1696 – Pierre Gendreau

Homicide à motif indéterminé – Mise en scène (incendie)

? – ? SC

Jean Denis, condamné à mort, évadé …

Jean Denis a été condamné à mort pour le meurtre de Pierre Gendreau. Il aurait fait preuve de mise en scène en incendiant la maison de sa victime. Selon Boyer, Jean l’Archevêque dit Granpré et son domestique, Jacques Despatis, ont été accusés d’avoir aidé le coupable à s’évader. Denis aurait même été conduit jusqu’à la Rivière du Loup puisqu’on lui a procuré un canot et de la nourriture. Granpré et Despatis ont été condamnés à 50 livres d’amende, mais on ignore ce qu’est devenu Jean Denis.

1692 – Desmarets

Homicide à motif indéterminé – arme blanche (couteau)

Champlain – ? SC

Jean Joubert, condamné à mort, cassation du verdict, …?

            C’est en se servant d’un couteau que Joubert, un habitant de la seigneurie de Champlain, a tué Desmarets, valet du sieur de Lusignan. Le procès, qui s’est déroulé à Trois-Rivières, a condamné Joubert à mort. En appel, le Conseil Souverain a cependant cassé le verdict. On a donc obligé Joubert à rentrer à Champlain, où il devait subir un autre procès devant Antoine Desrosiers, qui faisait office de juge, et à la poursuite du procureur fiscal du seigneur, c’est-à-dire le sieur Étienne Pézard-de-la-Touche. On ignore si ce procès a véritablement eu lieu. Il en va de même à savoir ce qu’est advenu de l’accusé.[1]


[1] Selon Boyer, il s’agit de « la première condamnation à mort imposée par une justice seigneuriale autre que celle des Sulpiciens. »

1690 – Jean Dorbé dit Lepicard

Homicide à motif indéterminé –

? – ? SC

Guillaume le Gaigneur dit Bollecomte, reconnu coupable.

Lepicard était cordonnier. Il semble que Bollecomte n’a pas été condamné à mort pour ce crime, mais plutôt à servir le roi comme forçat durant 3 ans et à payer une amende. On ignore tout des circonstances entourant le crime.

1690 – François Poignet dit Beauregard

Homicide à motif indéterminé –

Montréal – 1 SC

Jean Haudecoeur condamné au supplice de la roue.

Le 27 mai 1690, Jean Haudecoeur a subi le supplice de la roue pour le meurtre de François Poignet dit Beauregard, survenu dans la maison de ce dernier à Montréal. Beauregard était un marchand montréalais, tandis que Haudecoeur habitait à Boucherville. Selon Boyer, le lieu de l’exécution a été changé de Montréal vers Québec « vraisemblablement parce qu’il n’y avait pas de bourreau à Montréal à cette époque. »[1]


[1] Raymond Boyer.

Le massacre de Lachine

1689, 5 août – environ 95 victimes[1]

Homicide cautionné par un groupe – Tuerie de masse

Lachine – 1 SC

Non élucidé.

Le 5 août 1689, des Iroquois[2] attaquent sournoisement les habitants de Lachine, près de Montréal. Ils profitent d’une température orageuse pour s’approcher discrètement. Sur un total de 77 maisons, 56 sont détruites. On estime que 200 colons ont été assassinés sur place et que 150 autres ont été enlevés et amenés par les Iroquois. Plus tard, ces chiffres ont été revus à la baisse, entre autres par des historiens. À l’époque, l’incident sème la peur chez les habitants, surtout lorsqu’on ramène les orphelins à Montréal.[3] On aurait même envisagé la possibilité de retourner tout le monde en France. Ce massacre fait évidemment suite à des conflits entre Français et Iroquois qui duraient depuis des années.

 Le massacre de Lachine représente sans doute l’une des rares tueries de masse à avoir été cautionnée par un groupe. On ne peut évidemment qualifier l’incident de bataille, puisque les habitants de Lachine ont été surpris et massacrés sans possibilité d’organiser une défense. Si on s’en tient aux termes officiels, à savoir qu’on ne connait, semble-t-il, aucun Iroquois qui ait été identifié ni condamné pour ce massacre, il faudrait donc en déduire que ce triste incident demeure la plus imposante affaire de meurtre non élucidé de l’histoire du Québec. Plus de trois siècles plus tard, l’incident est devenu une question sensible et politique puisqu’on ne l’enseigne plus dans les cours d’histoire.[4]


[1] Ce chiffre est une estimation. Le bilan précis de ce massacre est inconnu. Selon les sources, le bilan varie de 24 à 200 victimes.

[2] Selon certaines sources, les Iroquois étaient au nombre de 1 500.

[3] https://www.ledevoir.com/societe/415182/il-y-a-325-ans-le-massacre-de-lachine : « Le masacre de Lachine, longtemps souligné dans les manuels d’histoire des écoles, est à peu près oublié aujourd’hui. Pourtant, il s’agit bien d’un moment charnière qui met notamment en lumière les relations entretenues avec les Premières Nations au cours des terribles guerres franco-iroquoises. »

[4] Quoi qu’il en soit, ce crime nous aide à comprendre que les meurtres cautionnés par un groupe peuvent se révéler dévastateurs et d’une violence inouïe. L’effet d’entraînement peut transformer des hommes et des femmes à commettre des crimes qu’ils n’auraient jamais fait d’eux-mêmes.