La preuve par ouï-dire: l’Histoire ne fait pas exception

Extrait du procès de Marie-Anne Houde, 1920.

Lors d’une conférence sur le procès de Marie-Anne Houde, alias la marâtre, et au cours de laquelle je permettais aux personnes présentes de se plonger dans la peau d’un juré afin d’apporter leur propre verdict, il m’a fallu expliquer ce qu’était le ouï-dire.  Évidemment, nous savons tous que ce mot est synonyme de ragots, de mythes et tout ce que vous voudrez en relation de faits ou de racontars difficiles à prouver.

Lors d’un procès pour meurtre, la signification est sensiblement la même.  Par exemple, on considère comme du ouï-dire tout ce qui a été dit hors de la présence de l’accusé puisque celui-ci ne peut se défendre contre des conversations ou paroles prononcées alors qu’il n’était pas là pour les entendre et les évaluer.  En fait, le Code Civil du Québec, à l’article 2843, stipule ceci : « le témoignage est la déclaration par laquelle une personne relate les faits dont elle a eu personnellement connaissance ou par laquelle un expert donne son avis.  Il doit, pour faire preuve, être contenu dans une déposition faite à l’instance, sauf du consentement des parties ou dans les cas prévues par la loi ».

Imaginons un peu lorsqu’il s’agit de témoignages recueillis lors d’une commission d’enquête publique, là où il n’y a pas d’accusé.  Dans un tel cas, où commence et où s’arrête le ouï-dire?  Certains d’entre vous se souviendront peut-être de la Commission de la juge Céline Lacerte-Lamontagne en 1996, une enquête publique tenue sur les circonstances du décès du détective Louis-Georges Dupont.  Plusieurs témoignages, principalement au début des audiences, ont rapportés les paroles de Dupont, qui était décédé depuis 1969.  Certaines personnes ont crié au scandale lors du dépôt de la juge parce qu’elle n’avait pas tenu compte de plusieurs éléments provenant de la famille du disparu.  Mais on comprendra qu’elle n’avait pas à tenir compte de témoignages rapportant les paroles d’un homme mort depuis 27 ans.  La grande lacune dans une telle situation c’est que la justice ne pouvait pas interroger ou contre-interroger le principal intéressé afin de juger de la valeur de certaines affirmations.

En rapportant les paroles d’un mort ou d’une personne qui ne peut se présenter devant le tribunal, force est d’admettre que la valeur des informations livrées tombe en chute libre.  Les exemples sont nombreux dans toutes les commissions d’enquête publiques, y compris la célèbre Commission Charbonneau.

Est-ce que les historiens ou auteurs sérieux devraient tenir compte de l’inadmissibilité du ouï-dire lorsque vient le temps de reconstituer une affaire de crime?

Dans mon livre L’affaire Aurore Gagnon, j’ai démontré que la majorité – sinon la totalité – des auteurs qui avaient entretenus la mémoire de cette fillette tout au long du dernier siècle n’avaient pas tenu compte du dossier judiciaire.  Ainsi, on a eu droit à des versions contradictoires au sein desquelles plusieurs ragots ont été acceptés comme étant des faits.  Ainsi, un auteur qui aurait envie de reconstituer un fait judiciaire devrait à tout le moins avoir le courage de lire le dossier judiciaire dans sa totalité.  C’est la moindre des choses.

Mais donnons un exemple plus concret.

Lors du procès de Marie-Anne Houde en 1920, la défense, qui avait décidé de plaider l’aliénation mentale – ce que l’on appelle maintenant la non responsabilité criminelle – appela dans la boîte des témoins le père de l’accusée.  Trefflé Houde était un cultivateur de 72 ans avec peu d’instruction, comme on pourra le voir dans l’extrait suivant :

  • C’est à l’âge de 12 ans qu’elle [Marie-Ann Houde] aurait été malade?, questionna Me Lachance de l’équipe de la Couronne.
  • De quelle maladie?
  • Une névragite [sic], une léthargie.
  • Est-ce ça qu’elle a eu à 12 ans, une léthargie?
  • Une ménagite [méningite] qu’ils appellent.
  • Est-ce qu’il [le médecin] vous a donné le nom de la maladie qu’elle avait eue?
  • Oui, il a dit ça.
  • Ce que vous appelez une léthargie ou ménagite c’est le docteur Carignan, le médecin qui a dit ça?
  • Le docteur. Oui, monsieur.
  • Pendant sa maladie, vous n’étiez pas chez vous?
  • C’était à la maison qu’il la faisait soigner.  J’étais veuf dans ce temps-là.
  • Vous n’étiez pas du tout chez vous pendant cette maladie-là?
  • Alors, fit le juge Pelletier, ce que vous en savez c’est ce que votre famille vous a dit?
  • Oui, c’est ma fille qui restait à la maison.

Il était donc clair que le père ne pouvait apporter la preuve que sa fille ait soufferte de méningite.  D’ailleurs, lors d’un échange ultérieur, le juge Pelletier revint sur la question : « Je suis obligé de dire là-dessus que c’est une preuve de ouï-dire qui ne vaut rien.  Le père nous a dit que tout ça s’était passé pendant son absence et qu’on lui a raconté cela à son retour.  Vous ne pouvez pas vous baser sur ces faits-là »[1].

Cette évidence n’a pas empêché l’auteur André Mathieu d’écrire en 1990 sa conviction selon laquelle Marie-Anne Houde avait souffert de méningite et qu’à cause de cela elle aurait dû être déclarée « folle ».  Mais pour le tribunal, qu’elle est été atteinte ou non de cette maladie importait peu, car on devait construire un verdict uniquement sur ce qui est admis légalement en preuve dans le prétoire.  Ainsi donc, le témoignage de Trefflé Houde ne prouve strictement rien au niveau de la méningite, d’autant plus que le docteur Carignan n’a jamais été appelé comme témoin.

La méningite de Marie-Anne Houde doit donc être reléguée au département de l’imaginaire.

L’affaire Blanche Garneau en fait également foi.  En cette matière, il suffit de réétudier honnêtement le dossier judiciaire pour y défaire une panoplie de rumeurs infondées qui, malheureusement, persistent toujours en 2017.  J’ai reçu quelques commentaires ou réactions à l’effet que des livres avaient déjà été publiés sur des histoires comme celle d’Aurore Gagnon ou Blanche Garneau, comme s’il était inutile de revisiter ces dossiers.  Et pourtant, je n’invente rien, la plupart des écrits qui ont entretenus la mémoire de ces victimes ont été fictifs.  Ce n’est quand même pas de ma faute si personne avant moi n’a eu le courage de lire la totalité des quelques milliers de pages qu’on retrouve parfois dans ces dossiers judiciaires[2].  Je redonne seulement la parole aux archives.  C’est tout.  Je n’ai de compte à régler avec personne!

Évidemment, je suis conscient que le fait de déterrer la vérité suscite parfois des réactions, en particulier chez ceux et celles qui s’étaient confortés dans l’idée qu’ils se faisaient d’une tranche de notre histoire.  Ce qui est le plus motivant, toutefois, c’est qu’il est possible de détruire ou de rétablir certains ragots propagés par le ouï-dire, qu’il soit judiciaire ou historique.  Il faut juste y mettre le temps et l’énergie, car les archives regorgent de dossiers qui ne demandent qu’à revoir la lumière du jour.


[1] Eric Veillette, L’affaire Aurore Gagnon le procès de Marie-Anne Houde, Éditions de l’Apothéose, 2016, p. 248.

[2] Dans Analyse et représentation documentaires, 2013, Michèle Hudon va jusqu’à parler de « la loi universelle du moindre effort » (p.5) pour expliquer le phénomène.

L’affaire Aurore Gagnon – chapitre 1

L'affaire Aurore GagnonSte-Philomène-de-Fortierville

Vendredi, 13 février 1920

Devant les premières constatations faites sur le corps de la fillette, le Dr Georges William Jolicoeur ordonna au policier Lauréat Couture de se rendre directement chez la famille Gagnon afin de ramener le corps à la sacristie de l’église de Fortierville. Contactés par le coroner Jolicoeur, le médecin légiste Albert Marois, 59 ans, et le Dr Andronic Lafond, 45 ans, se chargèrent de l’autopsie. Vers 18h00, une fois leur travail terminé, ils indiquèrent au coroner que la mort de l’enfant ne pouvait être attribuée à un accident ou une maladie quelconque.

Jugeant alors qu’il y avait matière à enquêter sur la cause du décès, Jolicoeur contacta le Dr Marois comme premier témoin. Les éléments apportés par les témoignages de tels experts donnaient généralement lieu à des nomenclatures techniques, froides et ennuyeuses, mais cet exercice était indispensable pour jeter les bases d’une cause qui risquait de s’avérer criminelle. Les détails que livra le médecin légiste de Québec furent époustouflants, au point de se demander comment une enfant de 10 ans avait pu endurer autant de sévices avant de mourir. Parmi les nombreuses blessures relevées, la plus marquante était sans aucun doute cette matière sanguinolente d’une quantité de 16 onces retrouvée entre le crâne et le cuir chevelu. Selon l’expert, la cause du décès était un « empoisonnement général causé soit par septicémie[1] ou autres causes que l’analyse seule des viscères pourra déterminer. L’autopsie démontre d’une façon évidente que la défunte n’a pas reçu les soins que requérait son état »[2].

Finalement, afin de dissiper tout autre doute possible quant à la cause du décès, le Dr Marois précisa que cette impressionnante liste de blessures avait été causé par des coups et non pas une quelconque maladie infectieuse. Peut-être tirait-on une certaine leçon d’un cas similaire survenu dans la région de Sherbrooke 17 ans plus tôt. En 1903, une fillette du nom d’Aurore Dubois, âgée de 22 mois, avait été retrouvée morte, le corps couvert de plaies. Son beau-père, Napoléon Fouquet, fut accusé de l’avoir tué. Au cours du procès, la mère naturelle de l’enfant avait confirmé que la petite souffrait de certaines maladies de peau, sans compter qu’elle ne marchait ni ne parlait alors qu’elle approchait son 2ème anniversaire. Avec de tels éléments, la défense avait espéré minimiser les conséquences, mais Fouquet fut tout de même reconnu coupable. Ayant d’abord reçu la peine capitale, sa sentence avait finalement été commuée en emprisonnement à vie au célèbre pénitencier St-Vincent-de-Paul.

Le témoin suivant fut Exilda Auger, épouse d’Arcadius Lemay, un couple habitant à Ste-Philomène de Fortierville. Le 2 février, soit une dizaine de jours avant le décès de la petite, Mme Auger avait rendu visite aux Gagnon justement après avoir appris que la fillette était « malade »[3].

  • Ils m’ont répondu qu’elle était en haut et ne m’ont pas offert de la voir, raconta Exilda. Quelque temps avant, monsieur et madame Télesphore Gagnon étaient venus chez moi, se plaignant que l’enfant était dure à élever. Ils la corrigeaient avec un manche de hache et autres choses. Là-dessus, je leur dis de ne pas faire ça et de la mettre au couvent plutôt. Ils répondirent alors que cela coûtait trop cher. L’enfant ne se plaignait jamais quand on la voyait. Le 10 février, je suis retourné chez Gagnon et sans demander de permission je suis montée en haut pour voir la défunte. Je l’ai trouvée dans un coin du grenier sur un grabat composé d’une petite couverture grise et un oreiller. À côté d’elle, sur un petit meuble, une assiette contenant deux patates et un couteau. En me voyant arriver, la défunte s’est appuyée sur son coude et pouvait à peine se soutenir. Elle m’a dit qu’elle souffrait beaucoup de ses genoux mais ne s’est plainte de personne, comme d’habitude. Je ne l’ai pas questionné non plus. En arrivant en bas, j’ai dit à sa belle-mère, madame Télesphore Gagnon, que la défunte était bien malade et qu’il vaudrait mieux la faire soigner. Elle m’a répondu : « c’est l’enfant de mon mari. S’il veut la faire soigner, qu’il le fasse et s’il m’apporte des remèdes je les administrerai ». Je ne suis retourné là qu’hier, à la demande de madame Gagnon, qui m’a téléphoné [pour me dire] que la défunte était plus mal. Je m’y suis rendue et j’ai trouvé la défunte sur un lit, dans une chambre en bas. Elle était sans connaissance. Mme Gagnon avait téléphoné au médecin et j’ai moi-même téléphoné à monsieur le curé. Madame Gagnon me dit alors qu’elle avait eu de la misère à descendre l’enfant d’en haut dans ses bras et qu’elle avait dit à son mari de ne pas aller au bois parce qu’elle trouvait la défunte plus mal. Il était parti quand même, sans aller voir la défunte qui était encore en haut.

Après avoir entendu le témoignage de cette voisine, qui éveillait déjà les soupçons à l’endroit des parents, le coroner fit appel à Marie-Jeanne Gagnon, la sœur aînée d’Aurore. La fillette de 12 ans dira avoir remarqué trois semaines plus tôt des « boursouffles » qui avaient finies par crever et suppurer sur le corps de sa petite sœur.

  • Depuis 5 jours seulement, raconta Marie-Jeanne, elle a commencé à empirer. Je n’ai jamais eu connaissance que mon père ou ma mère[4] aient corrigé l’enfant avec une mise de fouet ou un éclat de bois. Hier matin, elle a déjeuné avec des patates, de la viande et une beurrée de sirop. À 9h00, après que maman l’eut lavée, elle s’est couchée. Vers 11h00, elle a commencé à délirer. Ma mère a téléphoné au Dr Lafond et ce dernier est venu dans l’après-midi. Mais la défunte était alors sans connaissance. Elle est morte le même soir. Dans la matinée, je lui avais souvent donné de l’eau chaude qu’elle demandait constamment après qu’elle eut été lavée par maman, qui lui en avait donné d’abord en la recouchant.

Contrairement à Exilda, Marie-Jeanne refusait d’incriminer ses parents en niant que ceux-ci aient battu Aurore. Toutefois, la question était de savoir si le coroner, d’après ce qu’il put constater ce soir-là dans l’attitude de cette jeune témoin soupçonnait qu’elle était manipulée. En effet, on était alors à seulement 24 heures après la mort d’Aurore et les parents n’avaient toujours pas été mis en état d’arrestation. Était-il permis de croire que ceux-ci exerçaient une pression sur Marie-Jeanne afin de préserver l’intégrité de la famille?

Après avoir identifié le corps de sa fille, Télesphore Gagnon, 37 ans, dira s’être marié 2 ans auparavant en seconde noces avec Marie-Anne Houde. À ce moment-là, il avait lui-même trois enfants à sa charge.

  • Il y a environ trois semaines, affirma Télesphore, la défunte a eu des bobos [plaies] sur les bras, les jambes et le corps. Je n’ai pas regardé le corps de l’enfant pour constater les plaies qui y étaient. C’est ma femme qui donnait les soins à l’enfant et je ne m’en occupais pas. Je n’ai pas demandé de médecin pour venir donner des soins à la défunte. Le Dr Lafond est venu hier, mais je ne sais pas qui l’a fait demander. Je suis arrivé du bois hier vers 16h00. On était venu me chercher parce que l’enfant était plus mal. En arrivant à la maison, j’ai trouvé l’enfant sans connaissance et elle est morte sans reprendre connaissance vers 19h00, hier soir. L’enfant était difficile à élever et je l’ai corrigé plusieurs fois, avec une mise de fouet et d’autres fois avec un éclat de bois. Je la corrigeais comme cela quand je constatais des méfaits de sa part ou que ma femme me le rapportait. Je n’ai pas eu connaissance que ma femme l’ait battue devant moi. Ces jours derniers, l’enfant ne paraissait pas plus mal que d’habitude et se levait encore. Hier matin, elle s’est levée encore et dans la matinée, après mon départ, on me dit qu’elle a empiré tout à coup et elle est morte hier soir.

Ces réponses suffirent-elles à convaincre le coroner d’un verdict de responsabilité criminelle? Est-ce que le père essayait de se laver les mains des événements en affirmant que sa femme s’occupait de tout ce qui se passait au foyer? Quelle était donc la dynamique malsaine qui régnait dans cette maison?

Finalement, l’enquête du coroner fut complétée par le dépôt du rapport du Dr Wilfrid Derome, à qui on avait expédié les viscères d’Aurore à son laboratoire de médecine légale à Montréal. En 1914, après des études à Paris, le Dr Derome avait fondé son laboratoire montréalais et depuis son nom ne cessait de gagner en renommée et en popularité par ses expertises judiciaires. Dans son rapport toxicologique, celui-ci écrivit que « les renseignements fournis par le médecin autopsiste [sic] nous laissent croire à la possibilité de l’ingestion d’un poison irritant ». Toutefois, en dépit d’une batterie de tests destinés à déceler les poisons généralement rencontrés dans les causes de meurtre, le Dr Derome en venait à la conclusion que « l’analyse des viscères d’Aurore Gagnon a montré l’absence de poisons ».

Si la fillette n’avait pas ingurgité de poison mortel, par exemple de la strychnine, les conclusions du Dr Marois se confirmaient-elles?

Quoi qu’il en soit, le coroner Jolicoeur détermina que Télesphore Gagnon et Marie-Anne Houde Gagnon étaient criminellement responsables de la mort d’Aurore. Il évita de leur signaler son verdict puisqu’aucune arrestation ne fut effectuée ce soir-là.

Le 14 février, les funérailles d’Aurore se déroulèrent à l’église de Fortierville. Puisque l’autopsie était complétée et que les résultats obtenus étaient sans appel, on put l’enterrer. Peu de temps après la cérémonie, le policier Lauréat Couture, accompagné des constables Verret et Bouchard, se rendit à l’hôtel Demers pour procéder aux arrestations de Télesphore et Marie-Anne. Immédiatement, le couple fut conduit à la prison de Québec. Marie-Jeanne, sans doute désemparée par les événements qui se bousculaient depuis la mort de sa sœur, les accompagna jusqu’à la capitale provinciale avant de revenir habiter dans la maison du rang St-Antoine avec son grand-père Gédéon Gagnon, à qui l’on confia les enfants en attendant de nouveaux développements.

Au cours des semaines suivantes, le policier Couture se rendit chez les Gagnon afin d’entamer une enquête de terrain. Est-ce que le grand-père avait expliqué à ses petits-enfants l’importance de dire la vérité? Quoi qu’il en fut, Marie-Jeanne et Gérard collaborèrent avec le détective en lui remettant certaines pièces à conviction.

La justice choisit ensuite d’organiser deux procès séparés pour les accusés. Celui de Marie-Anne Houde aurait lieu le premier. Après l’enquête préliminaire, c’est elle aussi qui récolta la plus grave accusation prévue au Code criminel : meurtre[5].

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Sur ce document de la prison de Kingston, Ontario, datant de 1921, on constate que la détenue H-600 (Marie-Anne Houde) avait un comportement qualifié de « very good ». 

 

 

[1] Infection grave de l’organisme.

[2] Puisque les dépositions entendues lors de l’enquête du coroner Jolicoeur n’ont pas été prises en sténographie, c’est-à-dire en incluant les questions et les réponses, on étudiera plus en détails les constatations du Dr Marois lors de son témoignage au procès, où il sera encore le premier témoin appelé.

[3] Les dépositions enregistrées devant le coroner Jolicoeur tiennent uniquement compte des réponses des témoins et ne contiennent donc pas les questions, comme les transcriptions du procès par exemple. Ainsi, pour demeurer le plus authentique possible à la présentation des faits, je n’ai pas tenté de recréer fictivement ou approximativement ces questions, bien que parfois on les devine. Les extraits de ces témoignages sont donc directement tirés de ces dépositions.

[4] Il ne faut certainement pas voir un cas d’exception dans l’utilisation du mot « mère » alors qu’on sait parfaitement que Marie-Anne Houde était la belle-mère de Marie-Jeanne, d’Aurore et de Georges-Étienne Gagnon, ces trois enfants étant le fruit de l’union entre Télesphore Gagnon et Marie-Anne Caron. C’est pourtant en l’appelant « sa mère » que Marie-Jeanne la désignera au moment de témoigner devant le juge Pelletier.

[5] À l’époque, on ne parlait pas de meurtre au premier degré. La simple évocation du mot « meurtre » sous-entendait qu’il y avait eu préméditation, alors que dans les autres cas on parlait d’homicide involontaire.

Une photo d’Aurore Gagnon?

ScreenHunter_93 Jul. 13 10.53         On le sait, il n’existerait qu’une seule photo d’Aurore Gagnon et sur laquelle elle apparaît beaucoup trop petite pour être véritablement exploitable ou satisfaisante pour l’œil des amateurs.

Cette semaine, une lectrice du nom de Josiane Daoust m’a partagé cette photo de classe qui aurait été prise vers 1915 à l’école du 7ème rang de Fortierville. D’après le dossier judiciaire, que j’ai présenté dans mon livre L’affaire Aurore Gagnon, le procès de Marie-Anne Houde, on sait qu’Aurore a fréquenté cette école durant quelques semaines ou quelques mois en 1919, mais il est impossible d’établir avec certitude les périodes pendant lesquelles elle a fréquenté les classes. Né en 1909, elle aurait donc 6 ans, si on en croit cette photo. On la voit ici, pointée par une flèche.

Selon Josiane, cette photo lui a été remise par son arrière-grand-mère, aujourd’hui décédée, qui aurait été une amie de Marie-Jeanne Gagnon, la sœur d’Aurore. Malheureusement, elle n’est plus de ce monde pour nous authentifier formellement cette photo.

L’affaire Aurore Gagnon: entrevue avec Yves Houde

L'affaire Aurore Gagnon            En cliquant sur le lien suivant https://www.youtube.com/watch?v=ooxy_UYtmjE je vous invite à écouter l’entrevue de 45 minutes que j’ai accordée à l’animateur Yves Houde de Radio Galilée (90,9 FM Québec) il y a quelques semaines à propos du mon dernier livre : L’affaire Aurore Gagnon, le procès de Marie-Anne Houde.

Nous avons discuté de mes premiers intérêts en Histoire, du projet à l’origine de mes découvertes en matière de dossiers judiciaires, et de l’importance de ces documents légaux. Il fut également question de certaines tendances sociales qui induisent le public en erreur, que ce soit dans le cas d’Aurore Gagnon ou de certains autres crimes qui ont marqués notre patrimoine judiciaire.

Je tiens à souligner le professionnalisme d’Yves Houde, qui, en plus de bien maîtriser ses sujets, laisse beaucoup de place à ses invités.

Pour en savoir plus sur le procès de Marie-Anne Houde, je vous invite à lire l’Introduction ou de vous procurer mon livre en librairie.

Bonne émission!