Bienséances: la politesse

L’abbé Thomas-Grégoire Rouleau (photo BAnQ: (03Q,P1000,S4,D83,PR42-1))

Au cours des prochaines semaines, Historiquement Logique publiera des extraits du Manuel des bienséances par l’abbé Th.-G. Rouleau publié en 1899. Ce clin d’œil sur le passé a pour seul but de nous amuser un peu quant à l’évolution de certaines mœurs ou du langage d’autrefois.

L’abbé Thomas-Grégoire Rouleau est décédé en avril 1928 à l’âge de 77 ans. Il a écrit d’autres ouvrages consacrés à l’éducation.

Ce petit livre, constitué d’un peu moins d’une centaine de pages, se présentait sous différents thèmes, dont celui de la politesse, de la famille, de l’école, le mouchoir de poche, etc. Évidemment, on reconnaître l’influence du clergé dans le style littéraire. Voici d’ailleurs le texte que l’abbé Rouleau réservait dès les premières pages, s’adressant directement à ses élèves :

            Je dédie cordialement cet humble Maluel [sic] des Bienséances. Puisse-t-il être de quelque utilité pour les jeunes et exciter un peu d’intérêt chez les anciens. Puisse-t-il inspirer à tous les porteurs de brevets le désir d’étudier, dans des ouvrages plus complets, les mille et un usages que la destination de ce travail m’empêche d’y inclure. La bonne éducation est le décor naturel de la vraie piété; elle lui donne un je ne sais quoi d’achevé qui rappelle la plus suave des béatitudes : « Bienheureux les doux, parce qu’ils posséderont la terre. » La vraie politesse et la douceur sont filles de la Charité. L’homme pervers n’a qu’une politesse de surface : il n’est courtois que par intermittence. On peut être vertueux sans être polie, mais on n’est pas vraiment poli sans être vertueux.

Th.-G. Rouleau, ptre

Principal de l’École normale Laval

La politesse

  1. La politesse est une généreuse courtoisie unie à une élégante urbanité qui rend civile et honnête notre manière de parler et d’agir.
  2. La politesse tend à rendre ceux avec lesquels nous vivons contents d’eux-mêmes et de nous.
  3. La politesse doit s’inspirer de la charité. La grossièreté est la fille de la vanité, de l’orgueil, de l’ignorance, de la jalousie, etc.
  4. L’observance des règles de la politesse est un frein pour les passions et les travers; elle empêche plus d’une action mauvaise ou vilaine; elle améliore et élève, car l’essence de la politesse est l’amour et le respect de ses semblables. Elle nous concilie l’estime de tous, et souvent elle nous attire les faveurs les plus précieuses.
  5. Les principaux obstacles à l’observance des règles de la politesse, chez les chrétiens pieux, sont les manies, les travers et la nonchalance. Pourtant, rien ne fait mieux apprécier la piété que cette urbanité qui rend nos relations agréables.
  6. On peut donner comme principe général des Usages: « Fais aux autres ce que demande l’ordre, la charité, et ne fais rien que tu fusses en droit de critiquer chez les autres. »
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