Bienséances: Les parents

  1. Dans un ménage chrétien, la femme prouve sa délicatesse de sentiment en se montrant prévenante pour son mari, toujours affable, toujours complaisante, et l’homme qui a reçu une bonne éducation, est rempli d’égards pour sa femme qu’il traite toujours comme une compagne chérie que le bon Dieu lui a donnée pour l’aider à supporter les peines de la vie.
  2. La femme tient sa maison de telle sorte que son mari y trouve le bonheur. Elle ne paraît jamais devant son mari dans un négligé qui pourrait diminuer l’estime que ce dernier a pour elle. Son langage sera toujours irréprochable à tous égards. Le mari en agira de même envers elle. Les charmes de la jeunesse sont bientôt passés, l’estime qui a sa source dans les qualités du cœur et les bons procédés, demeure.
  3. Que le père et la mère n’aient aucun différend en présence de leurs enfants, qu’ils ne se permettent aucune parole triviale, grossière. Que leur autorité soit tendre et de telle sorte que leurs enfants, tout en les respectant, soient à l’aise avec eux. Qu’ils tiennent à ce que les enfants observent entre eux les règles de la politesse et de la bienséance qu’ils doivent pratiquer plus tard dans le monde.

Bienséances: Les enfants

  1. Les enfants doivent respecter leurs parents (même grands parents, oncles, tantes, etc.) quelques défauts qu’ils puissent avoir. Ni l’âge, ni la condition, fût-elle très élevée, ne peuvent nous affranchir de l’obligation d’être respectueux envers nos parents.
  2. On ne parle jamais à ses parents que la tête découverte et sur un ton modeste et respectueux. On ne peut les tutoyer que s’ils l’exigent. Ils feraient mieux de ne pas l’exiger.
  3. Rien de plus méprisable que l’enfant qui rougit de la condition, des manières, de l’ignorance, du manque d’usage, etc., de ses parents.
  4. Le grand âge rend très sensible. C’est un devoir de politesse et de religion pour les enfants d’éviter avec le plus grand soin tout ce qui pourrait affecter cette grande sensibilité de leurs vieux parents.

Le Salut

  1. Les femmes saluent en ployant gracieusement le cou, un peu aussi le buste. Une jeune personne qui salue une femme âgée, doit s’incliner avec un air de déférence.
  2. Un jeune homme, un homme encore jeune, ne salueront pas un vieillard comme un camarade; on salue un supérieur d’une autre façon qu’un collègue; on ne salue pas un inconnu comme un ami, etc. En tout cas, un homme bien élevé soulève sa coiffure pour saluer.
  3. Un homme poli, venant à rencontrer dans un couloir ou un escalier, une femme quelconque, ouvrière ou marquise, jeune ou vieille, connue ou inconnue, s’efface le long de la muraille pour la laisser passer et se découvre : Louis XIV soulevait son chapeau devant une blanchisseuse.
  4. Un homme même âgé ou considérable, salue le premier un homme jeune ou d’une position sociale inférieure, si celui-ci est accompagné d’une femme d’une tenue décente et d’un maintien convenable. Tout catholique doit tenir à saluer respectueusement les prêtres, les religieux et les religieuses.
  5. Si un homme croise, dans la campagne, une ou plusieurs femmes inconnues, non accompagnées, il doit les saluer, mais sans fixer les yeux sur elles.
  6. Par contre, en pleine rue, à la promenade, dans un lieu public, il faut que la femme, qu’il connaît, salue la première, mais l’homme doit s’arranger pour faire son salut à peu près en même temps. Dans tous les cas, un homme bien élevé cesse de fumer, quand il rencontre une femme.

L’école

  1. L’École est l’apprentissage de la vie. Il est absolument important d’y contracter des habitudes de politesse qui seront votre sauvegarde dans la société.
  2. Les élèves doivent être naturels et dignes dans leur maintien et leur conduite surtout au parloir. Ils y sont généralement observés. Par conséquent, leur manière de s’asseoir, de parler, etc., peut les recommander ou les discréditer facilement. Dans leurs demandes à leurs parents ou amis, ils ne doivent jamais être importuns. Toutes les paroles, tous leurs actes, doivent avoir pour but de rendre la visite agréable. Si le directeur ou un professeur entre au parloir, ils se lèvent et offrent une chaise; cette chaise ne doit pas être celle de l’élève, à moins qu’il n’y en ait pas d’autre de libre.
  3. Les élèves doivent en toute occasion être attentifs à rendre service, avec discrétion, à leurs professeurs ou maîtresses de classe, et même à leurs aînés, par exemple, en leur ouvrant ou fermant la porte, en présentant une chaise, etc., etc.
  4. Les élèves doivent se rappeler que la manière même de poser une question indique clairement le degré de culture. Ainsi, on ne dira pas : « Comment est votre mère? », mais bien : « J’espère que madame votre mère est bien », etc., etc.
  5. Les élèves doivent recevoir les visiteurs aisément, gracieusement et dignement.
  6. S’ils les rencontrent dans le corridor, ils doivent les saluer gracieusement, ainsi que le professeur qui les accompagne, de la tête et du buste. Ils ont soin de se conduire de même envers un professeur qu’ils rencontrent seul dans un corridor.
  7. Les élèves, en classe, doivent éviter toute attitude inconvenante, tout bruit de chaises. Ils ne doivent pas appuyer la tête contre le mur.
  8. S’ils sont appelés à faire un message dans une autre classe, ils doivent le faire gentiment, avec le moins de dérangement possible, se bornant à l’affaire en question.
  9. Quand un professeur entre en classe, les élèves doivent se lever.
  10. Quand les visiteurs entrent dans la Grande Salle, les élèves doivent instantanément faire silence, même durant la récréation. Se levant de leurs sièges, ils saluent leurs hôtes du moment et ne reprennent leurs sièges qu’au signal donné par celui qui préside.
  11. En toute occasion, les élèves se tiennent droit, évitant toute position disgracieuse des pieds et des mains, par exemple, ils se donneront bien garde de se tenir les mains appuyées sur les hanches.
  12. Écrire sur la muraille, les meubles, etc., est une grossièreté intolérable. Les élèves bien mis ont un grand soin de tout ce qui est à leur usage. Ils se gardent bien de dégrader les murs, les pupîtres [sic], les tables, etc., sachant que dans ce cas l’impolitesse serait doublée d’une injustice.

Bienséances: La famille

La politesse des enfants envers leurs parents est un devoir sacré que la religion et les sentiments les plus naturels, comme les plus doux, imposent en toutes circonstances. Les parents doivent y assujettir leurs enfants en toute occasion. L’éducation de ces êtres chéris dépend, en grande partie, de la sollicitude des parents à cet égard. Inutile d’ajouter que la courtoisie avec laquelle le père et la mère se traitent mutuellement, contribuent [sic] très efficacement à la bonne éducation de la famille.