Cédrika, 10 ans plus tard


ScreenHunter_706 Jul. 29 22.08         Dix ans plus tard, le nom de Cédrika Provencher n’a toujours pas été oublié.  Au cours de ces années, le public a eu droit à de multiples explications, rumeurs, reportages en tout genre, sans compter le ouï-dire échangé dans les chaumières et sur les réseaux sociaux.

         Le reportage Cédrika, du journaliste Pierre Marceau et réalisé par Guylain Côté pour le compte de Radio-Canada, se présente sans aucune prétention et pourtant fait le point honnêtement sur l’affaire de disparition d’enfant la mieux connue au Québec.  Subtilement, et dans un rythme qui fait désormais la marque de Marceau, on découvre – ou redécouvre – les circonstances de l’enlèvement survenu le 31 juillet 2007.  Cédrika sera vu pour la toute dernière fois à 20h27 alors qu’elle cherchait un petit chien.

         Les parents passèrent une nuit blanche, tandis que plusieurs bénévoles se présentaient sur les lieux.  Comme Martin Provencher le dit si bien dans le documentaire, on comprend facilement l’angoisse rencontrée par un parent qui perd son enfant durant 30 secondes dans un centre commercial.  Alors, imaginez un peu après toute une journée!  Et ce calvaire, les proches de Cédrika l’ont vécu durant plus de 8 ans.

         C’est aussi par la subtilité et avec une objectivité sans reproche – j’oserais même dire une objectivité qui devrait faire école – que le documentaire, qui sera rediffusé lundi à 20h00 dans le cadre des Grands Reportages de Radio-Canada, tente de répondre à certaines questions qui font parfois la controverse dans le public.  Pour ce faire, on a eu l’intelligence de donner la parole à toutes les autorités impliquées, entre autres avec l’ancien policier de la Sûreté du Québec François Doré, l’ex-ministre Jacques Dupuis et l’analyste en affaires policières Stéphane Berthomet.  C’est d’ailleurs ce dernier qui nous explique que les méthodes d’enquêtes ont changé au cours des dix dernières années et que maintenant parmi les hypothèses on accorderait une plus grande importance à celle de l’enlèvement plutôt que celle de la fugue ou de l’accident.

         Berthomet développe aussi sur l’importance des preuves acceptables devant un tribunal, ce qui, espérons-le, permettra à bien des gens de mieux comprendre le fonctionnement du système judiciaire.

         On repasse en revue les principaux faits saillants, la récompense offerte, le dévoilement de l’indice de l’Acura rouge, la découverte des ossements en décembre 2015, et ainsi de suite.  Les détails de l’Acura, d’ailleurs, le documentaire réalisé par Guylain Côté nous permet d’apprendre qu’ils ont été obtenus suite à de l’hypnose judiciaire.  Reste à savoir, comme le dit si bien Berthomet, si cela serait accepté en preuve lors d’un éventuel procès car ce genre d’élément laisse normalement les juges assez froids.

         Sans être spectaculaire – ce que je considère ici comme un point très positif – le documentaire Cédrika ose même présenter la différence entre l’enquête policière, qui se veut technique, et celle de la famille, plus émotive.  Peu de professionnel du milieu osent se rendre aussi loin.  Car là aussi la population gagne à mieux comprendre le processus de ces enquêtes et, en parallèle, de ces drames familiaux.  Autrement dit, ce n’est pas parce qu’un dossier reste non résolu que les policiers ne font pas leur travail.

         Autre point positive, on a obtenu les propos de l’ancien ministre Jacques Dupuis, qui prend le temps d’expliquer ses positions de l’époque.

         Après que Marceau ait réussi à me tirer une larme, je comprends un peu mieux le drame vécu par la famille et surtout ce cirque rocambolesque qui dure depuis 2007.  Un document professionnel, impartial et surtout émouvant.

         Je lève mon chapeau à Pierre Marceau et à tous ses collègues qui ont participé à la réalisation de ce document pour la confiance qu’ils ont su obtenir auprès de l’entourage de Cédrika.  Il en résultera, je l’espère, une meilleure compréhension sociale.  Il s’agit là, parfaitement, du type de document qui fait avancer la société.

         Cependant, l’émotion n’est pas sans soulever une certaine forme de frustration devant la non résolution de ce crime odieux et tout à fait impardonnable.  Personnellement, je préférerais ne jamais avoir à écrire sur ce cas, qui s’inscrit de plus en plus dans l’historique judiciaire de notre patrimoine plutôt que dans l’actualité policière.  Espérons seulement que la justice pourra un jour clore définitivement ce dossier.

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3 thoughts on “Cédrika, 10 ans plus tard

  1. Et Bettez est libre comme le vent. Vive la justice québécoise où ça prend tellement de preuves <> à trouver dû à nos lois qui ..protègent les tueurs et malades aux dépends de la sécurité du public que ça en est devenu ..ridicule.Ça envoie aussi comme message: Bah, tuez qui vous voulez au Québec, vous êtes protégés comme criminels violents. Même le cas de Sonia Raymond, ça a pris 20 ans avant de ramasser le salaud de Savoie qui l’a tuée. Mais pour Jenique Valcourt,Cédrika, Guylaine Potvin,France Alain, la <> de Pierrefonds et j’en passe, oubliez ça. Si les cas sont et demeurent irrésolus, d’autres sont résolus ..mais on donne une sentence insignifiante et presque ridicule dans certains cas.Les Marc Perron,Le Joker (de la basse-ville de Québec), Mario Bastien,Angelo Colalillo,Léopold Dion, Jean Baptiste Duchesneau et j’en passe…. n’auraient jamais dû être libérés de prison car ces psychopathes fous ont recommencé à tuer après ça bien sûr…

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    1. il vaut mieux acquyitter celui qui pourrait être coupable que de risquer de condamner un innocent , n oublier jamais cela , car Bettez n est même pas accusé laissons alller le temps car c est sur et certain que l enquête n est pas une cold-case MAIS au Canada lorsque que l on accuse quelqu un il faut des preuves et avec un acquittement c est fini la personne pourrait parler de son crime et ne pas être re-poursuivable,,

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  2. À Daniel, c’est vrai qu’il valait mieux acquitter un coupable que de mettre à mort un innocent. C’était une autre époque, aujourd’hui un mauvais jugement dans une cause et une personne n’a pas à craindre pour sa vie, au pire, quelques années de prison. Alors ce raisonnement tant qu’à moi n’a plus sa place. Du moins les risques sont moins importants.

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