Octobre 70: Fernand Venne (31)

Me Robert Lemieux

Roger Fernand Venne, 43 ans, était le mari de Thérèse, qui avait témoigné un peu plus tôt à propos d’une visite que Paul Rose avait faite à leur maison de Longueuil pendant que le ministre Pierre Laporte était introuvable.  Venne travaillait pour l’Hydro-Québec.

Le coroner Trahan demanda aux journalistes présents dans la salle de ne pas divulguer l’adresse du témoin.  D’emblée, le coroner accorda aussi à Venne la protection de la Cour.

D’abord interrogé par Me Yves Fortier, on apprit que le témoin était marié à Thérèse Dubois et que le couple avait trois enfants prénommés Roger, René et Sylvie[1].  Il lui montra ensuite la photo déposée sous la cote 9 en lui demandant de l’identifier.

  • C’est Paul Rose, répondit le témoin.
  • Pourriez-vous, s’il vous plaît, brièvement dire au coroner depuis combien de temps vous connaissez Paul Rose, dans quelles circonstances vous l’avez rencontré et si vous l’avez vu souvent durant les deux ou trois dernières années?
  • Je l’ai rencontré, si je me souviens bien, c’était à l’occasion de l’organisation du MIS sur la rive sud, c’était chez un monsieur Lefebvre, Jacques Yvon Lefebvre.
  • En quelle année cela environ?
  • Il y a environ peut-être deux ans, deux ans et demi.
  • Vers les années 68 environ?
  • Oui.
  • Et après cette première rencontre en marge du mouvement MIS est-ce que vous avez revu assez régulièrement monsieur Paul Rose?
  • Je l’ai vu assez souvent par la suite, oui, d’abord dans d’autres organisations, d’abord pour le MIS beaucoup, et puis ensuite dans certaines assemblées du Parti Québécois et puis lorsqu’on a organisé le Parti Québécois dans le comté de Taillon il a travaillé avec nous autres.
  • Est-ce que l’on peut dire que Paul Rose était un ami politique ou un ami social en autant que votre famille est concernée?
  • Bien, disons que sans être un ami intime on le connaissait bien.
  • Est-ce que vous avez déjà eu l’occasion avant cette année, avant cet automne, de lui rendre des services à Paul Rose?
  • Services, non, personnellement non, à lui personnellement non. C’était des services disons que l’on se rendait mutuellement pour une cause.
  • Est-ce qu’il ne vous a pas lui déjà rendu des services?
  • Oui, plusieurs services, de fiers services.
  • Il vous a aidé par exemple à la construction de votre maison?
  • Oui, l’an dernier à deux occasions où l’on était mal pris à ce moment-là parce que la première fois moi j’étais accidenté, je ne pouvais pas me servir de ma main droite alors il était venu nous aider avec mon frère pour défaire l’ancienne cheminée de la maison.
  • Quand vous dites son frère, c’est son frère Jacques?
  • Non, mon frère.
  • Est-ce que vous le connaissez son frère Jacques Rose?
  • Oui, je l’ai rencontré, je ne l’ai pas rencontré souvent Jacques mais il y a eu … à une occasion il m’a rendu service aussi, j’avais un trouble sur mon automobile, un trouble de freins et comme il était bon mécanicien il était venu me réparer cela.
  • C’était un bon mécanicien Jacques Rose?
  • Oui, très bon, parce que ça faisait deux fois que j’allais au garage avec mon auto et j’avais toujours le même trouble.
  • Il n’avait pas une certaine réputation Jacques Rose sur la rive sud comme étant le mécanicien des indépendantistes?
  • Oui, un peu.
  • C’est cela?
  • Oui, beaucoup d’indépendantistes avaient recours à ses services.
  • Monsieur Venne, au mois d’octobre 1970 et plus exactement le 13 de ce mois est-ce que vous avez rencontré Paul Rose et si oui, dans quelle circonstance?
  • Oui, d’abord j’ai appris qu’il était chez nous parce qu’en revenant de dîner au bureau j’avais un message d’appeler à la maison et c’est là que ma femme m’a annoncé que Paul Rose était à la maison. Je l’ai vu en revenant.
  • Est-ce que vous lui avez parlé au téléphone?
  • Oui.
  • De quoi a-t-il été question entre Paule Rose et vous à ce moment-là au téléphone?
  • Au téléphone simplement il m’a dit qu’il avait quelque chose à me demander et puis qu’il aimait mieux de le demander de vive voix alors je lui ai dit : « il va falloir que tu attendes que je revienne de travailler parce que je finis à 16h30 et je vais être à la maison vers 17h05, 17h10 ».
  • Maintenant, ça faisait combien de temps que vous ne l’aviez pas vu ou que vous ne lui aviez pas parlé à Paul Rose?
  • Au-delà d’un an.
  • Avez-vous été surpris quand votre femme vous a dit « Paul Rose est ici »?
  • Oui, pas mal. J’ai dit : « d’où qu’il sort celui-là? ».
  • Est-ce que vous lui avez demandé à Paul « d’où sors-tu? »?
  • Non, pas au téléphone.
  • Alors, cette conversation au téléphone a été plutôt brève?
  • Oui, très brève.
  • Alors, quand vous terminez votre travail le soir vous entrez chez vous?
  • Oui.
  • Et vous voyez Paul Rose?
  • Oui.
  • De quoi a-t-il été question entre vous et Paul Rose à ce moment-là?
  • Quand je suis arrivé à la maison il était assis devant la télévision. Moi j’ai été à la chambre de bain et là j’ai été le retrouver au salon et je lui ai demandé qu’est-ce qui l’amenait.
  • Est-ce qu’il vous a dit qu’il avait des problèmes?
  • Oui, il a dit qu’il avait des problèmes financiers et puis que … que l’affaire de la Maison du Pêcheur à Gaspé lui avait fait beaucoup de dettes et puis là qu’il avait des créanciers qui étaient à ses trousses et puis qu’il avait besoin d’argent rapidement.
  • En d’autres mots, le service qu’il vous demandait c’était de lui prêter des sous?
  • Oui, c’est cela.
  • Qu’est-ce que vous avez répondu?
  • Je lui ai répondu : « pauvre toi, si j’avais de l’argent je finirais de bâtir ma maison, c’est impossible dans le moment ».
  • Est-ce que Paul Rose … le Paul Rose que vous voyiez le 13 octobre dans votre salon, est-ce que c’était en apparence, en physionomie, en réaction, est-ce que c’était le même Paul Rose que vous aviez vu plus d’un an auparavant?
  • Je lui ai demandé aussi parce que je voyais qu’il avait l’air curieux, qu’il avait l’air, je ne sais pas comme abattu, caduque et puis je lui ai demandé qu’est-ce qu’il avait, ce qui se passait et puis il m’a dit qu’il avait eu un accident, qu’il avait tombé en bas d’un escalier, d’ailleurs il portait des marques sur le front et puis qu’il avait bien mal à la tête.
  • Il avait mal à la tête?
  • Oui, alors j’ai mis cela sur le compte de cela qu’il n’avait pas l’air disons …
  • Dans son assiette?
  • Oui, à son normal.
  • Il ne vous a pas donné d’autres explications?
  • Non.
  • Vous ne lui en avez pas demandé d’autres?
  • Oui, je lui ai demandé qu’est-ce qu’il faisait, s’il travaillait, s’il faisait encore … s’il enseignait encore et puis il m’a dit : « non, je n’ai pas été ré-engagé par la Régionale de Chambly alors je lui ai dit : « qu’est-ce que tu comptes faire? ». Il m’a répondu : « j’ai fait application dans d’autres régionales pour essayer d’avoir de la suppléance, et puis là il m’a dit « je m’attends d’avoir une réponse ces jours-ci d’une régionale de Montréal ».  Ç’a resté là.
  • Et l’argent qu’il vous demandait, est-ce qu’il vous disait pourquoi il en avait besoin?
  • Bien, c’est cela qu’il m’avait dit.
  • Pour payer les dettes?
  • Oui.
  • Est-ce qu’il a mentionné un montant?, questionna le coroner.
  • Non, il n’en a pas été question.
  • Est-ce qu’il vous a demandé autre chose à part l’argent?, reprit Me Fortier.
  • Non.
  • Est-ce que vous lui avez fait des suggestions, est-ce que vous lui avez dit où il pourrait en trouver de l’argent?
  • Non.
  • Vous ne lui avez pas dit par exemple « tu pourrais peut-être t’adresser à tes parents »?
  • Oui, je lui ai dit cela, je lui ai demandé, je lui ai dit : « t’as pas essayé du côté de ta mère, elle vient de s’acheter un char, elle doit avoir de l’argent ».
  • Au 13 octobre, monsieur Venne, ne vous méprenez pas sur le sens de ma question, au 13 octobre c’est trois jours après l’enlèvement de Pierre Laporte, n’est-ce pas, à Saint-Lambert?
  • Oui.
  • Je pense qu’il ne serait pas exagéré de ma part de dire que c’est sur les lèvres de tous les montréalais, même les montréalais de la rive sud?
  • Oui.
  • Paul Rose est un type avec lequel vous avez milité dans des partis politiques ou para-politiques, est-ce que vous parlez à ce moment-là ou en tout temps avec Paul Rose de l’enlèvement de Pierre Laporte et de monsieur Cross?
  • Non, je me souviens qu’il en avait été question aux bulletins de nouvelles quand on regardait la télévision puis je lui ai demandé qu’est-ce qu’il en pensait et puis il a tout simplement haussé les épaules, n’a pas dit un mot, aucun commentaire.
  • Est-ce qu’il avait été question par exemple au bulletin de nouvelles du 13 octobre au soir que l’avocat Robert Lemieux avait été mandaté par le FLQ pour négocier avec Me Robert Demers?
  • Je ne me souviens pas à ce moment-là qu’est-ce que … quelle était la nature exacte des nouvelles, je ne m’en souviens pas.
  • Alors, votre témoignage catégorique, monsieur Venne, c’est que Paul Rose n’a aucunement fait mention de l’enlèvement de monsieur Laporte ou de monsieur Cross et n’a passé aucun commentaire à ces sujets?
  • Pas du tout, quand je lui ai posé la question tout ce qu’il a fait, il a haussé les épaules.
  • Est-ce qu’à votre connaissance Paul Rose s’est servi de l’appareil téléphonique chez vous?
  • Pas le temps que j’étais à la maison, non.
  • Maintenant, est-ce que vous pourriez nous dire s’il vous plaît ce qui est arrivé quand vous avez eu fini de souper, que vous avez eu fini de voir les nouvelles, de visionner les nouvelles à la télévision, qu’est-ce que vous avez fait?
  • C’est qu’après le souper il avait mentionné, d’ailleurs il me l’avait mentionné plus tôt quand il a été question d’argent là, qu’il y avait quelqu’un qu’il voulait voir à Montréal qui serait probablement en mesure de lui aider.
  • Est-ce qu’il vous a dit qui était cette personne?
  • Non, il ne m’a pas mentionné de nom.
  • Est-ce qu’il vous a dit où cette personne demeurait?
  • Je lui ai demandé, moi … ça, c’est après le souper quand il a été question de partir, il a dit : « Bon, bien, je vais m’en aller à c’t’heure, il faut que j’aille à Montréal », ça fait que je lui ai dit : « écoute, c’est tu loin où tu vas à Montréal, je lui ai dit, nous autres on a affaire à Longueuil au comptoir de journaux … ».
  • Chez Carignan?
  • Oui, ça fait que je lui ai dit : « si ce n’est pas trop loin, j’ai rien qu’à traverser le pont, c’est une affaire de rien, je vais aller te reconduire ».
  • Est-ce qu’il a accepté votre offre?
  • Ha! Il a dit : « ce n’est pas nécessaire, je vais m’arranger ».  Ça fait que je lui ai dit : « écoute, si t’es mal pris t’as pas d’argent, c’est une affaire de rien pour moi d’aller te reconduire ». Ça fait qu’il a dit : « c’est correct », et puis c’est [là] qu’on est parti.
  • Vous êtes partis avec votre automobile?
  • Oui.
  • Où était garée votre voiture, est-ce qu’elle était garée sur la rue devant votre maison?
  • Non, elle était dans la cour.
  • Est-ce que c’est une cour qui est illuminée ou si c’est une cour qui est plutôt sombre?
  • Bien, quand les lumières sont allumés dans la cour en arrière, évidemment, il fait clair.
  • Et est-ce que les lumières étaient allumées ce soir-là?
  • Ce soir-là, je ne pourrais pas vous dire mais fort probablement que quand il fait noir on les allume, surtout pour sortir.
  • Alors, quand vous quittez la maison il fait noir?
  • Oui.
  • La nuit est tombée?
  • Oui, c’est assez sombre.
  • Alors, là, vous vous dirigez en voiture…
  • Oui.
  • C’est vous qui conduisez?
  • Oui.
  • Paul Rose est assis au centre?
  • Non, c’est ma femme qui est assise au centre.
  • Et Paul Rose?
  • Il est assis à droite.
  • Près de la portière?
  • Oui.
  • Et si je comprends bien, vos deux enfants sont en arrière?
  • Oui.
  • Est-ce que Paul Rose à ce moment-là, monsieur Venne, a un comportement qui continue de vous surprendre?
  • Non, il était tranquille. Il n’a pas dit un mot presque tout le temps de la route.
  • Avez-vous remarqué si, en aucun temps, alors qu’il est assis dans votre voiture, s’il se retournait pour voir par exemple s’il était suivi?
  • Moi, je n’ai rien remarqué d’anormal dans son comportement.
  • D’accord. Alors, vous allez chez Carignan?
  • Oui.
  • Acheter des cigarettes, je crois, est-ce cela?
  • Oui.
  • Là, vous avez stationné votre voiture?
  • J’ai arrêté devant chez Carignan sur la rue Saint-Charles et puis ma femme est descendue avec Paul Rose et puis moi j’ai continué avec mon auto sur la rue Grant et je me suis stationné là.
  • Vous n’avez pas stationné devant le kiosque à journaux, n’est-ce pas?
  • Non.
  • Est-ce qu’il y avait une raison particulière pour cela?
  • C’est défense de stationner là.
  • Alors, c’est pour ça que vous êtes allé sur l’autre rue?
  • Oui.
  • Et là, est-ce que vous êtes resté dans votre voiture?
  • Non, je suis descendu et j’ai été me chercher un paquet de cigarettes.
  • Et tous les trois vous êtes revenus dans la voiture?
  • Oui.
  • Est-ce qu’à votre connaissance Paul Rose a acheté quelque chose au kiosque?
  • Non.
  • Alors, qu’est-ce qui arrive après … Paul Rose ne vous avait pas dit où il allait, n’est-ce pas?
  • Il m’avait dit que c’était dans l’est de la ville sur la rue Ontario près de Cuvilliers.
  • Il vous avait dit sur Ontario près de Cuvilliers?
  • Oui, quand je lui avais demandé si c’était loin.
  • Alors, là, qu’est-ce qui arrive, vous empruntez le pont Jacques-Cartier?
  • Oui, on continue, on prend la rue Ontario et on se dirige vers l’est.
  • Est-ce que c’est lui qui vous dirige ou si c’est vous qui savez où aller?
  • Je savais où aller parce que je connais la rue Cuvilliers, je sais où ça se trouve, j’ai déjà demeuré dans ce coin-là.
  • Alors vous arrivez à un moment donné au coin de Cuvilliers et Ontario?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce qui se passe, là?
  • J’ai tourné sur Cuvilliers et là j’ai modéré et je lui ai demandé : « est-ce que c’est loin où tu t’en vas? ». Il m’a répondu : « non, la première chance que vous avez d’arrêter … c’est dans ce bout-ci ».  Alors le premier coin que j’ai pu trouver pour me tasser près du trottoir, bien j’ai arrêté et c’était à peu près à 200, 300 pieds du coin de la rue Ontario.
  • Et qu’est-ce qui est arrivé, là?
  • Il est descendu et nous a dit : « bonsoir, merci ». Et c’est tout.
  • Il ne vous a pas donné d’autres précisions quant à l’endroit où il allait?
  • Non.
  • S’il y allait à pied, s’il y allait en taxi?
  • Non.
  • S’il pénétrait dans une maison?
  • Non, du tout.
  • Et vous, qu’est-ce que vous avez fait après cela?
  • J’ai continué sur la rue Cuvilliers qui est un sens unique vers le nord et puis là à partir de là, ma femme m’a mentionné que ça lui tentait de voir les magasins sur la rue Sainte-Catherine dans l’ouest. Ça faisait longtemps qu’elle ne les avait pas vus, qu’elle n’avait pas vu les magasins illuminés, ça fait que j’ai dit : « on a le temps d’y aller avant que Roger revienne de l’école ».
  • Aviez-vous pensé à ce moment-là, monsieur, que monsieur Rose devait revenir coucher chez vous le soir?, intervint le coroner.
  • Je ne me souviens pas s’il en avait été question mais je sais que ma femme l’avait invité à revenir.
  • Est-ce que Paul Rose, lorsqu’il a quitté votre domicile pour pénétrer dans votre voiture, est-ce qu’il avait, est-ce qu’il portait un imperméable ou un manteau quelconque?, reprit Me Fortier.
  • Non, seulement un jacket.
  • Il portait seulement un jacket avec chemise?
  • Chemise ou blouse.
  • Maintenant, est-ce que vous avez constaté, monsieur Venne, après la visite de Paul Rose, s’il avait oublié quelque chose chez vous et si oui, quoi?
  • Non, moi je l’ai appris seulement une semaine plus tard qu’il avait laissé son manteau chez nous.
  • Alors, ni votre femme, ni vos enfants, ni l’un ou l’autre de vos enfants vous aurait dit le lendemain par exemple le 14 octobre, que Paul Rose avait laissé un manteau chez vous?
  • Non, je n’étais pas au courant.
  • Après votre arrivée du bureau est-ce qu’en aucun temps l’un ou l’autre de vos enfants aurait quitté la maison?
  • Pas à ma connaissance.
  • Est-ce que vous avez dit à qui que ce soit après le 13 octobre 1970 et ce, évidemment à part de la police, que Paul Rose vous avait rendu visite à cette date-là?
  • On en a fait le moins de publicité possible à la suite, à la connaissance des événements qui sont survenus par la suite.
  • Mais le 14, par exemple, ou le 15 est-ce que vous n’avez pas dit à quelqu’un de vos amis ou de vos connaissances que Paul Rose était venu chez vous?
  • Oui, c’est possible.
  • D’amis que vous pouviez avoir en commun?
  • C’est possible.
  • Est-ce que Paul Rose avait demandé de faire des messages pour lui?
  • Non.
  • Est-ce que vous connaissez cet individu dont je vous montre la photo ici (photo cotée 10)?
  • Oui, Francis Simard.

Venne reconnut également Jacques Rose sur la photo no 11.  Quant à Bernard Lortie, il dira ne jamais l’avoir rencontré. Il reconnaissait son visage uniquement pour l’avoir vu dans les journaux. Il reconnut aussi Lise Rose, la sœur des célèbres frères felquistes.

  • Est-ce que vous savez si le lendemain de la visite de Paul Rose à savoir le 14 octobre est-ce que vous savez si quelqu’un s’est rendu chez vous pour y voir Paul Rose?
  • J’ai su par la suite que Mme Rose était venue faire un tour chez nous, c’était le mercredi matin, je crois.
  • Est-ce que vous savez aussi si depuis le 13 octobre 1970 Paul Rose a placé un appel à votre domicile?
  • Non.
  • Vous n’êtes pas au courant?
  • Non.
  • Monsieur Venne, il a été question très brièvement tout à l’heure de l’apparence de Paul Rose la journée du 13 octobre. Est-ce que vous pourriez s’il vous plaît nous donner un peu plus de précision sur les blessures qu’il semblait porter à la figure?
  • Bien, ça m’a donné l’impression de ne pas être des blessures très graves, ça m’a semblé plutôt superficiel mais il avait des taches rouges ici comme du mercurochrome, de l’iode à différentes places sur le front, dans le haut du front.
  • Est-ce que ça vous semblait être des blessures qui avaient été causées récemment ou qu’il avait subies longtemps auparavant?
  • Je ne pourrais pas dire.
  • Et son explication était qu’il était tombé dans un escalier?
  • Oui, c’est cela.

Avant de remercier complètement le témoin, le coroner lui fit dire qu’à ce moment-là Paul Rose avait les cheveux bruns et ne portait pas la barbe.

René Venne, 14 ans, suivit son père à la barre des témoins. Ce fut ensuite au tour d’Angèle Lavallée, une infirmière de 21 ans. On entendit également Pierre Lemay, 21 ans, et Robert Pagé, 27 ans.


[1] Selon le registre de l’état civil, on retrouve un Armand Fernand Venne qui a épousé une Thérèse Dubois le 25 octobre 1952.  On le décrivait alors comme comptable.  Rien ne prouve, cependant, qu’on parle bien du même couple.

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