1672 – Julien Latouche, 30 ans

Meurtre par vengeance – objet contondant (bêche) – Mise en scène

Trois-Rivières – 2 SC

Jacques Bertault et Gillette Banne, les beaux-parents de la victime, pendus.

Selon une version de l’affaire, Julien LaTouche aurait été tué par empoisonnement en 1672. Jacques Bertault et Gillette Banne, sa femme, ont été pendus à Trois-Rivières pour ce meurtre. Leur fille a été forcé d’assister à la double exécution de ses parents.[1] Le corps de Bertault devait, après son exécution, être fixé à une roue pour ensuite être exposé à Cap-aux-Diamants.

D’après des documents préservés à BAnQ, la victime était le gendre des assassins. LaTouche était marié à leur fille, Isabelle Bertault, 13 ans. Selon Boyer, Isabelle n’avait que 12 ans lorsqu’elle « avait épousé contre son gré LaTouche, qui en avait trente. LaTouche n’arrivait pas à faire fructifier les terres qu’il avait louées aux Trois-Rivières et son beau-père, Bertault, devait souvent combler les ressources qui manquaient au ménage en envoyant des vivres chez sa fille ou en allant la chercher pour manger chez lui. De plus, LaTouche buvait et battait sa femme qui lui aurait dit : « Je voudrais que tu fusses crevé. » »[2]

Le procès a permis de mettre en lumière que Bertault et sa femme ont utilisé une bêche pour tuer leur gendre, alors que leur fille les aurait aidés à traîner le corps jusqu’à la rivière. Les parents Bertault ont été condamnés à une mort horrible. Isabelle n’a pas été condamné à mort, mais en échange on l’a obligé à assister à la double exécution de ses parents. Boyer ajoute que « Isabelle eut un enfant quelques semaines après le meurtre de son mari, elle se maria de nouveau, et, devenue veuve une seconde fois en 1687, elle épousa un troisième mari au bout de quatre mois. De ces deux derniers maris elle eut plusieurs enfants. »


[1] http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=1._Qu%C3%A9bec_%28province%29._Meurtres%2C_homicides_et_autres_m%C3%A9faits_:_1608-1979._

[2] Raymond Boyer, Les crimes et les châtiments au Canada français, 1966.