Un premier ministre témoigne dans une affaire de meurtre


Fait plutôt rare dans l’histoire du Québec, un premier ministre fut appelé à témoigner dans une affaire de meurtre, ce qui faisait dire à plusieurs personnes à quel point l’assassinat non résolu de Blanche Garneau avait atteint des proportions gigantesques.

Né à Québec le 5 mars 1867, Louis-Alexandre Taschereau avait été admis au Barreau en 1889.  Il avait donc œuvré comme avocat, juge et journaliste avant d’être élu une première fois à l’Assemblée législative en 1900.  Le 9 juillet 1920, quelques jours seulement avant la mort tragique de Blanche Garneau, il devenait le 14ème premier ministre du Québec.  Depuis 1919, il occupait également la fonction de procureur général de la province.  En s’approchant de lui, Me Armand Lavergne, un jeune avocat nationaliste, jouissait de ce moment unique lui permettant de se retrouver en duel face à son adversaire politique.

  • Avez-vous quelques déclarations à faire qui soient de nature à éclairer la justice?, questionna Me Lavergne.
  • Bien, votre question est assez générale. Si vous vouliez me demander si en autant que je suis concerné j’ai fait tout ce que j’ai pu pour découvrir les meurtriers, le meurtrier ou les meurtriers de Blanche Garneau, je l’ai fait.

Avant même qu’on lui demande, Taschereau dira ne jamais avoir protégé qui que ce soit ni agis de manière à freiner l’enquête.  Puisque Lanctôt se trouvait en Europe, il avait donc choisi de faire venir le chef de la Police provinciale, Dieudonné Daniel Lorrain, à Québec.

  • Est-ce vous qui avez fait venir Brissette?
  • Personnellement, non.

Brissette était un enquêteur qui avait été pris en état d’ébriété alors qu’il interrogeait des témoins, au point de s’endormir sur la table de l’un d’entre eux.  On l’avait rapidement écarté de l’enquête et on ignorait toujours qui avait pu l’envoyer à Québec.

  • Je comprends que, personnellement, vous vous êtes fié aux officiers de votre département?
  • Bien, on ne peut pas s’attendre, n’est-ce pas, à ce que je fasse la police. Je me suis adressé au meilleur homme qui dans mon jugement pouvait découvrir les meurtriers de Blanche Garneau et je lui ai donné les instructions que je viens de mentionner, et je me suis tenu en contact aussi intime que possible avec eux pour connaître les développements qui se produiraient.
  • Si je comprends bien, le cadavre de Blanche Garneau a été découvert le 28 [juillet 1920] et le chef Lorrain est arrivé ici le 4 août?
  • Je ne pourrais pas vous dire. Je vas vous dire, monsieur Lavergne, qu’il y a une [rencontre?] entre la police de Montréal et la police de Québec que lorsqu’un crime est commis dans les limites de l’une de ces villes, autant que possible nous faisons l’initiative des recherches à la police municipale parce qu’on m’a dit, et je crois que c’est avec raison, qu’il faut une unité de direction lorsqu’on fait la recherche d’un crime, et que si des détectives qui travaillent dans une direction et que d’autres travaillent dans une autre sans qu’il y ait d’entente entre eux, il peut y avoir des conflits qui n’amènent pas toujours de bons résultats.

Il était légitime de se demander pourquoi le chef Lorrain avait été appelé si rapidement sur les lieux.  Qu’est-ce qui, dès le départ, avait fait du cas de Blanche Garneau un crime si unique?  Les enquêteurs municipaux avaient-ils compris dès le départ la complexité particulière du dossier?

  • Alors, est-ce que je dois comprendre, monsieur Taschereau, que quand un crime est commis à Québec, si la police de Québec ne découvre pas le coupable on a recours à la police de Montréal?
  • Bien, pas nécessairement, monsieur Lavergne, mais je crois que notre police, les détectives sont mieux organisés à Montréal qu’ils ne le sont à Québec et je dois dire en autant que le chef Lorrain est concerné, je le crois un excellent policier, et que nous nous sommes toujours bien trouvé de ses services.
  • Êtes-vous prêt à accepter ses états de service d’après son record dans cette affaire ici?
  • Pas dans cette affaire ici en particulier, mais ce n’est pas parce qu’un policier ne réussira pas dans un cas particulier qu’il faudrait perdre confiance en lui. Je dois dire que le meurtre de Blanche Garneau comme bien d’autres meurtres, comme bien d’autres crimes, lorsqu’il a été commis a dérouté la police et monsieur Lorrain a eu des instructions de notre part de faire tout ce qu’il pourrait et finalement il est tombé sur une trace que vous pouvez croire mauvaise et que je peux croire bonne.  Et si elle est bonne, le résultat de ces démarches n’aurait pas été mauvais.
  • Le résultat aurait été l’acquittement de l’accusé?
  • Bien, l’acquittement de l’accusé … ce n’est pas parce qu’un accusé est acquitté, n’est-ce pas, qu’il est nécessairement non-coupable.
  • C’est parce que vous disiez que le résultat n’était pas mauvais et je m’accorde avec vous?
  • Entendons-nous. Le résultat n’a pas été mauvais.  Si Lorrain est tombé sur la vraie piste et si Binette et Palmer sont les coupables, ce n’est pas parce qu’ils auraient été acquittés qu’on devrait dire à Lorrain qu’il a fait une mauvaise besogne.

Rappelons au passage que Raoul Binette et William F. Palmer avaient subi un procès en novembre 1921 pour le meurtre de Blanche Garneau, au terme duquel ils avaient été acquittés.  Binette avait pourtant fait des aveux.  Parmi les avocats ayant défendu les intérêts de Palmer on retrouvait Armand Lavergne.

  • Je comprends maintenant que vous dites que si Palmer et Binette ont été acquittés le résultat n’est pas mauvais. J’abonde dans votre sens.
  • Je ne me mets pas au point de vue de la preuve mais je me mets au point de vue de l’œuvre des policiers.
  • Vous croyez en votre qualité de chef de la Justice que le travail accompli par Lorrain est vraiment remarquable à ce point de vue-là?
  • Je n’ai pas dit qu’il était vraiment remarquable mais je crois que Lorrain a fait tout ce qu’il pouvait faire.
  • Pour lui, étant donné ses moyens?
  • Étant donné ce qu’un policier peut faire.
  • Depuis la découverte du cadavre jusqu’au rapport de monsieur Bédard quelle travail Lorrain a-t-il fait?
  • Lorrain est venu à Québec. Il s’est rendu sur les lieux mêmes.
  • Brissette aussi?
  • Bien, je vous ai dit que le travail de Brissette je ne le connaissais pas. Vous pouvez l’apprécier vous-même.  Lorrain est venu à Québec, il s’est mis à faire le travail qu’un policier devait faire, je crois.  Il s’est rendu sur les lieux, il s’est enquis de toutes les circonstances qu’il pouvait connaître et jusque-là il est arrivé à un résultat nul.
  • Savez-vous de quelles circonstances il s’est enquis?
  • Il est allé sur les lieux, il a examiné le terrain ainsi que les exhibits que vous avez eus ici, il a fait le tour de la ville pour s’enquérir de toutes les circonstances dont un policier devait s’enquérir.
  • Vous êtes bien positif de ça?
  • Je le crois.
  • Pouvez-vous dire quel travail Lorrain a fait quant aux empreintes digitales?
  • Je ne sais pas. Je ne crois pas non plus que le chef Lorrain soit en état de prendre des empreintes digitales.
  • A-t-il cherché à en faire prendre par quelqu’un?
  • Je ne sais pas. D’après ce qu’on m’a dit dans le temps, la chose n’était pas possible.
  • Qui est-ce qui vous a dit ça?
  • Je ne peux pas dire.
  • Monsieur Taschereau, comme chef du Département de la Justice, lorsqu’on vous donne une information de cette importance vous devez en prendre note?
  • Qui m’a dit ça … peut-être le docteur, je ne sais pas.  Je ne sais pas même si on n’a pas essayé de prendre des empreintes digitales et que le résultat aurait été nul.
  • Qui vous a dit ça?
  • Je ne peux pas vous dire, monsieur Lavergne. Il y a certains détails comme ceux-là qu’il est bien difficile de se rappeler.

Lorsque le premier ministre fit remarquer qu’il était bien rare en Cour qu’on puisse s’entendre des deux côtés et qu’il fit allusion à son âge, on eut droit à un échange intéressant.

  • Vous êtes trop humble, fit Me Lavergne. Vous n’êtes pas un vieil avocat.  Vous êtes un avocat de longue pratique mais pas un vieil avocat.
  • Plus vieux que vous, malheureusement pour moi.
  • Moi, je resterai toujours jeune.
  • Il n’y a pas de mal à vieillir un peu.
  • Ça dépend?
  • Il faut savoir arrêter de vieillir au bon moment.
  • Maintenant, monsieur Taschereau, connaissez-vous les coupables?
  • Non, monsieur. Je ne les connais pas.  Je n’ai jamais vu Binette ni Palmer.
  • Avez-vous déclaré connaître les coupables?
  • J’ai déclaré que nous connaissions les noms des coupables.
  • C’était à la Chambre, ça?
  • Oui.

Cette honnête admission, qu’il serait bien difficile d’obtenir de nos politiciens contemporains en raison de leur langue de bois et de leurs conseillers qui s’efforcent de modeler artificiellement leur image, ne sembla affecter la carrière de Taschereau d’aucune manière car il restera premier ministre jusqu’en 1936.  Il établira cependant un record en témoignant pour la deuxième fois dans une cause de meurtre, cette fois au procès de Gonzague Gilbert en novembre 1927, accusé d’avoir tué sa mère à La Tuque l’année précédente.  Gilbert sera condamné à la pendaison avant d’être acquitté en Cour d’appel.

Louis-Alexandre Taschereau s’éteindra le 6 juillet 1952 à l’âge vénérable de 85 ans.

Le fait de présenter ce témoignage de Taschereau hors contexte ne donne pas toute l’ampleur des détails abordés.  Dans mon livre L’affaire Blanche Garneau, paru en 2017, on y comprend que Me Lavergne se servit à quelques reprises des rumeurs non fondées entourant cette affaire pour tenter fort probablement de les utiliser à des fins politiques.  Ce n’est évidemment pas digne d’un avocat, qui se doit de rechercher la vérité.  En contrepartie, il a permis de semer un sérieux doute quant à l’incompétence policière du chef Lorrain à propos de la prise des empreintes.  D’ailleurs, l’erreur semble avoir été répétée dans le cas de l’affaire Delorme à Montréal, en 1922.

Le Dr Wilfrid Derome s’investissait beaucoup dans les techniques judiciaires, au point d’être à l’avant-garde dans le domaine.  Il avait d’ailleurs fondé son premier laboratoire de médecine légale en 1914 à Montréal.  Malheureusement, il semble que les enquêteurs de police de son temps accusaient un retard quant aux nouvelles technologies.

 

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L’affaire Blanche Garneau: l’avant-propos


ScreenHunter_614 Apr. 19 16.42Il est possible de se procurer le livre à la Librairie l’Exèdre au 819-373-0202 ou sur Amazon en cliquant sur le lien suivant: L’affaire Blanche Garneau

Le texte suivant est une reproduction intégrale de l’avant-propos qui apparaît au début du livre:

 

Avant-propos

Dans son livre Unsolved, true canadian cold cases, publié en 2010, Robert J. Hoshowsky rappelle que chaque révision de dossier de meurtre non résolu ramène les familles des victimes au point de départ.  Ces histoires ne connaissent jamais de véritable fin et c’est probablement là que se situe la torture.

         Pourquoi ne pas écrire des volumes sur ces dossiers criminels qui soulèvent les passions?  La raison est simple : parce qu’elles sont justement non résolues, ces affaires restent encore entre les mains des enquêteurs de la police.  Et puisque ces documents ne sont pas rendus publics, comme c’est le cas lors de la tenue d’un procès, il ne reste plus que les comptes rendus médiatiques pour reconstituer ces drames.  Le résultat tiendrait alors en quelques pages.

         Or, l’affaire Blanche Garneau se démarque par une riche documentation.  Dans le dossier judiciaire on retrouve les documents relatifs à l’enquête du coroner, à une enquête dite on discovery ouverte quelques mois plus tard, au procès que la justice fit à deux suspects, et à une Commission royale d’enquête à laquelle dut témoigner le premier ministre de la province.  Cette simple énumération démontre l’impact que cette cause a eu sur notre patrimoine judiciaire, en plus d’ébranler les colonnes du temple qu’on appelle gouvernement provincial.  Ce n’est pas rien.  Du jour au lendemain, le nom d’une vendeuse de thé plutôt timide et routinière s’était retrouvé dans les journaux, de même que sur les langues de toutes les commères.

         On pourrait discuter longuement des comparaisons à faire pour évaluer l’importance qu’on a réservé à certaines affaires criminelles de notre passé, mais je suis d’avis, depuis que j’ai mis le nez dans ce dossier, qu’il faudrait considérer le nom de Blanche Garneau comme le symbole des affaires non élucidées au Québec, ne serait-ce que pour apporter un nouvel élan aux quelques centaines de meurtres qui cherchent toujours des réponses.  Il y a aussi toutes les leçons à tirer de ce drame, dont plusieurs aspects nous aiderons à mieux comprendre certains points, comme l’amélioration des techniques d’enquête par exemple, ou l’attitude que nous devrions adopter face à des mystères d’ordre judiciaires.

         En 1920, les enquêteurs n’étaient visiblement pas préparés à un meurtre comme celui-là et ils ne voulaient probablement pas admettre que leurs bonnes vieilles techniques devenaient soudainement archaïques.  Un autre meurtre violent survenu six ans plus tôt demeurait lui aussi sur les tablettes, et cela en dépit d’un procès.  Que se passait-il donc dans la Vieille Capitale?  Les détectives étaient-ils si incompétents ou se sentaient-ils dépassés par les événements?

Qui a merdé?  Pourquoi n’a-t-on pu résoudre ce meurtre odieux à caractère sexuel?  Doit-on blâmer l’incompétence policière?  Le sensationnalisme journalistique?  L’attitude gouvernementale?  Les ambitions politiques?  Ou simplement les techniques d’enquête?

Avant de répondre à ces questions, nous aurons un énorme devoir de conscience à faire.  Si les familles des victimes blâment souvent les policiers, l’incompétence ne pourrait à elle seule expliquer la raison d’être de centaines de cas non résolus.  Malheureusement, il existe des dossiers tout à fait insolubles que les meilleurs détectives du monde n’arriveraient pas à percer.

Depuis la création de la section des Cold Cases à la Sûreté du Québec, au début des années 2000, on parlerait d’au moins 1 000 affaires non résolues, et ce depuis les années 1970 seulement.

Les ragots sont tenaces.  Dans la région de Québec, l’histoire de Blanche Garneau est encore bien vivante.  En 1920, en dépit de la tenue du procès de Marie-Anne Houde, l’affaire Blanche Garneau faisait couler beaucoup plus d’encre que celle d’Aurore Gagnon, cette fillette que l’on surnommera rapidement Aurore l’enfant martyre.  Celle-ci a eu droit à sa pièce de théâtre, des romans et deux films.  Pas étonnant que sa popularité fasse en sorte que son nom nous soit aujourd’hui familier.

Et que réserva-t-on à Blanche?  Pas grand-chose, si ce n’est quelques écrits que nous étudierons de manière plus exhaustive au cours des derniers chapitres.  Pourquoi fut-elle si vite oubliée alors que son histoire est l’une des plus enrichissantes?

Et puisqu’il reste, malgré tout, des résidus de cette quasi-légende, j’invite mes lecteurs à un exercice d’objectivité.  En fait, comme nous le verrons au fil des chapitres, mes recherches m’ont aidé à comprendre que cette affaire fut sans doute l’une des plus malhabilement racontée de tout notre patrimoine judiciaire.  À titre d’exemple, je crois avoir largement démontré dans mes publications précédentes que d’innombrables détails font souvent la différence entre le mythe et la réalité, telle qu’on la retrouve dans le dossier judiciaire.  Cette fois, la marge sera énorme.  Et c’est pourquoi je propose à ceux et celles qui pensent déjà connaître cette histoire de bien vouloir mettre de côté leurs idées préconçues et de se laisser conduire par les témoignages et reconstitutions de scène établies à partir des documents légaux.  Après tout, qu’avons-nous à gagner ou à perdre si la balance penche d’un côté ou de l’autre?  Au mieux, nous en sortirons avec les yeux ouverts sur tout un pan de notre folklore.

Il me faut glisser un mot à propos de Réal Bertrand, un auteur qui a présenté en 1983 son livre Qui a tué Blanche Garneau?.  Le travail de Bertrand fut honnête mais incomplet.  Il faudra donc revisiter chaque étape, chaque indice de cette incroyable enquête.  Encore une fois, le public n’a pas eu droit à tous les détails.

On m’a questionné sur la pertinence d’écrire au sujet d’un meurtre non résolu qui remonte à un siècle, interrogation qui laissait entendre qu’il me serait impossible de résoudre l’énigme.  Si je dois avouer qu’une partie de ma motivation se laissait guider par ce désir de trouver « la » réponse, je ne suis pas naïf au point de croire en mes capacités de pouvoir élucider un mystère aussi ancien en ne dépendant que des documents disponibles, sachant que toute interview avec les protagonistes était devenue impossible.  Toutefois, je répondrai à cette question que le but d’un volume n’est pas toujours de vouloir trouver une réponse à une vieille question, mais aussi de faire revivre une époque.  Si on s’acharne à publier des ouvrages sur des sujets redondants, alors pourquoi ne pas faire revivre un visage méconnu comme celui de Blanche et de toutes les personnes impliquées dans cette affaire?

Il arrive que des auteurs – qu’il s’agisse d’écrivains ou de documentaristes – moussent leurs ventes en prétendant pouvoir résoudre des énigmes criminelles.  Mes ouvrages précédents sont là pour en témoigner.  Plus récemment, sur la jaquette de son livre Qui a tué le Dahlia Noir?, l’auteur français Stéphane Bourgoin, pour qui j’ai beaucoup de respect, est peut-être allé un peu loin en prétendant résoudre ce meurtre mythique qui a fasciné non seulement les Américains mais le monde entier depuis la fin des années 1940.  En dépit de cette promesse, le contenu du livre n’apporte aucune preuve concluante pour nous convaincre que son suspect favori était le véritable assassin.  Patricia Cornwell a fait la même chose en prétendant avoir identifié le célèbre Jack l’Éventreur, et pourtant nous en sommes toujours au même point.

Il faut être extrêmement prudent avant de condamner quelqu’un, qu’il soit vivant ou décédé.  La présomption d’innocence est un droit réservé à tous.  Et pourtant, nous l’oublions trop souvent.  On pourra dire ce que l’on veut mais on ne pourra jamais faire de procès à un suspect qui mange les pissenlits par la racine.  Partant de cette idée, je savais donc qu’il me serait impossible d’arriver à une conclusion claire et précise.  Ceci dit, mes recherches m’ont quand même permis de dénicher deux suspects jusqu’ici oubliés ou négligés, que je vous présenterai en temps voulu.

À vous tous, bonne enquête!

Eric Veillette

Eric.veillette@hotmail.ca

www.historiquementlogique.com

Twitter : @histologique

 

Lancement du livre « L’affaire Blanche Garneau »


ScreenHunter_614 Apr. 19 16.42            L’auteur Eric Veillette, qui a fondé le blogue Historiquement Logique en 2010 et qui depuis 2014 vous a offert trois études de cas, est fier de vous présenter le résultat de sa toute dernière révision de dossier judiciaire sous le titre de L’affaire Blanche Garneau.

            Son étude exhaustive des quelque 4 600 pages du dossier l’amène à conclure que les archives ont toujours des informations inédites à nous livrer sur des histoires que l’on croit connaître.  Si les Américains ont l’affaire du Dahlia Noir en guise d’énigme policière, nous avons la nôtre avec Blanche Garneau, qui se traduit par notre plus grand mystère criminel du 20e siècle.  Ce nom est à retenir.  L’histoire de cette jeune femme a plusieurs leçons à nous livrer, même après un siècle.

            Blanche Garneau était une jeune vendeuse de thé sans histoire âgée de 21 ans.  Elle fut sauvagement violée et assassinée dans le parc Victoria, à Québec, en juillet 1920.  En dépit de plusieurs enquêtes, dont une commission royale mise sur pied par le premier ministre de l’époque Louis-Alexandre Taschereau, ce meurtre n’a jamais été résolu.

            Eric Veillette a abordé ce dossier comme il l’a fait précédemment pour son succès L’affaire Aurore Gagnon : le procès de Marie-Anne Houde (2016), c’est-à-dire en se familiarisant d’abord avec tous les documents du dossier afin de le présenter dans un ordre chronologique.  Il s’est ensuite obstiné à vérifier plusieurs dossiers connexes susceptibles d’avoir des liens.  Sa technique d’enquête historique lui a permis de découvrir deux nouveaux suspects qui, jusqu’à maintenant, avaient été ignorés par les policiers et les chercheurs.  Il a même retracé l’un d’eux jusqu’à son dernier repos, à Montréal.

            Dans la région de Québec, le nom de Blanche Garneau raisonne encore comme une légende politico-policière, mais fut-elle réellement entachée par un complot politique?  Ou n’est-ce pas là un simple meurtre sordide à caractère sexuel?

            Les leçons à tirer de ce célèbre crime non élucidé auront de quoi surprendre, en plus d’établir quelques liens sérieux avec certaines tendances que nous connaissons actuellement dans le traitement réservé à certaines affaires judiciaires de ce début de 21e siècle.

            Le livre L’affaire Blanche Garneau, qui compte 410 pages et plusieurs illustrations, est disponible dès maintenant.  Pour commander votre exemplaire, adressez-vous à votre libraire ou contactez la librairie l’Exèdre au 819-373-0202 (Trois-Rivières).

Pour les lecteurs européens, il est préférable de contacter l’auteur par courriel : eric.veillette@hotmail.ca (transaction par Western Union).

Finalement, le livre est aussi disponible sur Amazon.