2022, 17 octobre – Aaron Arora, 11 ans; et Anzel Arora, 13 ans

2022, 17 octobre – Aaron Arora, 11 ans; et Anzel Arora, 13 ans

Filicide par un père non maltraitant? – Empoisonnement – Par noyade

Laval, Quartier Sainte-Dorothée, rue Lauzon – 1 SC

Kamaljit [Kamaljeet?] Arora, leur père de 45 ans, a tenté de s’enlever la vie après son double crime, … dossier en cours; conclusions à venir!

            Le lundi 17 octobre 2022, dans une résidence du quartier Sainte-Dorothée, à Laval, une jeune fille de 18 ans est sortie de chez elle en courant. Annie Charpentier, la voisine immédiate, était en train de garer sa voiture lorsque la jeune fille s’est dirigée vers elle en disant : « I need a phone » (J’ai besoin d’un téléphone). C’est en téléphonant au 911 qu’elle a ensuite dit « Dites-leur que mon père a tué mon frère et ma sœur. » Plus tard, on a effectivement retrouvé à l’intérieur de la maison les corps d’Aaron Arora, un garçon de 11 ans, et celui d’Anzel Arora, une jeune adolescente de 13 ans.

Le 18 octobre 2022, au lendemain du drame, Kamaljit Arora, le père des deux victimes, quoique inapte à comparaître en personne devant le tribunal, a formellement été accusé du meurtre prémédité de ses deux enfants et de voies de fait contre sa conjointe, Rama Rani Arora. Au cours de l’incident, il aurait tenté de l’étrangler. Selon certaines sources médiatiques, Arora était suivi depuis 2021 pour une dépression majeure. Il n’avait aucun antécédant judiciaire. Comme c’est souvent le cas, les membres de la famille ne se mêlaient pas vraiment aux autres habitants du quartier. En fait, il faut préciser qu’ils y avaient emménagé seulement en juillet 2022.

Selon les premières informations véhiculées par les médias, les deux enfants auraient été empoisonnés et noyés dans une salle de bain située à l’étage. Au moins un des enfants a été ligoté. C’est seulement ensuite que Kamaljit a tenté de se suicider par empoisonnement. À l’arrivée des policiers, il éprouvait de la difficulté à respirer. Au cours de la soirée du 17 octobre, cependant, on a annoncé que sa vie n’était plus en danger.

            Le DHQ classifiera probablement ce drame sous la catégorie « Filicide commis par un père non maltraitant ». Dans 65% de ces cas, le père qui se fait meurtrier occupe un emploi stable et dans 80% des cas il tente aussi d’éliminer sa conjointe, comme c’est le cas ici. Le détail le plus significatif c’est que dans 71% des cas il tue deux ou plusieurs de ses enfants. Ici, on aurait compris qu’au moins sa fille de 18 ans a réussi à échapper à son funeste projet. En effet, on a presque l’impression de verser dans un familicide complet.

            Évidemment, le drame est encore trop récent pour se montrer affirmatif dans le choix d’une catégorie d’homicide, mais rappelons que les pères non-maltraitants qui deviennent meurtriers sont à l’origine de violence conjugale dans 52,4% des cas. Quant à savoir pourquoi ils passent ainsi à l’acte, on sait que leurs motivations sont par représailles dans 47,6% des cas; par altruisme à 23%; et autres, dans une proportion similaire de 23%.

            Comme on vient de le voir, ces hommes sont aussi susceptibles de commettre des familicides complets. Souvent, ils s’enlèvent la vie après leur crime ou tentent de le faire. D’ailleurs, ce cas de Laval n’est pas sans rappeler l’affaire Guy Turcotte, ce cardiologue qui avait tué ses deux enfants avant de tenter de s’enlever la vie.