Roméo Boudreau, le livreur du magasin général

Né en 1923, Roméo Boudreau gagna d’abord sa vie comme limeur de pièces mécaniques destinées à l’assemblage de locomotives.

Par la suite, et cela pour une période s’échelonnant sur 13 ans, il fit partie de l’armée canadienne à Val Cartier, plus particulièrement au sein du Régiment de Maisonneuve, dont la devise était « bon cœur, bon bras. » Ce régiment existait sous ce nom depuis 1920.[1]

En 1943, l’année de son 20e anniversaire, il épousa Éva Cormier à Limoilou. Ensemble, ils eurent 13 enfants. Au moment de le rencontrer afin de réaliser ce texte, il y a de cela plusieurs années, leur couple comptait aussi 21 petits-enfants et 6 arrière-petits-enfants.

En 1945, entra à l’usine Wayagamack, où il s’affaira principalement à la production ainsi qu’à la mécanique des camions. Dans ses temps libres, afin de vivre des soirées enlevantes avec sa famille, il se transformait en joueur d’accordéon.

Toutefois, le métier qui a caractérisé le plus cet homme fut celui qu’il avait pratiqué avant son entrée à l’usine. En effet, de 1936 à 1940, il fut livreur pour le magasin général des Robichaud, l’un des plus imposants de son époque à Cap-de-la-Madeleine. Pour ses livraisons, il utilisait une voiture tractée par un cheval. L’écurie, située au coin des rues Latreille et Saint-Laurent, servait à abriter les chevaux, mais aussi le camion qu’on utiliser pour la livraison du bois.

En fait, Roméo utilisait d’abord sa bicyclette pour rencontrer ses clients et prendre par écrit leurs commandes. Ensuite, de retour à l’écurie, il préparait sa cargaison et attelait le cheval pour entamer sa tournée de livraison. Lors de ces tournées, il se souviendra ne jamais avoir été volé, même si l’animal se devait d’attendre parfois plusieurs minutes lors d’une livraison. Principalement, il se souvenait avoir distribué à travers la ville des marchandises variées, à savoir du bois, du charbon, de la bière, et ainsi de suite.

Essentiellement, deux chevaux étaient gardés à l’écurie Robichaud mais Roméo se rappelait encore, plusieurs décennies plus tard, avoir eu un faible pour celui baptisé Ti-Gars.

 

 

[1] « Le Régiment de Maisonneuve | Histoire », Régiment de Maisonneuve, consulté le 13 janvier 2019, https://www.rdemais.com/histoire.

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