Rapport du sergent-détective Jean-Marie Hubert

Rapport du lieutenant-détective Jean-Marie Hubert

Le détective Jean-Marie Hubert en 1969.

Le détective Jean-Marie Hubert en 1969.

18 novembre 1969

5 novembre 1969

Ce soir là vers 10.30 P.M., M. Jacques Gendron m’appelle pour me dire qu’il veut me voir et que c’est urgent. Je le rencontre donc et il me dit que Louis-Georges Dupont est parti de chez lui vers 8.00 A.M. et qu’il n’a pas été revu depuis. Ne connaissant pas l’état maladif de Dupont, je lui dis qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, car il doit être occupé et qu’il devrait être de retour bientôt. Jacques Gendron me dit alors que Dupont est dans un état dépressif et qu’il craint que le pire soit arrivé. Il me raconte alors que la semaine précédente, il est allé le voir à la Péruque Inc. sur la rue Royale et qu’à ce moment là, il lui avait laissé voir qu’il se supprimerait peut-être. Dupont disait qu’il n’avait plus les moyens de garder sa maison, qu’il était malade, et qu’il devait prendre 9 pillules par jour, et en faisant le geste, il disait Gendron, regarde, j’essai de cracher et je n’ai même plus de salive etc. Pour toutes ces raisons, Gendron croyait que sa disparition était quelque chose de sérieux et je fus du même avis. J’ai même dit à Gendron, que si Louis-Georges était malade à ce point, et que connaissant son caractère, j’étais convaincu que nous étions déjà en retard. Je me suis donc rendu à mon bureau en compagnie de Jacques Gendron, d’où j’ai appelé le capitaine Georges Gagnon, qui lui a appelé l’assistant directeur Roland Poitras. De mon bureau, j’ai assigné des voitures patrouilles pour fouiller Trois-Rivières et les environs pour tenter de retracer la voiture #10, chevrolet 1965 vert, immatriculé 7C6018 Québec 1969, avec laquelle le sergent-détective Louis-Georges Dupont était disparu. J’ai spécialement demandé qu’on fouille les bords des quais et les bois de la partie nord de la ville. J’ai aussi appelé la police de Montréal, l’escouade de nuit pour donner un « look out » pour l’auto, mais tout ceci sans résultat.

Durant tout ce travail, M.Léo Valois, beau-frère de Louis-Georges Dupont est venu au bureau et nous a dit que la veille, soit le 4 novembre 1969, Louis-Georges était allé chez lui et qu’il l’avait trouvé changé et qu’il avait trouvé ses agissements un peu curieux, car en entrant dans la maison, il a dit c’est une maison comme celle-là que ça me prendrait, car je n’ai plus les moyens de demeurer dans la mienne.

M.Valois a essayé de savoir ce qui n’allait pas, il lui a même demandé s’il avait besoin d’argent et quel montant, mais L.G. Dupont ne répondait pas et passait son temps à regarder fixe sur un mur.

18-11-69

Mme Louis-Georges DUPONT me raconte que son mari était plutôt bizarre dans les derniers temps, spécialement durant les derniers jours. il disait qu’il avait un besoin urgent d’une grosse somme d’argent, et d’après Mme Dupont, elle ne peut pas voir pouquoi il avait besoin de cet argent. Elle me dit aussi qu’il était beaucoup songeur dans les derniers jours. Elle me dit aussi qu’il avait un poignard de chasse dans un tiroir de bureau et qu’elle ne le retrouve plus. Elle raconte aussique durant la dernière fin de semaine, son fils s’était servi de deux carabines et qu’à son retour, vu qu’il pleuvait il avait plaçé les deux carabines près de la fournaise de cave et son mari a fait une crise pour que son fils sorte les deux carabines de la maison et que c’était urgent. Pourtant, M. Dupont était habitué aux armes à feu et jamais dans le passé, il n’avait fait de choses semblables. Elle me raconte, que dans les dernières semaines, tout le fatiguait, soit le moindre bruit les enfants etc. et qu’il suivait sa femme pesque pas à pas dans la maison et lui disait souvent « Dis Jeanne d’Arc, que je vais passer au travers, et que je vais revenir à la santé ». Il disait aussi que si à son ouvrage, on savait qu’il avait besoin de voir un psychiâtre, on ne le reprendrait pas, et il ne pourrait plus faire vivre sa famille. Mme Dupont me dit que sa fille Johanne lui a raconté que le matin de sa disparition il avait des agissements très bizarre, car premièrement, il l’a pressée pour partir beaucoup plus à bon heure que d’habitude, et qu’en plus, il conduisait à l’envers sur les « one way » ne faisait pas de stop et n’arrêtait pas pour les lumières rouges. Elle a aussi dit à sa mère qu’il avait les yeux étranges.

Le vendredi midi le 7-11-69, voyant qu’on avait passé la ville au peigne fin et qu’on ne retrouvait même pas sa voiture, je me suis souvenu qu’il avait déjà dit il y a quelques années, et ceci à quelques reprises, que si jamais il décidait de disparaitre, que personne ne le retrouverait. Je suis donc parti pour Montréal en compagnie du serg-dét.L.Buckley, sachant très bien que s’il était parti, il aurait certainement fait des contacts avec certaines personnes à Montréal. J’ai donc chercher ces personnes et j’en ai rejoint quelques unes, et j’était encore à faire des recherches au moment où il a été trouvé à Trois-Rivières. Je suis donc revenu immédiatement à Trois-Rivières quand j’ai eu cette nouvelle.

M. Hubert Lieut. Dét.

Advertisements

Postez votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :