Les pièces à conviction de BAnQ


Photo de scène de crime. Ici, le corps du ministre Pierre Laporte, retrouvé dans une voiture au soir du 17 octobre 1970. (BanQ Mtl)

Les gens ignorent à quel point les archives nationales ont encore d’innombrables choses à nous apprendre.  Dans mon livre sur l’affaire Aurore Gagnon (2016) j’expliquais à quel point je fus étonné de constater qu’au cours d’un siècle personne n’avait tenu compte des informations contenues dans le dossier judiciaire.  Dans ce cas précis, les archives ont permis de rétablir des faits.  Or, la même idée s’applique à plusieurs autres affaires.

En matière d’histoire criminelle, ces dossiers représentent encore de la preuve légale et surtout une source d’information par excellence.  C’est la base de toute reconstruction objective d’une cause qui a pu marquer notre passé.

Cette étrange pièce à conviction a servi dans une vieille affaire d’avortement.

Les dossiers judiciaires, qui conservent les actes de procédures de plusieurs procès criminels sont les gardiens d’une mémoire fondamentale.  À Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), on estime que les archives de nature judiciaires représentent à elles seules 35% de l’ensemble de tout ce que l’on conserve dans les voûtes.  Si je me fais défenseur et promoteur du contenu textuel des transcriptions sténographiques depuis quelques années, c’est parce qu’elles permettent de rétablir des faits entourant des causes célèbres qui ont été racontées de différentes façons au fil du temps.  Mais outre cette preuve textuelle permettant de reconstituer des procès entiers, ces boîtes renferment quelques objets fascinants.

Comme on le sait, dans la plupart des procès pour meurtre la Couronne, ou le ministère public comme on le dit aujourd’hui, présente non seulement des témoignages mais aussi des preuves matérielles.  Dans le jargon judiciaire, on les surnomme exhibits, un anglicisme qui désigne des pièces à conviction.  Cela peut aller d’une simple déclaration sur papier, d’un revolver ou un véhicule.  Toutefois, on se doute bien que plusieurs d’entre eux n’ont pas été conservés.  Par exemple, on imagine mal comment on aurait pu entreposer des objets de dimension importante comme des voitures sans que cela n’engendre un coût exorbitant en infrastructures.  Il ne faut donc pas espérer retrouver dans nos archives nationales la voiture à bord de laquelle on a retrouvé le corps de Pierre Laporte en 1970.  En revanche, on garde encore les photos de la scène de crime.

Il reste beaucoup de choses à éclaircir sur les anciennes méthodes de conservation pouvant nous permettre d’expliquer pourquoi certaines pièces ont été conservées et d’autres non.  Il en va de même pour les photos judiciaires ou de scène de crime.  Pour certains dossiers, elles sont présentes et pour d’autres elles ne semblent pas avoir survécu à l’épreuve du temps.

Ce mouchoir se trouvait dans la main de Blanche Garneau lorsqu’on a retrouvé son corps à Québec le 28 juillet 1920. Le meurtre de cette jeune femme de 21 ans n’a jamais été résolu.

Malgré cela, nos archives renferment quelques trucs passionnants permettant de mieux reconstituer les drames du passé.    Dans certains cas, ces découvertes peuvent nous faire frissonner.  C’est ce qui m’est arrivé en étudiant le dossier de l’affaire Blanche Garneau.  Parmi les rares pièces conservées, on retrouve un mouchoir qui s’avère être celui retrouvé dans la main de Blanche Garneau, 21 ans, lorsque son corps fut découvert dans le parc Victoria à Québec, en juillet 1920.  Ce mouchoir, qui porte toujours les initiales « H. D. » fut à l’origine d’une piste d’enquête qui n’a cependant mené nulle part.  Malheureusement, le meurtre sordide de cette jeune femme sans défense et surtout sans malice n’a jamais été résolu.  Il est d’autant plus impressionnant de tenir entre ses doigts, presque un siècle plus tard, cette pièce de tissu qu’elle avait dans sa main au moment d’être assassinée.

Un autre artéfact intéressant se trouve dans la voûte de BAnQ Trois-Rivières, plus précisément dans la cause d’Alexandre Lavallée, un septuagénaire qui a assassiné sa fille en 1926 pour un motif qui reste toujours imprécis.  Quoique fragmenté entre Trois-Rivières, Québec et Ottawa, c’est la partie trifluvienne du dossier qui contient les photos de la scène de crime.  Elles sont probablement parmi les plus anciennes à avoir été conservées et utilisées devant un jury.  À défaut d’avoir les transcriptions sténographiques du procès de Lavallée, on retrouve une petite enveloppe contenant une mèche de cheveux.  Cette mèche a été prélevée dans la main de la victime avant d’être expédiée au célèbre laboratoire montréalais du Dr Wilfrid Derome pour fins d’analyses.  Le procès démontra que ces cheveux appartenaient à l’accusé, ce qui valut à Lavallée d’être pendu en 1927.

Le dossier qui contient le plus de pièces à conviction – du moins celui qui m’a été possible de consulter jusqu’à maintenant – concerne une affaire de 1971.  Le 16 juillet de cette année-là, deux jeunes filles pré-adolescentes, Carole Marchand et Chantal Côté, ont été enlevées alors qu’elles cueillaient des bleuets.  L’une d’elle fut violée; les deux lâchement assassinées.  L’un des meurtriers s’est enlevé la vie avant de pouvoir subir son procès, tandis que son complice fut jugé et condamné.  Le dossier contient plusieurs preuves matérielles présentées aux jurés à l’automne 1971, dont les projectiles ayant causés les meurtres.

Ce projectile a causé la mort dans une affaire de double meurtre. Carole Marchand et Chantal Côté, deux jeunes filles, ont été assassinées en 1971 alors qu’elles cueillaient des bleuets.

Ces objets sont plutôt marginaux, et ils heurteront peut-être la sensibilité de certaines personnes.  Il faut cependant comprendre l’importance de conserver les dossiers judiciaires afin de bénéficier d’une source fiable d’information lorsqu’on souhaite faire revivre une vieille affaire criminelle ou pour vérifier certains détails.  Il en va de la qualité de notre mémoire collectif.

Je souligne cette importance puisqu’il existe un certain secret de polichinelle selon lequel les archives ont été pillées à différentes époques.  Parfois, on a même eu l’impression qu’il pouvait exister un certain marché noir d’objets ou de documents reliés à ces causes criminelles.  Je ne vous cacherai pas que pour certains c’est le côté glauque ou morbide qui suscite leur intérêt.  C’est un comportement désolant puisqu’on prive alors le public d’un accès généralisé à l’information.  D’ailleurs, la mission de BAnQ est la diffusion public de ses archives, qu’elles soient judiciaires ou non.  Il ne faut donc pas se surprendre si la sécurité a été rehaussée dans les centres d’archives et c’est tant mieux.  Je suis le premier à saluer ces mesures afin de protéger la pérennité de notre mémoire nationale.

Historiquement Logique vous invite aux 21e Journées de la Culture au Musée de Culture Populaire de Trois-Rivières, les 29, 30 septembre et 1er octobre 2017.  Certaines des pièces dont il a été question dans le présent article y seront exposées au public.  Bienvenue à tous!

Pour plus d’informations : http://www.journeesdelaculture.qc.ca/?lang=fr&gclid=Cj0KCQjw3MPNBRDjARIsAOYU6x8z2kQcNHB1Juxwn3syFrj4C0uyHkxhZT39DPnAv4eesewNp1dNmT4aAjeXEALw_wcB

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L’affaire Blanche Garneau: l’avant-propos


ScreenHunter_614 Apr. 19 16.42Il est possible de se procurer le livre à la Librairie l’Exèdre au 819-373-0202 ou sur Amazon en cliquant sur le lien suivant: L’affaire Blanche Garneau

Le texte suivant est une reproduction intégrale de l’avant-propos qui apparaît au début du livre:

 

Avant-propos

Dans son livre Unsolved, true canadian cold cases, publié en 2010, Robert J. Hoshowsky rappelle que chaque révision de dossier de meurtre non résolu ramène les familles des victimes au point de départ.  Ces histoires ne connaissent jamais de véritable fin et c’est probablement là que se situe la torture.

         Pourquoi ne pas écrire des volumes sur ces dossiers criminels qui soulèvent les passions?  La raison est simple : parce qu’elles sont justement non résolues, ces affaires restent encore entre les mains des enquêteurs de la police.  Et puisque ces documents ne sont pas rendus publics, comme c’est le cas lors de la tenue d’un procès, il ne reste plus que les comptes rendus médiatiques pour reconstituer ces drames.  Le résultat tiendrait alors en quelques pages.

         Or, l’affaire Blanche Garneau se démarque par une riche documentation.  Dans le dossier judiciaire on retrouve les documents relatifs à l’enquête du coroner, à une enquête dite on discovery ouverte quelques mois plus tard, au procès que la justice fit à deux suspects, et à une Commission royale d’enquête à laquelle dut témoigner le premier ministre de la province.  Cette simple énumération démontre l’impact que cette cause a eu sur notre patrimoine judiciaire, en plus d’ébranler les colonnes du temple qu’on appelle gouvernement provincial.  Ce n’est pas rien.  Du jour au lendemain, le nom d’une vendeuse de thé plutôt timide et routinière s’était retrouvé dans les journaux, de même que sur les langues de toutes les commères.

         On pourrait discuter longuement des comparaisons à faire pour évaluer l’importance qu’on a réservé à certaines affaires criminelles de notre passé, mais je suis d’avis, depuis que j’ai mis le nez dans ce dossier, qu’il faudrait considérer le nom de Blanche Garneau comme le symbole des affaires non élucidées au Québec, ne serait-ce que pour apporter un nouvel élan aux quelques centaines de meurtres qui cherchent toujours des réponses.  Il y a aussi toutes les leçons à tirer de ce drame, dont plusieurs aspects nous aiderons à mieux comprendre certains points, comme l’amélioration des techniques d’enquête par exemple, ou l’attitude que nous devrions adopter face à des mystères d’ordre judiciaires.

         En 1920, les enquêteurs n’étaient visiblement pas préparés à un meurtre comme celui-là et ils ne voulaient probablement pas admettre que leurs bonnes vieilles techniques devenaient soudainement archaïques.  Un autre meurtre violent survenu six ans plus tôt demeurait lui aussi sur les tablettes, et cela en dépit d’un procès.  Que se passait-il donc dans la Vieille Capitale?  Les détectives étaient-ils si incompétents ou se sentaient-ils dépassés par les événements?

Qui a merdé?  Pourquoi n’a-t-on pu résoudre ce meurtre odieux à caractère sexuel?  Doit-on blâmer l’incompétence policière?  Le sensationnalisme journalistique?  L’attitude gouvernementale?  Les ambitions politiques?  Ou simplement les techniques d’enquête?

Avant de répondre à ces questions, nous aurons un énorme devoir de conscience à faire.  Si les familles des victimes blâment souvent les policiers, l’incompétence ne pourrait à elle seule expliquer la raison d’être de centaines de cas non résolus.  Malheureusement, il existe des dossiers tout à fait insolubles que les meilleurs détectives du monde n’arriveraient pas à percer.

Depuis la création de la section des Cold Cases à la Sûreté du Québec, au début des années 2000, on parlerait d’au moins 1 000 affaires non résolues, et ce depuis les années 1970 seulement.

Les ragots sont tenaces.  Dans la région de Québec, l’histoire de Blanche Garneau est encore bien vivante.  En 1920, en dépit de la tenue du procès de Marie-Anne Houde, l’affaire Blanche Garneau faisait couler beaucoup plus d’encre que celle d’Aurore Gagnon, cette fillette que l’on surnommera rapidement Aurore l’enfant martyre.  Celle-ci a eu droit à sa pièce de théâtre, des romans et deux films.  Pas étonnant que sa popularité fasse en sorte que son nom nous soit aujourd’hui familier.

Et que réserva-t-on à Blanche?  Pas grand-chose, si ce n’est quelques écrits que nous étudierons de manière plus exhaustive au cours des derniers chapitres.  Pourquoi fut-elle si vite oubliée alors que son histoire est l’une des plus enrichissantes?

Et puisqu’il reste, malgré tout, des résidus de cette quasi-légende, j’invite mes lecteurs à un exercice d’objectivité.  En fait, comme nous le verrons au fil des chapitres, mes recherches m’ont aidé à comprendre que cette affaire fut sans doute l’une des plus malhabilement racontée de tout notre patrimoine judiciaire.  À titre d’exemple, je crois avoir largement démontré dans mes publications précédentes que d’innombrables détails font souvent la différence entre le mythe et la réalité, telle qu’on la retrouve dans le dossier judiciaire.  Cette fois, la marge sera énorme.  Et c’est pourquoi je propose à ceux et celles qui pensent déjà connaître cette histoire de bien vouloir mettre de côté leurs idées préconçues et de se laisser conduire par les témoignages et reconstitutions de scène établies à partir des documents légaux.  Après tout, qu’avons-nous à gagner ou à perdre si la balance penche d’un côté ou de l’autre?  Au mieux, nous en sortirons avec les yeux ouverts sur tout un pan de notre folklore.

Il me faut glisser un mot à propos de Réal Bertrand, un auteur qui a présenté en 1983 son livre Qui a tué Blanche Garneau?.  Le travail de Bertrand fut honnête mais incomplet.  Il faudra donc revisiter chaque étape, chaque indice de cette incroyable enquête.  Encore une fois, le public n’a pas eu droit à tous les détails.

On m’a questionné sur la pertinence d’écrire au sujet d’un meurtre non résolu qui remonte à un siècle, interrogation qui laissait entendre qu’il me serait impossible de résoudre l’énigme.  Si je dois avouer qu’une partie de ma motivation se laissait guider par ce désir de trouver « la » réponse, je ne suis pas naïf au point de croire en mes capacités de pouvoir élucider un mystère aussi ancien en ne dépendant que des documents disponibles, sachant que toute interview avec les protagonistes était devenue impossible.  Toutefois, je répondrai à cette question que le but d’un volume n’est pas toujours de vouloir trouver une réponse à une vieille question, mais aussi de faire revivre une époque.  Si on s’acharne à publier des ouvrages sur des sujets redondants, alors pourquoi ne pas faire revivre un visage méconnu comme celui de Blanche et de toutes les personnes impliquées dans cette affaire?

Il arrive que des auteurs – qu’il s’agisse d’écrivains ou de documentaristes – moussent leurs ventes en prétendant pouvoir résoudre des énigmes criminelles.  Mes ouvrages précédents sont là pour en témoigner.  Plus récemment, sur la jaquette de son livre Qui a tué le Dahlia Noir?, l’auteur français Stéphane Bourgoin, pour qui j’ai beaucoup de respect, est peut-être allé un peu loin en prétendant résoudre ce meurtre mythique qui a fasciné non seulement les Américains mais le monde entier depuis la fin des années 1940.  En dépit de cette promesse, le contenu du livre n’apporte aucune preuve concluante pour nous convaincre que son suspect favori était le véritable assassin.  Patricia Cornwell a fait la même chose en prétendant avoir identifié le célèbre Jack l’Éventreur, et pourtant nous en sommes toujours au même point.

Il faut être extrêmement prudent avant de condamner quelqu’un, qu’il soit vivant ou décédé.  La présomption d’innocence est un droit réservé à tous.  Et pourtant, nous l’oublions trop souvent.  On pourra dire ce que l’on veut mais on ne pourra jamais faire de procès à un suspect qui mange les pissenlits par la racine.  Partant de cette idée, je savais donc qu’il me serait impossible d’arriver à une conclusion claire et précise.  Ceci dit, mes recherches m’ont quand même permis de dénicher deux suspects jusqu’ici oubliés ou négligés, que je vous présenterai en temps voulu.

À vous tous, bonne enquête!

Eric Veillette

Eric.veillette@hotmail.ca

www.historiquementlogique.com

Twitter : @histologique

 

Lancement du livre « L’affaire Blanche Garneau »


ScreenHunter_614 Apr. 19 16.42            L’auteur Eric Veillette, qui a fondé le blogue Historiquement Logique en 2010 et qui depuis 2014 vous a offert trois études de cas, est fier de vous présenter le résultat de sa toute dernière révision de dossier judiciaire sous le titre de L’affaire Blanche Garneau.

            Son étude exhaustive des quelque 4 600 pages du dossier l’amène à conclure que les archives ont toujours des informations inédites à nous livrer sur des histoires que l’on croit connaître.  Si les Américains ont l’affaire du Dahlia Noir en guise d’énigme policière, nous avons la nôtre avec Blanche Garneau, qui se traduit par notre plus grand mystère criminel du 20e siècle.  Ce nom est à retenir.  L’histoire de cette jeune femme a plusieurs leçons à nous livrer, même après un siècle.

            Blanche Garneau était une jeune vendeuse de thé sans histoire âgée de 21 ans.  Elle fut sauvagement violée et assassinée dans le parc Victoria, à Québec, en juillet 1920.  En dépit de plusieurs enquêtes, dont une commission royale mise sur pied par le premier ministre de l’époque Louis-Alexandre Taschereau, ce meurtre n’a jamais été résolu.

            Eric Veillette a abordé ce dossier comme il l’a fait précédemment pour son succès L’affaire Aurore Gagnon : le procès de Marie-Anne Houde (2016), c’est-à-dire en se familiarisant d’abord avec tous les documents du dossier afin de le présenter dans un ordre chronologique.  Il s’est ensuite obstiné à vérifier plusieurs dossiers connexes susceptibles d’avoir des liens.  Sa technique d’enquête historique lui a permis de découvrir deux nouveaux suspects qui, jusqu’à maintenant, avaient été ignorés par les policiers et les chercheurs.  Il a même retracé l’un d’eux jusqu’à son dernier repos, à Montréal.

            Dans la région de Québec, le nom de Blanche Garneau raisonne encore comme une légende politico-policière, mais fut-elle réellement entachée par un complot politique?  Ou n’est-ce pas là un simple meurtre sordide à caractère sexuel?

            Les leçons à tirer de ce célèbre crime non élucidé auront de quoi surprendre, en plus d’établir quelques liens sérieux avec certaines tendances que nous connaissons actuellement dans le traitement réservé à certaines affaires judiciaires de ce début de 21e siècle.

            Le livre L’affaire Blanche Garneau, qui compte 410 pages et plusieurs illustrations, est disponible dès maintenant.  Pour commander votre exemplaire, adressez-vous à votre libraire ou contactez la librairie l’Exèdre au 819-373-0202 (Trois-Rivières).

Pour les lecteurs européens, il est préférable de contacter l’auteur par courriel : eric.veillette@hotmail.ca (transaction par Western Union).

Finalement, le livre est aussi disponible sur Amazon.