1686 – Henri Petit

Homicide à motif indéterminé – arme à feu

? – ? SC

Jean Gaultier dit Larouche, condamné à mort, sentence commuée.

En 1686, le Conseil Souverain a commué une sentence de mort parce que le meurtre commis par Larouche n’avait pas été fait avec « malice »[1]. Larouche se serait servi du fusil de Jean Delquel dit La Brèche pour tirer le coup mortel. Larouche a plutôt été condamné à verser une amende à la veuve et aux héritiers, tandis que La Brèche a eu droit à une amende pour avoir laissé son fusil sans surveillance.


[1] Il faut probablement voir le mot « malice » comme « intention criminelle » ou « préméditation ».

1685, 3 décembre – Jean Aubuchon dit Lespérance

Homicide à motif indéterminé

Montréal – 1 SC

Non élucidé. Sa femme et son fils, ainsi qu’un certain Pillereault, acquittés.

Le 3 décembre 1685, Jean Aubuchon a été retrouvé assassiné dans son lit. L’homme était connu pour avoir possédé une concession au Cap-de-la-Madeleine, avoir brassé des affaires – entre autres avec le célèbre Dollard des Ormeaux – et aussi pour avoir été condamné pour adultère. Sa femme, Marguerite Sédilot, 42 ans, et leur fils aîné de 24 ans, ont aussitôt accusé Jacques Pillereault. Toutefois, la mère et son fils ont à leur tour été accusés du meurtre.

Le 30 octobre 1686, tout le monde a été acquitté par manque de preuve.[1] Peut-être affecté par son incarcération, Jean Aubuchon fils en serait mort de chagrin le 18 septembre 1687. Deux ans plus tard, Pillereault continuait de réclamer de l’argent à la veuve de Aubuchon afin de payer ses dépenses engendrées au cours de son emprisonnement. Elle a fini par se remarier avec Pierre Lusseau. Quant à Pillerault, il a fait plusieurs plaintes pour dédommagement, apparemment victime du jugement de l’opinion publique. Selon Boyer, son nom disparaît des registres du Conseil en 1692.

Exception faite des homicides commis entre Français et Amérindiens, comme l’a souligné Boyer, le meurtre d’Aubuchon est vraisemblablement le premier commis en Nouvelle-France qui n’ait jamais été résolu.


[1] Selon Raymond Boyer, il s’agit de la première cause où le Conseil Souverain a acquitté un accusé. On ne connaît évidemment pas tous les détails qui ont conduit à cet acquittement, mais on pourrait se questionner sur la validité des condamnations précédentes. Puisque ces dossiers judiciaires ne sont pas aussi détaillés – par exemple, la transcription sténographique était inexistante à cette époque – il nous est aujourd’hui impossible de le reconstituer de manière à pouvoir les analyser convenablement.

1684, 10 juillet – Antoine Roy dit Desjardins, 49 ans

Homicide conflictuel – Arme à feu

Lachine, Île de Montréal – ? SC

Julien Talua dit Vendamont, 41 ans, condamné à mort; Anne Major, bannie.

            C’est à Lachine, le 10 juillet 1684, qu’on a inhumé le corps d’Antoine Roy, soldat dans du régiment de Carignan. Il avait aussi été tonnelier en 1681 à Batiscan. C’est un conflit à propos d’une terre qui l’opposait à Julien Talua qui serait à l’origine du drame. Au matin du 10 juillet, Talua s’est présenté à la maison du juge Bransatt pour avouer qu’il venait de tuer Roy. Selon sa version, il s’est mis en colère en voyant Roy dans le lit avec sa femme Anne Godeby, 43 ans[1], et c’est alors qu’il l’aurait tué. Talua a également prétendu que cette liaison durait depuis un certain temps. Selon les documents qui ont survécu, on comprend que la mort a été causée par une arme à feu. Le 14 octobre, Julien Talua dit Vendamont a été condamné à mort. Pour sa part, Anne a été reconnue coupable d’adultère et bannie à tout jamais de l’île de Montréal.


[1] Selon d’autres sources, la femme de Talua s’appelait Anne Major et elle avait plutôt 47 ans.

1684, 14 mai – personne non identifiée

Homicide à motif indéterminé –

? – ? SC

Marie Quequejeu, 37 ans, et son gendre Pierre Doré, exécutés.

Parmi les Filles du Roi, contrairement à certaines rumeurs populaires persistantes, seulement cinq d’entre elles ont connu des problèmes avec la justice, que ce soit pour adultère, prostitution ou débauche. Une seule, cependant, a été impliquée dans une affaire d’homicide. Marie Quequejeu, veuve de Pierre Rivaut, a commis un meurtre dont nous ignorons les circonstances. Le 14 mai 1684, elle a été exécutée en même temps que son gendre, Pierre Doret, un coureur des bois.

1681 – Georges Tasset (Tassel)

Homicide à motif indéterminé –

? – ? SC

Louis Martin, reconnu coupable et condamné à 9 ans de travaux pour un habitant.

Nous ignorons les circonstances entourant le décès de Georges Tasset, mais on sait que Louis Martin a été reconnu coupable de ce meurtre. On l’a condamné à servir un habitant durant 9 ans, à payer 50 livres pour des prières destinée au repos de l’âme de sa victime et à débourser 150 livres pour couvrir les frais du procès.