L’Outsider, un roman qui fait réfléchir

                Le roman de Stephen King, L’Outsider, raconte l’histoire entourant le meurtre sordide d’un jeune garçon qui, selon toute vraisemblance, a été victime d’un dangereux prédateur sexuel. Rapidement, les policiers accusent Terry Maitland, un homme bien en vue dans sa communauté et entraîneur de baseball auprès de jeunes garçons.

À première vue, ce roman pourrait se résumer à un divertissement estival bien ficelé. Sans plus. Mais – je pense – il est bien plus que cela.

J’ai décelé dans la première partie de ce roman – en plus du talent de King à nous tenir en haleine par de petits détails – une tendance à la sensibilisation envers les différentes parties impliquées dans un crime. En effet, c’est avec dextérité qu’il nous montre les deux côtés de la médaille : celui de la victime et celui de l’accusé.

Si la population éprouve – généralement – assez facilement de la sympathie pour les victimes et leurs proches, il en va tout autrement pour l’entourage des personnes accusées. C’est d’ailleurs l’occasion de rappeler, tout comme dans le roman, qu’un accusé.e est innocent jusqu’à preuve du contraire. Malgré cette évidence, la population cherche souvent à se faire justice, au détriment de plusieurs personnes qui n’ont jamais demandé à se retrouver catapulté au cœur d’une telle histoire.

Le film français Une part d’ombre (2017), de Samuel Tilman, nous montrait une approche très intéressante de ce que peut vivre une personne accusée à tort, incluant les dommages collatéraux subis par les proches.

Il y a de cela plusieurs années, la mère de Marc Lépine a brisé ce tabou, entre autre dans un livre écrit par le journaliste Harold Gagné. Or, la culture semble-t-elle mûre pour illustrer de plus en plus ce propos? Une approche plus humaine pour dépeindre les deux côtés de la médaille?