Un cas pas si « froid »

Samedi soir, 21 heures… Je viens de regarder le sixième et dernier épisode de la série documentaire Le dernier soir. J’ai suivi cette émission avec l’intérêt d’une néophyte du domaine judiciaire passionnée de recherche. Ce cold case, comme on l’appelle, est tout sauf « froid » pour les proches de Diane Déry et Mario Corbeil. Pour ceux-là qui ont perdu une fille, une sœur, une amie, un fils, un frère, un ami, la date du 20 mai 1975 restera à jamais gravée. La série nous plonge dans le quotidien de ces gens dont le monde a alors basculé. On comprend que l’horreur initiale qu’ils ont vécue a fait place à l’incompréhension. Est ensuite venu l’espoir de voir le « cas » résolu, puis le désespoir de voir passer les années sans que les choses bougent vraiment, sans nouvel élément pouvant donner à croire qu’un suspect va être arrêté et puni pour ce crime sordide, ce meurtre gratuit.

Les corps policiers profiteront-ils de la tribune créée par cette série menée de main de maître par la journaliste judiciaire Monic Néron et la recherchiste Manuelle Légaré pour pousser plus loin ou carrément dépoussiérer leur propre enquête? Sans mauvais jeu de mots, saisiront-ils la balle au bond, car balle à saisir il semble y avoir. Le nom d’une personne en particulier est sur beaucoup de lèvres. On a le sentiment qu’il suffirait de peu pour résoudre l’affaire. Mais comme l’a si bien dit le chroniqueur et négociateur Claude Poirier, on ne peut pas faire grand-chose avec une tonne de soupçons et une once de preuves. C’est très malheureux.

Il ne reste qu’à souhaiter que les consciences continuent d’être ébranlées au souvenir de cette tragédie et que les langues continuent de se délier, pour que la vérité éclate enfin au grand jour.