1931, 9 mars – Cécile Mondor, 24 ans

Homicide par un conjoint non suicidaire – arme blanche (canif) – strangulation

Montréal, 931 est rue DeMontigny – 1 SC?

Paul-Henri Warren, son conjoint de 31 ans, jugé inapte à subir son procès.

Cécile Mondor, une jeune femme de 24 ans, habitait un logement de l’immeuble du 931 Est rue DeMontigny, à Montréal, avec son conjoint Paul-Henri Warren, 31 ans. Cette pension appartenait à une certaine Mlle Madeleine Beaucage. C’est là que Cécile a été retrouvée morte. À l’arrivée des policiers, Paul-Henri Warren a été arrêté sans le moindre incident alors qu’il se tenait encore près du lit de sa victime. Il tenait 9$ dans sa main gauche et un canif ensanglanté dans sa main droite. Il a tout de suite admis son crime.

À l’époque, La Presse avait appris que Warren avait séjourné à l’asile Saint-Jean-de-Dieu du 7 janvier 1927 au 13 février 1928, et encore une fois du 9 août 1928 au 18 mai 1929. Lors de cette dernière date, on l’avait libéré sous « congé d’essai ». Au moment d’assassiner Cécile Mondor, la police le soupçonnait d’être un témoin important dans une cause de hold-up impliquant Sam Beehan, Morris Weinbaum, Jack Miller et Léopold Warren. Les journaux ont souligné le fait qu’il était infirme, mais sans donner plus de précision. Toutefois, Le Devoir semble être le seul à avoir mentionné un quelconque mobile à ce crime en parlant de jalousie.

L’autopsie pratiquée sur le corps de Cécile Mondor a attribué la mort à deux groupes de blessures, toutes considérées comme mortelles. La victime portait trois marques de coups de canif à la poitrine, dont un a atteint un poumon. Mais sa gorge portait aussi des marques de strangulation manuelles. On a également présenté les photos de la scène de crime lors de l’enquête du coroner. Mlle Madeleine Beaucage, propriétaire de la pension, a raconté qu’elle connaissait le couple Mondor-Warren depuis juin 1930 mais qu’elle ne les fréquentait pas réellement. Dernièrement, en raison d’un salaire de misère, Warren avait décidé de prendre une chambre plus petite. Le soir du meurtre, avant qu’elle apprenne le pire, Mlle Beaucage a demandé à trois reprises si Cécile allait bien, mais Warren de répondre par cette question étrange : « A-t-on passé pour les vidanges, ce matin? »

En octobre 1931, Warren a été jugé inapte à subir son procès. On espérait pouvoir le remettre sur le banc des accusés une fois sa guérison complétée, mais il semble que cette occasion ne s’est jamais présentée.