Octobre 70: François Bélisle (26)

         Le témoin suivant fut François Bélisle, 19 ans, qui habitait au 4 rue Kirois, à Victoriaville.  Une fois ces informations données au greffier, le jeune homme, représenté par Me François Folot, demanda la protection de la Cour.  Ce fut ensuite à Me Jean-Guy Boilard de l’interroger.

  • Au cours du mois d’octobre 1970, est-ce que vous avez eu l’occasion de vous rendre au 3720 Chemin de la Reine Marie à Montréal, à l’appartement 12?
  • Pourriez-vous dire vers quelle date au mois d’octobre vous êtes arrivé à cet appartement pour la première fois?
  • Je ne suis pas sûr, mais je pense que c’est vers le 5 … c’est un lundi.
  • Le 5 octobre 1970?
  • Oui.
  • Qui habitait l’appartement 12 à ce moment-là?
  • Il y avait Francine Bélisle, il y avait Richard Therrien, il y avait Colette Therrien et puis il y avait Francis Simard.
  • Lorsque vous nous mentionnez Francine Bélisle, je comprends que c’est votre sœur?
  • Oui.
  • Maintenant, lorsque vous mentionnez Colette Therrien et Richard Therrien, je comprends que l’un est le frère de l’autre?
  • Oui.
  • Vous nous parlez de Francis Simard, le connaissiez-vous avant de le rencontrer à l’appartement 12, le 5 octobre 1970?
  • Non, je ne le connaissais pas.
  • Maintenant, quelle était la raison de votre venue à Montréal au début d’octobre 1970?
  • Je commençais à travailler chez un de mes oncles.

Le témoin reconnut Simard sur la photo no. 10 que lui montra Me Boilard.  Bélisle dira ensuite qu’il avait commencé à habiter à l’appartement 12 et que, selon lui, il ne s’était rien produit de spécial cette semaine-là.

  • Est-ce que vous avez eu l’occasion de parler à ce moment-là à Francis Simard?
  • Comme cela, comme on parle à quelqu’un.
  • Qui vous l’a présenté?
  • Colette.
  • Colette Therrien?
  • Oui.
  • Est-ce que vous avez commencé à travailler immédiatement à partir du 5 octobre?
  • Oui, j’ai commencé le lundi.
  • À quel endroit travailliez-vous, plus précisément?
  • Sur la rue Lebel … Labelle, près de Henri-Bourassa.
  • Quel était le travail que vous faisiez à ce moment-là?
  • J’étais menuisier.
  • Est-ce qu’à la fin de cette semaine du 5 octobre 1970 vous êtes retourné chez vos parents à Victoriaville?
  • Oui.
  • Quand êtes-vous parti?
  • Je suis parti le vendredi.
  • Le vendredi qui, d’après le calendrier, serait quelle date?
  • Le 9 octobre.
  • Êtes-vous revenu à Montréal par la suite?
  • Oui, le 12.
  • Lundi le 12?
  • Oui.
  • Lorsque vous êtes revenu à l’appartement 12 du 3720 Chemin de la Reine-Marie est-ce que Francis Simard s’y trouvait toujours à ce moment-là?
  • Oui, il y était.
  • Et de votre côté, monsieur Bélisle, est-ce que vous avez continué à travailler?
  • Oui, j’ai continué à travailler mais je ne suis pas sûr. Je le crois.
  • Est-ce qu’au cours de cette semaine et plus particulièrement lundi le 12 octobre 1970 vous avez eu dans la soirée l’occasion de sortir avec votre sœur Francine Bélisle et Colette Therrien ainsi que Francis Simard?
  • Oui, on est sorti, on est allé au café Campus.
  • Au Café Campus?
  • Oui.
  • Et vous y êtes restés combien de temps?
  • Jusque vers minuit.
  • Et par la suite, où êtes-vous allés?
  • On est revenu à l’appartement.
  • Est-ce que Francis Simard, dans la semaine du 5 octobre 1970 de même que dans la semaine du 12 octobre 1970, couchait à l’appartement 12?
  • Oui, il couchait là.
  • Au cours de cette semaine du 12 octobre 1970, est-ce que d’autres personnes que, évidemment votre sœur, Mlle Therrien, M. Therrien et Francis Simard, est-ce que d’autres personnes sont allées à l’appartement 12 dans cette semaine du 12 octobre?
  • Je ne crois pas qu’il y en a d’autres qui y soient allés.
  • Alors, devons-nous comprendre que quant à vous cette semaine du 12 octobre s’est passée comme si rien n’était?
  • Oui, c’est cela.
  • Une semaine ordinaire?
  • Oui.
  • Et au cours du week-end de cette semaine est-ce que vous êtes retourné à Victoriaville, chez vous?
  • Oui.
  • Et quand êtes-vous revenu?
  • Le lundi, je crois.
  • Est-ce que c’est possible que ce soit également dans la soirée du dimanche au lundi que vous soyez revenu à Montréal?
  • Oui.
  • Vous êtes-vous rendu à l’appartement 12 à ce moment-là?
  • Oui.
  • Vous souvenez-vous à peu près vers quelle heure dans la soirée?
  • Non.
  • Et quand vous vous êtes rendu à l’appartement 12 est-ce qu’il s’y trouvait des gens?
  • Oui.
  • Qui était là?
  • Il y avait Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard.
  • Où se trouvait Francis Simard?
  • Dans l’appartement.
  • Est-ce que tout le monde était couché ou s’il y avait des gens qui étaient debout?
  • Tout le monde était couché.
  • Vous nous parlez de Paul Rose et de Jacques Rose?
  • Oui.

Me Boilard lui montra alors la photo no. 9, sur laquelle il reconnut aisément Paul Rose.  Sur la photo 11, il reconnut Jacques Rose.

  • Est-ce que vous connaissiez à ce moment-là Jacques Rose et Paul Rose lorsque vous êtes arrivé dans la soirée de dimanche à lundi? Je pense que pour les fins du dossier ce serait le 18 octobre, est-ce que c’est exact?
  • Oui, c’est le 18.
  • Est-ce que vous connaissiez Jacques et Paul Rose à ce moment-là?
  • Je connaissais Jacques pour l’avoir vu l’année passée une fois, chez nous.
  • À Victoriaville?
  • Oui.
  • Et est-ce que vous connaissiez Paul Rose?
  • Non, je ne le connaissais pas.
  • Vous souvenez-vous qui a fait les présentations à ce moment-là, si présentations il y a eu?
  • Il n’y a pas eu de présentation.
  • Vous-même, monsieur Bélisle, est-ce que vous avez continué à travailler à ce moment-là?
  • Cette semaine-là, oui j’ai travaillé… Non, je n’ai pas travaillé parce que mon oncle m’avait dit : « je te rappellerai si j’ai besoin de toi », parce qu’il n’avait pas beaucoup de travail.
  • Et le lundi, le 19, est-ce que vous êtes resté à la maison?
  • Non, j’étais sorti parce que j’avais oublié qu’il fallait qu’il m’appelle, je me suis presque rendu là-bas et je suis revenu.
  • Alors, vous vous êtes rendu pour travailler et vous vous êtes rappelé à ce moment-là que vous ne deviez pas travailler ce lundi-là?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait?
  • J’ai été faire un tour en ville et après cela je suis entré à l’appartement.
  • Vers quelle heure êtes-vous revenu à l’appartement ce lundi 19 octobre?
  • Vers 10h30, 11h00.
  • De l’avant-midi?
  • Oui.
  • Y avait-il des gens à l’appartement quand vous êtes venu?
  • Les mêmes personnes.
  • C’est-à-dire Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard, votre sœur Francine …
  • Oui, elle était là.
  • Est-ce que Colette Therrien était là?
  • Oui.
  • Et Richard Therrien?
  • Oui, aussi.
  • Et qu’est-ce qui s’est passé ce lundi 19 octobre après que vous soyez revenu à l’appartement?
  • Je ne m’en rappelle pas.
  • Est-ce que cette journée-là vous avez eu l’occasion d’aller sur la rive sud?
  • Ah! Oui.
  • Alors, voulez-vous nous raconter ce qui est arrivé exactement relativement à ce voyage?
  • Il fallait que j’aille chercher un permis qui pouvait incriminer Colette.
  • Un permis de quoi, monsieur?
  • Je ne le sais pas, je n’ai pas eu le temps de le regarder.
  • Et qui vous avait demandé d’aller chercher ce permis?
  • Jacques.
  • Jacques Rose?
  • Oui.
  • À quel endroit deviez-vous prendre ce permis?
  • Bien, même dans ma déclaration je n’ai pas pu dire la place exacte.
  • Oui, d’accord, mais est-ce que c’était un permis qui était dans une poubelle, dans une voiture, sur un banc?
  • Dans une voiture.
  • Alors, quelle sorte de voiture, quel genre de voiture?
  • Chevrolet 65. Je crois qu’il était blanc.

Le procureur lui montra une série de six photos déposées sous la cote 24a et qui représentaient une automobile. Évidemment, on imagine que ces clichés devaient représenter cette voiture sous différents angles.

  • Est-ce que c’est l’automobile dans laquelle vous alliez chercher quelque chose, un permis?
  • Oui, c’est dans celle-là.
  • Est-ce que vous aviez eu des indications pour savoir à quel endroit se trouvait l’automobile?
  • Oui, on m’avait donné des indications, des explications.
  • Est-ce que vous êtes parti à la recherche de ce permis-là?
  • Oui.
  • Êtes-vous parti seul ou avec d’autres?
  • Seul, la première fois.
  • Et êtes-vous revenu à l’appartement 12 ensuite?
  • Oui.
  • Combien de temps après votre départ, ç’a duré combien de temps?
  • Ç’a pris deux, trois heures.
  • Quand vous êtes revenu est-ce que vous avez fait rapport à quelqu’un?
  • Oui, j’ai fait rapport à Paul Rose.
  • Qu’est-ce que vous lui avez dit?
  • Que je n’avais pas trouvé le permis.
  • Est-ce que Paul Rose vous a donné de nouvelles instructions?
  • Oui, il m’a donné d’autres explications, que c’était de l’autre bord du pont.
  • Est-ce que vous êtes retourné à ce moment-là?
  • Oui, je suis retourné.
  • Avec qui?
  • Avec Colette.
  • Colette Therrien?
  • Oui.
  • Et est-ce que, de fait, vous avez à ce moment-là localisé l’automobile?
  • Oui, nous l’avons localisée.
  • Où se trouvait-elle?
  • Exactement, je ne peux pas vous dire.
  • En somme, ce que je voudrais savoir …
  • De l’autre bord du pont, près d’un garage.
  • Ce que je veux savoir précisément c’est : est-ce qu’elle était dans une entrée de cour, stationnée sur la rue ou …
  • Sur la rue.
  • Qu’est-ce que vous avez fait?
  • J’ai pris le permis et je suis revenu.
  • Vous êtes revenu avec Colette Therrien?
  • Oui.
  • Maintenant, savez-vous à qui appartenait cette automobile?
  • Non, je n’avais pas posé de questions.
  • Quand vous êtes revenu avec le permis qu’est-ce que vous en avez fait?
  • Je l’ai donné à Paul Rose.
  • Le permis, lorsque vous l’avez remis à Paul Rose, est-ce que vous avez pu voir qu’est-ce qui pouvait être écrit dessus?
  • Non, je n’ai pas vu.
  • Est-ce que vous avez vu cela déjà, monsieur Bélisle, un permis de conduire?
  • Oui, souvent, mais là, la nervosité …
  • Est-ce que ça pouvait ressembler à ce genre de document-là?
  • Oui, ça ressemblait à cela.
  • Et où l’avez-vous trouvé dans la voiture?
  • En avant, à côté du chauffeur, à terre.
  • Par terre?
  • Oui.

Le procureur lui montra la photo 24b qui montrait l’endroit exact dans l’auto où se trouvait le permis.  Toutefois, Bélisle n’était pas sûr, ce qui le poussa à affirmer qu’il n’avait pas pris le temps de bien observer.

Par la suite, le jeune Bélisle expliqua qu’il n’avait pas travaillé non plus le mardi 20 octobre.

  • Est-ce que l’un des frères Rose ou est-ce qu’un des trois, Jacques Rose, Paul Rose ou Francis Simard vous ont demandé de faire quelque chose ce mardi-là?
  • Oui, je crois qu’ils nous ont demandé d’aller chercher du bois à une place, je ne savais pas trop quoi au juste, ils ne m’avaient pas expliqué. Je suis parti avec Colette, on est allé voir dans les magasins, je ne me souviens pas les noms et on a appelé comme quoi ça ne pouvait pas marcher, qu’on ne pouvait pas avoir le bois.
  • Maintenant, qui vous avait demandé en particulier d’aller chercher du bois ce mardi-là?
  • Jacques.
  • Est-ce qu’il vous avait donné des spécifications, des détails?
  • Oui, les mesures du bois.
  • Les mesures du bois?
  • Qu’est-ce que ça prenait.
  • Et qu’est-ce que vous deviez acheter, quel genre de matériaux?
  • C’était des … un plywood, du gyproc, des 2 X 4.
  • Alors, vous avez fait des démarches auprès de certains fournisseurs et ça n’a rien donné?
  • Non.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait?
  • Bien là, on avait appelé ou on est revenu, je ne peux pas vous dire et puis eux autres avaient appelé à un … où ils vendent du bois pour dire qu’on pouvait l’avoir là, qu’ils nous le couperaient, les grandes mesures et que le reste on le couperait nous autres mêmes.
  • Qui avait appelé?
  • Je ne le sais pas.
  • Est-ce que c’est l’un des trois?
  • Oui.
  • Alors, est-ce que vous et Colette Therrien restez à l’appartement ou si vous repartez à ce moment-là?
  • On est reparti pour aller voir pour le bois.
  • Voyagiez-vous toujours à pied ou en automobile?, demanda le coroner. De quelle façon voyagiez-vous?
  • En taxi ou en autobus.
  • De fait, reprit Me Boilard, ce jour du mardi 20 octobre 1970, est-ce que vous en avez trouvé du bois?
  • Oui, il a dit qu’il nous le livrerait soit le lendemain ou dans l’après-midi.
  • Maintenant, à quel endroit le bois ou les matériaux devaient être livrés?
  • Chez la mère de Colette Therrien, parce qu’il fallait les couper.
  • Est-ce que vous avez demandé à Jacques Rose ce qu’il voulait faire avec ce bois-là, ces matériaux-là?
  • Quand on est revenu, j’ai vu qu’il déplaçait le linge dans la garde-robe, tout cela.  Là, je lui ai demandé à quoi ça sert, il a dit : « c’est pour se faire une cachette ».
  • Maintenant, dans la garde-robe, à part avoir remarqué que les vêtements en avaient été sortis, est-ce que vous avez remarqué autre chose aussi?
  • Non, la garde-robe était vide.
  • Est-ce qu’il y avait eu des travaux d’effectués dans la garde-robe?
  • Il avait coupé un chose[1] dans le mur.
  • Un chose dans le mur?
  • Un trou.
  • Un carré?
  • Oui.
  • Avant d’aller plus loin, … ça, c’est la garde-robe qui se trouvait à l’intérieur de l’appartement 12, n’est-ce pas?
  • Oui.

Me Boilard lui montra alors la photo 54f, mais Bélisle y reconnut plutôt les modifications apportées à une autre garde-robe.  Il reconnut cependant ce dont on venait de parler sur la photo 54j.  Ces deux placards étaient collés l’un sur l’autre.

Le mercredi 21 octobre, Bélisle n’avait pas travaillé et ce matin-là il se souvenait avoir été réveillé par quelqu’un, sans pouvoir se souvenir qui.  Après le déjeuner, il s’était rendu chez la mère de Colette en compagnie de celle-ci.

  • Qu’est-ce que vous avez fait chez la mère de Colette Therrien?, questionna Me Boilard.
  • J’ai coupé le bois.
  • Est-ce que vous aviez toujours à ce moment-là les spécifications de Jacques Rose?
  • Oui.
  • Où avez-vous pris les outils pour effectuer ce travail de coupage?
  • On les a acheté.
  • À quel endroit?
  • C’est Colette qui a été les acheter.
  • Le mercredi, cela?
  • Oui.
  • Le même jour?
  • Oui.
  • Et une fois que vous ayez eu coupé le bois, qu’est-ce que vous avez fait ensuite?
  • Son père est venu nous reconduire.
  • Le père de Colette?
  • Oui.
  • A été vous reconduire où?
  • À l’appartement.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait des morceaux de bois que vous aviez coupés?
  • Je leur ai donnés.
  • Dois-je comprendre en définitive que le père de Colette serait allé vous reconduire, vous et Colette, à l’appartement?
  • Oui, on a débarqué le bois sur la pelouse et puis il est reparti et nous autres on l’a monté.
  • Alors, en somme, le bois a été transporté à l’appartement ou à l’extérieur de l’appartement dans la voiture du père de Colette Therrien?
  • Oui.
  • Et qui a monté le bois à l’appartement?
  • C’est moi et Colette.
  • Et une fois rendu à l’appartement, qu’est-ce que l’on a fait avec ces matériaux-là?
  • On a commencé à installer les madriers sur le mur.
  • Qui effectuait les travaux?
  • C’est Jacques qui vissait le bois.
  • Jacques vissait le bois?
  • Oui.
  • Est-ce que d’autres personnes l’aidaient?
  • Francis et Paul.
  • Maintenant, est-ce que vous leur avez donné un coup de main à l’occasion?
  • Oui, quelque peu, oui.
  • Maintenant, à quel moment de la journée à peu près avez-vous apporté ce bois, avez-vous apporté ces matériaux dans la maison?
  • C’est le matin vers l’heure du dîner.
  • Et on a commencé la construction tout de suite?
  • Oui.
  • Et ç’a duré combien de temps la construction de cette cachette-là?
  • Jusqu’à peu près vers 18h00.
  • Maintenant, une fois qu’on eut fait la charpente, qu’on eut fait la construction est-ce qu’on a fait autre chose?
  • Ils ont tapissé le [sic] garde-robe.
  • Est-ce qu’on a également utilisé de la peinture?
  • Pour les planches sur la garde-robe, des planches comme cela, elles ont été peinturées, celui de l’entrée.

Sur la photo 54f, le témoin reconnut la planche en question.

  • Ça été peinturé, ça?
  • Oui.
  • Où vous étiez-vous procuré la tapisserie dont vous vous êtes servi?
  • Chez Pascal[2], sur la même rue.
  • Qui l’a achetée?
  • C’est moi.
  • Est-ce que quelqu’un vous avait demandé de faire cette course-là?
  • Oui.
  • Qui?
  • Jacques.
  • Jacques Rose?
  • Oui.
  • Est-ce que quelqu’un vous avait également remis les argents nécessaires pour l’achat?
  • Oui, Jacques.
  • Jacques Rose?
  • Oui.
  • Maintenant, le jeudi 22 octobre est-ce que vous avez vu à l’appartement 12 Richard Therrien?
  • Oui, je l’ai vu.
  • Est-ce qu’à votre connaissance on aurait demandé à Richard Therrien de faire quelque chose ce jour-là, d’acheter des choses?
  • Je ne m’en rappelle pas.
  • Est-ce qu’à votre connaissance il a été question à un moment donné de contre-plaqué ou de plywood pour faire des tablettes?
  • Oui.
  • Qui en a parlé?
  • Je ne le sais pas. Je sais qu’il est arrivé avec cela.
  • Qui est arrivé avec cela?
  • Richard
  • Richard Therrien?
  • Oui.
  • Richard Therrien est arrivé avec du contre-plaqué?
  • Oui.
  • Est-ce que c’était du contre-plaqué qui était déjà coupé, taillé?
  • Oui.
  • Est-ce que … qu’est-ce qu’il a fait avec ces morceaux de contre-plaqué?
  • Il les a donnés à Jacques.
  • Et qu’est-ce que Jacques Rose a fait avec ces morceaux?
  • Il a été en dedans de la cabane et s’est arrangé avec.
  • La cabane, la cachette?
  • Oui.
  • Et il s’est arrangé avec?
  • Oui.
  • Savez-vous ce qu’il faisait avec cela?
  • Je pense que c’était pour s’asseoir dessus.
  • Faire des tablettes, des sièges?
  • Oui.
  • Est-ce que vous l’avez aidé un peu pour faire cela?
  • Non, il n’y avait pas de place.
  • Maintenant, quand Jacques Rose eut terminé l’installation des tablettes est-ce qu’à votre connaissance des essais ont été faites?
  • Oui, ils en ont fait.
  • Quel genre d’essais, qu’est-ce qu’ils ont fait au juste?
  • Ils entraient dedans.
  • Et en ressortaient?
  • Oui.
  • Y êtes-vous allé, vous, à l’intérieur?
  • Non.
  • À quelle heure du jour Therrien a-t-il apporté les planches de plywood?, questionna le coroner.
  • Vers le soir, je crois.
  • Maintenant, reprit Me Boilard, à votre connaissance, en somme vous avez été témoin, vous, j’imagine des essais que l’on a pu faire dans cette cabane, dans cette cachette?
  • Oui.
  • Est-ce que ça prenait du temps pour entrer?
  • Pas tellement.
  • C’était assez vite?
  • Oui.
  • Sans évidemment avoir chronométré toute cette affaire-là ç’aurait pu prendre combien de temps d’après vous?
  • Une minute, peut-être moins.
  • Pour entrer combien de personnes, cela?, demanda le coroner.
  • Trois.
  • Maintenant, reprit encore Me Boilard, jusqu’à venir au 22 octobre 1970 est-ce que l’on doit comprendre que votre sœur Francine habitait toujours à l’appartement 12?
  • Non, elle n’habitait plus là.
  • Elle avait quitté?
  • Durant la semaine.
  • Dans la semaine de ce 22 octobre?
  • Oui, je crois que c’est cela.
  • Elle avait quitté l’appartement pour aller à quel endroit?
  • Sur la rue Parc Lafontaine.
  • Pour quelle raison?
  • Je ne le sais pas, elle était nerveuse quelque chose comme cela, elle avait peur, elle est partie.
  • Dois-je comprendre qu’elle logeait dans un appartement sur la rue …
  • Oui, une chambre je crois.
  • Sur la rue Parc Lafontaine?
  • Oui.
  • Maintenant, savez-vous qui occupait avant cette chambre-là, c’était la chambre de qui cela sur la rue Parc Lafontaine?
  • Je ne suis pas sûr, mais je crois que c’était François Roux.
  • François Roux, le connaissiez-vous, monsieur Bélisle?
  • Oui, je le connaissais parce qu’il avait déjà resté à Victoriaville, ça fait longtemps… il était ami avec ma sœur.
  • Maintenant, est-ce que vous êtes allé à Victoriaville cette semaine-là?
  • J’y ai été durant la fin de semaine, à toutes les fins de semaine j’y ai été.
  • Et quand êtes-vous revenu après cette semaine-là à l’appartement 12?
  • Lundi, je crois.
  • Le lundi, ce serait le 26 octobre?
  • Oui.
  • D’après votre calendrier?
  • C’est cela.
  • Et lorsque vous êtes arrivé ce jour-là…
  • Oui.
  • Est-ce que vous avez vu votre sœur Francine à l’appartement 12?
  • Non… Bien, je crois qu’elle y était mais je ne suis pas sûr.
  • Vous êtes arrivé à quel moment de la journée, lundi?
  • Dans l’après-midi.
  • Lorsque vous êtes arrivé dans l’appartement avez-vous vu à l’intérieur?
  • Les trois mêmes personnes, plus Colette.
  • Mais quand vous êtes entré immédiatement dans l’appartement est-ce que les frères Rose et Francis Simard étaient à l’extérieur de leur cachette?
  • Je ne peux pas me rappeler s’ils étaient à l’intérieur ou à l’extérieur.
  • Vous avez habité l’appartement 12 pour un certain temps … est-ce que vous avez vu, disons par exemple lorsque l’on sonnait à la porte ou que l’on frappait à la porte qu’est-ce qui se passait à ce moment-là?
  • Si c’était un inconnu, ils se cachaient. Si c’était Colette ou moi ou Richard ou Francine disons, ils restaient là.
  • Et qui les avertissait de sortir ou comment les avertissait-on de sortir?
  • Bien, il y avait une espèce de corde pour sonner…
  • Est-ce que vous avez dit une espèce de code ou de corde?
  • De code.
  • Et quel était ce code-là?
  • C’était six coups moyens.
  • De sonnette?
  • Oui.
  • Mais quand on était dans l’appartement et que l’on se rendait compte que c’était Richard Therrien ou Colette Therrien qui entrait ou votre sœur qui entrait, de quelle façon préveniez-vous les gens qui étaient dans la cachette qu’ils pouvaient sortir?
  • On cognait sur la porte et ils sortaient.
  • Est-ce que vous, vous avez déjà informé en cognant sur le mur de la cachette que les gens pouvaient sortir?
  • Oui.
  • Est-ce qu’à votre connaissance Colette Therrien …
  • Oui.
  • Colette Therrien l’a fait?
  • Oui.
  • Et votre sœur Francine?
  • Francine, je ne crois pas.
  • Richard Therrien?
  • Oui.
  • En somme, c’était quand même quelque chose qui était coutumier, il n’y avait rien de spécial, en somme celui ou celle qui était sur les lieux le faisait?
  • Oui.
  • Le mardi, je pense que ce serait le 27 octobre 1970 …
  • Qui avait inventé cette méthode-là?, demanda encore le coroner Trahan.
  • C’était eux autres,
  • Qui eux autres?
  • Les trois.
  • Est-ce que vous parlez de Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard?, reprit Me Boilard.
  • Bien, je sais que c’était eux autres qui …
  • Le groupe?
  • Oui.
  • Et qui vous avait dit à vous de faire cela?, questionna encore le coroner.
  • Je ne me souviens pas.
  • Mardi le 22 octobre?, fit Me Boilard.
  • Oui.
  • Est-ce que vous êtes allé travailler cette journée-là?
  • Non.
  • Est-ce que Paul Rose vous avait demandé d’aller faire une commission, une course?
  • Oui, il m’a demandé d’aller acheter un lettre à set.
  • Qu’est-ce que c’est cela?
  • C’est une feuille transparente avec des lettres en plastique, tu le mets sur la feuille et puis à l’envers tu barbouilles sur l’autre feuille et puis ça colle sur l’autre.
  • En somme, c’est un machin quelconque pour imprimer des lettres?
  • Oui.
  • Ou dessiner des lettres?
  • Oui.
  • Et de fait y êtes-vous allé l’acheter?
  • Oui, j’y ai été.
  • Et à qui l’avez-vous remis ce lettre à set?
  • À Paul Rose.
  • Vous rappelez-vous où vous avez acheté cela?
  • Dans une papeterie pas loin d’où on restait.
  • Alors, quand vous avez remis ce lettre à set à Paul Rose qu’est-ce qu’il faisait Paul Rose à ce moment-là?
  • Il écrivait quelque chose sur un papier.
  • Il écrivait quoi?
  • Je suppose que c’était un communiqué.
  • Et quand vous lui avez remis ce lettre à set qu’est-ce qu’il en a fait de ce lettre à set?
  • Il a imprimé quelque chose sur sa feuille.
  • Il a imprimé quoi?
  • Je crois que c’était FLQ.
  • Et après avoir fait cela qu’est-ce qu’il a fait du communiqué ou de la lettre qu’il écrivait?
  • Il l’a mis dans une enveloppe.
  • Et à qui a-t-il donné cette enveloppe-là, s’il l’a donnée à quelqu’un?
  • À moi.
  • Et il vous a demandé de faire quoi avec?
  • De l’apporter pour qu’un poste de radio puisse la prendre.
  • Est-ce que Paul Rose vous a mentionné l’endroit où vous deviez aller porter cette lettre-là?
  • Il m’avait dit dans le bout de la gare.
  • Quelle gare?
  • La gare Centrale d’autobus pour le Provincial, je crois. L’autobus Provincial.
  • C’était où, cela?
  • Je ne me souviens pas.
  • Est-ce que c’était le terminus où se trouve, qui se trouve sur Dorchester?
  • Je ne le sais pas, je ne peux pas dire.
  • Ou sur Berri?
  • Je ne peux pas dire.
  • Vous ne le savez pas?
  • Oui.
  • Et de fait, y êtes-vous allé?
  • Oui, j’y ai été.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait de l’enveloppe que Paul Rose vous avait remise?
  • Je l’ai mise dans une poubelle.
  • Et ensuite?
  • Rien d’autre.
  • De quelle façon vous êtes-vous rendu là?, demanda le coroner Trahan.
  • En métro et en autobus.
  • Après avoir déposé la lettre à l’endroit que vous avait indiqué Paul Rose, reprit Me Boilard, est-ce que ce dernier vous avait également demandé de faire autre chose?
  • Oui, de téléphoner.
  • De téléphoner où?
  • Au poste de radio CKAC, je crois.
  • Et qu’est-ce que vous deviez leur dire à ce moment-là?
  • Je devais leur dire que le communiqué était à une telle place dans une poubelle.
  • C’était quel genre d’enveloppe?
  • C’était une enveloppe rose.
  • Savez-vous d’où ça provenait?
  • C’était à ma sœur, elle en avait beaucoup avec des feuilles pour écrire.
  • Après avoir ainsi déposé le communiqué à cet endroit, est-ce que vous êtes revenu à l’appartement 12?
  • J’ai attendu un bout de temps parce qu’il m’avait dit de téléphoner et comme je ne voulais pas m’embarquer dans des choses comme cela j’ai attendu et …
  • Et après avoir attendu quelque temps êtes-vous revenu à l’appartement 12?
  • Oui.
  • Est-ce que vous y avez vu Paul Rose?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous lui avez dit?
  • Je lui ai dit que ça n’avait pas marché, qu’ils n’avaient pas trouvé le communiqué.
  • Alors, qu’est-ce que Paul Rose a fait à ce moment-là?
  • Il a commencé à en écrire un autre, je crois.
  • Est-ce qu’il s’est à ce moment-là encore une fois servi de lettre à set?
  • Oui.
  • Que vous aviez acheté?
  • Oui.
  • Maintenant, est-ce que vous pourriez … vous les avez vus ces communiqués-là?
  • Non, je ne les ai pas lus.
  • Mais sans lire vous avez pu voir quel genre de papier c’était?
  • Oui.
  • Avez-vous remarqué quelque chose de particulier sur le papier dont se servait Paul Rose?
  • Non, c’était du papier blanc.
  • Est-ce qu’il y avait un tracé, des couleurs?
  • Non, il n’y avait rien, c’était blanc.
  • Alors, le deuxième communiqué que Paul Rose s’est mis à écrire après votre retour comme vous nous l’avez décrit qu’est-ce qu’il en a fait?
  • Il a fait la même chose et puis il a mis son passeport, je crois, ou quelque chose comme cela dedans et c’est tout.
  • Et à qui a-t-il remis ce communiqué-là?
  • À Colette.
  • Et qu’est-ce que Colette devait faire avec ce deuxième communiqué?
  • Je crois que c’était la même chose que moi.
  • Et est-ce que de fait Colette est sortie de l’appartement?
  • Oui.
  • Est-ce qu’elle est partie seule ou en compagnie d’une autre personne?
  • Seule.
  • Et est-ce qu’elle est revenue à l’appartement après?
  • Oui.
  • Combien de temps après son départ, à peu près?
  • Deux heures.
  • Est-ce qu’il a été question également entre l’un des frères Rose par exemple et Colette Therrien de photocopie de communiqué?
  • Je crois que oui.
  • Alors, voulez-vous raconter à monsieur le coroner ce qui est arrivé?
  • Bien, je ne le sais pas, il s’est expliqué avec elle qu’il voulait avoir je crois des copies de son communiqué, il s’est arrangé avec.
  • Et à votre connaissance, est-ce que des photocopies ont été faites de ce communiqué?
  • Oui.
  • Est-ce que c’était le premier ou le deuxième cela?
  • Je ne m’en rappelle pas.
  • Et toujours à ce moment-là est-ce que l’on vous a remis à vous, monsieur Bélisle, une copie de ce communiqué-là?
  • Non.
  • Et à votre connaissance en aurait-on remis une copie à Colette Therrien?
  • Je ne m’en rappelle pas.
  • Vous souvenez-vous qu’à cette époque-là il aurait eu une réunion là à l’Université de Montréal?
  • Oui, pour les droits de l’homme.
  • Êtes-vous allé à cette réunion-là, monsieur Bélisle?
  • Oui.
  • Avec qui?
  • Seul, la première fois.
  • Et la deuxième fois?
  • J’y étais allé pour aller sonder pour voir si c’était possible d’aller porter un communiqué.
  • Et y êtes-vous allé une deuxième fois?
  • Oui, j’y suis retourné.
  • Avec qui?
  • Avec Colette.
  • Quand vous y êtes allé la première fois, est-ce que c’était à la demande et la suggestion de quelqu’un?
  • À la demande de Paul Rose.
  • Et lorsque vous y êtes retourné une deuxième fois avec Colette Therrien est-ce que vous êtes en possession de quelque chose à ce moment-là?
  • Oui, un communiqué.
  • Et qu’est-ce que vous en faites?
  • On le dépose près d’une boîte à malle, c’est marqué affranchi et non affranchi, c’est près de la salle et là j’ai téléphoné pour dire où il était.
  • À qui … vous avez téléphoné à qui?
  • À quelqu’un qui répondait, j’avais demandé à une personne qui parlait en avant mais …
  • Vous aviez demandé un des conférenciers?
  • Comme il ne pouvait pas se déranger c’est à quelqu’un là qui a répondu et puis il a dit que c’était correct.
  • Mais qu’est-ce que vous avez dit, vous?
  • J’ai dit qu’il y avait un communiqué près de la boîte à malle et tout cela et il est allé le chercher.
  • Quand vous avez appelé pour ce communiqué-là, intervint le coroner Trahan, est-ce que vous étiez à l’université même?
  • Non, j’étais dans une boîte téléphonique.
  • En dehors de l’université?
  • Oui.
  • Ce soir-là, reprit Me Boilard, le soir de la réunion à l’Université et du communiqué etc., est-ce qu’il est arrivé un incident, une erreur de numéro de téléphone, question de monnaie également de 10¢ qui disparaissaient, que vous n’aviez plus?
  • Oui, il me manquait un dix sous, je m’étais trompé de numéro.
  • Est-ce que vous avez dit cela, est-ce que vous en avez informé Colette Therrien que vous vous étiez trompé?
  • Oui, je suis retourné pour lui dire que je n’avais pas pu téléphoner et tout cela, et là elle m’a donné un autre dix sous et j’ai été téléphoner.
  • Où était-elle Colette Therrien à ce moment-là?, questionna le coroner.
  • Elle était à l’université.
  • Maintenant, reprit Me Boilard, ce que vous deviez dire lors de cette conversation, de ce téléphone plutôt à l’Université qui vous avait [dit] de dire cela, vous avait dit quoi de dire?
  • C’était Paul Rose.
  • Est-ce que Colette Therrien était avec vous lors de ce téléphone-là?
  • Non, elle était à l’Université pour voir s’il passerait ou non.
  • Maintenant, est-ce qu’elle vous avait dit ou demandé de faire quelque chose relativement toujours au communiqué de l’Université?
  • Non.
  • Ce n’est pas elle qui vous avait dit : « tu diras cela lorsque tu téléphoneras ou tu parleras à untel »?
  • Non.
  • L’erreur du numéro de téléphone maintenant… Est-ce que vous l’aviez noté ce numéro de téléphone-là?
  • Non, je l’avais dans ma mémoire.
  • Et est-ce que vous avez mentionné à Colette Therrien que …
  • Oui, je lui ai dit, on est ressorti ensemble et là j’ai été téléphoner.
  • Est-ce que c’est parce que vous aviez un blanc de mémoire ou si vous étiez nerveux à ce moment-là?
  • J’étais nerveux.
  • Et à ce moment-là, vu votre nervosité, est-ce que Colette vous a donné des instructions ou vous a suggéré de faire des choses, de dire des choses?
  • Non, elle ne m’a rien suggéré, j’ai refait un autre téléphone.
  • Et cette fois-ci, sans vous tromper de numéro?
  • Oui.
  • Maintenant, le jeudi de la même semaine, je pense que ça serait le 29 octobre, c’est cela?
  • Plutôt le 30 … non … le 30, oui. Le 29, oui.
  • Je 29 octobre, jeudi?
  • Oui.
  • Quand vous vous êtes levé le matin est-ce que Colette Therrien était à l’appartement?
  • En d’autres termes, disons, peut-être pour vous aider là, est-ce que vous auriez eu un téléphone de Colette Therrien le matin du 29 octobre 1970 relativement à un communiqué?
  • Non, je ne crois pas en avoir eu … je n’ai peut-être pas compris.
  • Je vais essayer de vous aider, est-ce que ce jeudi le 29 octobre 1970, dans la journée de jeudi le 29, est-ce que vous auriez parlé avec Colette Therrien au téléphone relativement à un communiqué qu’elle avait livré?
  • Je ne m’en rappelle pas.
  • Vous ne vous en souvenez pas?
  • Non.
  • Est-ce qu’au cours de cette journée-là vous avez vu Colette Therrien à l’appartement toujours …
  • Le soir.
  • De quoi a-t-il été question entre vous et elle?
  • Rien de spécial.
  • Est-ce qu’il a été question de communiqué dans la soirée du 29?
  • Oui, il voulait qu’elle aille porter je crois des communiqués à tous les postes de radio et comme c’était pas possible elle a appelé… elle avait appelé pour dire qu’elle était trop fatiguée.
  • Qui lui avait demandé d’aller porter des communiqués?
  • Paul Rose.
  • Est-ce que cette journée-là toujours votre sœur Francine se trouvait à l’appartement?
  • Je ne peux pas dire.
  • Vous, lui avez-vous parlé?
  • Non, je ne lui ai pas parlé.
  • Est-ce qu’il a été question d’une certaine Micheline, que vous changiez de place pour …
  • Ah! Oui, le soir moi-même j’ai été coucher chez elle.
  • Qui vous avait demandé …
  • C’est Francine qui avait appelé.
  • Votre sœur Francine vous avait appelé à l’appartement?
  • Elle avait appelé Colette.
  • Et elle voulait que vous alliez coucher chez cette amie?
  • Oui.
  • Micheline?
  • Oui.
  • Et est-ce que de fait vous y êtes allé?
  • Oui.
  • Vous êtes resté combien de temps chez Micheline?
  • Je suis parti le vendredi pour aller à Victoriaville.
  • Est-ce que vous êtes revenu à Montréal la semaine suivante qui serait le lundi 2 novembre?
  • Oui, je suis revenu.
  • Et où êtes-vous allé, à l’appartement?
  • Je suis allé à la chambre où Francine restait.
  • Sur le parc Lafontaine?
  • Oui.
  • Francine s’y trouvait toujours?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait?
  • Francine avait beaucoup de bagages et puis fallait qu’elle retourne à l’appartement alors …
  • À l’appartement sur Reine Marie?
  • Oui.
  • Et lui avez-vous aidé à retourner?
  • Oui, je lui ai aidé. Il a fallu que j’aille chercher les bagages.
  • Quand vous êtes arrivé à l’appartement sur Reine Marie?
  • Oui.
  • Qui y avez-vous vu?
  • J’ai vu Paul Rose, Jacques Rose ainsi que Francis Simard et Lortie.
  • Lortie était là?
  • Oui.
  • Bernard Lortie?
  • Oui.
  • Est-ce que vous le connaissiez avant ce jour-là?
  • Non.

Pour être certain qu’on parlait du même individu, Me Boilard montra au témoin la photo cotée 17 et le témoin y reconnut aisément Bernard Lortie.

  • Et là, est-ce que quelqu’un vous l’a présenté, Lortie?
  • Non, je l’avais vu dans les journaux.
  • À cette époque-là, on est disons au 2 novembre 1970, est-ce que vous saviez, monsieur Bélisle, que Paul Rose était recherché par la police?
  • Est-ce que vous saviez également que Lortie était recherché par la police?
  • Oui.
  • Saviez-vous que Simard était recherché?
  • Oui.
  • Également Jacques Rose?
  • Oui.
  • Durant le temps où ces trois personnes à l’exception de Lortie, étaient à l’appartement et à compter du 2 novembre lorsque Lortie y est arrivé est-ce que vous écoutiez les émissions de télévision?
  • Oui, les émissions de télévision, de radio.
  • Est-ce que vous écoutiez les bulletins de nouvelles?
  • Oui.
  • Est-ce que vous auriez vu par exemple, à la télévision les photographies …
  • Non, je n’en ai pas vu à la télévision.
  • Dans les journaux peut-être?
  • Oui.
  • Alors ça c’était … vous le saviez, vous?
  • Oui, je savais que ma sœur était là aussi.
  • Était à l’appartement sur Reine Marie?
  • Oui.
  • Combien y avait-il de chambres à coucher dans cette maison-là?, demanda le coroner Trahan.
  • Deux, un salon, une cuisine et puis une espèce de hall d’entrée.
  • Est-ce que tout le monde se couchait en même temps ou s’il y en avait qui faisaient la garde?
  • Quand vous êtes entré le 2 novembre 1970 à l’appartement du chemin de la Reine Marie vous accompagniez Francine votre sœur?, reprit Me Boilard.
  • Oui.
  • Vous lui aidiez à apporter ses bagages?
  • Oui.
  • Lorsque vous êtes entré dans l’appartement est-ce que les quatre c’est-à-dire les deux frères Rose, Simard et Lortie étaient dans l’appartement ou sinon où étaient-ils?
  • Ils étaient cachés.
  • Est-ce qu’à un moment donné ils sont sortis de leur cachette?
  • Oui.
  • Qui les a informés?
  • Ha! Je ne le sais pas.
  • Après avoir reconduit votre sœur Francine à l’appartement toujours ce 2 novembre êtes-vous resté, vous, à l’appartement 12?
  • Non, j’ai pris mes bagages et je suis parti à la chambre qu’elle avait eue …
  • À la chambre de Francine?
  • Oui.
  • Sur la rue Parc Lafontaine?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait dans cette semaine du 2 novembre?
  • J’ai peinturé ma chambre.
  • La chambre sur Parc Lafontaine?
  • Oui.
  • Et vous êtes resté à cette chambre-là jusqu’à quelle date à peu près?
  • Jusqu’au vendredi.
  • Ça se trouvait vendredi, 6 novembre?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait ce vendredi-là?
  • Je suis monté à Victoriaville.
  • Et est-ce que vous avez passé le week-end là?
  • Oui.
  • Et êtes-vous revenu le 9 novembre?
  • Non … oui, je suis revenu.
  • Vous êtes revenu le 9 novembre?
  • Oui.
  • Et où êtes-vous allé?
  • J’ai été chercher mes bagages.
  • À la chambre sur Parc Lafontaine?
  • Oui.
  • Et êtes-vous resté longtemps chez Micheline?
  • Non, je suis parti le mardi.
  • Pour Victoriaville?
  • Oui.
  • Et êtes-vous revenu à Montréal subséquemment?
  • Non.
  • Pendant votre séjour sur Queen Mary est-ce qu’il a été question entre vous et l’un quelconque des trois et à compter du 2 novembre l’un des quatre Rose, Lortie, Simard …
  • Je n’ai pas demeuré avec l’autre, avec les trois.
  • Avec les trois, d’accord. Est-ce qu’il a été question par exemple de l’enlèvement de monsieur Laporte?
  • Non, il n’a pas été question de cela.
  • Est-ce que l’un des frères Rose ou Simard aurait passé en votre présence des commentaires disons suite à des bulletins de nouvelles à la télévision ou à la radio ou suite à des informations dans les journaux?
  • Bien, des commentaires parce qu’ils étaient recherchés, c’est évident.
  • Est-ce que l’on aurait parlé en votre présence durant cette période-là de monsieur Cross?
  • Non, il n’a pas été question de monsieur Cross.
  • À cette époque-là, à ce moment-là?
  • Non.
  • En votre présence toujours?
  • Non.
  • À votre connaissance, est-ce qu’il y aurait eu des armes pendant le moment là où les frères Rose et Francis Simard étaient à l’appartement 12, est-ce que vous y auriez vu des armes à feu?
  • Non, je n’ai pas vu d’armes, j’ai vu des boîtes.
  • Des boîtes qui se trouvaient où?
  • Dans la cachette?
  • Oui.
  • Vous n’avez pas vu ce qu’il y avait dedans?
  • Non.
  • Vous n’auriez pas vu disons ouvertement là, comme je vous montre mon stylo, une arme à feu, revolver, pistolet ou quoi que ce soit?
  • Non.

Questionné par le coroner, Bélisle précisera que cette boîte avait une dimension d’environ 7 X 12 pouces.

  • Est-ce qu’il aurait été question, sans évidemment les voir mais est-ce qu’on aurait mentionné en votre présence toujours à l’appartement 12, qu’il s’y trouvait des armes à feu dans l’appartement?
  • Quand j’ai vu cela, les boîtes, on m’a dit que c’était des armes.
  • Qui vous a dit cela?
  • Jacques.
  • Jacques Rose?
  • Oui.
  • Est-ce que l’on a spécifié quelle sorte d’armes ça pouvait être?
  • Non.
  • Une .22 ou un fusil de chasse?
  • Non, pas clairement.
  • Bien, si pas clairement …
  • On a dit que c’était des armes.

Me Boilard lui demanda ensuite de regarder la jeune femme qui venait d’entrer dans la salle et le témoin l’identifia comme étant sa sœur, Francine Bélisle.  Peu de temps après, il lui demanda d’identifier Colette Therrien et Richard Therrien.  Une fois ces faits établis, Me Boilard annonça en avoir terminé avec le témoin François Bélisle.  La cour s’ajourna pour la pause du midi.

Je suis conscient que la lecture d’un témoignage aussi long peut s’avérer ennuyeux par moment, mais cette présentation répond à un besoin de transparence. On ne pourra pas m’accuser de mal résumer un témoignage ou de créer des citations hors contexte. Les témoignages sous serment étant de la preuve légale, il est parfois nécessaire de bien s’en imprégner pour tenter de se rapprocher le plus possible du contexte de l’époque.

Le témoignage suivant sera celui de Francine, la sœur de François Bélisle.


[1] Retranscris tel que lu dans les transcriptions sténographiques.  Par « un chose » au lieu de « une chose », le témoin voulait certainement dire « un truc ».

[2] Nom d’une quincaillerie en vogue à cette époque.

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