Plaidoirie de Me Guy Germain, avocat de Marcel Bernier

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Me Guy Germain

[i]Je dois abonder dans le même sens que mon savant ami de la Couronne, Me Bienvenue, en disant que nous n’avons pas plaidé l’un contre l’autre, mais nous avons plaidé l’un après l’autre, commença Me Guy Germain en s’adressant aux jurés. Nous avons lutté pour la justice. Tous les deux après ce procès, j’en suis certain, nous pourrons nous coucher avec le sentiment d’avoir accompli notre devoir. Si mon ami, monsieur Bienvenue et je dis, mon ami, que je ne connaissais pas auparavant, déclare qu’il a vu en mon humble personne quelqu’un qui plaidait avec lui, c’est lui qui l’a provoqué. Sa gentilhommerie, sa franchise et son fairplay, les conversations que nous avons eues et j’irai plus loin, les conseils qu’il m’a donnés, les relations que nous avons eues ensemble, ont voulu que de ce procès naisse une amitié que rien n’éteindra[ii].

Et chose étrange, peut-être dans la bouche d’un procureur de la défense, qu’il me soit permis de rendre hommage à un policier, l’inspecteur Masson en qui j’ai vu un homme franc et honnête aussi et qui, ici même, a été celui qui a fourni des armes pour engager cette lutte, ces armes servaient peut-être contre moi, qui, par son travail inlassable a mis un point final à l’agonie de la famille Therrien.

Le 8 août 1961, messieurs les jurés, c’est avec stupeur et consternation que la nouvelle a circulé à l’effet qu’une jeune fille de Shawinigan-Sud, Denise Therrien, était disparue. À cette époque j’avais mon bureau à Shawinigan-Sud et je me suis intéressé à cette affaire très particulièrement. Ce fut un émoi, vous le savez, ce fut un sentiment de sympathie, un courant de sympathie qui a couru dans toute la population de la Mauricie et qui, par la suite, s’est étendu dans la province et même hors des limites de la province. … Messieurs les jurés, en rendant hommage à l’honorable président du Tribunal, tout à l’heure, je vous dis ceci. Aujourd’hui, vous êtes appelés à juger et vous allez connaître ce que c’est que le devoir d’un juge. Souvent, peut-être, vous-même ou des personnes se sont plaints des lenteurs de la justice, se sont plaints des délais. Aujourd’hui, après 10 jours d’expérience, vous pouvez admirer la prudence qu’on y met dans l’administration de la justice parce que vous en avez été les témoins vivants. … Marcel Bernier, l’accusé à la barre, est accusé et mon savant ami vous l’a dit ce matin, d’avoir projeté et de propos délibéré l’assassinat de Denise Therrien et prenant sa comparaison du voyage, j’ajoute ceci : je peux projeter d’aller à Montréal demain, mais une fois rendu à Montréal, je peux passer outre, me rendre à New York, ce que je n’ai pas projeté. Mais en passant à Montréal, c’est de propos délibéré que je me rends à New York.

… Que s’est-il passé le ou vers le 8 août 1961? La veille, une personne disant s’appeler Claude Marchand a appelé à plusieurs reprises au Bureau de Placement Provincial et c’est la sœur de la victime qui a répondu. Cette personne disant se nommer Claude Marchand et si je me trompe, messieurs les jurés, vous n’avez qu’à ne pas vous occuper de ce que je pourrais dire des fois, de travers, c’est ce que vous savez, c’est ce que vous avez entendu qui compte. Un téléphone, dis-je, demandant quelqu’un pour prendre soin des enfants, et j’attire votre attention sur ça. Le sort a voulu que ce fut Denise Therrien qui le matin du 8 août s’est rendu en autobus près du Motel Caribou, peut-être un peu plus loin et qui n’a pas été revue vivante. Par la suite, des téléphones ont été faits à la demeure de la famille Therrien et entres autres un par une femme qu’on a décrite comme ayant une voix vulgaire se disant madame Claude Marchand.

Il n’y a aucun doute que Denise Therrien le matin du 8 août a pris l’autobus à la Dame Blanche, qu’elle a débarqué à l’endroit qu’on vous a décrit mais par la suite, on ne sait rien. C’est en 1961. Deux ou trois jours après la disparition de cette jeune fille, quoique les témoins disent que nous ne savions ce qui en était advenu, la rumeur s’est promenée et tous, vous-mêmes, avez échafaudé des théories. Les recherches ont été vaines malgré une enquête policière intensive et ce n’est qu’en 1965 qu’on atteignait une étape dans cette affaire, soit la découverte des restes de celle qui avait été Denise Therrien, âgée de 16 ans. Vous me permettrez, messieurs les jurés, de retomber immédiatement en 1965. Je prends le témoignage de l’inspecteur Masson qui a été l’enquêteur. Ça a été exposé devant vous que sur les indications de Bernier, l’accusé à la barre, tant orales qu’écrites, Bernier a permis aux policiers de trouver au rang St-Mathieu les restes de Denise Therrien. Quatre ans s’étaient écoulés depuis la disparition de Denise Therrien. Il demeure un fait que je ne peux pas contredire, c’est que c’est Bernier qui est allé indiquer aux policiers où se trouvaient les restes de Denise Therrien. On peut se poser toutes sortes de questions, messieurs, est-ce que celui qui a enterré Denise Therrien est celui qui l’a tuée? Qu’est-ce qui se passe après la disparition de la victime? Monsieur Therrien nous dit que le lendemain, quelques jours après, à une visite qu’il a faite au cimetière, à la maison du gardien, que celui-ci était nerveux, qu’il est resté surpris. Il a manqué de s’étouffer. Est-ce qu’à ce moment-là l’accusé Bernier ne pouvait pas savoir, et je vous pose cette question, que Denise Therrien était morte, mais probablement aussi qu’elle était morte non pas de sa main? Je vous pose la question. … Les recherches se sont concentrées au cimetière St-Michel. La première personne suspecte n’est-ce pas l’accusé à la barre? Et d’ailleurs, c’est un fait qui a été établi devant vous, messieurs les jurés, les policiers, quels qu’ils soient, ont, à cette époque, interrogé l’accusé pour en venir à quel résultat? Rien.

Nous avons le témoignage de madame Milot, sœur de la victime, qui nous dit reconnaître la voix du présumé ou du vrai Claude Marchand et que lors d’un interrogatoire, d’une expertise, d’un genre d’identification subi par la Sûreté provinciale de Trois-Rivières, elle n’a pas reconnu la voix de celui qui parlait à l’autre bout. C’est à vous de déduire qui est-ce qui parlait à l’autre bout à madame Milot. Elle nous dit aussi ceci : il s’agissait d’une voix forcée. Celui qui parlait à l’autre bout, et je vous pose la question, était-il en compagnie de policiers? Est-ce qu’il pouvait forcer sa voix? Et est-ce qu’il pouvait se permettre de ne pas parler naturellement? Je vous pose la question. Elle n’a pas reconnu la voix.

Après la disparition de Denise Therrien, Bernier s’offre à faire des recherches, rencontre le dimanche suivant la famille Therrien et prononce ces paroles : « Ça prend un christ d’écœurant pour avoir faite une chose comme ça ». Je vous pose la question. Si Bernier n’a pas tué Denise Therrien mais qu’il a été dans l’obligation de disposer de son corps, est-ce que l’étiquette de « christ d’écœurant » ne s’appliquait pas autant à celui qui pouvait avoir commis le crime que celui qui voulait lui en imputer la faute?

Chose étrange dans toutes les déclarations spontanées, soit au curé Leblanc, soit à sa belle-mère, à son épouse, à son beau-frère Massicotte, il a été question d’une chose « je sais où elle est » et non pas « je suis [celui] qui l’a tuée », « c’est moi qui l’a tuée ».

Si on suit cette thèse, il faut croire que la panique se serait emparée de Bernier. La panique, un phénomène qui met de côté tout sentiment, tout raisonnement. La panique qui fait d’un homme un automate mais lui permet de conserver quelque chose. Le premier principe de la vie, sa propre conservation.

Comment expliquer la non-identification de la voix, les propos tenus par Bernier immédiatement après la disparition de la jeune Therrien, les théories qu’il a avancées? Qu’est-ce qu’il faisait ce matin-là, si ce n’est que sachant qu’on le soupçonnait, il voulait détourner les soupçons? Mais tout en détournant les soupçons, il reste quelque chose. Il dit « je sais où elle est ». Il dit à sa belle-mère et à son épouse qu’il savait où était Denise Therrien. Mais si, à ce moment-là, Bernier aurait voulu faire des menaces en disant « il y a rien que vous autres qui le savez », s’il se sentait si volubile et s’il voulait confesser quelque chose, je vous pose la question, pourquoi n’a-t-il pas dit « je l’ai tuée »?

Lors des découvertes du mois d’avril[iii] 1965 dans le rang St-Mathieu, on découvre enterrée au cimetière St-Michel les objets qu’on a identifiés comme ayant appartenus à Denise Therrien, objets calcinés avec un journal, Le Nouvelliste. C’est en preuve daté du 2 septembre 1961. Pourquoi, si on dit que c’est Bernier qui a caché ces objets-là, a-t-il attendu tout ce temps, à cette date ou par après pour cacher les objets?

Est-ce que la visite chez monsieur Therrien, les objets qu’il garde chez lui en songeant au drame du 8 août, est-ce qu’il ne les a pas gardés pendant un mois, voulant se déclarer et donner la preuve qu’il savait quelque chose? Est-ce que, à tout moment, lorsqu’il parlait à monsieur Therrien, lorsqu’il a parlé aux parents et se sentant ni plus ni moins que pris au piège s’il parlait, il n’a pas fait l’effort pour dire « je sais où elle est »? Est-ce qu’à maintes reprises il n’a pas voulu déclarer « je sais où est Denise Therrien », et tout de suite quelque chose se présentait à son esprit … « si je dis ça, on me dira que je l’ai tuée »?

Les aveux faits par Bernier à Massicotte, au curé Leblanc, ça ne date pas de 1964, ça date de 1961 et 1962. Est-ce qu’à ce moment-là ceux qui ont reçu ces confidences-là se sont empressés de le dire à ceux qui pouvaient être intéressés? Nous ne le savons pas. Est-ce qu’à ce moment-là, Bernier n’a pas tenté d’indiquer ce qui était arrivé mais sans en avoir la chance, et comme je vous l’ai dit, handicapé par ceci, en admettant qu’il savait où était le corps de Denise Therrien, il serait accusé de l’avoir tuée?

Un expert est venu vous exposer ses connaissances, les découvertes qu’il avait faites en étudiant les ossements qu’on avait retirés de la fosse du rang St-Mathieu.

On a voulu ce matin, un motif ayant pu pousser le ou les assassins de Denise Therrien à s’en débarrasser. Rappelez-vous ce témoignage d’expert qui nous parle des effets, des vêtements de la victime, à l’effet que la brassière, la gaine-culotte étaient en place. On vous a dit ceci, la crinoline était relevée. Avec la crinoline, ce morceau de dentelle, on vous a exposé un linge, un espèce de morceau de satin ou de soie, que le docteur Valcourt nous dit avoir trouvé à la ceinture et nous en avons trouvé la raison dans le témoignage de la mère de la victime, madame Therrien qui nous disait que c’est elle-même qui avait confectionné ce vêtement, la pièce qu’on nous présentait était une pièce à la taille.

Qui l’assassin en puissance attendait-il le 8 août 1961? Est-ce que, messieurs les jurés, d’après les témoignages qui ont été donnés, le présumé Claude Marchand pouvait avoir … pouvait s’attendre à voir une jeune fille de 16 ans ou une femme de 60 ans? Qu’est-ce qui nous permet dans la preuve de dire que c’était une jeune fille qui, ce matin-là, irait là-bas?

Si on ne trouve aucune raison pour laquelle Denise Therrien a pu être tuée, à mon avis, il ne reste qu’une hypothèse. Si on ne sait pas qui on va tuer, pourquoi on va tuer, il faut être fou.

Il y a deux motifs pour lesquels on tue sans raison : il y a deux occasions où on tue sans raison personnelle. Quand on est fou ou quand on fait la guerre.

Comment peut-on parler, en supposant, messieurs les jurés, qu’avec toutes les circonstances, en supposant que vous en veniez à la conclusion que l’accusé à la barre, a tué, comment peut-on en arriver, je vous le demande, que cet homme a pu projeter de tuer cette personne ce matin-là? Comment pouvez-vous en arriver à cette conclusion-là? Rien dans la preuve ne nous permet, je ne crois pas, à en arriver là, et vous êtes les maîtres. Vous avez le droit de vous poser des questions et des questions sur ce qu’on vous a présenté, des questions qu’on vous a demandé de vous poser, les questions qu’on a oublié de vous poser, mais que vous vous poserez vous-mêmes. Il n’y a pas plusieurs solutions : « qui a tué »? Si vous en venez à la conclusion que ce n’est pas lui, vous devez l’acquitter et si, messieurs les jurés, en votre âme et conscience, fidèles au serment que vous avez prêté, de juger sans préjudice et sans rancœur, qu’est-ce qui nous permet de dire qu’on a projeté de propos délibéré d’assassiner Denise Therrien?

Vous avez tous les faits devant vous. Je crois que vous êtes capables de discerner ce qui doit ou ce qui ne doit pas être. Discerner par exemple quand on a le témoignage d’un policier, monsieur Labissonnière, qui, dans les cellules de la Sûreté Provinciale de Montréal, alors qu’il se fait passer pour un bandit, un policier qui nous dit ceci en substance : « Bernier m’a dit qu’il avait tué Denise Therrien ».

Comment se fait-il, messieurs, et vous avez le droit de vous poser la question, comment se fait-il que pendant 4 ans la seule admission faite par Bernier, à des personnes non en autorité, dis-je, des personnes comme vous et moi, Bernier a toujours maintenu qu’il savait où était Denise Therrien et que soudainement, le 2 juin 1965 et je vous fais remarquer ceci, le 2 juin 1965 après la découverte des restes de la victime alors qu’il a été, on peut se demander la question, qu’il a été questionné par les policiers, alors qu’en toute confidence, il est allé indiquer les lieux où était enterrée la victime, qu’en aucun moment, à tous les policiers qui ont eu affaire à lui, à qui il a déclaré ces faits, en aucun moment, il n’a fait l’admission qu’il a faite dans la cellule des femmes à la Sûreté Provinciale sur la rue McGill à Montréal[iv]. Le témoin Labissonnière vient nous dire ceci : « Bernier m’a questionné sur les raisons pour lesquelles j’étais là et je n’ai pas parlé ». Et Bernier devant quelqu’un qui ne parle pas, devant quelqu’un qui par son attitude peut lui inspirer de la méfiance, il vient dire en substance qu’il l’a tuée, Denise Therrien?

Si, à cette époque, et je vous pose la question, si à cette époque l’accusé voulait faire des confidences et que par un stratagème il a fait une déclaration comme celle que je viens de citer, comment se fait-il qu’on n’a pas profité de l’occasion pour le lui faire dire une deuxième fois?

D’ailleurs, l’honorable président du tribunal vous avisera qu’il est très dangereux de vous baser uniquement sur une telle déclaration qui est une unique déclaration. En fin de compte, ça faisait deux mois et demi que Bernier était détenu et à quelqu’un qui ne lui inspire pas confiance, qui lui dit je ne parle pas, toi, tu vas parler dans l’espace de quelques instants Bernier s’en vient lui dire : « j’ai tué Denise Therrien ». Je vous pose la question.

Quand le policier Labissonnière, ce sont les propres paroles de la Couronne, nous dit que ce « show off » c’était tous des mensonges. Je vous pose la question : où le mensonge a-t-il arrêté de la part de Labissonnière? Je suis en conscience de vous le demander. C’est le seul qui nous dit, qui nous parle de cette confidence-là. Il est le seul. On a jamais répété l’expérience et aujourd’hui, il vient nous dire ça, mais on nous dit que l’accusé était calme.

Pouvez-vous vous expliquer, messieurs les jurés, ce que je vous ai dit il y a quelques instants, alors que Bernier, interrogé en 1961, en 1962 et à d’autres occasions, je ne le sais pas, en 1965, avec tous les voyages qu’il a faits avec la police indiquant clairement l’endroit où se trouvait la victime, n’a jamais avoué qu’il était l’auteur de l’assassinat de Denise Therrien?

Parlant à Labissonnière qui était son compagnon de cellule, la cellule voisine, il dit ceci : « si on trouve un objet sur ton terrain, ça ne veut pas dire que c’est toi qui l’as fait ». Ainsi, si on remonte aux sources, en 1961, cette parole ne peut pas justifier l’attitude de Bernier, en faisant des déclarations à sa belle-mère, au curé Leblanc, monsieur Massicotte, il avait dit quelque chose qu’il n’avait rien vu, mais surtout l’aveu qu’il fait à sa belle-mère et à sa femme : « je sais où elle est ». Il dit ces paroles : « je ne le dirai que sur mon lit de mort ».

Si la conscience qui lui a dicté en 1965 de dévoiler l’endroit où était Denise Therrien, cette même conscience, ces mêmes remords, ne le poussaient-ils pas à dire qu’il l’avait tuée, à ceux qui faisaient l’enquête? C’est une question que je vous pose.

Messieurs les jurés, l’honorable président du tribunal vous donnera les directives qui s’imposent sur les questions de droit et de faits.

Vous avez juré de rendre un verdict basé sur la preuve telle que présentée devant vous.

Vous vous demanderez sans doute pourquoi la défense n’a pas fait entendre de témoins. Vous, vous êtes en droit de vous demander qu’est-ce que la défense a fait pour se justifier. Tenez-vous-en à votre serment, vous n’avez qu’à juger sur les faits présentés.

Si vous avez un doute quelconque, il doit jouer en faveur de l’accusé.

Mon devoir s’achève, le vôtre aussi, mais la partie la plus importante commence.

Qu’il me soit permis, avant de terminer, de vous citer les paroles d’un écrivain anglais, A. G. Chesterton, qui étant appelé à faire partie d’un jury disait ceci à ses collègues : « messieurs, lorsqu’il s’agit de construire un pont, on fait appel à des ingénieurs, lorsqu’on veut construire une maison, on fait appel à un architecte et lorsqu’il s’agit de décider de la vie d’un homme, comme nous sommes appelés à le faire, on demande à 12 gens simples, ordinaires, comme vous et moi, de décider ».

C’est à vous de décider, messieurs.

Je suis persuadé que bien que nous vous ayons gardé pendant de longues journées, vous prendrez le temps d’étudier tout et de rendre un verdict en votre âme et conscience puisque les douze vous représentez la société qui demande justice et non pas vengeance, qui demande justice pour tous et si je me rappelle bien, la justice est de rendre à chacun son dû.

Pesez le tout, messieurs.

Je vous remercie de l’attention que vous avez apportée durant tout le procès, je vous félicite.

Je sais que vous avez hâte de retourner à la maison, mais quel que soit votre verdict, rendez-le de telle façon que ce soir en vous couchant, comme les procureurs de la Couronne et comme celui qui vous parle, nous disions tous « nous avons fait notre devoir ».

[i] Ici, j’ai procédé de la même façon que dans le cas de la plaidoirie de Me Bienvenue, c’est-à-dire que j’ai retiré les premiers paragraphes destinés à remercier les membres du tribunal pour alléger le texte. Voir la note no. 67 pour plus de détails.

[ii] Me Guy Germain a aussi remercié le travail de Me Léon Lamothe de la Couronne ainsi que le travail des policiers.

[iii] Dans les transcriptions, c’est le mot « avoir » qui apparaît. Mais il s’agit visiblement d’une faute de frappe, puisque Me Germain voulait certainement parler du mois d’avril 1965.

[iv] C’est faux, bien sûr. Bernier avait fait des aveux élaborés le 4 avril 1965. Cette omission semble être une erreur importante de la part de Me Germain.

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