Non élucidé

  Pour ceux et celles qui ont déjà lu mes ouvrages ou mes articles de blogue[1], vous connaissez mon naturel pour étudier des dossiers en profondeur. Je reconstitue des crimes d’après les dossiers judiciaires trouvés dans nos archives nationales afin de permettre aux lecteurs de se glisser dans la peau de l’un des jurés et ainsi forger leur propre opinion. En gros, c’est à peu près ça!

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Jusqu’à maintenant, la plupart de ces homicides étaient des affaires résolues. À titre d’exemple, j’ai présenté un livre sur le meurtre de Denise Therrien, assassinée en 1961 par un récidiviste sexuellement perturbé. J’ai consacré un livre au meurtre de la petite Aurore Gagnon, un autre sur le meurtre non élucidé de Blanche Garneau, et finalement une trilogie concernant l’affaire de Sault-au-Cochon survenue en 1949.

Certaines personnes me demandent encore pourquoi investir autant d’énergie à étudier ces causes qui ont été élucidées, comme si on laissait entendre qu’il était inutile d’y revenir parce que ces histoires de crime ont leur conclusion, qu’il n’y a plus rien à ajouter. Comme si tous les faits historiques d’un peuple ne méritaient plus qu’on y revienne parce qu’ils sont réglés, et donc du domaine du passé. Pourtant, on le sait, les historiens et autres intellectuels ne cessent de revenir constamment sur des faits connus et qui n’en finissent plus de faire les « manchettes historiques », et tout cela, bien souvent, pour débattre de détails insignifiants. Dans certains cas même, ces sujets deviennent redondants.

            Cette question, je pense, est une façon détournée, qu’elle soit consciente ou non, d’écarter les faits judiciaires de l’Histoire. Une forme de snobisme, quoi!

            D’autre part, je dirai, après plus de 32 ans d’expérience, que l’étude des dossiers résolus est primordiale. C’est à eux qu’on devrait s’intéresser avant de se tourner vers les affaires non résolues. En effet, la plupart, sinon la majorité, des documents produits, sur Internet, à la télé ou ailleurs impliquent des chercheurs doués mais inexpérimentés qui pensent résoudre un crime non élucidé sans jamais savoir à quoi ressemble une affaire qui a connu un dénouement.

            Il est facile de répondre à cette question, car la plupart des gens – incluant les créateurs de contenu – s’intéressent d’abord au mystère, aux histoires qui intriguent. C’est plus vendeur! Bref, ça attirer davantage de lecteurs ou de spectateurs.

            Par ailleurs, il se pourrait que ce « far west » englobant les affaires non résolues s’explique par un manque d’intérêt des chercheurs sérieux? Est-ce vrai que les faits divers – une expression que je n’ai d’ailleurs jamais apprécié – ne seraient pas assez bien pour avoir leur place dans l’Histoire?

            Très tôt, je me suis désintéressé de l’histoire politique et surtout religieuse, justement parce qu’on parlait déjà suffisamment de ces deux volets de notre passé. La majorité des historiens s’y attaquaient comme des mouches sur du miel, comme s’il n’y avait que cela qui méritait l’attention d’un peuple. Je trouvais même absurde de voir l’histoire religieuse être écrite et étudiée par des religieux, tandis que le volet politique l’était par des auteurs ou des historiens impliqués politiquement. Devant une telle ineptie, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le fameux employé du mois chez McDo, ou ces étoiles sans valeur distribuées aux employés de Lowe’s[2]. L’employé qui obtient un tel mérite n’est reconnu qu’au sein de l’entreprise pour laquelle il travaille. Au-delà de ça, que vaux-t-il vraiment?

Où est donc passé le respect de l’objectivité?

C’est une constatation qui me hante depuis longtemps et qui explique peut-être, du moins en partie, pourquoi je suis apolitique et apostat.

Pendant que les religieux s’occupaient de religion et les auteurs politisés de politique, qui s’occupait des faits judiciaires?

L’histoire judiciaire, à la portée de n’importe qui?

Pourtant, les crimes marquent le quotidien d’un peuple, en plus de nous faire voir une facette méconnue de la nature humaine. Ah! C’est peut-être là, après tout, que le bât blesse. Et si on boudait l’histoire judiciaire parce qu’on a dédain des criminels et de la criminalité? Préfère-t-on éviter le sujet par crainte que cela vienne nous toucher? Avons-nous affaire au fameux syndrome du « pas dans ma cour »? Ou alors croit-on que les crimes n’intéressent que le petit peuple?

            Ce snobisme historique a probablement fait en sorte qu’une majorité d’historiens a boudé ce pan de notre passé, ouvrant ainsi la porte aux amateurs. Puisqu’il est impossible de passer complètement sous silence l’étude des crimes graves, d’autres s’en sont chargés. Malheureusement, ces amateurs de tout acabit présentent bien souvent un professionnalisme déficient. Certains sont clairement attirés par la morbidité de l’aspect criminel et pour eux il n’y a pas de limite à présenter un produit qui se rapproche toujours plus de l’horreur. Pour d’autres, c’est une mode qui leur permet d’obtenir une visibilité qu’ils n’auraient peut-être pas mérités autrement. Ceux-là choisissent souvent des moyens ou des médiums plus accessibles, comme les balados ou la diffusion de vidéos sur des plateformes comme YouTube, par exemple. Quelques Youtubeurs s’improvisent déjà comme des « chroniqueurs » ou des « reconstitutionnistes » de crimes violents. Ils collectent quelques informations, ici et là, et nous recrachent leur façon de voir le dossier. D’autres encore, plus raffinés, produisent des documents qui ont une apparence plus professionnelle tout en laissant subtilement entendre qu’ils ont réalisé un travail plus exhaustif que les autres ou, pire encore, qu’il leur est peut-être possible de résoudre certains crimes. On laisse alors planer malhonnêtement la possibilité de faire quelque chose alors que les seuls qui sont en mesure d’élucider des crimes graves sont les policiers et le système de justice.

Évidemment, ils ne vous le diront jamais, mais tous ces produits de la culture sont biaisés. Pour le lecteur qui souhaite un document honnête basé sur les faits et d’après lequel il aimera forger sa propre opinion, il n’y trouvera évidemment pas son compte. Voilà qui explique peut-être pourquoi le lecteur plus averti ou plus raffiné se désintéresse généralement des faits judiciaires.

Les faits, madame. Les faits!

Cette dernière méthodologie, c’est celle que j’ai choisie. Je collige l’ensemble des documents existants sur une affaire avant de l’étudier minutieusement et de présenter les faits aux lecteurs. Autant que possible, la chronologie des faits doit être respectée car la façon de raconter un crime peut avoir son importance. Cette méthode n’est pas parfaite, mais elle est, je pense, la plus honnête. En effet, je crois humblement que mes lecteurs peuvent se satisfaire d’avoir les faits nécessaires à leur disposition pour forger leur propre opinion. Ils n’ont absolument pas à tenir compte de ce que je pense.

Et si vous doutez de mes travaux, vous n’aurez qu’à faire vos recherches puisque ce site vous donnera plusieurs avenues à explorer afin de trouver vous-mêmes vos informations et ainsi, peut-être, vous tenir loin de quelques charlatans. Les documents que j’étudie pour présenter une affaire sont non seulement publics mais ils ont encore une valeur de preuve.

            Pour revenir à la question initiale, tous les dossiers que j’ai étudiés jusqu’à maintenant m’ont démontré une chose importante. Et j’inclus ici tous les dossiers que j’ai consultés en dehors de ceux qui ont fait l’objet d’un livre. Les affaires résolues ont encore des secrets à nous livrer. Il en va de même pour les plus célèbres. Pour l’enquêteur en herbe qui néglige les archives, c’est une première et grossière erreur. Si vous arrivez à comprendre qu’il est encore possible de débattre de plusieurs points concernant des affaires qui ont été résolues par la justice, vous commencerez à voir progressivement que pour les meurtres non résolus il y a encore beaucoup de chemin à faire avant de se forger une opinion sur le dossier. En fait, vous devrez même être prêt ou prête à accepter que des questions puissent demeurer sans réponse.

En effet, lorsque le dossier judiciaire d’une affaire de meurtre est suffisamment complète et accessible, il n’y a rien de tel pour reconstituer un crime. Les transcriptions sténographiques d’un procès contiennent tout ce qui a été dit sous serment lors des audiences. À l’époque où se déroule un procès, les journalistes devaient résumer en quelques paragraphes des heures de témoignages. Ensuite, le public se contentait de lire ces comptes rendus, bien souvent d’un œil distrait, sans oublier qu’une portion du public ne lisait pas les journaux, que ce soit par manque d’intérêt ou par manque d’éducation. Ces personnes devaient donc se faire un jugement selon ce qu’elles entendaient de la bouche de leurs amis ou membres de la famille. Ainsi, on assistait déjà à une transmission de bouche à oreille alors que le procès n’était pas encore terminé.

Aujourd’hui, les journaux ont beaucoup moins la cote, que ce soit au profit de réseaux sociaux, où la qualité de l’information en prend pour son rhume, ou alors par des reportages télévisés qui couvrent en deux minutes les audiences de toute une journée. Dès lors, on peut en déduire qu’au moment même des faits le public n’a jamais droit à une exhaustivité qui pourrait lui permettre de construire une opinion valable. Et pourtant, combien de fois entendons-nous des voix s’élever – en particulier lors de procès hautement médiatisés – pour critiquer, juger, et donner son opinion à qui veut bien l’entendre?

C’est bien connu, la foule aime partager son opinion.

Que valent ces opinions? Et pourquoi ces gérants d’estrades, qui pour la plupart n’ont d’ailleurs aucune notion en criminologie ou en droit, ressentent-ils ce besoin de commenter le déroulement d’un procès? Quel est ce besoin de pestiférer sur un procès qui n’implique aucune personne de notre entourage? Quelle est donc cette hystérie collective qui se manifeste parfois dans des dossiers chauds?

Souvenons-nous un instant de l’arrestation de Jonathan Bettez à Trois-Rivières, fortement soupçonné depuis des mois, voire des années, d’être le meurtrier de Cédrika Provencher. Lors de son arrivée au palais de justice, plusieurs personnes l’attendaient pour l’invectiver et l’insulter. Il n’était pas encore accusé en lien avec le meurtre de Cédrika Provencher – et ne le sera d’ailleurs jamais – et le public avait déjà donné son verdict, tout cela sur des arguments très chancelants qui n’avaient toujours pas été reçu en preuve. Et tout cela pour quoi? Aujourd’hui, il est en liberté et probablement stigmatisé à vie.

Pour avoir droit à une opinion plus complète et surtout plus honnête, le citoyen peut assister au procès et ainsi passer des heures à entendre des témoignages et analyser la preuve sans une influence biaisée. C’est probablement la position qui se rapproche le plus du travail effectué par les jurés. Mais qui, hormis quelques retraités passionnés des causes criminelles, a le temps de suivre ces procédures durant des jours ou des semaines?

Il y a plusieurs années, il m’a été donné d’assister à la presque totalité d’un procès pour meurtre, mais l’opportunité m’a été offerte parce que à cette époque j’étais au chômage. Sinon, nous avons tous des occupations et des devoirs qui se situent bien loin des palais de justice, même pour un passionné comme moi. Alors, évidemment, le plus facile est de lire un peu sur le web, regarder les informations télévisées ou écouter les commentaires des amis au travail. C’est surtout de cette façon que l’information circule. À ce titre, les choses n’ont pas tellement changés depuis un ou deux siècle.

Généralement, si nous respectons l’ordre chronologique, c’est après la clôture du procès que viennent les produits de la culture. Tous, sans exception, sont fictifs, à des degrés différents bien sûr. Subtilement, ils partent de certaines vérités et commencent donc à implanter progressivement dans l’esprit et la mémoire collective des faits erronés, des impressions exagérées, et toutes sortes d’inepties. Tout cela, bien souvent, au nom de la dramatisation.

Je serai certainement perçu comme quelqu’un qui s’attaque à la culture. Bien au contraire. La culture est libre de faire ce qu’elle veut. D’ailleurs, je continue de croire que c’est grâce à elle, par exemple, que nous entretenons encore la mémoire d’Aurore l’enfant martyre. S’il n’y avait jamais eu la pièce de théâtre, le film de 1952, les romans, et finalement le deuxième film de 2005, probablement qu’au moment de lancer mon livre L’affaire Aurore Gagnon, le procès de Marie-Anne Houde en février 2016 les lecteurs n’auraient pas su de quoi je souhaitais leur parler. Le problème, toutefois, provient de gens qui prennent ces produits de la culture au pied de la lettre, c’est-à-dire pour des faits historiques. Une femme est venue me voir au Salon du livre de Québec pour me faire la remarque que je ne parlais pas de certains « faits » qu’elle avait vu dans le film noir et blanc de 1952. Je devine un sourire au coin de vos lèvres, mais pour cette femme la vérité émanait du film qu’elle avait vu dans sa jeunesse et rien d’autre ne pouvait défaire les images mentales qu’elle entretenait probablement depuis des décennies. Comme quoi la culture a aussi son rôle à jouer dans la mémoire collective.

Le public a un devoir à faire, et c’est celui de faire la différence entre la fiction et la réalité. Pour certaines personnes, cette notion est facile à comprendre, et même déjà acquise; alors que pour d’autres c’est plus difficile. Les faits madame, les faits!

Et n’allez pas croire qu’Aurore est la seule qui a inspiré la culture. Anne Hébert refusait de l’admettre, mais elle s’est clairement inspirée d’un double meurtre survenu en Gaspésie pour son roman Les fous de bassan. Elle l’avait d’ailleurs déjà fait auparavant avec son roman Kamouraksa, qui s’inspirait d’un meurtre par passion. Comme il ne semble pas y avoir eu d’étude sérieuse sur ces cas, il se pourrait bien que certains lecteurs demeurent avec des idées biaisées lues dans les romans. La Corriveau, Cordélia Viau, Thomas Nulty, Wilbert Coffin, Denise Therrien, et les protagonistes de Sault-au-Cochon ont tous inspiré des romans, des pièces de théâtres, des films, et quoi encore! Et j’en oublie très certainement.

Après quelques produits de la culture viennent ensuite des auteurs qui, enfin, se décident à jeter un regard plus documentaire sur un crime. Toutefois, devant un dossier judiciaire qui compte parfois quelques milliers de pages, ceux-ci se découragent et ils présentent alors des résumés. Combien de fois des auteurs se sont-ils contentés de reconstituer des crimes uniquement à partir d’une revue de presse plus ou moins complète? Beaucoup trop, malheureusement.

À titre d’exemple, l’ancien juge Dollard Dansereau a écrit Causes célèbres du Québec, publié une première fois en 1974. Il s’attaquait à plusieurs dossiers célèbres. Entre autres, il consacrait un chapitre à l’affaire de Sault-au-Cochon. Son titre de juge a certainement convaincu plusieurs lecteurs de la justesse de ses propos, mais nous allons voir que cela ne change strictement rien. Certes, il ne commet pas d’erreurs flagrantes, mais il place Lucien Carreau comme témoin au procès d’Albert Guay. Or, après avoir lu les quelques 7 000 pages des trois procès en lien avec cette affaire, je peux vous assurer que Lucien Carreau n’a jamais témoigné lors du procès de Guay.

C’est plutôt lors de l’enquête préliminaire de Guay, en octobre 1949, que Lucien Carreau a témoigné sur le fait qu’Albert Guay lui avait offert 500$ pour empoisonner sa femme. Ce témoignage, tout comme quelques autres, a servi à ce que la cause se transporte jusqu’au procès. Il ne nous appartient pas de commenter à savoir pourquoi Carreau n’a pas été appelé comme témoin au procès. Cela appartient au domaine des stratégies employées par les procureurs.

L’autre erreur commise par Dansereau, c’est de prétendre que les trois procès dans l’affaire de Sault-au-Cochon ont été identiques ou presque. Or, c’est faux. Les trois accusés dans cette affaire l’ont d’abord été séparément et ce n’est pas pour rien. Leur implication était différente et les preuves déposées contre eux également. Rien que par ce commentaire, je peux affirmer que Dansereau n’a jamais lu l’ensemble des transcriptions sténographiques des trois procès. Ce manque d’exhaustivité explique peut-être pourquoi il soulevait un doute quant à la culpabilité de Marguerite Ruest Pitre.

Si on se donne un tant soit peu l’opportunité de lire les trois procès, comme plusieurs de mes lecteurs le font avec la trilogie Sault-au-Cochon, lancée en avril 2021 avec le premier tome, on a l’occasion de bien s’imprégner des faits. Après un tel exercice, je serais étonné qu’un lecteur assidu et jouissant d’un bon sens critique vienne me dire que madame Pitre était innocente.

La leçon qu’il faut retenir de cette constatation est que vous ne devez pas accorder toute votre confiance simplement parce qu’un auteur ou un producteur de contenu porte un certain signe de noblesse, comme le titre de juge par exemple, ou tout autre titre. Certains se sont même présentés comme d’anciens enquêteurs. Justement, demandez-vous pourquoi ils ne le sont plus ou sur quelles affaires ils ont réellement œuvré.

 Les journalistes ont aussi connu leurs moments de honte. Il suffit de penser à François Bugingo, qui inventait des nouvelles pour se rendre intéressant. Plus récemment, les Français ont aussi découvert la crédibilité douteuse de Stéphane Bourgoin, qui prétendait être le spécialiste mondial des tueurs en série, au point où il affirmait avoir enseigné le profilage à des agents du FBI. Tant qu’à moi, si vous souhaitez vous tourner vers un véritable spécialiste de la question, remettez-vous en à John E. Douglas et son équipe. Depuis sa retraite, Douglas a écrit plusieurs livres fascinants, en plus de collaborer au Crime Classification Manual.

Les archives judiciaires

Donc, après une couverture sommaire du procès, les produits de la culture qui en découlent et les auteurs qui ne font pas toujours leurs devoirs, c’est là que les archives judiciaires prennent tout leur sens. À une époque où une majorité d’entre nous avons tendance à lever le nez sur tout ce qui est papier et à favoriser le numérique, une montagne d’informations et de faits historiques sommeille encore dans les voûtes de nos archives nationales. Que ce soit à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) à Ottawa ou dans les divers centres de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) répartis à travers la province, des dizaines et des dizaines de kilomètres linéaires d’archives n’attendent plus que les chercheurs sérieux pour dévoiler leurs secrets.

Vous croyez encore que je profite d’accès privilégiés parce que je pourrais être une sorte de super enquêteur? Eh bien non! Je suis un citoyen comme vous et les archives que j’utilise sont publiques. La seule différence qu’il y a probablement entre vous et moi, c’est ma passion qui fait en sorte que j’accorde une bonne partie de mon temps à l’analyse de ces archives et aux réflexions qui en découlent. C’est tout! Voilà, vous venez de percer un de mes mystères!

            En 2015, quand je me suis rendu à BAC pour numériser quelques dossiers de condamnés à mort, j’ai aussi numérisé celui de Marie-Anne Houde par simple curiosité. Car avec tout ce qui avait été dit sur Aurore l’enfant martyre, je me disais qu’il était inutile d’y ajouter quoi que ce soit de pertinent. Eh bien, au contraire! En lisant le dossier, je me suis progressivement dit que le public n’avait pas eu droit à tous les faits et présentés d’une manière honnête. En effet, je trouvais frustrant de voir, par exemple, un romancier qui critiquait vertement les procédures judiciaires sans avoir lu le procès. Cette réflexion m’a amené par la suite, lors de certaines conférences, à demander ceci à ceux qui venaient assister : « Oseriez-vous critiquer un livre sans l’avoir lu? …Alors, pourquoi le fait-on avec un procès? »

            Alors la réponse est oui. Les dossiers judiciaires des crimes résolus ont encore beaucoup de choses à nous apprendre.

            Lorsqu’on fait de la recherche dans les archives judiciaires, on ne croise pas uniquement des crimes résolus. Il y a aussi les non résolus, et même des crimes mystérieux sur lesquels il reste très peu de trace. Par exemple, lorsqu’une enquête de coroner nous explique que le corps d’une personne assassinée a été retrouvée au 17e siècle, il est pratiquement impossible d’en connaître la suite. Et si la victime n’a pas été identifiée, c’est encore plus chaotique.

            L’imagination humaine pourra très certainement combler les vides, mais il faut avouer qu’on ne consacre pas un livre entier lorsque l’information sur une affaire de meurtre se résume en quelques lignes. Or, c’est le cas de la majorité des meurtres non résolus au Québec, peu importe l’époque. Il y a des exceptions, certes, mais pour la plupart on retrouve très peu de documents officiels qui soient accessibles au public.

            Parmi ces exceptions en matière documentaire il y a le cas de Blanche Garneau, cette jeune femme violée et assassinée en 1920 dans le parc Victoria, à Québec. Son meurtre, en dépit des efforts déployés, demeure toujours sans explication plus d’un siècle après. Sans doute parce que cette affaire comportait des rumeurs impliquant le gouvernement et qu’il y a eu une commission d’enquête royale, le dossier judiciaire préservé à BAnQ-Québec compte environ 4 500 pages et quelques pièces à conviction, comme par exemple le mouchoir que la victime tenait encore dans sa main lorsqu’on a découvert son corps.

            Voilà pourquoi j’ai fait un livre de cette affaire, puisque la documentation est abondante, ce qui est évidemment rare dans une affaire non résolue. Donc, j’avais espoir d’en tirer des leçons qui pourraient peut-être servir dans la façon que nous avons de voir des cas plus récents. Quant à mon espoir de résoudre l’affaire, même si une toute petite partie de moi aurait aimé trouver « la preuve » irréfutable, il faut bien admettre que je me voyais mal être plus efficace que tout le travail d’enquête qui a été fait à l’époque. Je suis donc réaliste.

            N’oublions pas que pour résoudre une affaire il faut obtenir une condamnation, donc un verdict devant un tribunal. Donc, si vous pensez résoudre une affaire de meurtre en quelques clics sur Internet parce qu’une série policière vous a donné des envies de devenir enquêteur ou enquêtrice, soyez réaliste! Cessez de croire aux fantômes et concentrez-vous sur la preuve!

La fascination du non résolu!

Donc, s’il reste toujours des zones d’ombre après qu’un meurtre ait été résolu, alors imaginez un peu devant une affaire de meurtre qui n’a jamais été élucidé et qui, par conséquent, n’a jamais su faire taire les rumeurs.

            Les crimes que j’ai reconstitués par le passé – et je parle ici uniquement de ceux qui ont fait l’objet d’un livre – l’ont été d’après une documentation abondante. Je ne peux pas dire que cette documentation est complète, car d’un point de vu archivistique, vous verrez qu’il manque toujours certaines informations que nous ne pouvons consulter. Il faut donc composer avec cette réalité.

            Les bons enquêteurs, je pense, vont faire ressortir les éléments d’un dossier sans jamais tirer de théorie hâtive. Il explore des pistes sans donner son opinion. Il récolte des éléments pour que ceux-ci soient ensuite étudiés devant un juge, si toutefois un suspect est arrêté et accusé. Malheureusement, nos enquêteurs modernes – et je parle ici de ces cyber-enquêteurs ou ceux et celles qui s’improvisent comme telle – ont une idée préconçue d’un dossier et cherche des éléments pour étayer leur hypothèse, ou alors ils sont excellents pour faire rejaillir de nouveaux éléments qui, malheureusement, s’avèrent futiles ou déroutant dans la plupart des cas.

            Pour les affaires non résolues, cette accessibilité documentaire est encore plus rare. Donc, les informations qui en émanent des quelques documents existants sont moins fiables. Plus délicats.

            Alors, pour ceux et celles qui connaissent mon attachement pour l’exhaustivité, pourquoi je m’attaque maintenant à des affaires non résolues?

            J’ai hésité longtemps à créer un livre sur le sujet, et qui se transforme maintenant en blogue. Il y a plusieurs raisons à cela.

Premièrement, je sens que la plupart des consommateurs de « true crime » s’attendent à ce qu’on résolve le mystère devant leurs yeux. Mais dans la vraie vie, ce ne sont pas les documentaires, les livres, les balados ou tout autre document du genre qui permettent de résoudre des meurtres. Dans la presque totalité des cas, ce sont les policiers qui arrivent à boucler les affaires. Par exemple, ce sont eux qui ont permis de récolter suffisamment de preuves en octobre 2022 pour faire inculper Marc-André Grondin en lien avec le meurtre non élucidé de Guylaine Potvin, assassinée et violée en 2000.

Alors pourquoi tant de documentaires nous laissent entendre qu’ils peuvent faire la différence et qu’ils peuvent faire mieux que la police?

            L’argument qui revient souvent pour justifier la production de ces documents se résume à faire valoir l’intérêt public afin de remettre le crime non résolu au goût du jour et ainsi espérer que quelqu’un parle. Je ne veux pas péter leur bulle, mais quand est-ce qu’une telle situation s’est présentée réellement? À quand remonte le dernier documentaire qui a permis de résoudre une affaire non résolue, c’est-à-dire de déposer une accusation de meurtre et d’obtenir ensuite une condamnation? Pouvez-vous m’en citer une?

            Pire encore. J’ai eu une conversation avec un réalisateur de documentaire qui m’a avoué qu’il ne pouvait pas être objectif car il avait une histoire à raconter. C’est donc cela. Les documentaires sont scénarisés et on doit trouver une façon de les raconter. Cela revient à ce que je disais plus haut, si on brise ne serait-ce que la chronologie des faits on peut fausser plusieurs détails. On peut aussi y présenter des éléments simplement parce qu’ils sont « vendeurs ». C’est bon pour les cotes d’écoute.

            Je le précise tout de suite : je n’ai aucune intention de résoudre l’un ou l’autre des meurtres qui seront racontés dans ces pages. Je suis un auteur réaliste qui préfère ne rien promettre aux victimes collatérales, tout simplement par transparence et honnêteté. En effet, les livres ou les documents produits sur ce genre d’affaire ont très rarement permis d’élucider un crime violent. Même l’auteure et chercheuse Michelle McNamara n’a pu réaliser ce qu’on voit au cinéma. McNamara, journaliste, blogueuse et romancière américaine dans le domaine du « true crime », a publié un livre sur un mystérieux tueur en série qu’elle a surnommé le Golden Gate Killer et qui n’avait jamais été identifié. Or, c’est seulement après la mort de Michelle, en 2016, que les policiers ont finalement pu attraper ce tueur psychopathe.

            Plusieurs admirateurs et admiratrices de McNamara aurait aimé lui attribuer cette spectaculaire résolution de crime, mais ce n’est malheureusement pas le cas. D’ailleurs, un documentaire produit sur cette affaire présente beaucoup plus les pans de la vie quotidienne de Michelle et de ses derniers jours plutôt que de résoudre une affaire de meurtres en série.

            Ma principale motivation est d’informer le public pour le mettre en garde contre de nombreux producteurs ou éditeurs de contenus qui présentent des documents en laissant entendre qu’ils peuvent résoudre le crime, qu’il soit encore possible de faire quelque chose, etc. Entretenir un tel mystère est vendeur. Même les médias qualifiés de plus sérieux n’y échappent pas. Tous font des erreurs. Moi, le premier.

            Robert Durst a été arrêté en 2015 à la veille de la diffusion du dernier épisode d’un documentaire. Est-ce que le documentaire a réellement servi à résoudre les crimes commis par Durst? En fait, nous n’avons toujours pas la réponse à cette question. En mai 2021, les procédures judiciaires devaient reprendre car elles avaient été retardées en raison de la pandémie du COVID-19. Est-ce que la fameuse confession dans les toilettes sera acceptée en preuve? Durst sera-t-il reconnu coupable?

            Pour l’instant, on peut dire que le documentaire était excellent et frappant, mais objectivement parlant on ne peut toujours pas parler de la culpabilité de Durst. Il est innocent jusqu’à preuve du contraire. Si un jour il est reconnu coupable de tous les crimes pour lesquels on le soupçonne, il passera très certainement pour l’un des plus grands psychopathes de l’histoire. En effet, le documentaire le présente comme un homme d’une froideur incroyable.

            Au lieu de prétendre à une fausse affabilité et affirmer qu’on souhaite parler d’un crime parce qu’on a espoir qu’un jour il connaisse une fin, peut-être devrions-nous avoir la franchise d’admettre que cet argument n’est pas très valable. Mais alors, comment justifier la production de tels documents?

            Je ne pense pas qu’il faille parler de ces crimes simplement pour leur aspect morbide, ou pour l’attention qu’ils peuvent nous apporter, mais plutôt pour tenter de comprendre. Je me rapporte plutôt à un homme comme John E. Douglas, agent spécial du FBI qui, vers la fin des années 1970, a imposé sa propre méthode pour mieux étudier le comportement des tueurs en série et autres auteurs de crimes violents. Ainsi, avec l’aide de ses collègues, Douglas est devenu une sommité dans le domaine de la psychologie criminelle, tellement qu’on lui attribue souvent l’invention du métier de profileur. En fait, il a été le premier profileur du FBI à se déplacer à travers les États-Unis afin d’aider les différents corps policiers à résoudre leurs crimes les plus violents et les plus incompréhensibles.

            Au départ, Douglas voulait seulement comprendre, mais son cheminement et celui de ses collègues ont permis de mettre en place certaines stratégies ou de dresser certains parallèles entre des faits reconnus sur une scène de crime et un type de personnalité troublée. Ainsi, il a été possible depuis de résoudre des meurtres par la simple compréhension psychologique. Sincèrement, je pense que c’est de cette mentalité qu’il faut se rapprocher pour étudier nos propres crimes, qu’ils soient du passé ou plus récents. Mais avant de dresser des parallèles et de trouver des façons de faire avancer les choses, il faut d’abord faire ressortir les faits, reconstituer les crimes le plus fidèlement possible afin de baser ses réflexions sur des éléments solides et irréprochables. Pour moi, ce n’est donc pas une question de prestige personnelle ou collectif. C’est une façon honnête de présenter les choses, un point c’est tout.

La définition d’une affaire non élucidé

            Avant toute chose, il est important de s’entendre sur une définition précise de ce qu’est une affaire non résolue, non élucidée ou irrésolue ou peu importe la façon qui convient le mieux. Voici donc celle que je propose.

            Pour parler d’une affaire non résolue, il faut primordialement ces deux éléments : un meurtre doit avoir été commis et aucune condamnation prononcée. Généralement, la notion de meurtre est assez bien comprise par l’ensemble de la population, mais il peut y avoir certaines ambiguïtés. Par exemple, si on corps démembré est retrouvé et que les experts sont incapables de déterminer la cause du décès, on ne peut pas dire qu’on se retrouve devant une affaire de meurtre. Certains vous dirons, sans trop réfléchir d’ailleurs : « Bin voyons! Le corps a été démembré. C’est évident que c’est un meurtre! » Justement, non. Il y a eu une intervention humaine quelque part avant la découverte du corps ou des restes du corps, certes, mais cela ne prouve pas qu’il y ait eu meurtre. Par exemple, la victime aurait pu mourir d’une surdose de drogue et ses amis, paniqués, auraient pu décider de manière tout à fait illogique, je vous l’accorde, de se débarrasser du corps pour éviter des problèmes avec la justice. Si on déposait des accusations de meurtre dans une telle affaire, c’est-à-dire sans que la cause du décès soit reconnue officiellement, la poursuite aurait très peu de chance de réussite.

            Par conséquent, s’il faut que l’homicide soit prouvé. Voilà donc qui exclu toutes les affaires de disparitions. En effet, même si on peut entretenir de forts soupçons dans les cas de certaines personnes disparues depuis longtemps, on peut se satisfaire soi-même en pensant qu’il s’agisse là d’affaire de meurtre non résolues, mais sans que le meurtre soit prouvé cela reste une affaire de disparition. Par exemple, lorsque Cédrika Provencher a soudainement disparue en juillet 2007, l’affaire a par la suite été longtemps considérée comme une disparition. Plusieurs personnes, dont moi-même, ont pensé dès le début qu’il s’agissait bien plus que cela, mais pour avoir une preuve de son décès il a fallu attendre la fin de l’année 2015, lorsque deux promeneurs ont découvert ce qui restait de la jeune fille.

            Ensuite, pour qu’une affaire de meurtre soit non résolue, il faut qu’il y ait absence de condamnation. Je ne doute pas de votre intelligence, mais je sais que certaines personnes confondent encore les termes « accusé » et « condamné ». Lorsque la police soupçonne quelqu’un au moment d’étudier une ou plusieurs pistes, on parle alors de suspect. Or, le mot suspect est une désignation qui émanent de ce que pensent les enquêteurs au moment de l’enquête. Le suspect peut donc être intéressant durant un certain temps avant d’être écarté. Mais lorsqu’on parvient à accumuler suffisamment d’éléments incriminant contre un suspect, la poursuite décide alors de déposer une accusation de meurtre contre lui, ce qui transforme alors son statut en accusé.

            Certes, lorsqu’une accusation de meurtre est déposée contre une personne cela signifie qu’il y a déjà plusieurs représentants des autorités – dont des policiers et des procureurs – qui croient cette personne coupable. Toutefois, selon notre système de justice, l’accusé est innocent jusqu’à preuve du contraire.

            Je sais, je sais. Plusieurs personnes critiquent vertement le système judiciaire pour toutes sortes de raison, mais c’est comme cela que ça fonctionne. Dans des affaires médiatisées ou plus sensibles, c’est à ce moment qu’une partie de la population se montre prête à condamner un accusé sur la place public, bien souvent avant que ne débute le procès. Dans une seine société, c’est justement le genre de comportement social qu’il faudrait éviter, sinon on revient carrément à l’Inquisition ou à des époques où il n’était pas rare de voir des exécutions publiques sans aucune forme de procès.

            Or, le procès a pour rôle de reconstituer les circonstances d’un crime afin d’aller au fond des choses. D’un côté, si on en vient à déclarer l’accusé coupable et bien on saura pour quelles raisons. Ce verdict sera justifié. À l’inverse, si l’accusé est innocenté, on aura également les arguments nécessaires pour expliquer le verdict. Donc, le procès a pour but d’être le plus juste possible envers tout le monde, d’éviter la condamnation d’innocents, de faire valoir des arguments solides pour justifier la conclusion qui s’impose.

            Par conséquent, on aura compris que si un procès pour meurtre se termine par un verdict d’acquittement, l’affaire reste non résolue. Mais pas toujours. Par exemple, on peut acquitté quelqu’un par légitime défense : on sait que c’est lui qui est à l’origine du décès de la victime, mais la justice n’a vu aucune intention criminelle dans son geste.

Et je pense que c’est là qu’il faut faire une autre distinction, cette fois entre verdict d’acquittement et rendre justice. Parce que pour certaines personnes, le verdict d’acquittement n’est pas une façon de rendre justice, en partie parce que pour eux la personne acquittée continue d’être coupable.

            L’acquittement signifie surtout que la personne qui avait été accusée est maintenant libre parce que la poursuite n’a pas été en mesure de prouver sa culpabilité. Concrètement, cela peut signifier qu’un meurtrier ait pu s’en sortir avec un verdict d’acquittement, mais il se peut également que la personne acquittée soit vraiment innocente.

            La définition : une affaire non résolue est un dossier impliquant au moins une victime dont la cause du décès a été officiellement reconnue comme un homicide – qu’il soit volontaire ou non – et dans lequel il n’a jamais eu de condamnation devant un tribunal.

            Par ailleurs, je me garde aussi le droit de réserve sur certains cas. Par exemple, dans certains dossiers les corps n’ont jamais été retrouvés – donc aucune preuve du meurtre – mais pour des raisons qu’ils sont les seuls à savoir, les corps policiers les considèrent comme victimes de meurtre.

La documentation disponible selon le type d’affaire

            Maintenant que nous faisons la différence entre une affaire résolue et une autre qui ne l’est pas, voyons le type et la quantité de document qu’il est possible de colliger pour mieux se faire un point de vu.

            Voyons d’abord une affaire classique de meurtre qui se termine par une condamnation. Il y a d’abord le crime qui est commis, suivi de l’enquête policière, l’enquête du coroner, l’enquête de justice (ou si vous préférez le procès), la condamnation et finalement la période d’incarcération de la personne condamnée.

            Dès la découverte d’un corps d’une victime de meurtre, la production de documents débute à au moins trois niveaux. Les policiers produisent leurs propres documents pour « immortaliser » la scène de crime, que ce soit en prenant des notes, des déclarations, des photos, des échantillons, etc. Ce travail est fait de manière minutieuse car on le fait en prévision de déposer éventuellement une preuve contre un suspect.

            En parallèle, le coroner produit lui aussi ses documents car son rôle est de déterminer la cause du décès dans les affaires de morts suspectes. Avant la loi sur les coroners en vigueur depuis le 3 mars 1986, les dossiers de coroner étaient parfois volumineux et contenaient plusieurs informations intéressantes. Après l’adoption de cette loi, cependant, le rôle du coroner s’est transformé. Maintenant, les rapports d’enquêtes de coroner sont de plus en plus succincts.

            Et bien souvent, ce sera le seul document publiquement accessible pour les affaires non élucidés. En effet, si un crime n’a pas encore été élucidé, cela signifie qu’il n’y a pas eu de procès, donc pas de dossier judiciaire complet. Il est toujours possible de se tourner vers les médias pour obtenir ou comparer quelques détails, mais ne comptez surtout pas sur le dossier d’enquête de police. Celui-ci est sous scellé pour 100 ans!

Est-il encore possible de résoudre ces affaires?

La réponse est oui. Toutefois, la question que nous devons obligatoirement nous poser tout de suite après est : quelles sont nos chances de pouvoir résoudre collectivement une affaire de meurtre non résolu? Cette fois, la réponse est bien différente, voir démotivante.

On n’ose pas le dire directement, mais on s’intéresse assez peu aux dossiers anciens, historiques, parce qu’on comprend dès le départ que ces affaires sont impossibles à résoudre. En effet, si on arrivait à trouver un suspect, comment le traduire devant la justice? Il faudrait d’abord le déterrer?

Donc, par cette pensée, on laisse entendre qu’on s’intéresse aux affaires récentes uniquement parce qu’il y a encore une possibilité de les résoudre. Cela voudrait dire que ces personnes, directement ou indirectement, souhaitent jouer aux détectives en herbe.

Il faut donc être honnête envers les lecteurs : je ne promets aucune résolution de crime ici. Au contraire, je vous souligne immédiatement qu’il n’y a pratiquement aucun espoir de résoudre les cas présentés sur ce blogue. Les seuls qui ont encore une mince chance de le faire sont les escouades d’enquête criminelles.

Toutefois, la seule chose en laquelle je crois c’est le partage d’information. Peut-être, qui sait, un élément sérieux sortira du lot et pourra service aux enquêteurs policiers.

Bonne lecture

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[1] J’ai publié 500 articles sur le site Historiquement Logique de 2010 à 2020.

[2] Indirectement, je fais ici référence à Rona.

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