Octobre 70: Et maintenant, les banques! (2)

Au cours du mois de mai 1963, des bombes explosèrent à la caserne du régiment des Blackwatch à Montréal, à l’Unité des services techniques de l’Aviation militaire canadienne à Mont-Royal et près des réservoirs de raffineries de la Golden Eagle de Pointe-aux-Trembles.  Une autre fut désamorcée à temps au bureau central des postes.  Mais, comme on l’a vu avec la mort de Wilfrid O’Neil au chapitre précédent, ces attentats ne connurent pas toutes des fins heureuses, ou du moins sans dommage humain.  Le FLQ jouait avec le feu; un feu qui risquait de brûler n’importe qui à tout instant.  Bref, ils jouaient avec les vies humaines de cette même société qu’ils prétendaient défendre.

Le 17 mai 1963, le FLQ plaça dix bombes dans dix boîtes aux lettres du quartier Westmount[1].  Cinq de ces dix engins explosèrent vers 3h00.  Walter Leja, sergent de l’armée canadienne, fut grièvement blessé en tentant de désamorcer l’une d’elles.  Le lendemain, on pouvait lire dans La Presse : « tôt ce matin, le sergent-major Walter Rolland Leja était encore entre la vie et la mort à l’hôpital St-Mary’s après que les médecins eurent travaillé durant plusieurs heures pour lui amputer le bras gauche et lui faire subir une trachéotomie des voies respiratoires, en plus de traiter ses nombreuses blessures à la poitrine et au visage ».

Le sergent-détective Léo Plouffe aurait lui-même désamorcé une autre bombe.  Et La Presse d’ajouter : « cette série d’événements tragiques a fait du vendredi 17 mai 1963 la journée la plus mouvementée de l’histoire de Westmount.  Les cinq premières explosions survenues vendredi matin ont suffi pour jeter la consternation chez les paisibles habitants de cette ville ordinairement calme pour mettre la police sur un pied d’alerte ».

Le sergent-major Leja survécut à ses blessures.  Il s’est éteint à l’âge de 71 ans, le 22 novembre 1992.

Que ces bombes fassent des victimes collatérales ou non, ce n’est certes pas la prise de conscience ni la sensibilité envers autrui qui allait arrêter le FLQ.  Trois jours plus tard, ils récidivaient.  Le 20 mai, 75 bâtons de dynamites explosèrent près de la salle d’armes du 1er bataillon des services techniques de l’Armée canadienne à Montréal.  Le tout fut surnommé « opération Chénier » en l’honneur de Jean-Olivier Chénier, l’un des Patriote criblé de balles lors de la Bataille de Saint-Eustache en décembre 1837.  Plus tard, comme on le verra au cours de la série d’articles, la cellule Chénier, composée de quelques individus dont les frères Rose, deviendra la plus célèbre au cours de la Crise d’octobre.

Le 16 juin 1963, 18 personnes soupçonnées d’être associées au FLQ furent arrêtées.  Le lendemain, dans La Presse, le journaliste Jean Sisto se concentra principalement sur François Giroux, qui sera le 19ème à comparaître, écrivant que le présumé felquiste recouvrait sa liberté jusqu’à son enquête préliminaire prévue pour le 21 juin.  « La Couronne, représentée par Me Jacques Bellemare, n’a porté contre le jeune homme de 20 ans, originaire de Gentilly, comté de Nicolet, qu’une seule accusation passible d’un maximum de 14 ans de pénitencier : celle d’avoir conspiré, avec les autres présumés membres du FLQ, pour causer des dommages à la propriété publique, aux édifices du gouvernement du Canada plus précisément.  Le juge [Irénée] Lagarde accorda à Giroux jusqu’à 1h de l’après-midi pour trouver deux personnes pouvant fournir les deux cautionnements de $950 chacun qu’il avait fixés.  Un oncle et un ami de l’accusé s’étant présenté peu avant 1h, au greffe de la paix, Giroux a recouvré sa liberté »[2].

Walter Leja s’est éteint en 1992.

Giroux était inscrit à l’école Polytechnique et devait passer ses examens d’admission la même semaine.  Il s’était livré lui-même vendredi soir vers 18h30 en compagnie de son avocat, Me Antoine Mayrand.  On s’étonna qu’il n’y ait qu’une seule accusation contre lui alors que les 18 autres présumés terroristes se partageaient 165 accusations.  Ce nombre fut sans doute réduit puisqu’à l’ouverture de leur enquête préliminaire, le 21 juin, La Presse parlait de 154 accusations.  Parmi eux, Jean Cloutier, 24 ans, qui habitait chez ses parents sur la rue Chambord, fut relâché.  « Il s’était livré plus tôt dans la journée sachant qu’il était recherché par la police de Montréal après avoir été tenu, à l’enquête du coroner, criminellement responsable de la mort du gardien O’Neill.  Les procureurs de la Couronne n’avaient cependant, à la suite de l’enquête, retenu aucune accusation contre le jeune homme.  « Du moins pas pour l’instant », avait déclaré Me Ducros, un des représentants de la Couronne.

Une accusation de meurtre non qualifié fut portée contre quatre terroristes, soit Georges Shoeters, 33 ans, étudiant en économie politique; Gabriel Hudon, 20 ans, dessinateur industriel; Raymond Villeneuve, 19 ans; Jacques Giroux, 19 ans, un photographe; et Yves Labonté, un commis de 18 ans.  Les présumés fondateurs du FLQ – Shoeters, Hudon et Villeneuve – se trouvant maintenant derrière les barreaux, devenait-il raisonnable de croire que le FLQ sombrerait avec eux dans l’oubli?

L’enquête préliminaire, qui se déroula devant le juge Émile Trottier fut cependant ajournée rapidement lorsque trois des accusés déclarèrent que « mes principes politiques m’interdisent de témoigner ».  Qu’on y voit une forme de solidarité ou d’entêtement, il n’en reste pas moins que cette scène marquait le début d’une histoire qui allait se répéter en 1970 devant le coroner Trahan.  « Le tribunal devait affirmer par la suite que c’était là, de toute évidence, un mouvement « concerté » de la part de ces témoins, mais que la cour ne souffrirait pas que l’on entrave de cette façon le cours de la justice »[3].

La Couronne était représentée par les avocats Gabriel Lapointe, Jacques Bellemare et Jacques Ducros.  Ceux-ci demandèrent que les trois clowns – Georges Schoeters, Raymond Villeneuve et Jacques Giroux – soient reconnus coupables d’outrage au tribunal.  De plus, comme si ce cirque n’était pas suffisant, le juge Trottier dût ordonner l’arrestation d’un individu qui cria le mot « Gestapo » dans la salle lorsqu’on lui demanda de se taire.  L’individu en question se nommait Guy Caza, un dessinateur industriel de 23 ans.  « Caza qui, par on ne sait quel stratagème, avait réussi à prendre place au milieu des avocats, dans le prétoire, se leva ensuite pour déclarer qu’il voulait être témoin de la défense »[4].

« C’est Jacques Giroux, encore une fois, qui a déclenché la conspiration … du silence.  Le jeune photographe de 19 ans, après avoir consenti à prêter serment, se tourna vers Me Lapointe avec un air de défi qui laissa vite deviner ce qui allait se passer.  Le procureur de la Couronne lui demanda pas moins : « Les lettres FLQ, cela vous dit quelque chose? ».  Immédiatement, le jeune homme répondit : « Monsieur, mes principes politiques m’interdisent de témoigner ».  Le juge Trottier intervint alors : « La raison que vous donnez n’a aucune force légale en cour ».  « Elle en a pour moi », enchaîna vivement le photographe »[5].

Lorsqu’on appela Raymond Villeneuve, considéré « par plusieurs comme le dur du FLQ »[6], le scénario se répéta.  En fait, la Couronne ne parvint même pas à l’assermenter.  À son tour, il répéta la phrase du jour : « il m’est interdit par mes principes politiques de témoigner ».  Décidément, les membres du FLQ s’étaient entraînés à répondre dans ce genre de circonstances.  Et, malheureusement, ce cirque allait se répéter en 1970 dans un mépris total de la justice.

Malgré tout, La Presse en savait suffisamment pour présumer que la bombe ayant causé la mort du gardien O’Neill avait été fabriquée en une vingtaine de minutes par Gabriel Hudon, alors considéré comme l’expert en explosif du FLQ.  Cette information sortit du témoignage d’Yves Labonté, qui avoua avoir déposé la bombe sur la rue Sherbrooke.  Labonté raconta également comment Raymond Villeneuve l’avait recruté pour faire exploser le monument McDonald au carré Dominion.  « Chez Villeneuve il a rencontré un peu plus tard Hudon, qui y arrivait avec un petit sac de voyage contenant tous les éléments de la bombe du 20 avril.  C’étaient un cadran, des fils, sept ou huit bâtons de dynamite et un fer … à friser »[7].

         Le témoignage de Labonté permit aussi de reconstituer les faits : « la bombe prête, donc, il quitta le domicile de Villeneuve avec Hudon pour aller rencontrer, angle de la rue Saint-Denis et du boulevard Saint-Joseph, Jacques Giroux qui, prévenu, les attendait.  Puis on descendit carré Dominion à pied.  Là, toutefois, Giroux trouva qu’il y avait trop de monde.  Et probablement des policiers parmi ce monde.  Il fallait un « meilleur » endroit.  On remonta donc vers la rue Sherbrooke, où on repéra le centre de recrutement de l’armée.  Il était 9h30 ou 9h45.  Et la bombe était amorcée pour 10h.  Pendant que Giroux se tenait à l’entrée de la ruelle, au sud de la rue Sherbrooke, le jeune homme dit avoir déposé l’engin entre le mur de l’édifice et un coffret contenant des poubelles.  On s’en fut ensuite dans un restaurant du voisinage pour prendre une liqueur douce, et on revint sur place pour se rendre compte que rien n’avait sauté.  Labonté déclare qu’il a alors voulu reprendre la bombe, mais que Giroux l’a dissuadé de ce faire, en lui expliquant qu’elle pourrait lui sauter dans les mains, à n’importe quel moment ».

Bref, on a compris l’amateurisme que l’on soupçonnait déjà depuis le début, ce qui ne minimise cependant en rien la gravité du geste.  Après cela, chacun des individus seraient rentré chez eux et c’est seulement le lendemain matin que Villeneuve leur montra un journal annonçant la mort du gardien de nuit.

Il est sans doute permis de croire que ces arrestations et procédures judiciaires contre les membres fondateurs du FLQ puissent avoir changé un peu l’image de l’organisation.  Les jeunes écervelés qui prirent la relève choisirent alors un autre moyen de se faire valoir.  Le 26 septembre 1963, on explora une nouvelle méthode, celle du hold-up.  Voici comment La Presse rapporta les faits : « La police a poursuivi trois voleurs de banque et en a arrêté deux à quelques coins de rue de la scène d’un hold-up commis hier après-midi à une succursale de la Banque Royale du Canada dans l’ouest de la métropole.  Les voleurs s’étaient emparés de $6,209.  Une bombe à la dynamite, qui avait été lancée devant la banque, à l’angle des rues Sherbrooke et Décarie, probablement par les bandits, a été désamorcée par les policiers.  Appelée par un témoin oculaire de l’extérieur de la banque, la police est arrivée au moment où les voleurs s’enfuyaient ».

Gérard Pelletier attribue ce vol de banque au FLQ, mais en parcourant brièvement La Presse on se rend compte que le même jour ou dans la même semaine on rapportait plusieurs hold-up dans la région de Montréal.  Étaient-ils reliés eux aussi au FLQ ou était-ce simplement « la mode » des braquages?

Quoiqu’il en soit, les noms des deux jeunes hommes arrêtés au cours de ce vol étaient Jules Duchastel et Claude Soulières.  Que sont-ils devenus?  Nous l’ignorons, mais nous ne les reverrons plus au cours de la présente série d’articles.

Les activités du FLQ se poursuivirent le 30 janvier 1964 avec un autre cambriolage, cette fois un vol d’armes à la caserne des Fusilliers Mont-Royal à Montréal.  Le montant de ce vol fut évalué à 20 000$, ce qui comprenait 59 mitraillettes de type FN 7,62, 4 mitrailleuses Bren, 34 mitraillettes Sten, 4 mortiers de 60 mm., 3 lance-roquettes, des grenades et 5 pistolets Browning.  Au total, les voleurs sont aussi repartis avec une réserve de 13 000 cartouches

Tout comme la première vague de violence commise sous l’effet des bombes, celle-ci allait connaître son apogée lorsque, le 29 août 1964, vers 18h00, deux individus entrèrent au magasin d’armes à feu International Firearms sur la rue Bleury, à Montréal.  Au commis, qui avait pour nom Sotriades Pamayotis, les prétendus acheteurs demandèrent à examiner une carabine FN-M31.  Pamayotis retira le chargeur avant de leur présenter l’arme.  Toutefois, l’un des individus sortit de sa poche un chargeur qu’il inséra sous le mécanisme avant de la pointer et d’hurler : « C’EST UN HOLD-UP! ».  Immédiatement, deux autres bandits pénétraient dans le commerce pour s’emparer d’armes et de munitions, qu’ils engouffrèrent ensuite dans une Pontiac 1964.

Le gérant du magasin, Leslie McWilliams, 58 ans[8], tenta d’intervenir mais il fut aussitôt abattu d’une rafale.  L’alarme ayant été secrètement activée, les premiers policiers arrivés sur les lieux, Georges Brazeau et Régis Fortin, commirent l’erreur de se diriger au Nations House Café, situé tout près.  À leur sortie, Léora Gagné, qui travaillait au magasin d’armes et qui avait pu sortir sans attirer l’attention des criminels, leur indiqua où il avait vu entrer les bandits.  Dès l’apparition des policiers, une fusillade éclata.  Elle allait se prolonger durant une quinzaine de minutes.  Un employé du nom d’Alfred Pinisch, 37 ans, sortit pour venir aider les policiers, mais il fut presque immédiatement tué sous les balles.  Une semaine plus tard, Allô Police précisera que Pinisch « a été tué par un policier qui, pendant la fusillade, croyait avoir affaire à l’un des bandits.  M. Pinisch, qui ne comprenait pas le français, n’aurait pas obéi à l’ordre d’arrêter que lui intimait l’agent »[9].  Lorsque l’un d’eux, identifié plus tard sous le nom de François Schirm, fut atteint d’une balle à la cuisse gauche, il laissa immédiatement tomber sa carabine au sol en criant « vive les séparatistes! ».  Parmi les policiers qui lui tombèrent dessus pour lui passer les menottes, l’un d’eux lui répliqua : « on va-t’en faire des séparatistes! ».

Peu après, les policiers découvrirent qu’au 1011 Bleury gisaient deux cadavres.  En tout, quatre suspects furent arrêtés sur place, alors qu’on en cherchait un cinquième qui aurait pris la fuite dans un taxi.  Transporté à l’hôpital St-Luc, Schirm souriait lorsque le photographe d’Allô Police s’approcha pour immortaliser ce moment, et le blessé lui lança « tu m’en enverras une copie ».  En inspectant les lieux, les enquêteurs découvrirent dans la voiture des bandits la présence de 25 carabines de type FN et beaucoup de munitions.  Allô Police ne manqua pas de rappeler que c’est une arme du même genre que Georges Marcotte, que l’on surnommait aussi le Père Noël, avait utilisé lors de son désormais célèbre hold-up qui avait coûté la vie à deux policiers en décembre 1962.

François Schirm, un homme de 32 ans d’origine hongroise, dira sur son lit d’hôpital avoir agis au nom de l’Armée révolutionnaire du Québec (ARQ).  Selon Allô Police, Schirm aurait combattu au côté de Fidel Castro lors de la révolution cubaine en plus d’avoir fait la guerre d’Algérie et de l’Indochine.  Il aurait déjà été arrêté en lien avec certaines activités du FLQ avant d’être relâché, faute de preuve.  « Selon la police, ce jeune homme, prénommé François, serait le chef des terroristes de l’ARQ.  Ses adeptes porteraient l’uniforme, à l’occasion, et ils seraient, en grande majorité de nationalité canadienne-française »[10].

Peu de temps après la fusillade, Edmond Guenette, 20 ans, qui avait pris la fuite à bord d’un taxi après avoir menacé le chauffeur et forcé une cliente à descendre, fut arrêté près de Shawinigan.  Les autres suspects furent identifiés comme étant Gilles Brunet, 29 ans; Marcel Tardif, 22 ans; et Syriaque Délisle, 29 ans.  Le coroner Trahan présida l’enquête sur la mort de McWilliams.  Au cours de celle-ci, Schirm tenta de s’imposer.  « Il faut dire que les hommes de Schirm avaient plutôt l’air de brebis », écrira Allô Police tout en rappelant que, par exemple, Gilles Brunet était le père de cinq enfants et qu’il a constamment pleuré lors des procédures.  Me Jacques Ducros agissait à titre de procureur de la Couronne lors de cette enquête de coroner, tandis que les accusés étaient représentés par Me Paul Aubut.

Le procès conjoint de Schirm et Guenette se déroula du 17 au 21 mai 1965 à Montréal devant le juge André Sabourin.  Selon Allô Police, Schirm se montra arrogant et « faussement héroïque » durant toute la durée du procès.  Étant donné les soi-disant motivations politiques et terroristes des accusés, les autorités surveillèrent étroitement l’entrée du palais de justice en plus de fouiller toute personne entrant dans le prétoire.

« Jouant jusqu’au bout et merveilleusement son rôle de héros national, Schirm a posé un geste qu’il a voulu légendaire après avoir entendu le prononcé de sa sentence : debout, le bras droit élevé vers l’avant, imitant de ses deux doigts le geste légendaire du vieux Churchill, le V de la victoire, il a lancé d’une voix qui avait perdu de son assurance et de son arrogance : Vive le Québec libre ».  Cinq ou six jeunes gens, dans l’assistance, ont imité le geste de Schirm et ont lancé le slogan des terroristes »[11].  Voilà qui étonne puisque deux ans avant le célèbre discours de Charles de Gaule, c’est un vulgaire terroriste et braqueur de banque qui lançait le slogan « vive le Québec libre ».  Contrairement à ce que plusieurs Québécois croient encore aujourd’hui, de Gaule n’avait donc rien inventé.  Il répétait seulement un slogan felquiste inventé par de vulgaires criminels.

Allô Police accusa Schirm de s’être servi de la cause indépendantiste pour s’adonner à des actes de violence.  Plus intéressant encore, Schirm se défendit sans avocat lors du procès, au cours duquel il dénonça Gilles Brunet comme un traître pour avoir tout raconté à la police.  Il fut également question qu’en 1964 Schirm avait installé son campement près du Lac Allard de St-Boniface, au nord de Trois-Rivières.  Le procès permit également de comprendre que c’est Schirm et Guenette qui étaient entré dans le commerce, que Schirm avait demandé à voir une arme de type M-1 et que c’est seulement après avoir dit au commis que le prix était trop élevé que les deux voleurs s’étaient reculé de quelques pas, permettant ainsi à Guenette de sortir une carabine qu’il cachait sous son manteau.  Schirm sortit alors un chargeur de sa poche pour armer la M-1 que venait de lui remettre le commis.

Schirm et Guennette furent reconnus coupables et condamnés à mort.  Le juge fixa leur exécution au 22 octobre 1965.  Les deux lascars auront cependant droit à un nouveau procès au terme duquel ils se mériteront plutôt une sentence d’emprisonnement.  Schirm continuera de prétendre qu’il était prêt à donner sa vie pour la libération du Québec.  En 1974, il refusa une proposition visant à le déporter en Europe.  Il sera finalement libéré quatre ans plus tard sous certaines conditions.  Il s’est éteint le 3 août 2014.

Pour sa part, Brunet fut condamné à l’emprisonnement à vie.  En 2016, j’ai demandé à consulter le dossier judiciaire du procès de Schirm et Guenette conservé à Bibliothèque et Archives du Canada (BAC).  On m’en a refusé l’accès sans me fournir d’explication.

Selon William Tetley, c’est au cours de l’année 1965 que « Charles Gagnon et Pierre Vallières deviennent secrètement membres du FLQ.  Le nombre de bombes, leur puissance et l’agitation ouvrière s’accroissent notablement »[12].  Au chapitre suivant, nous verrons que les noms de ces deux individus ne tarderont pas à prendre de l’ampleur, d’autant plus qu’ils seront impliqués dans la mort de deux autres victimes.


[1] La Presse parlait plutôt de douze bombes dans autant de boîtes aux lettres.

[2] Jean Sisto, « Giroux recouvre sa liberté jusqu’au 21 », La Presse, 17 juin 1963.

[3] Léopold Lizotte et Maurice Morin, « « Mes principes politiques m’interdisent de témoigner », déclarent trois accusés du FLQ », La Presse, 22 juin 1963.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] On parle aussi de 56 ans.

[9] Allô Police, 13 septembre 1964.

[10] Allô Police, 6 septembre 1964.

[11] Allô Police, 30 mai 1965.

[12] William Tetley, Octobre 1970 dans les coulisses de la Crise, p.

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Un avis sur “Octobre 70: Et maintenant, les banques! (2)

  1. Tres bon articles qui nous fait remémorer des souvenirs de cette époque et ainsi penser aux innocentes victimes de cette triste époque. c est surpenant de constater que Me Gabriel Lapointe a déja été un procureur de la couronne Merci pour toutes vos bonnes informations

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