce que vous auriez pu tirer le « choke » avant … et démarrer votre automobile avant que le coup ait été tiré?
  • Non.
  • Vous êtes sûr de ça?
  • Avoir tenu à « starter » peut-être cinq minutes, il aurait décollé, le carburateur « s’aurait » asséché, mais …
  • Mais quelle est la fonction du « choke », d’après vous?
  • La fonction du « choke », c’est pareil comme un char qui va être noyé, on ôte le carburateur, on met la main dessus, c’est pour couper l’air, comme une genre de couper l’air – je ne connais pas le [sic] mécanique à fond pour décrire « toute » – on met la main dessus, ou l’hiver on va mettre un gant pour faire comme une succion, la succion pour aider au carburateur à sécher. Parce que ça m’a déjà arrivé sur le chemin, avec d’autres chars, de rester pris de même, le char arrivé sur un coin de rue et puis le noyer, ôter le carburateur, et puis il y avait du monde dans un I.G.A. qui n’était pas loin, et puis ôter le carburateur, prendre une allumette, puis mettre le feu dans le carburateur; le monde … il y a un gars qui sort du restaurant avec son manteau, et puis il commence à fesser sur mon carburateur, j’ai dit : « Qu’est-ce que vous faites là? »  Ah!  Il dit : « Le feu est pris dedans ».  C’était juste pour laisser assécher le carburateur, pour le faire partir.  C’est une chose que les garagistes font et puis…
  • Alors, je reviens à cet incident-là, lorsque vous avez été immobilisé devant chez M. Allie – vous dites que, après avoir tiré votre coup ou vos coups de carabine… D’abord, premièrement, avant de tirer, vous étiez nerveux?
  • Oui.
  • Et après avoir tiré vos coups, vous ne saviez pas si vous aviez atteint quelqu’un ou non?
  • Non.
  • Si, ça, c’est vrai, M. St-Louis, pourquoi rembarquer immédiatement dans votre automobile et repartir?
  • Tout simplement parce qu’il avait tiré à deux ou trois reprises sur moi, et puis lorsque je leur ai crié : « Tire pas! Tire pas! » – si on tire un coup, j’ai calculé qu’ils étaient pour tirer encore, qu’ils comprenaient rien, qu’ils étaient trop jeunes … comprendre la gravité de leurs actes.
  • Quand vous dites trop jeunes, est-ce que vous les aviez reconnus, les passagers de l’automobile qui vous suivait?
  • Je ne peux pas les avoir reconnus, par rapport qu’il faisait noir, et puis leurs figures, dans l’ombre, elles étaient difficiles [à voir].
  • Alors, qu’est-ce que c’est qui vous faisaient dire qu’ils étaient jeunes?
  • Simplement par le son de leurs voix.
  • Quand les avez-vous entendus ces sons de voix-là?
  • Les sons de voix, c’est quand ils m’ont doublé et puis qu’ils ont sacré après moi.
  • À ce moment-là, où étiez-vous quant au chemin, par rapport au chemin – est-ce que vous étiez encore sur la route 13?
  • Quand l’incident est arrivé?
  • Oui.
  • J’étais sur la route 34.
  • Je pense qu’il y a erreur, fit le juge Crête. C’est pas ça que vous demandez.  Quand ils ont crié…
  • C’est-à-dire …, commença Me Laniel.
  • Quand ils ont sacré après moi?
  • Oui.
  • En me doublant, pour me couper le chemin?
  • Oui.
  • C’est sur la route 34.
  • C’est sur la route 34?
  • Je calculerais à peu près un tiers à un quart de mille, un demi-mille, un tiers à un demi-mille du coin de la 13, de l’intersection de la 13 et 34.
  • Mais c’est en avant de chez Allie, alors?
  • C’est avant un peu, parce que c’est avant qu’il[s] me coupe[nt] le chemin complètement qu’ils ont crié ça.
  • Oui, mais à quelle distance de chez Allie, alors?
  • Par la vitesse qu’il allait : à peu près deux cent pieds, cent cinquante pieds, deux cents pieds, avant que …
  • Est-ce qu’ils vous ont doublé deux fois?
  • Non.
  • Seulement qu’une fois?
  • Seulement qu’une fois.
  • Et après vous avoir doublé, ils se sont placés en avant de vous, ils vous ont barré le chemin?
  • Oui, ils ont essayé de me couper le chemin pour me rentrer dans le côté.
  • C’est juste en vous doublant que vous avez entendu les sacres?
  • Oui.
  • Vous avez aussi entendu le coup?
  • Je n’ai pas entendu le coup de revolver.
  • Vous n’avez pas entendu le coup de revolver?
  • Les vitres étaient toutes fermées, parce que, à un moment donné, que le char … on se suivait à peu près à deux pieds entre les deux chars, et puis avant qu’ils me coupent le chemin, ils ont lâché … ils ont tiré sur leur gauche pour se ramener le nez vers moi, pour me fesser dans le côté. Sans doute pour me faire prendre le fossé.
  • Saviez-vous s’ils étaient plusieurs?
  • Par les ombrages qu’il y avait dans les vitres : trois à quatre.
  • Trois à quatre. Vous aviez remarqué ça, à ce moment-là?
  • Parce que, quand ils m’ont doublé, qu’ils ont commencé à sacrer après moi, moi, j’ai dit : … vous me permettez l’expression, j’ai dit : « C’est des chriss de fous, qu’est-ce qu’ils font là? »  Qu’est-ce qu’ils ont à crier après moi de même »?
  • Est-ce que vous aviez une idée d’où ils venaient ces trois personnes dans l’auto, ces trois ou quatre personnes qu’il y avait dans l’auto, qui vous poursuivaient?
  • En virant, quand on a reviré le coin de la 34, que j’ai remarqué les « spotlights» jaunes en avant, je me suis rappelé que c’était le char qui m’avait suivi dans le 7ème Rang; je me demandais encore qu’est-ce qu’ils faisaient là.
  • Vous vous demandiez ça encore?
  • Oui.
  • Est-ce que ça vous a fait penser que ça pouvait être quelqu’un de l’épicerie?
  • Du tout.
  • Du tout?
  • Si j’avais remarqué que ça aurait été un char de Provincial ou un char de Police qui a une inscription, une porte jaune ou un « spotlight» rouge, comme bien des gens l’appellent : Un « ticket » rouge sur le « top »…
  • Est-ce que vous seriez arrêté, à ce moment-là?
  • Oui, je serais arrêté.
  • Vous seriez arrêté?
  • Oui, je serais arrêté.
  • Et malgré qu’on tirait sur vous, un coup déjà à l’intersection de la route du 7ème Rang du … chemin du 7ème Rang et de la route 13, malgré qu’on vous ait tiré un autre coup après ça, vous n’étiez pas arrêté, vous n’avez pas arrêté volontairement?
  • Non, parce que j’avais remarqué que le type qui se tenait dans le milieu du chemin, il n’avait aucun uniforme sur le dos et pouvant croire qu’il pouvait être de la Sûreté ou d’un corps policier quelconque.
  • Maintenant, lorsque le constable St-Louis [sic] s’est rendu chez vous pour vous mettre en état d’arrestation, il avait une arme?
  • Je ne crois pas que ça soit le constable St-Louis, je crois que c’est le constable Lyons – c’est bien son nom?
  • C’est ça. Il semblait nerveux au point que son arme et son bras …
  • Oui.
  • Tremblaient?
  • Oui, autant que les miens d’ailleurs.
  • Vous étiez nerveux à ce moment-là, aussi?
  • Même les deux sergents de la Police Provinciale qui m’ont questionné doivent s’en avoir aperçu, quand j’ai rentré au poste de police, en ville, pour le questionnaire, l’interrogatoire, par rapport que je leur ai dit de me laisser le temps de me calmer un peu, que j’étais bien sur les nerfs.
  • Mais vous étiez sur les nerfs depuis quand?
  • Depuis le premier coup de feu qui avait été tiré dans ma vitre d’auto arrière.
  • Dans le rang 7?
  • Dans le 7ème Rang, juste au coin de l’intersection de la 13 et du 7ème
  • C’est-à-dire, il y a eu un coup de tiré sur votre automobile avant ça, d’après les témoignages.
  • Entre l’épicerie, c’est impossible, entre l’épicerie et puis le 7ème
  • Non, mais vous êtes entré dans le 7ème Rang, à un moment donné?
  • Oui, je suis entré dans le 7ème
  • Vous vous êtes rendu à un bout du rang?
  • Je me suis rendu jusqu’à un premier voisin, la première entré qu’il y avait, la première maison qui était à droite.
  • Et puis vous êtes revenu?
  • J’ai revenu sur mes pas, et puis c’est en revenant.
  • Et vous vous êtes rendu à l’autre bout du rang 7?
  • Je n’ai pas rendu à l’autre bout du rang 7, j’ai viré à la première maison sur la droite qui laisse… J’ai pris le 7ème Rang à droite, j’ai viré la première cour à droite, la première entrée, j’ai fait marche arrière, et j’ai revenu sur mes pas.  Rendu au coin de la 13, j’ai reviré sur la 13.  Le type était en plein centre du chemin, qui tenait le revolver à la hauteur de mon « windshield ».  Je l’ai contourné et puis il a fait deux pas en arrière pour exempter mon derrière de char, parce que je l’avais contre moi.
  • Mais M. St-Louis, vous avez entendu les témoignages des trois jeunes Prince?
  • Oui.
  • Vous les avez entendu dire que vous vous êtes rendu chez Roy d’abord, et chez Roy qui avait deux entrées, vous avez pris la première et eux ont pris la deuxième; que vous vous êtes … Après avoir reculé dans l’entrée, que vous avez pris le rang 7 en sens inverse et que vous vous êtes rendu à l’autre bout du rang 7, où ça ne débouchait pas?
  • Je ne me souviens pas de ce trajet-là.
  • Vous ne vous souvenez pas de ce trajet-là?
  • Du tout.
  • Et lorsque ces mêmes jeunes Prince témoignent que, rendu au bout du rang 7, chez Corriveau, vous êtes revenu encore une fois sur vos pas, et eux, alors qu’ils étaient dans la cour chez Corriveau, Michel Prince a tiré un coup sur vous, du moins vers votre auto – vous ne vous souvenez pas de ça?
  • Je ne me souviens pas de ça du tout.
  • Est-ce que vous ne vous souvenez pas du coup ou bien si vous ne vous souvenez pas de vous être rendu chez Corriveau?
  • Je ne me souviens pas d’avoir traversé la 13.
  • Vous aviez … Je crois que vous avez témoigné que vous aviez emporté la caisse enregistreuse du magasin chez Prince?
  • Oui, je l’ai pris au complet.
  • Qu’est-ce que vous en avez fait, M. St-Louis?
  • Après avoir … Entre Nicolet ou Baieville et puis St-Elphège, où est-ce que les constables l’ont trouvée, au juste, j’ai arrêté mon auto, et entre temps, en m’en allant, entre Nicolet et puis Baieville, à peu près, parce que c’est par après … entre Nicolet et puis Baieville, j’ai ouvert la caisse, tout en « runnant», en gardant ma main gauche sur le volant, j’ai ouvert la caisse avec la main droite, j’ai pris l’argent de papier qui était dans les « cases », un après l’autre, sans regarder, parce qu’il fallait que je regarde mon chemin, pour pas sauter dans le champ ou frapper une auto qui s’en venait à la rencontre, et puis j’ai mis l’argent de papier dans ma poche gauche de mon manteau, ensuite, j’ai pris le change [monnaie], et puis je l’ai mis dans ma poche droite.
  • Étiez-vous énervé, à ce moment-là?
  • Oui, j’étais énervé.
  • Vous étiez énervé, mais vous pensiez encore à prendre l’argent?
  • Bien, je me disais … une idée qui m’est venue, la caisse…
  • Quant à l’avoir pris, c’est aussi bien de la finir et puis la garder pour moi?
  • Non … à ce moment-là, je pouvais avoir … l’idée qui m’est venue par la tête, parce que j’étais tellement nerveux que …
  • Et la caisse, éventuellement, qu’est-ce que vous en avez fait? Est-ce que vous l’avez gardée dans le véhicule avec vous?
  • Non, j’ai arrêté entre Baieville et puis St-Elphège, je crois, j’ai arrêté, et puis j’ai pris la caisse, je l’ai tirée dans le fossé, contre un bois.
  • Est-ce que vous avez fait un feu autour?
  • J’ai pris … j’ai ouvert ma valise de char, l’hiver, je me suis toujours trainé une pelle, j’ai pris ma pelle, j’ai été prendre une pelletée de neige sur le banc de neige à droite de mon char, je suis revenu pour la tirer dessus, et puis en passant au ras ma valise de char, j’ai porté un coup d’œil pareil comme c’était arrivé sur la caisse, la « canistre» de gaz, je me trainais toujours une réserve de gaz, en cas d’en manquer, et puis j’ai bien aidé du monde sur le chemin, qui était pris, qui manquait de gaz sur la grand’route, fait que je leur donnais et puis je leur vendais, ils me donnaient une piastre ou deux.
  • Mais enfin, qu’est-ce que vous avez fait avec le gaz?
  • J’ai mis ma pelletée de neige à terre, j’ai pris ma « canistre» de gaz, j’ai arrisé la caisse, une idée qui m’a passé de même, j’ai pris une allumette qui était dans mon cendrier, je l’ai tiré dessus.
  • Vous étiez encore nerveux, à ce moment-là?
  • Oui.
  • Est-ce que vous avez une radio dans votre véhicule?
  • Oui, j’ai une radio.
  • Est-ce que vous avez entendu parler … Est-ce que vous avez entendu aux nouvelles, qu’il y avait eu un vol chez Prince?
  • C’est juste après, ça.
  • C’est juste par après?
  • Oui, c’est entre St-Elphège et puis Drummondville.
  • Quand vous avez … c’est-à-dire ce que je veux vous faire dire, du moins c’est ce que je veux comprendre, c’est lorsque vous êtes arrivé à Drummondville, vous saviez qu’on savait qu’il y avait eu un vol chez Prince?
  • Oui, comme environ huit milles de St-Elphège, qui se trouve à peu près à quinze milles de Drummondville, je crois, après avoir parcouru six, sept milles. À ce moment-là, je n’avais plus de caisse, j’avais juste l’argent dans mes poches.
  • Vous l’avez appris comment?
  • Là, j’ai allumé mon radio environ huit milles avant d’arriver chez mon père, ils ont annoncé ce vol-là, et puis ils ont dit que la police provinciale était aux alertes, qu’un piège était tendu, que …
  • Maintenant, est-ce que vous avez … Est-ce que vous avez pris l’argent et fait brûler la caisse avant d’avoir entendu les nouvelles ou après?
  • Avant.
  • Lorsque vous êtes sorti de votre véhicule en avant de chez Allie, qu’est-ce que c’est que vous voyiez, vous, en avant de vous?
  • Le char, je ne voyais rien en avant, parce que, en avant, c’était le champ, et puis les lumières éclairaient vers le champ.
  • Mais est-ce que vous avez vu des personnes, est-ce que vous avez vu du monde? Est-ce que vous voyiez quelqu’un en avant de vous?
  • J’ai vu les bras s’agiter dans la vitre droite de l’auto, le sens … du côté du « helper», qu’ils appellent.
  • À ce moment-là, est-ce que vous aviez tiré votre coup?
  • Non.
  • Quand vous avez tiré votre coup ou vos coups, est-ce que vous voyiez quelqu’un en avant de vous?
  • … Il y avait celui qui a passé du long de l’auto, que j’avais vu la tête du long de l’auto, et puis sur le bord du fossé, qui était rendu à son aile en arrière.
  • Quand vous référez à l’auto, est-ce que vous référez à votre auto à vous ou l’automobile des Prince?
  • Je parle de l’automobile d’eux autres.
  • Et quand vous dites qu’il y avait quelqu’un du long de l’auto, corrigez-moi si je fais erreur, là, est-ce que vous voulez dire que cette personne-là était entre vous et l’auto ou était de l’autre côté de l’auto?
  • De l’autre côté de son auto.
  • De l’autre côté de son auto?
  • À proximité du « top » arrière.
  • Est-ce que vous voyiez clairement quelqu’un en avant de vous?
  • Assez clairement et puis … Parce que les machines, qui étaient parquées en arrière de moi, à ce moment-là – parce qu’il y avait trois, quatre machines et puis un camion d’arrêtés – ça éclairait un peu, mais les rayons étaient sur les deux sens.
  • Pourquoi avez-vous tiré su vous ne voyiez personne autre que la personne qui était de l’autre côté de l’automobile, pourquoi tiriez-vous sur quelqu’un?
  • Je n’ai pas tiré sur personne, j’ai tiré pour tirer… pour sonner un avertissement seulement. Une chose que j’ai toujours eu dans la tête : quand un policier voit un voleur, il sonne toujours un avertissement avant de tirer dessus, il sonne un avertissement dans les airs, il sonne dans les airs : « Arrêtez ou je tire! »  Après avoir tiré dans les airs, là, j’ai entendu crier : « On tire plus ».  Ça servait à rien de rester sur les lieux, j’ai sauté dans mon char; j’ai fait marche arrière, j’ai reparti.
  • Ça, c’est malgré votre énervement, que vous avez décidé ça?
  • Oui.
  • Est-ce que vous avez parlé, avant, vous, de tirer?
  • Oui, j’ai dit : « Tire pas! Tire pas! » – Parce que je savais qu’il avait une arme, puisqu’il avait tiré…
  • Est-ce que vous avez entendu une réponse, à ce moment-là?
  • Aucune réponse, ça a continué à sacrer dans le char.
  • Est-ce que vous voyiez une arme, vous, est-ce que vous voyiez quelqu’un avec une arme?
  • Non, précisément, non.
  • Alors, si je comprends bien, à part que vous saviez qu’on avait tiré sur vous, vous ne pouviez pas préciser qui avait l’arme, où il était au moment où vous avez tiré?
  • La balle qui m’a passé au ras la tête, après avoir dit « Tire pas! Tire pas! », je ne sais pas d’où est-ce qu’elle venait.
  • Et vous n’avez pas pensé de parler, à ce moment-là?
  • Discuter avec des balles, c’est assez difficile.
  • Celui que vous aviez vu en arrière de l’automobile, est-ce qu’il était armé?
  • Je ne peux pas dire, parce que ce n’était pas assez clairement.
  • Merci, je n’ai pas d’autres questions, Votre Seigneurie.
  • Pas d’autres questions, annonça à son tour Me Grégoire.

Il déclara ensuite ne plus avoir de témoin à faire entendre pour la défense.  Quant à la Couronne, elle n’avait aucune contre-preuve à présenter.  Tout le monde s’entendit ensuite pour que les plaidoiries aient lieu le lendemain à 10h00.

Pour permettre aux lecteurs de se faire une opinion plus juste et complète, je présenterai intégralement, au cours des prochaines semaines, les plaidoiries ainsi que les directives du juge Crête à l’endroit des jurés.  La série d’articles sur l’affaire St-Louis se terminera ensuite par le verdict et un court épilogue.

 

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