L’affaire Blanche Garneau

L'auteur Eric Veillette au côté de la sépulture de Blanche Garneau (1899-1920), cimetière St-Charles, Québec, septembre 2015.
L’auteur Eric Veillette au côté de la sépulture de Blanche Garneau (1899-1920), cimetière St-Charles, Québec, septembre 2015.

Le 28 juillet 1920, dans le Parc Victoria à Québec, on retrouvait le corps d’une jeune femme de 21 ans.  Elle s’appelait Blanche Garneau.  L’autopsie révéla qu’elle avait été violée et tuée par strangulation.  Les policiers de la Vieille Capitale intervinrent rapidement, mais les erreurs s’accumulèrent et l’enquête piétina.  L’enquête du coroner se terminera en queue de poisson, sans pouvoir identifier un responsable.

Soudainement, en décembre 1920, les événements se bousculèrent.  Un premier suspect passa aux aveux, puis un deuxième, celui-là appréhendé en Ontario.  Suite à l’enquête préliminaire et devant l’impatience grandissante du public, la Couronne crut détenir les preuves nécessaires pour traîner Raoul Binet et Frederick Palmer devant les tribunaux.  Leur procès aura lieu à l’automne 1921 au palais de justice de Québec.  Lorsque le jury acquitta ces deux voyous, tout était à recommencer.

Le public s’impatienta et, plus que jamais, l’affaire Blanche Garneau capta l’attention de tous les journaux et des commères.  En importance, la cause dépassa celle de Marie-Anne Houde.

Devant la rumeur publique, qui désignait maintenant ses propres coupables – dont deux fils de politiciens – le gouvernement mit sur pied une Commission royale d’enquête à l’automne 1922, devant laquelle témoigneront des célébrités du temps, dont le premier ministre Taschereau.  Mais, encore une fois, tous les suspects furent écartés.

Bien qu’elle ait difficilement traversé le temps, à l’instar par exemple d’une affaire comme celle d’Aurore Gagnon, l’affaire Blanche Garneau a connu des proportions étonnante, que ce soit au niveau public, judiciaire ou policier.  Après avoir amené un changement de certaines pratiques, le nom de Blanche Garneau est aujourd’hui le symbole des affaires de meurtres non résolus au Québec; l’une de nos plus grandes énigmes du 20ème siècle.

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