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Les types d’incidents

Les types d’incidents doivent être considérés comme le résultat de certaines motivations. Par exemple, un meurtre par contrat peut se terminer par un double meurtre, voire un triple meurtre. Ce pourrait aussi être le cas d’un homicide domestique. Certaines autres motivations, comme le meurtre d’autorité, se rapprochent presque exclusivement d’un seul type d’incident, en l’occurrence la tuerie de masse. Dans un tel cas, la motivation se rapproche beaucoup du résultat du crime.

Toutefois, les types d’incidents ne sont généralement pas synonymes de motivations. Ils présentent plutôt les résultats de diverses motivations. Toutefois, nous verrons que certains types d’incidents nous en apprennent beaucoup sur les tueurs.

Parmi les types d’incidents impliquant des homicides on retrouve le simple meurtre, le double meurtre, le triple meurtre, la tuerie de masse, et la série meurtrière. Il est important de comprendre que les types d’incidents ne sont pas des motivations proprement dites, mais qu’elles résultent des motifs pour lesquels les tueurs décident de passer à l’acte. À titre d’exemple, Denis Lortie et Marc Lépine sont techniquement deux tueurs de masse muent par des motivations différentes.

Un incident peut aussi contenir plus d’une catégorie de motivation. Par exemple, un double meurtre au cours duquel la première victime était la cible du tueur mais que la deuxième victime représentait seulement un obstacle à son crime ou à son plan d’évasion.

Meurtre simple

Le meurtre simple décrit l’homicide qui a pour résultat une victime. Celle-ci peut cependant être tuée par un ou plusieurs agresseurs, peu importe l’arme du crime utilisée. Il s’agit du type d’incident le plus courant.

Double meurtre

Le double meurtre implique deux victimes tuées par une ou plusieurs personnes. Là encore, le type d’arme utilisé n’affecte pas la terminologie. Les deux victimes ou une seule pouvaient être visées par le motif du ou des agresseurs.

Triple meurtre

Il s’agit de trois homicides commis par une ou plusieurs personnes. Le meurtre simple, le double meurtre et le triple meurtre peuvent être le résultat de multiples motivations réparties dans les quatre grandes catégories homicidaires. Il en va autrement pour les tueries de masse et les meurtres en série.

Tuerie de masse

Selon le CCM-3, la tuerie de masse « est décrite comme un certain nombre de meurtres (quatre ou plus) commis durant un même incident, avec aucune période de temps distinctive entre les meurtres. Ces événements impliquent typiquement un seul lieu, où le tueur assassine plusieurs victimes lors d’un incident qui ne connaît aucune interruption. »[1]

Selon les mêmes auteurs, il existe deux sous-catégories pour décrire les tueries de masse. Il y a d’abord le cas classique qui implique une seule personne qui se localise à un seul endroit pour une certaine période de temps, que ce soit quelques minutes ou quelques jours. Normalement, ce type de tueur est mentalement instable. Ses problèmes, ou ce qu’il considère comme étant ses problèmes, ont atteint un niveau qui le convainc que sa seule issue possible est de commettre une tuerie. Comme il dirige sa rage vers la société en générale, de laquelle il se considère rejeté, il ne vise habituellement personne en particulier – comme peut le faire le tueur en série ou le meurtrier domestique par exemple – mais des personnes qui peuvent représenter une institution ou une certaine représentation de la société envers laquelle il a développé sa haine. Dans la presque totalité des cas, ce tueur choisi les armes à feu afin de créer le plus dégât possible. On pourrait donc croire que son armement et le résultat de sa tuerie serait une représentation de son niveau de colère accumulée.

Il faut cependant noter que les tueries de masse ne sont pas nécessairement perpétrées par des tueurs de masse. Le résultat d’un crime n’est pas garant de la motivation du ou des tueurs qui le commettent. À titre d’exemple, les 23 passagers de l’avion DC-3 qui ont perdu la vie à Sault-au-Cochon en septembre 1949 ont été victime d’une tuerie de masse. Toutefois, le principal auteur du crime, J.-Albert Guay, ainsi que ses deux complices, ne partageaient pas le profil du tueur de masse.

La série de meurtre

Tout comme dans le cas des tueries de masse, la série de meurtre n’est pas nécessairement commise par un tueur en série. Par exemple, le tueur à gage Gérald Gallant a commis 28 meurtres. Bien qu’il soit à l’origine de l’une des plus longues séries de meurtre à avoir été commise au Québec, Gallant n’est pas un tueur en série. Il tuait généralement par contrat.

Donc, la série de meurtre est qualifiée par une série d’au moins trois meurtres commis par la même personne. Toutefois, dans le cadre de la catégorie des homicides à motivation sexuel, d’après un congrès du FBI organisé il y a quelques années, il serait possible de parler de série après deux meurtres qui présentent certaines caractéristiques.


[1] John E. Douglas et al., Crime Classification Manual, 3e éd. (Wiley, 2013).