L’affaire St-Louis: épilogue


St-Louis 02         Après que le juge Crête eut terminé de livrer ses directives au jury, la Couronne et la Défense se dirent toutes deux satisfaites.  Il était alors 16h10 et le juge demanda aux douze jurés de se retirer afin de délibérer.  Ils revinrent peu de temps après.

  • Messiers les jurés êtes-vous d’accord sur votre verdict et qui va parler pour vous?, leur demanda alors le greffier
  • C’est moi, répondit le juré Augustin Constantin.
  • Quel est votre verdict? Dites-vous que Marcel St-Louis l’accusé à la barre est coupable ou non coupable du crime de meurtre dont il est accusé?
  • Après délibération et avec l’aide de Dieu le verdict se dit comme ceci que Marcel St-Louis… c’est un homicide involontaire coupable.
  • Écoutez bien votre verdict tel que la Cour l’a enregistré. Vous dites que l’accusé Marcel St-Louis est trouvé coupable d’une offense moindre à savoir du crime d’involontaire coupable manslaughter et vous dites tous la même chose.
  • Oui.

         Marcel St-Louis se mérita une peine d’emprisonnement de six mois.  La justice semblait avoir bien fait son travail, mais elle ne pouvait non plus tout prévoir.

         En octobre 1971, St-Louis défraya à nouveau les manchettes.  Cette fois, à Roxton-Sud, dans la région de Sherbrooke, il tua sa conjointe Gaétane Giggs, 21 ans, ainsi que la fillette de celle-ci, qui se prénommait Nancy.  Il aurait même laissé une note d’adieu dans un miroir qui disait « Adieu à tous, nous sommes très heureux là où nous sommes.  Marcel, Gaétane et Nancy ».

         Au matin du 26 septembre 1971, St-Louis tuait donc son amie et sa fille avant de tenter de s’enlever la vie.  M. et Mme Franklin Griggs, les parents de la victime, avaient accepté d’héberger St-Louis pour la période des Fêtes en 1970.  Avant cela, St-Louis avait habité avec un certain François Graveline au 310 rue Decelles à Granby.  Tout indique que depuis sa condamnation en 1969 il avait abandonné son épouse légitime (Simone Laverdure) et sa fille.

         Deux semaines avant le drame, Gaétane donnait naissance à une fillette que l’on présumait être la fille de St-Louis.  Au matin du drame, les policiers s déplacèrent pour une voiture en flammes, une Comet de l’année 1961.  C’est que Marcel St-Louis en avait apparemment assez avec la vie et avait même pris la décision de mettre le feu à son véhicule.  Mais puisqu’il était très tôt et qu’on croyait la famille en train de dormir, les policiers n’avaient pas osé aller frapper à leur porte.  C’est donc cinq heures plus tard qu’on découvrit le drame qui s’était déroulé à l’intérieur.

         Les trois corps ensanglantés gisaient dans un lit.  Toutefois, Marcel St-Louis était encore vivant, un projectile d’arme à feu avait traversé un de ses poumons et un autre sous son cœur pour ressortir dans l’omoplate.  Malgré cela, son état n’inspirait déjà plus aucune crainte lorsque Allô Police publia la nouvelle quelques jours plus tard.  Gaétane et Nancy avaient toutes deux été tuées par des projectiles de calibre .22 provenant d’une arme semi-automatique.  Le moins qu’on puisse dire c’est que la carabine de calibre .22 semblait être son arme de prédilection.  Selon le pathologiste André Brousseau, la mère et la fille avaient connu une mort instantanée.

         À l’époque, on s’étonna qu’aucun bruit n’ait été entendu de l’extérieur de la résidence, ce qui n’est pourtant pas étonnant avec une arme d’aussi faible calibre.

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La voiture que St-Louis a incendié avant d’assassiner sa copine, la fille de celle-ci, et de tourner l’arme contre lui.

 

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