Lancement du projet PMAJC


Le 3 janvier 2018 débutait le projet Portrait de la Mauricie par les Archives Judiciaires Criminelles (PMAJC), une initiative d’Historiquement Logique qui consiste à dépeindre une partie de l’histoire judiciaire de la Mauricie en indexant les dossiers criminels qui sont conservés dans la voûte de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Trois-Rivières.

Le projet prendra la forme d’un fichier Excel qui sera accessible à tous les usagers à partir des postes informatiques que l’on retrouve dans les locaux de BAnQ à Trois-Rivières.  Pour sa part, Historiquement Logique consacre une page permanente à ce projet, accessible à l’adresse suivante : https://historiquementlogique.com/documents/projet-pmajc/

La liste PMAJC la plus complète sera cependant offerte dans les locaux de BAnQ TR. Principalement, elle présentera un index relatant les numéros des causes, les noms des accusés, les détails quant aux crimes reprochés, un résumé des faits, de même que les noms des juges impliqués, ceux des avocats et des témoins. Dans certains cas, des notes supplémentaires seront insérées afin de préciser, par exemple, la présence de pièces à conviction, de liens externes, etc.

Ainsi, j’espère que mon nouvel outil mis en place en collaboration avec BAnQ pourra être utile aux chercheurs et aux usagers, que ce soit pour compléter un arbre généalogique, pour mieux comprendre ce que fut notre passé judiciaire ou localiser un dossier en particulier.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter BAnQ TR au (819) 371-6015.

Extrait de la liste PMAJC
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Joyeux Noël et Bonne Année 2018!


            Sauf exception, Historiquement Logique fera relâche durant la période des Fêtes.  Les publications hebdomadaires (chaque dimanche à 20h00) reprendront le 7 janvier 2018.  Les auteurs se gardent cependant le droit de publier malgré ce congé.

Toute l’équipe de #HL en profite donc pour souhaiter à tous ses abonnés et lecteurs du monde entier une agréable période de festivité.  En notre nom, c’est avec plaisir que nous vous souhaitons un très Joyeux Noël et une Bonne Année 2018!

Nous profitons également de l’occasion pour souligner que l’année 2018 vous présentera une toute nouvelle série d’articles sur la Crise d’octobre 1970.  Cette série documentaire, intitulée Octobre 70, aura pour but de confronter les arguments du FLQ avec la réalité des archives légales.  Cette série débutera le 21 janvier 2018.

En plus de la périodicité minimum d’un article hebdomadaire, Historiquement Logique prévoit également vous présenter d’autres billets durant les jours de semaine.  Annie Richard, qui revient d’une formation spécialisée dans le domaine des enquêtes, nous présentera d’autres dossiers avec sa touche personnelle.

De plus, une nouvelle auteure s’ajoutera à l’équipe.  Sophie Chouinard, diplômée en archéologie et fascinée par ce que la culture consacre aux faits judiciaires, vous présentera des comptes rendus de livres, de séries télé ou de films qui sont en lien avec des faits historiques.

Finalement, nous attendons la confirmation d’une troisième auteure qui apportera une saveur internationale au blogue.

Historiquement Logique, qui, avant tout, redonne vie aux archives pour rétablir des faits, poser des questions ou simplement pour le plaisir de revisiter le passé, vous souhaite donc une excellente lecture en notre compagnie.  N’hésitez pas à commenter et à partager nos articles; ce qui sera pour nous une grande marque d’appréciation.

Eric Veillette

Annie Richard

Sophie Chouinard

 

Veut-on vraiment vous présenter la vérité?


            Voilà la question qui me hante depuis quelques semaines.  Évidemment, « on » exclut la personne qui parle, c’est-à-dire moi.  Veut-on vraiment vous présenter à vous, chers lecteurs, la vérité de notre passé judiciaire?

La question m’est venue à la suite d’une réponse reçue de la part d’un éditeur traditionnel et bien établi.  Je tairai cependant son nom car la question n’est pas de régler des comptes mais de soulever une interrogation qui, je pense, est tout légitime.

Vous qui connaissez mon style littéraire et l’exhaustivité de mes recherches sur plusieurs dossiers judiciaires, et cela dans le seul but de les présenter le plus objectivement possible afin de leur redonner la parole, vous vous doutez bien qu’il faille pour cela un amour inconditionnel de la recherche de la vérité.  En effet, je suis d’abord et avant tout un lecteur, comme vous, et c’est justement cette frustration de me voir soumettre des ouvrages ou des articles contradictoires ou non exhaustifs sur des faits apparemment établis ou vérifiables qui m’a poussé, il y a plus de 25 ans, à me lancer toujours plus à fond dans l’Histoire.

Comment ces contradictions sont-elles possibles?  L’Histoire ne serait donc pas une science exacte?  Oh, quelle surprise!

Lorsqu’on s’attaque à des dossiers judiciaires contenant les transcriptions sténographiques – ces documents considérés comme de la preuve légale et qui ont immortalisés les moindres détails des procès criminels – on permet à la vérité, ou du moins à ce qui s’en rapproche le plus, de refaire surface.  C’est aussi une façon de permettre aux lecteurs de construire sa propre opinion sur des procès marquants auxquels ils n’ont pu assistés.  Bref, c’est là la meilleure reconstitution historique que l’on puisse obtenir.

Or, un éditeur a refusé un de mes manuscrits en se justifiant ainsi : « la principale raison est que nous avons déjà publié un livre sur […].  Même si votre approche diffère, le sujet reste le même ».

Il s’avère que le livre dont il est question est un roman dont la première parution remonte à plus de 20 ans.  Or, comme vous le savez, à moins d’être un nouveau lecteur d’Historiquement Logique, je n’écris pas de fiction mais plutôt des documents qui rétablissent des faits biaisés par les romans et autres produits de la culture.  Comprenons-nous bien.  Je n’ai rien contre les romans et autres œuvres de notre culture, comme le théâtre ou le cinéma.  Au contraire, j’en suis également un grand consommateur.  Dans le cas d’Aurore Gagnon, par exemple, le traitement culturel a permis de garder sa mémoire vivante durant un siècle.  Sans cela, le nom de cette pauvre enfant martyre aurait sans doute été oublié par la majeure partie de la population.

Mais le traitement culturel n’a pas que des avantages.  Et c’est là qu’arrive en renfort l’étude exhaustive des dossiers judiciaires.  Par exemple, je dis souvent que pour une affaire criminelle qui n’a pas connu de procès, il est difficile de reconstituer fidèlement les événements, même si certains affabulateurs prétendent le contraire en embellissant les « faits ».  Mais lorsqu’il y a eu un procès, alors c’est que les documents les plus fiables existent, quelque part dans les archives.  Il suffit alors de les dénicher puis de les consulter.

Mais voilà, devant la quantité souvent impressionnante des dossiers judiciaires, la plupart se découragent.  Ils en lisent un bout, un extrait et pensent soudainement pouvoir livrer une nouvelle version de l’affaire au public.  Malheureusement pour eux, ce n’est pas de cette façon que les choses fonctionnent, en particulier dans le domaine du droit, un milieu rationnel qui se base sur des faits, des documents légaux et des preuves.

Voilà qui est regrettable : un éditeur pourtant reconnu pour ses nombreux livres documentaires fait le choix de refuser de présenter l’autre côté de la médaille d’une histoire qui a pourtant marqué notre passé.  Préfère-t-on le côté romanesque parce qu’il est plus « vendeur »?

Malheureusement, c’est toujours à vous, les lecteurs, qu’on remet le fardeau de la responsabilité de devoir faire des recherches pour trouver la vérité alors que la majorité d’entre vous n’avez sans doute pas le temps de le faire.  En ne rendant pas accessible l’information légale, c’est en quelque sorte aller à l’encontre de la mission de diffusion que s’est donné, par exemple, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).  Heureusement, BAnQ veille à conserver objectivement les traces de notre passé, qui n’attendent qu’à être étudiées, revisitées et assimilées.

Par conséquent, je profite de l’occasion pour vous informer qu’il ne faudrait alors pas se surprendre si des auteurs se tournent vers des éditeurs non-traditionnels ou alors l’autoédition pour permettre la publication du fruit de leurs recherches, ne serait-ce que pour les rendre disponibles.  Car bien souvent, faut-il le dire, il n’y a pas beaucoup de profit monétaire à faire dans ce jeu-là.  Et le but qui nous guide n’est pas nécessairement le nombre de ventes mais plutôt de redonner une voix à l’authenticité.

Ne levez donc pas trop rapidement le nez sur des volumes autoédités ou publiés chez des éditeurs moins connus.  Le contenu n’est pas moins intéressant.  C’est peut-être même le contraire, car ces moyens de publication n’ont pas de contrôle sur le contenu du livre.  L’auteur peut alors s’adresser plus librement à ses lecteurs sans aucune censure ni autre influence du marché.

Vous savez, la loi oblige les libraires à conserver les nouveautés québécoises durant seulement quatre mois en magasin.  Je le souligne car pour plusieurs acheteurs un « bon livre » doit nécessairement se trouver en librairie.  C’est faux.  Les bons livres peuvent aussi se commander, s’acheter des années après leur sortie.  Car sa présence en librairie et dans les salons du livre est bien souvent très éphémère.  Profit oblige, on y retrouve bien souvent les plus vendeurs, question de survie pour les libraires.

Avez-vous l’impression qu’on veut vous donner accès à la vérité?  J’aimerais vous entendre là-dessus.