1668 – Six Onneyouts

1668 – six Onneyouts

Profit commercial – objet contondant – mise en scène – tuerie de masse

Île-des-Moulins – 2 SC

Étienne Banchaud, marchand, et trois complices, condamnés.

Au cours de l’hiver 1668-69, un groupe de six Onneyouts[1] était de passage dans la région de Ville-Marie (Montréal). Le groupe était composé « de trois hommes, d’une femme et de ses deux enfants, dont le plus âgé pouvait avoir 18 ou 20 ans et le plus jeune, 7 ou 8 ans. Selon leurs coutumes, les Onneyouts se déplaçaient en petits groupes en suivant le gibier. Comme le secteur est maintenant fréquenté par les Français, notamment ceux de Ville-Marie, les Amérindiens ont l’habitude de voir des Blancs dans les environs. Un bon jour, quatre colons qui avaient établi leurs quartiers de chasse dans le secteur décident de rendre visite aux Onneyouts. Le traité de paix signé en 1667 avec les nations iroquoises permettait d’établir à nouveau le « dialogue » entre les deux peuples. Au cours de la visite, les colons remarquèrent que les Onneyouts possédaient une cinquantaine de peaux d’orignaux et quelques peaux de castors. La valeur marchande de ces peaux fit l’objet de leur convoitise. »[2]

Plus tard, les quatre colons sont revenus afin de passer la soirée avec les Onneyouts. Ils les ont fait boire avant de profiter de leur état d’ivresse pour les assommer, incluant les enfants. Une fois le crime commis, les colons sont repartis avec les fourrures. « Réalisant du coup que leur crime était passible de terribles châtiments, nos colons décident de faire disparaître les corps des Onneyouts, lesquels étaient couverts de sang et « défigurés par l’ivresse et les spasmes de l’agonie ». Ainsi, les quatre assassins placent les corps dans un canot au-dessus duquel ils fixent des traverses de bois pour y retenir les corps, puis ils conduisent le canot non loin de là des rapides (aujourd’hui le site de l’Île-des-Moulins), où ils coulent à fond l’embarcation sous le poids d’un vieil arbre […]. »[3]

Malgré ces efforts de mise en scène, les corps ont été retrouvés et une plainte a été déposée contre Banchaud et ses trois complices. « Le 14 septembre 1669, Charles-Joseph d’Ailleboust des Muceaux, juge civil et criminel de Montréal, rend son verdict et condamne Étienne Banchaud et ses trois complices à la potence, châtiment réservé aux criminels en Nouvelle-France. » Selon La Mémoire du Québec, trois des assassins auraient été fusillés à Montréal.


[1] Nation iroquoise provenant du sud-est de l’actuelle province d’Ontario.

[2] « Un Brin d’histoire – Journal La Revue », consulté le 6 mars 2020, https://www.larevue.qc.ca/un-brin-dhistoire-176/.

[3] « Un Brin d’histoire – Journal La Revue ».

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