Rapport du capitaine-détective Georges Gagnon

Rapport du capitaine-détective Georges Gagnon

 

ScreenHunter_06 Feb. 26 23.1917 novembre 1969

  1. Lundi, le 10 novembre 1969 à 10.30 heures A.M., j’ai reçu un message à mon bureau du Const. Marquis Geo. (Mat. 40), me demandant de le rejoindre sur le Blvd. St-Jean et d’amener avec moi, l’Assistant-Directeur Poitras. M. Marquis m’a dit qu’il était près des limites de la Cité. Le Sgt. Massicotte nous a conduits à l’endroit mentionné.
  2. Arrivé sur les lieux, j’ai descendu de l’auto et le Const. Marquis est venu me rencontrer et m’informant avoir retrouvé l’auto et que le Sgt. Dupont était sans vie sur la banquette avant (Voir rapport du Const. Marquis attaché à ce dossier).
  3. Le Const. Marquis nous a conduits sur le lieu de la découverte : et avons constaté que M. Dupont était bien mort car on pouvait voir sur sa chemise de couleur blanche, du sang séché et que 1 revolver était sur le plancher de l’auto et l’on pouvait voir aussi un trou dans sa chemise à la hauteur du cœur. J’ai demandé au Sgt. Massicotte de faire venir M. Martin ainsi que M. Gingras, photographes au Service de la Police afin de prendre des photos et j’ai aussi demandé au Sgt. Massicotte de faire venir les ambulanciers de la Maison Philibert.
  4. Après que les photos furent prises, le corps fut transporté à la morgue Julien Philibert.
  5. Accompagné de MM. Poitras et Massicotte, avons fouillé l’auto. J’ai trouvé sur le plancher de l’auto, l’arme de service de M. Dupont, un revolver de marque Colt .38 Série 61192 (Voir rapport du Sgt. Massicotte). Sous le garde-soleil, j’ai trouvé une lettre adressée comme suit : « Pour ma femme ». J’ai remis cette lettre à M. Poitras; J’ai aussi trouvé les lunettes de M. Dupont sous le garde-soleil, près de la lettre. (Photocopie de cette lettre est attachée au rapport).
  6. Accompagné de MM. Poitras et Massicotte, nous nous sommes rendus au domicile de M. Ls-Georges Dupont. Son épouse nous a reçus. M. Poitras a appris la nouvelle à Mme Dupont et lui a remis la lettre; qu’elle a lue en notre présence.
  7. Accompagné du fils de M. Dupont ainsi que M. Léo Valois, beau-frère de Ls-Georges, nous nous sommes rendus à la Morgue Philibert pour faire identifier la victime, qu’ils ont reconnu comme étant bien M. Ls-Georges Dupont. Le Coroner Me Marcel Chartier a été avisé et a ordonné qu’une autopsie soit pratiquée à l’Institut Médico-Légal de Montréal. Le Dr. Raymond Létourneau a signé le certificat de décès.
  8. Accompagné de M. Philibert, avons fouillé les poches de M. Dupont. avons trouvé $36.00 en argent papier et $1.25 en monnaie; un mouchoir; une badge de sergent-détective de la Cité des Trois-Rivières; son permis de conduire, enregistrement de son auto personnelle ainsi que l’étui de son arme et en plus, un calepin servant à prendre des notes pour son travail journalier. J’ai remarqué que la courroie de cuir qui sert à retenir l’arme, était détachée. J’ai apporté au poste, les objets appartenant à la Cité soit : un étui, un revolver, une badge et un calepin de travail. Les effets personnels de M. Dupont ont été mis dans une enveloppe soit : argent, mouchoir, coupe-ongle, permis de conduire, carde de solvabilité,; Cette enveloppe a été scellée par M. Philibert.
  9. À ma demande, j’ai envoyé le Sgt. Clément Massicotte avec l’arme et la balle à l’Institut de Médecine Légale pour fins d’empreintes et d’expertises balistique.
  10. Le Sgt. Dupont avait repris le travail le 3 novembre 1969. Il avait été en vacances annuelles du 5 au 19 octobre et avait pris par la suite, deux semaines de maladie. Le 3 novembre, M. Dupont s’est présenté à son travail. Il s’est adressé à moi en me disant : « J’y suis ce matin » et je lui ai demandé « comment était la santé » et il m’a répondu « Ca va bien » et je lui ai souhaité « Bonne chance ». Par la suite, j’ai remarqué que M. Dupont semblait déprimé, la figure amaigrie et j’en ai fait la remarque au Lt. Jean-Marie Hubert.
  11. Le 3 novembre, le Sgt. Dupont a travaillé toute la journée.
  12. Le 4 novembre, M. Dupont m’a appelé le matin vers 8.30 heures pour me demander s’il pouvait prendre une journée fériée : Permission lui fut accordée.
  13. Durant l’avant-midi du 5 novembre, j’ai jeté un coup d’œil aux cartes de poinçon pour vérifier la carte de M. Dupont, vu que je ne l’avais pas vu le matin. J’ai remarqué que sa carte n’était pas poinçonnée. Vers 10.30 heures, j’ai rencontré M. Buckley à son bureau et je lui ai demandé s’il avait vu M. Dupont ce matin, Il m’a dit qu’il l’avait vu vers 8,15 heures A.M., et qu’il était reparti tout de suite avec l’auto de service de la Police, car son auto personnelle était stationnée le long du poste.
  14. Le 5 novembre vers 9.50 heures P.M., le Lt-J. Marie Hubert m’a appelé chez-moi pour me demander si j’avais envoyé M. Dupont en dehors de la Ville. Je lui ai dit que « non ». M. Hubert m’a dit qu’il avait reçu l’information que M. Dupont était parti le matin pour reconduire sa jeune fille à l’école et qu’après il s’en allait à son travail, et qu’il n’avait pas été vu de la journée par sa femme.
  15. À 10.15 heures P.M., je me suis rendu au poste. M. Hubert était accompagné de M. Gendron, propriétaire du magasin « La Perruque », (ami de M. Dupont). M. Gendron m’a raconté qu’il avait vu M. Dupont à son établissement la veille et il m’a raconté que M. Dupont était malade, qu’il avait neuf (9) pilules à prendre par jour, et qu’il essayait de cracher et qu’il n’avait pas de salive.
  16. J’ai discuté avec le Lieut. Hubert de l’incident et on en est venu à la conclusion qu’il était dans l’ordre de faire des recherches pour retrouver l’auto : Instructions furent données aux postes 1, 2 et 3 afin de faire des recherches pour localiser l’auto de la police. Instructions furent données que si l’auto était vue, de se mettre en communication avec moi; Le message fut ensuite donné à la Sûreté Provinciale de même qu’aux Postes du Cap de la Madeleine et de Trois-Rivières-Ouest.
  17. La voiture unité #190 a été retrouvée dans les bois du Blvd. St-Jean a une distance de 12 milles du Poste No. 1, endroit à M. Dupont travaillait. D’après les informations reçues du Sgt. Buckley, celui-ci dit : que le 4 novembre 1969, à 12.50 heures P.M., il avait fait le plein d’essence de la voiture. Le millage fut pris et il indicait sur l’odomètre 47657 milles. M. Buckley a utilisé l’auto dans l’après-midi du 4 novembre. Il s’est rendu au Cap-de-la-Madeleine pour enquête, Il a travaillé dans la Cité des Trois-Rivières (Voir photocopie de la facture attachée à ce dossier en ce qui concerne le millage qui a été pris lors du plein d’essence).
  18. Le 5 novembre 1969, vers 8.15 heures A.M., M. Dupont a pris l’auto Unité 190, c’était l’auto qu’il utilisait pour son travail. Lorsque le Constable Marquis a retrouvé la voiture le 10 novembre à 10.30 heures AM., et après les constatations d’usage qui ont été prises, l’auto a été tiré au Poste No. 1, par la remorque du Garage Binet. La lecture de l’odomètre fut prise et le millage indiquait 47714 milles. Si on en fait la soustraction, l’auto aurait enregistré 47 milles [plutôt 57] dans les deux jours soit le millage que M. Buckley aurait fait dans la journée du 4 novembre et ce que Dupont aurait fait le 5 novembre 1969. On peut en tirer la conclusion que Dupont se serait rendu dans le bois du Blvd. St-Jean à son départ du Poste No. 1, à 8.15 heures A.M., endroit où M. Marquis a trouvé M. Dupont mort dans la voiture Unité 190.
  19. Le 19 novembre 1969, le Lieut. J.Marie Hubert s’est rendu au laboratoire de Médecine Légale, porter une copie de la lettre que Dupont avait laissé dans la voiture; une feuille de rapport journalière a été remise pour fins d’expertise d’écriture; cette feuille avait été remplie le 3 novembre 1969 par le Sgt. Dupont. Monsieur Hubert a aussi remis le calepin de notes de travail du Sgt. Dupont.
  20. Copies de ce rapport, photos de même que rapport d’expertise de L’Institut de Médecine Légale sont attachés à ce dossier et remis à Me Marcel Chartier, Coroner.

Georges Gagnon

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