Le meurtre non-résolu de Suzanne Blanchard

 

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Le 9 août 1982, Suzanne Blanchard finissait sa journée de travail.  Elle œuvrait dans le milieu de la télévision et elle travaillait à ce moment-là pour la populaire publicité « Moi, je bois mon lait comme ça me plaît ».  Aux dernières nouvelles, elle prévoyait partir avec des copines pour Ogunquit.  Ses deux enfants ainsi que ceux de son conjoint, de qui elle s’était très récemment séparée, étaient en colonie de vacances, au camp Cœur-Joie. Elle avait laissé sa voiture au garage de son ancien conjoint pour qu’il puisse la réparer.  Elle aurait donc été reconduite au coin du garage en début de soirée, soit au 900, rue St-Grégoire à Montréal.  On a ensuite perdu sa trace.  Le 13 août à 11h14 du matin, son ancien conjoint a logé un appel à la police pour signaler la disparition de Suzanne.  Il a dit trouver curieux qu’elle ne soit jamais venue reprendre sa voiture réparée.  Les policiers sont allés voir à l’appartement de Suzanne sur la rue Cherrier mais n’ont rien décelé d’inhabituel, outre que les portes étaient débarrées.  Quelques heures plus tard, par cette belle journée d’été, deux plaisanciers en pédalo remarquaient un curieux objet flottant sur le Lac des Deux-Montagnes.  C’est en s’approchant qu’ils découvrirent le corps de Suzanne qui gisait. Elle se trouvait alors à 200 pieds environ de la rive, face au parc Godin à Ste-Anne-de-Bellevue.

27867499_10160047573205002_1642254114022594032_nSuzanne, 37 ans, mère de deux adolescents, avait subi une mort violente.  L’autopsie, pratiquée par le Docteur André Lauzon démontra que son corps avait séjourné dans l’eau de 2 à 3 jours.  Il lui a été difficile de déterminer la cause exacte de sa mort.  Elle avait deux plaies pénétrantes au cou de 5 et 2,5 cm de largeur.  Toutefois, ces plaies n’avaient pas la profondeur pour être mortelles.  De plus, elle avait plusieurs tours de ruban gommé beige autours du cou, par dessus ses cheveux.  Le Dr Lauzon suggère que ce ruban ait été mis en place pour freiner le saignement car ce lien n’était pas suffisamment serré pour provoquer une asphyxie.  Ses mains comportaient des plaies de défense linéaires, notamment sur le dessus de la main, suggérant la position de main sur la gorge pour empêcher l’objet tranchant/piquant d’atteindre cette fragile partie du corps.  Elle avait aussi deux grosses plaies à la tête, dont une en forme de U à l’envers.  Elle avait aussi le visage gonflé et un ecchymose à l’œil.  On l’avait frappée et tout cela de son vivant puisque le corps démontrait des signes de défense et de circulation sanguine au niveau des plaies.  L’autopsie démontre que les coups portés à la tête étaient d’un impact ne provoquant pas la mort mais certainement une perte de conscience.  Malgré toutes ces blessures, le docteur n’écarte pas la possibilité que Suzanne soit finalement décédée par noyade.  Elle portait encore ses vêtements mais on n’a jamais retrouvé son sac à main.  Des prélèvements pour tenter de vérifier si elle avait été agressée sexuellement n’ont pas pu se faire puisque le corps avait séjourné trop longtemps dans l’eau.

Au retour du camp de vacances, les enfants de Suzanne ont appris la terrible nouvelle.  Pour Marie-Claude, cela semblait irréel jusqu’à ce qu’elle voit pour la première fois, 5 ans plus tard, le visage de la dépouille de sa mère dans le Allô Police.

L’ancien conjoint a été interrogé.  Refusant le test du polygraphe, il aurait été relâché car rien ne pouvait objectivement l’incriminer dans la mort de Suzanne.

49696302_10161368123410002_4156514734541111296_nEn 2009, une lettre anonyme a été envoyée à Claude Poirier au Journal de Montréal. Comme le chroniqueur n’était pas à l’emploi du journal à ce moment-là, la lettre fût envoyée au SPVM, à l’attention des homicides non-résolus.  Celle-ci donnait des détails sur les personnes qui auraient commis le meurtre.  Les enquêteurs ont interrogé une personne d’intérêt mais cela n’a malheureusement pas pu aboutir à une arrestation.  De plus, ils n’ont pas pu trouver qui était l’auteur(e) de la missive.

En 1991, la boîte d’objets pouvant contenir des preuves biologiques a été détruite, apparemment par manque de place, ce qui complique donc la résolution de cette affaire.  Malgré tout, Marie-Claude ne baisse pas les bras et espère que d’autres approches ou encore des témoignages puissent faire avancer le cas de sa mère.  Or, cette croisade l’a emmenée à participer à des productions traitant de cas similaires à celui de Suzanne, à apprendre avec brio à faire des recherches dans les archives de journaux et à s’impliquer comme vice-présidente dans l’organisme Meurtres et Disparitions Irrésolus du Québec, une initiative de Stéphane Luce qui se spécialise dans l’affichage des victimes de meurtres ou disparitions non-résolus.

 

Références
Enquête du coroner (verdict de Roch Héroux, autopsie et rapport d’événement de la CUM), BAnQ Vieux-Montréal
Photos: Marie-Claude Blanchard et Stéphane Luce pour Meurtres et Disparitions Irrésolus du Québec.
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